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La saga Rambo, débutée avec First Blood en 1982, a marqué l'histoire du cinéma d'action. Sylvester Stallone, à travers son personnage de John Rambo, a exploré les thèmes de la défaite, de la retraite et de la reprise, construisant une franchise emblématique.

Genèse et Évolution du Personnage

John Rambo est né en 1972 dans le roman First Blood de David Morrell. L'auteur a également signé les novélisations des suites Rambo 2 : La Mission et Rambo 3. Ces romans, contrairement au premier, sont nés des films, témoignant de la production en série hollywoodienne.

On a coutume de dire que les suites de Rambo étaient dispensables, que Sylvester Stallone aurait dû s'en tenir au « premier sang » versé dans la petite ville de Hope au début des années quatre-vingt. Le premier volet réalisé par Ted Kotcheff était en quelque sorte l'ultime, il incorporait le Viêt Nam dans l'Amérique (la forêt dans laquelle se réfugie le soldat), il confrontait - et confondait -- la proie et le prédateur avant l'arrivée d'un John McTiernan (les carnages et camouflages post-Nam du Predator doivent beaucoup à l'art guerrier de Rambo). Le premier volet était l'ultime parce qu'il n'y avait pas besoin d'aller ailleurs pour trouver l'Autre. L'Autre c'était John : l'incarnation de la défaite, le vétéran détesté aussi bien des conservateurs que des progressistes, le vagabond à la chevelure d'Indien refoulé de la Cité ou encore, quand la guerre fait rage, l'épouvantail qui se dresse en pleine wilderness devant une bande de flics à la matraque et à la gâchette faciles.

La traque de Rambo convoque l'Ailleurs vietnamien mais aussi la mémoire des guerres passées.

Rambo : Une Figure Christique et Guerrière

« They drew first blood, not me » explique John à celui qui l'a formé, « créé à son image », le colonel Sam Trautman. Un personnage qui a marqué la culture populaire avec ses punchlines légendaires (« Dans ton cul » étant peut-être la plus mémorable). John lui est d'autant plus cher qu'il est sa dernière recrue encore en vie, son seul fils sur Terre.

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Rambo, c'est le Christ. Sa chevelure n'est pas seulement celle de l'Autre, d'un homme « d'origine indienne et allemande », comme on l'apprend dans Rambo 2 : La mission (on appréciera la connotation religieuse du titre français). Elle évoque aussi celle de la seule personne au monde capable de « donner autant de pains à la fois », en bref de joindre l'acte à la parole : « Vous allez vous aimer les uns les autres, bordel de merde ! ».

Cette dimension christique n'avait pas échappé à Serge Daney qui écrivait en 1988 dans Libé : « Mémoire récente du trauma vietnamien, mémoire ancienne du génocide indien, mémoire toute simple du peuple américain en tant qu'il ne doit pas oublier qu'il est un peuple guerrier. Au contact (un rien rude) de Rambo, à la faveur de la guerre qu'il leur déclare à lui tout seul, les « forces de l'ordre » d'une petite ville américaine réapprennent à se battre. C'est là le sacrifice de Rambo, c'est là sa dimension christique. A lui le calvaire, aux autres la prise de conscience.

Rambo 2 : La mission s'ouvre sur une explosion. On croirait se trouver en pleine bataille, puis la caméra descend sur des taulards cassant de la roche. Depuis son arrestation à la fin de Rambo 1, John expie ses fautes dans des travaux forcés. Mais la guerre, invasive, perpétuelle, n'est jamais loin. Sam Trautman lui offre une chance d'être réhabilité et de redevenir un citoyen ordinaire (sa « dernière tentation » comme l'écrit Daney). De même que les chrétiens les plus fervents espèrent le deuxième avènement du Christ, son second coming, les derniers américains restés au Viêt Nam peuvent attendre John comme le messie : il les sauvera et les ramènera au pays. Nous sommes en 1985, dix ans après la défaite américaine, et Rambo 2 nous ramène sur le théâtre originel pour réécrire l'Histoire à l'aune du célèbre diction biblique : « les derniers seront les premiers ». Nous avons perdu mais cette fois nous allons gagner. We Get to Win This Time est d'ailleurs le titre d'un court documentaire de 20 minutes consacré au making of de Rambo 2.

Mis au ban de la société américaine, John Rambo est l'« expendable » primitif. Il est la première occurrence de l'homme « invisible » et « superflu » incarné par Stallone, celui dont la vie compte pour rien et qui, en retour, confère une valeur inestimable à celle des autres : « Live for nothing or die for something » formule-t-il dans John Rambo, quatrième et à ce jour ultime volet sorti en 2008. Avant cela, il y a le « I'm expendable » historique que John lâche à Co-Boa, sa partenaire sensible à son sort et à ses charmes dans Rambo 2. L'espionne vietnamienne meurt des balles de l'ennemi juste après lui être tombée dans les bras. Leur relation extrêmement fugace sera le seul et unique love interest de la saga. Ici, la romance aussi est sacrifiée. Pour des raisons virilistes évidentes (on préfère s'entretuer entre mecs) mais peut-être aussi à cause de la philosophie du consommable à l'œuvre chez Sly.

John est devenu lui-même un guerrier franchisé, pouvant exercer son savoir-faire sur d'autres territoires. L'expérience vietnamienne est passée à l'arrière-plan, le domaine de la lutte s'est étendu tandis que l'anticommunisme aura pris du muscle avec le troisième volet afghan et ses moudjahidines se libérant de l'oppresseur soviétique. Les Viets auront finalement été des figurants à côté des abominables colonels Podovsky et Zaysen (respectivement les méchants de Rambo 2 et Rambo 3). Adapté à un nouveau contexte géopolitique, John Rambo leur substituera une une armée birmane génocidaire par laquelle une poignée de missionnaires ne se laissera pas intimider.

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L'Arsenal de Rambo : Plus qu'un Simple Guerrier

Lorsqu’on pense à Rambo, interprété par Sylvester Stallone, un personnage emblématique du cinéma d’action et des films de guerre, on ne peut s’empêcher d’évoquer les nombreuses armes qu’il a utilisées au fil des différents opus de la saga.

  • Le couteau de survie : Arme la plus iconique du héros, présent dans tous les épisodes. Au fil des films, il évolue pour s’adapter aux besoins du personnage.
  • La mitrailleuse M60 : Véritable symbole de puissance de feu, utilisée par Rambo dans plusieurs opus pour affronter ses ennemis et détruire leurs installations.
  • Le lance-roquettes RPG-7 : Cette arme antichar d’origine soviétique fait son apparition dans Rambo III, lorsque le héros affronte les forces armées soviétiques en Afghanistan.

Outre sa compétence dans l’usage des armes conventionnelles, Rambo fait également preuve d’une grande ingéniosité pour créer et utiliser des armes improvisées adaptées aux situations qu’il rencontre. Par exemple, il utilise fréquemment des pièges et des explosifs artisanaux pour éliminer ou immobiliser ses ennemis.

Enfin, divers véhicules et équipements militaires viennent compléter l’arsenal de Rambo au fil des films. Il est ainsi capable de piloter des hélicoptères, des avions, des chars d’assaut et même des bateaux lors des différentes missions qu’il entreprend. De même, dans « Rambo III » (1988), Rambo se montre particulièrement habile dans l’utilisation d’une corde pour grimper, descendre ou traverser des zones dangereuses. Cette compétence, qui lui avait déjà été utile dans les opus précédents, devient ici un élément clé de certaines séquences d’action du film.

Au-delà de ces nombreuses armes et équipements, c’est avant tout l’intelligence, la ruse et la détermination sans faille de John Rambo - ainsi que sa capacité à adapter ses méthodes et son matériel en fonction des situations rencontrées - qui font de lui l’un des personnages les plus emblématiques et attachants du cinéma d’action.

Rambo 2 : La Mission et le Lance-Roquettes

Dans Rambo 2 : La Mission, le lance-roquettes devient un symbole de la puissance et de la détermination du personnage. L'affiche du film, mettant en scène Rambo avec cette arme, témoigne de ce changement d'image.

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Lors de l'évasion du camps par rambo , il emmène avec lui les rescapés en hélicoptère. Il est poursuivi par un gros hélicoptère russe. A la fin de la poursuite il se pose au milieu d'une rivière et tire une roquette law sur l'hélicoptère russe. Il tire à partir du cockpitt , et avec les prisonniers à l'arrière qui regardent tranquillement. Or le law fait une flamme de 10 mètres lors du tir. Tout le monde aurait du être carbonisé et l'hélicoptère exploser au moment du tir.

Rambo utilise un lance-roquettes de type LAW avec une gâchette sur le dessus de l'appareil. Pourtant, dans le gros plan qui suit, il presse la détente d'une autre arme, le RPG (Rocket Propelled Grenade), avec une gâchette en dessous...Le plan suivant, Rambo tient à nouveau le LAW.

Le trou dans le pare-brise de l'hélicoptère qu'utilise Rambo n'apparaît qu'au moment où il tire avec le lance-roquettes.

Anecdotes et Références Culturelles

Plusieurs films font référence au personnage de John Rambo. En 1990, dans Gremlins 2 de Joe Dante, le personnage de Gizmo se pare d'un bandeau rouge noué autour de la tête pour aller affronter une horde d'affreuses créatures. Dans Avenging Angelo (2001, Martin Burke), Sylvester Stallone fait également référence à son personnage de John Rambo. Hot shots ! 2 parodie largement Rambo, Rambo II : La Mission et Rambo III. Fait plutôt inhabituel et amusant, Richard Crenna carricature lui-même le personnage qu'il interprète dans la saga Rambo.

Impact et Héritage

Devenue une des franchises emblématiques de la carrière de son interprète, la saga s’est transformée et a muté à travers les âges, au gré des changements de mode, des bouleversements politiques et de la carrière de Sylvester Stallone.

À bien y regarder, Rambo II est un reniement total du premier film. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que son titre original est « First Blood : Part Two », comme si le projet du blockbuster était bien de nier la dimension unitaire du premier volet, le rattacher indiscutablement à sa suite, et amoindrir ainsi sa charge politique contre les USA tout en effaçant a posteriori le désespoir qui le traverse.

Psychologiquement et politiquement, le personnage a totalement changé. « Cette fois, on y va pour gagner, colonel ». Une réplique qui explique le plus simplement du monde le programme de Rambo II, totalement impensable dans la bouche du vétéran traumatisé que nous suivions dans le premier épisode. Il faut désormais recommencer la guerre, porter le fer chez l’ennemi et triompher symboliquement, tout un programme. Oubliez les larmes, oubliez l’homme brisé, Sylvester Stallone joue ici un dieu de la guerre convoqué pour punir les belligérants d’hier.

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