La gestion des déchets de venaison est devenue une préoccupation majeure pour les acteurs de la chasse. Jean-Luc Dufau, vice-président de la Fédération de chasse des Landes, a souligné l'urgence de la situation : « Ce n’est pas acceptable, ce n’est plus possible. » Cette prise de conscience a mené à l'exploration et à la mise en place de nouvelles techniques et solutions pour le ramassage et le traitement des déchets de gibier.
Le problème du nombre croissant des déchets de venaison a été soulevé par la Communauté de communes d’Aire-sur-l’Adour. « L’enfouissement n’est pas encadré, il pose problème pour l’environnement, pour la salubrité dont les maires ont d’ailleurs la responsabilité. » La population des sangliers a explosé, notamment depuis la tempête Klaus, augmentant d'autant le volume des déchets de venaison.
Dans un chevreuil, les déchets de venaison représentent environ 35 % de l’animal, tandis que pour un sanglier, c’est la moitié. Les battues, qui se déroulent du 1er novembre au 31 mars, contribuent également à cette accumulation de déchets.
Plusieurs communautés de communes ont mis en place des systèmes de collecte pour gérer ces déchets de manière plus efficace et respectueuse de l'environnement.
La communauté d’Aire-sur-l’Adour a mis en place, fin 2006, un système de collecte dans des bacs centralisés, avec un ramassage confié à une société d’équarrissage spécialisée. Pour 22 communes, deux points de collecte ont été actés. L’intercommunalité a financé les installations, gère le fonctionnement et refacture à chaque commune au prorata du plan chasse chevreuil établi par le préfet.
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La communauté de communes du Pays tarusate prend en charge la totalité des coûts engendrés par les trois postes de relèvement. Résultat : la quantité de déchets explose. Avec une moyenne annuelle de 30 tonnes sur le territoire, les bacs ont déjà été remplis, en cinq mois d’activité, d’environ 20 tonnes de restes animaux.
« Nous ferons un premier bilan en avril avec les 17 ACCA concernées, mais la solution a vite fonctionné. Seuls les chasseurs et les présidents d’ACCA ont la clé. Ils préviennent Atémax quand c’est presque rempli, et la société agenaise vient relever à la demande. Une fois vides, les bacs sont nettoyés par les services techniques. c’est très fluide. Et sans odeur. »
Frédéric Labatut, président de l’ACCA de Rion, témoigne : « C’est le jour et la nuit. Il fallait trouver une solution pour arrêter de faire des trous dans toute la forêt de Rion. Des chasseurs, il y en a moins. Des sangliers, de plus en plus : 3 000 de plus que l’an dernier, selon nos comptages. On ne reviendrait en arrière pour rien au monde. »
D’autres chasseurs et collectivités voisines intéressés sont venus constater l’efficacité de ce système de traitement des déchets. La fédération de chasse, à disposition de tous ces porteurs de projets, confirme que le Pays morcenais et les Landes d’Armagnac avancent sur la question. Sept communes autour de Mont-de-Marsan espèrent également avoir lancé le projet à la prochaine ouverture de la chasse.
La Fédération des Chasseurs des Landes (FDC40) a mis en place une initiative éco-citoyenne pour le recyclage des cartouches depuis 2017. Ce projet ambitieux vise à transformer les douilles de chasse en symboles d’engagement écologique, soulignant l’importance de la durabilité dans la pratique de la chasse.
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La FDC40 organise la collecte des cartouches usagées sur six centres de collecte, répartis stratégiquement sur le territoire pour assurer une couverture maximale. La collecte se déroule en mai, au terme de la saison de chasse, avec environ trois semaines pour rapatrier les douilles sur les points de pré-collecte. Grâce au dispositif mis en place avec ECOLOGIC, la FDC40 conserve la gestion de la pré-collecte, mais le transport des douilles vers le site de recyclage est désormais pris en charge par SUEZ.
La quantité de cartouches collectées a augmenté de manière significative, passant de 700 kilos en 2017 à 2,2 tonnes en 2024. Cette croissance reflète l’engagement croissant des chasseurs envers cette initiative écologique.
Les résultats depuis le lancement du projet sont encourageants :
| Année | Quantité Collectée (tonnes) |
|---|---|
| 2017 | 0.7 |
| 2018 | 1.5 |
| 2019 | 1.71 |
| 2020 | 1.8 |
| 2021 | 1.9 |
| 2022 | Non réalisée |
| 2023 | 1.961 |
| 2024 | 2.22 |
La pérennité de cette initiative a été renforcée par un récent contrat signé en 2023 avec ECOLOGIC, garantissant une gestion durable des déchets de chasse. Ce partenariat stratégique vise à maintenir et développer cette démarche écocitoyenne.
Régis Hargues, directeur de la FDC40, souligne : “Cette démarche écologique traduit l’implication de la Fédération dans la protection et la sauvegarde des milieux naturels landais ainsi que la valorisation d’une image de la chasse moderne, respectueuse de l’environnement.”
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Selon des informations de la Fédération Nationale des chasseurs, seulement 13% des chasseurs pratiquent la chasse au gibier d’eau. La chasse à la passée peut se pratiquer autour d’un étang ou le long d’un cours d’eau, à condition d’être situé à moins de 30 mètres du plan d’eau. La passée aux canards a généralement lieu dans les deux heures qui précèdent le lever du soleil, et deux heures après le coucher du soleil.
L’article L.121-1 du code forestier définit les objectifs de gestion durable des bois et forêts, notamment la régénération des peuplements forestiers dans des conditions satisfaisantes d'équilibre sylvo-cynégétique. Le PRFB a précisé que « la gestion cynégétique et sylvicole sur un massif cohérent doit permettre la régénération des essences forestières du massif sans protection (à l’exception des feuillus précieux) dans des conditions technico-économiques satisfaisantes pour le propriétaire.
Les forêts du Grand Est accueillent chevreuil, sanglier, cerf élaphe, daim et chamois. L’augmentation des populations de gibier a un impact significatif sur les milieux naturels, les habitats et les espèces. Les propriétaires peuvent solliciter une indemnisation auprès des chasseurs en compensation des dégâts subis.
Le dialogue entre forestiers et chasseurs est encouragé pour établir un diagnostic partagé des causes du déséquilibre sylvo-cynégétique. La méthode « Brossier-Pallu » permet d’identifier les mesures correctives les mieux adaptées à chaque situation.
Quand les chasseurs ont trop de gibiers, ils peuvent faire appel à des sociétés spécialisées dans le ramassage de la venaison. « Nous avons une salle de découpe avec des personnes qui ont reçu une formation spécifique. Ils éviscèrent les animaux, examinent les carcasses, et les placent dans une chambre froide », explique Jean-François Meslin, guide de chasse et gestionnaire du domaine de Beaumont.
Nicolas Barnier, propriétaire du domaine de la Verrerie de Saint Gond dans la Marne, ajoute qu’il doit faire face à de nombreuses « contraintes sanitaires et administratives », qui vont jusqu’à dissuader beaucoup de chasseurs.
La fédération des chasseurs de Haute-Savoie, aidée par la région Auvergne-Rhône-Alpes et le département, a investi plus de 300 000 euros pour créer une filière de traitement de la venaison. « Nous pouvons désormais collecter le gibier, le traiter, le découper, et le valoriser auprès de nos clients : restaurateurs, bouchers ou particuliers », précise Éric Coudurier, directeur adjoint de la fédération de Haute-Savoie.
Les animaux prélevés par les chasseurs peuvent soit être directement apportés dans les locaux soit être entreposés dans une chambre froide dans son secteur le plus proche. « On s’est procuré une remorque frigorifique pour aller chercher le gibier dans les différents points de collecte », souligne Éric Coudurier.
L'Annexe VII détaille les conditions sanitaires pour la mise à mort, la préparation et la mise sur le marché des viandes fraîches de gibier sauvage. Elle définit les rôles des centres de collecte, des premiers détenteurs et des collecteurs professionnels.
Les déchets de gibier posent un réel défi dans le Gers, avec 315 tonnes annuelles. Une nouvelle forme de collecte sera lancée dès 2025 par la fédération de chasse et la communauté de communes du Grand Armagnac.
« La chasse doit être considérée comme un service collectif. Les déchets issus de cette activité devraient relever d’une charge commune », poursuit Philippe Beyries, président de la communauté de communes du Grand Armagnac (CCGA).
Dès la saison 2025-2026, trois nouveaux sites de collecte verront le jour à Estang, Eauze et Monbrun. Chaque site sera équipé de bacs de 750 litres, vidés chaque semaine par la société d’équarrissage Atemax. Le service sera gratuit, financé par la fiscalité locale. Un planning de nettoyage collectif sera mis en place, avec la participation des sociétés de chasse.
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