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Gustave Flaubert, figure marquante de la littérature française, est né le 12 décembre 1821 à Rouen. Fils d'Achille-Cléophas Flaubert, chirurgien-chef à l’hôpital de la ville, et de Justine-Caroline Fleuriot, il grandit dans un milieu bourgeois.

Jeunesse et Formation

Sa vocation littéraire se révèle dès l'adolescence. Toutefois, il est renvoyé du lycée de Rouen pour indiscipline, puis passe seul son bac en 1840. L’année suivante, il commence des études de droit à Paris.

Retraite à Croisset et Voyage en Orient

Après la mort de son père en 1848, Gustave Flaubert s’installe à Croisset, près de Rouen, pour se consacrer totalement à l’écriture. Avec son ami Maxime Du Camp, il entreprend un long voyage en Orient, une expérience qui marquera profondément son œuvre.

Scandale et Célébrité avec Madame Bovary

En 1857, Gustave Flaubert publie Madame Bovary, œuvre qui provoque un scandale retentissant, mais qui lui assure également la célébrité. Il est poursuivi pour outrage à la morale publique et religieuse, avant d’être finalement acquitté.

Vie Littéraire et Salons Parisiens

Flaubert fréquente les salons littéraires parisiens où il se lie à de nombreuses célébrités de l'époque, notamment Georges Sand, Baudelaire, Émile Zola, Théophile Gautier et les frères Goncourt.

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Voyage en Tunisie et Inspiration pour Salambô

En 1858, Gustave Flaubert part en Tunisie pour se documenter sur son projet de roman historique Salambô, qu’il publiera en 1862.

Influence sur Guy de Maupassant

Il est très proche du jeune Guy de Maupassant, qu'il considère comme un père spirituel, et le guide dans le métier d'écrivain.

Caractéristiques de l'Œuvre de Flaubert

L’œuvre de Gustave Flaubert se caractérise par une analyse psychologique profonde et un grand souci de réalisme. Il cherche à être impartial pour atteindre l’objectivité et ne porte aucun jugement sur le comportement de ses personnages.

Madame Bovary: Un Personnage Mythique

Élevée au rang d’héroïne par l’exceptionnelle perfection du style et l’audace romanesque de son créateur, Madame Bovary figure en bonne place dans la galerie des personnages de fiction devenus mythes, qui ne cessent d’alimenter notre imaginaire.

Défenseur de l'Art Pur

Défenseur de l’Art pur, Gustave Flaubert a sublimé le réel par l’alchimie d’une écriture exigeante, et son œuvre est aussi dense que novatrice. Les sciences humaines reconnaissent la finesse de ses analyses psychologiques, la pertinence de ses tableaux historiques et sociologiques.

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Correspondance: Un Témoignage Précieux

Son abondante correspondance en fait aussi un précieux témoin de son temps, dont il a perçu les évolutions et les dérives. Par son sens critique, toujours en éveil, il est un maître en liberté.

La Méthode de Travail de Flaubert

Gustave Flaubert a le travail d’un bénédictin. Il ne procède que sur des notes précises, dont il a pu lui-même vérifier l’exactitude. S’il s’agit d’une recherche dans des ouvrages spéciaux, il se condamne à fréquenter pendant des semaines les bibliothèques jusqu’à ce qu’il ait trouvé le renseignement désiré.

Pour écrire, par exemple, dix pages, l’épisode d’un roman où il mettra en scène des personnages s’occupant d’agriculture, il ne reculera pas devant l’ennui de lire vingt, trente volumes traitant de la matière ; et il ira en outre interroger des hommes compétents, il poussera les choses jusqu’à visiter des champs en culture, pour n’aborder son épisode qu’en entière connaissance de cause.

S’il s’agit d’une description, il se rendra sur les lieux, il y vivra. Ainsi, pour le premier chapitre de l‘Éducation sentimentale, qui a, comme cadre, le voyage d’un bateau à vapeur remontant la Seine de Paris à Montereau, il a suivi le fleuve en cabriolet tout du long, le trajet ne se faisant plus en bateau à vapeur depuis longtemps.

Même, lorsqu’il choisit, pour placer une scène, un horizon imaginaire, il se met en quête de cet horizon tel qu’il l’a souhaité, et n’est satisfait que lorsqu’il a découvert un coin de pays lui donnant à peu près l’impression rêvée. Et, à chaque détail, c’est ainsi un souci continu du réel.

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Il consulte les gravures, les journaux du temps, les livres, les hommes, les choses. Chaque page, pour les costumes, les événements historiques, les questions techniques, le décor, lui coûte des journées d’études. Un livre lui fait remuer un monde.

Dans Madame Bovary, il a mis les observations de sa jeunesse, le coin de Normandie et les hommes qu’il a vus pendant ses trente premières années. Quand il a écrit l‘Éducation sentimentale il a fouillé vingt années de notre histoire politique et morale, il a résumé les matériaux énormes fournis par toute une génération d’hommes.

Cette conscience est un des traits caractéristiques du talent de Gustave Flaubert. Il semble ne vouloir rien devoir à son imagination. Il ne travaille que sur l’objet qui pose devant lui. Quand il écrit, il ne sacrifie pas un mot à la hâte du moment ; il veut de toutes parts se sentir appuyé, poser les pieds sur un terrain qu’il connaît à fond, s’avancer en maître au milieu d’un pays conquis.

Et cette probité littéraire vient de ce désir ardent de perfection, qui est en somme toute sa personnalité. Il refuse une seule erreur, si légère qu’elle soit. Il a besoin de dire que son œuvre est juste, complète, définitive. Une tache le rendrait très malheureux, le poursuivant d’un remords, comme s’il avait commis une mauvaise action. Il n’est parfaitement tranquille que lorsqu’il est convaincu de la vérité exacte de tous les détails contenus dans son ouvrage.

On comprend les lenteurs fatales d’un pareil procédé. Cela explique comment en étant un gros travailleur, Gustave Flaubert n’a produit que quatre œuvres, qui ont paru à de longs intervalles : Madame Bovary en 1856 ; Salammbô en 1863 ; l‘Éducation sentimentale en 1869 ; la Tentation de Saint Antoine en 1874.

Le Style de Flaubert

J’arrive au style de Gustave Flaubert. Il est un des plus châtiés que je connaisse ; non que l’auteur ait les moins du monde l’allure classique, figée dans une correction grammaticalement étroite ; mais il soigne, je l’ai dit, jusqu’aux virgules, il met des journées s’il faut, sur une page pour l’obtenir telle qu’il l’a rêvée.

Il poursuit les mots répétés jusqu’à trente et quarante lignes de distance. Il se donne un mal infini pour éviter les consonances fâcheuses, les redoublements de syllabes offrant quelque dureté. Surtout, il proscrit les rimes, les retours de fin de phrase apportant le même son ; rien ne lui semble gâter autant un morceau de style. Je lui ai souvent entendu dire qu’une page de belle prose était deux fois plus difficile à écrire qu’une page de beaux vers.

Avec Gustave Flaubert, nous revenons toujours à une idée d’immortalité, à l’ambition puissante de faire éternel. Et seul, il peut s’aventurer dans cette lutte corps à corps avec une langue souple qui menace toujours de couler entre ses doigts.

La qualité maîtresse de Gustave Flaubert, avec un pareil travail, est naturellement la sobriété. Tous ses efforts tendent à faire court et à faire complet. Dans un paysage, il se contentera d’indiquer la ligne et la couleur principale ; mais il voudra que cette ligne dessine, que cette couleur peigne le paysage en entier. De même pour ses personnages, il les plante debout, d’un mot, d’un geste.

Plus il est allé et plus il a tendu à algébriser en quelque sorte ses formules littéraires. Il tâche d’escamoter les actions secondaires, va d’un bout à l’autre d’un livre sans revenir sur lui-même. En outre, comme il se désintéresse, n’intervient jamais personnellement, se défend de laisser percer son émotion, il veille à ce que son style marche toujours d’un pas rythmique, sans une secousse, aussi clair partout qu’une glace, réfléchissant avec netteté sa pensée. Cette comparaison d’une glace est fort juste, car son ambition est à coup sûr de trouver une forme de cristal, montrant derrière elle les êtres et les choses tels que son esprit les a conçus.

Ajoutez que Gustave Flaubert n’a pas que ce souci de clarté. Il veut le souffle. Il a ce vent puissant qui va du premier mot d’une œuvre au dernier, en faisant entendre, sous chaque ligne, le ronflement superbe des grands styles. La forme limpide, sèche et cassante du XVIIIe siècle n’est point du tout son affaire. Avec la clarté, il a le besoin impérieux de la couleur, du mouvement et de la vie.

Influence du Romantisme et Dualité

Gustave Flaubert est né en pleine période romantique. Il avait quinze ans au moment des grands succès de Victor Hugo. Toute sa jeunesse a été enthousiasmée par l’éclat de la pléiade de 1830. Et il a gardé au front comme une flamme lyrique de l’âge de poésie qu’il a traversé.

Plus tard à cette heure où l’on regarde en soi et autour de soi, il a compris quelle était son originalité, il est devenu un grand romancier, un peintre implacable de la bêtise et de la vilenie humaines. Mais la dualité est restée en lui. Le lyrique n’est pas mort ; il est demeuré au contraire tout puissant, vivant côte à côte avec le romancier, réclamant parfois ses droits, assez sage cependant pour savoir parler à ses heures.

C’est de cette double nature, de ce besoin d’ardente poésie et de froide observation, qu’a jailli le talent original de Gustave Flaubert.

Haine de la Sottise et Peinture de la Laideur

Gustave Flaubert n’a qu’une haine, la haine de la sottise ; mais c’est une haine solide (1). Il écrit certainement ses romans pour la satisfaire. Les imbéciles sont pour lui des ennemis personnels qu’il cherche à confondre. Chacun de ses livres conclut à l’avortement humain.

Quand il braque sa loupe sur un personnage, il ne néglige pas une verrue, il fouille les plus petites places, s’arrête aux infirmités entrevues. Pendant des années, il se condamne à voir ainsi le laid de tout près, à vivre avec lui, pour le seul plaisir de le peindre et de le bafouer, de l’étaler en moquerie aux yeux de tous.

Les Œuvres Majeures et les Échappées Poétiques

Quand l’auteur écrit Madame Bovary ou l‘Éducation sentimentale, le lyrique se désole de la petitesse des personnages, de la difficulté qu’il y a à faire grand avec ces bonshommes ridicules ; et il se contente de glisser çà et là un mot de flamme, une phrase qui s’envole largement.

Alors, ce sont des échappées splendides vers les pays de la lumière et de la poésie. L’auteur écrit Salammbô ou la Tentation de Saint Antoine ; il esten pleine antiquité ; en pleine archéologie d’art, loin du monde moderne, de nos vêtements étroits, de nos chemins de fer et de notre ciel gris, qu’il abomine. Ses mains remuent des étoffes de pourpre et des colliers d’or. Il n’a plus peur de faire trop grand, il ne surveille plus sa phrase de crainte qu’elle mette dans la bouche d’un pharmacien de village, les images colorées d’un poète oriental.

Originalité du Style

On comprend, dès lors, l’originalité du style de Gustave Flaubert si sobre et si éclatant. Il est fait d’images justes et d’images superbes. C’est la vérité habillée par un poète. Avec lui on marche toujours sur un terrain solide, on se sent sur la terre ; mais on marche largement sur un rythme d’une beauté parfaite.

Quand il descend à la familiarité la plus vulgaire, par besoin d’exactitude, il garde je ne sais quelle noblesse qui met de la perfection dans les négligences voulues. Toujours, en le suivant au milieu des aventures les plus plates, on sent un écrivain et un poète à côté de soi ; c’est à la fin d’un alinéa, au milieu d’une page, une phrase, un seul mot quelquefois, qui jette une lueur, donne brusquement le frisson du beau.

Et, d’ailleurs, rien n’est laid dans cette continuelle peinture de la laideur humaine. On peut aller jusqu’au ruisseau, le tableau aura toujours la beauté de la facture. Il suffit qu’un grand artiste ait voulu cela.

Héritage Littéraire et Réalisme

Considéré de son vivant comme le chef de file de l'école réaliste, inspiré par Honoré de Balzac et modèle de Guy de Maupassant, entre autres, Gustave Flaubert n'était pas l'archétype de l'écrivain génial à qui les phrases viennent aisément. Ce travailleur acharné, qui pouvait passer des heures enfermé dans son cabinet de Croisset, recherchait plus que tout la perfection stylistique, criant ses phrases dans une pièce close pour en tester l'esthétique.

Grand moraliste, il appliqua son regard pessimiste et ironique à tous les sujets, à mi-chemin entre posture naturaliste et analyse psychologique. On lui doit notamment la création d'un type maintes fois repris, celui de la femme insatisfaite qui rêve d'une vie romanesque. Emma Bovary a même donné son nom à un syndrome psychologique, le bovarysme.

Extraordinairement exigeant envers lui-même, Flaubert produisit des romans peu nombreux mais profondément travaillés, tant sur le fond que sur la forme. Il s'éteignit à Croisset le 8 mai 1880, laissant inachevé Bouvard et Pécuchet, roman recensant les préjugés de la bêtise humaine.

Chronologie de Gustave Flaubert

Date Événement
12 décembre 1821 Naissance à Rouen.
1841 Débute des études de droit à Paris.
1844 Crise nerveuse et abandon des études.
1849 Voyage en Orient avec Maxime du Camp.
1856 Publication de Madame Bovary.
1857 Procès pour Madame Bovary.
1862 Publication de Salammbô.
1869 Parution de L'Éducation sentimentale.
1872 Mort de sa mère.
1877 Publication des Trois contes.
8 mai 1880 Décès à Croisset.

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