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Au Japon, chaque printemps, le vent porte avec lui une tradition colorée : le vol des koï nobori. Véritable porte-bonheur, symbole de force et de détermination, vous aurez certainement la chance de les observer onduler au gré du vent si vous visitez l'archipel nippon pendant le mois de mai.

Ces carpes volantes, hissées pour la fête des enfants, symbolisent la force et la persévérance des jeunes générations. Les premières manches à air étaient dressées par les samouraïs sur les champs de bataille. Ces drapeaux étaient de formes et couleurs différentes.

Au fil des siècles, les koï nobori ont évolué pour passer de simples accessoires de guerre à un symbole représentatif des membres de la famille. Aujourd'hui, le kodomo no hi est une célébration nationale au Japon, où les koïnobori japonaises sont hissées avec fierté devant les maisons, dans les parcs et le long des rivières.

On retrouve ensuite les différentes koï nobori symbolisant chaque membre de la famille. Certains artisans spécialisés fabriquent encore des koi nobori en papier washi. Malgré le passage des siècles, les koï nobori sont restées un symbole culturel du Japon.

Selon une ancienne légende chinoise, une carpe koï qui réussit à franchir la cascade du Dragon Jaune se transforme en dragon. Depuis de nombreuses années, les enfants sont célébrés le 5 mai lors du kodomo no hi. On y retrouve la yoroikazari, une réplique d’une armure d’un samouraï, des armes comme le katana ou l’arc ainsi que d’autres symboles traditionnels qui célébraient les garçons des familles de samouraïs.

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La koïnobori noire est traditionnellement utilisée pour le père, la rouge représente la mère, et les autres couleurs symbolisent les enfants du foyer. Avec le temps, la tradition des koï nobori s'est modernisée, donnant naissance à une variété de styles et de motifs.

On raconte qu'autrefois, un guerrier solitaire parcourait les terres désolées où le vent hurlait sans fin. Sa naissance avait coïncidé avec l'arrivée d'une tempête si violente qu'elle avait balayé montagnes et forêts, ne laissant derrière elle qu'un silence assourdissant.

Lorsqu'il atteignit l'âge adulte, il se présenta aux anciens maîtres-forgerons du sanctuaire des cieux, là où seuls les élus pouvaient recevoir une lame divine. Ce katana, noir comme les nuits d'orage, portait sur sa lame des inscriptions sacrées, des prières adressées au vent divin pour qu'il guide chaque coup. Les dents de scie sur son fil représentaient la puissance destructrice des bourrasques capables de tout trancher sur leur passage.

La légende raconte que dans les batailles, lorsque son porteur faisait face à l'ennemi, la lame sifflait comme un cri du vent, et ceux qui entendaient ce chant savaient qu'ils faisaient face à une force que rien ne pouvait briser.

L'éventail : une arme insoupçonnée

Xiao Long est très vexé, car il a entendu dire que l'éventail c'était "pour faire joli" et que ça n'était pas une arme! Ce bel objet a une histoire qui remonte à … très loin ! Son origine se situerait dans la région de Yushan (province du Sichuan) où l’on trouve des représentations sur des théières en bronze datant de 481 - 221 av.

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L’un des huit immortels, Zhong Li Quan, possède un éventail en plumes. Déjà sous la dynastie Jin (265-420), on parle d’éventail. Les plus anciens découverts et conservés jusqu’à aujourd’hui sont en bambou. On a aussi connaissance d’éventails montés sur ivoire, sur ébène, sur écaille de tortue… Soie, papier et feuille d’or participaient aussi aux créations les plus nobles.

Leur utilisation première était bien tout simplement de maintenir l’air frais et d’écarter la poussière. Les éventails sont alors des écrans fixes. Des archéologues ont mis à jour des vestiges d’éventail en os, nacre, écaille, plume, bambou, en papier huilé ou en tissu précieux, dans la province du Hubei à Jiangling.

L’éventail symbolise aussi le pouvoir impérial, celui des mandarins et de ceux qui ont gagné l’immortalité. Il était donc couramment utilisé lors de cérémonies et accompagnait parfois son propriétaire dans la tombe. Plus tard et surtout à partir de la dynastie Tang (618-907) apparait une nouvelle mode : orner son éventail de peintures ou de poèmes.

Apparait aussi pourtant l’utilisation des éventails dans certains arts martiaux (aucun écrit ne permet cependant de dater nettement le phénomène) et dans certaines danses traditionnelles. L’objet s’y prête car il est très esthétique. L’éventail est en fait un objet utilitaire « détourné », on se sert de ce que l’on a sous la main, de la même façon que l’on se défendrait avec une canne, un parapluie (et en Normandie, on est donc armé toute l’année !

D’apparence anodine, on peut utiliser l’éventail comme un bâton court et donc frapper ou bloquer. Maitre Wang Yen Nien (1914-2008) disait que l’éventail est une arme « saisissante ou surprenante ». Il surprend par le bruit lorsqu’on l’ouvre. Il peut masquer une attaque de poing, tenir à distance.

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Il peut parer ou détourner une attaque en « capturant » l’arme de l’adversaire. Il pique (et des deux côtés !). Il tranche (avec le fil… du tissu !) : on est bien capable de se couper tout seul avec une feuille de papier !!! Et … (voir divers films chinois) c’est aussi une arme de jet.

Y cacher des lames et en faire un boomerang est possible… au cinéma. L’éventail propose tout un (éventail ?non, trop facile ! Au Japon existent également deux sortes d'éventails, le « sensu » qui se plie et « l’uchiwa » en bambou, rond, qui ne se plie pas.

Il est probable aussi que l’éventail permettait aux guerriers et nobles d’être « armés » constamment : lorsqu’il était nécessaire d’abandonner ses lames pour pénétrer à l’intérieur d’une demeure, l’éventail restait autorisé. Du point de vue de la santé, la pratique de l'éventail en Tai ji stimule tous les méridiens du corps, et permet une amélioration de la circulation énergétique dans le corps.

Un éventail fermé, en métal, et même en bambou permet de bloquer une attaque, et de frapper comme un bâton court (on y retrouve d'ailleurs ici les techniques que l'on connait aussi pour l'épée). L’éventail ouvert peut servir à masquer une attaque de poing ou de pied par exemple. Il permet aussi de se protéger ou de tenir à distance l'adversaire lorsqu'on l'ouvre devant soi, horizontal ou vertical.

On peut aussi utiliser son tranchant pour couper: c'est ce que l'on a le plus de mal à imaginer, il faut l'admettre... Maintenant qu’il est établi que la pratique de l’éventail a une dimension martiale, vous pouvez, Messieurs, vous mettre à l’éventail sans hésitation !!!

Le Kamikaze : vent divin de la victoire

Au cours du XIIIe siècle, des hordes de Mongols balayèrent l’Asie et fondèrent un empire qui s’étendait de l’Europe orientale jusqu’en Corée. En 1260, après la chute de la Chine impériale aux mains des barbares, les Mongols commencèrent à regarder plus loin vers l’est, vers le japon.

En 1274, une armée mongole débarqua sur l’île méridionale de Kyushu et livra un féroce combat aux armées de samouraïs. La nuit même, un typhon dispersa une partie de la flotte mongole, et les envahisseurs en déroute durent regagner le continent.

En 1281, les Mongols débarquèrent une seconde fois avec des dizaines de milliers d’hommes. Pendant deux mois, les fiers samouraïs tinrent leurs positions face à l’envahisseur ; puis un deuxième typhon vint à leur secours. Il détruisit lui aussi une grande partie de la flotte mongole, et des milliers d’envahisseurs tombèrent sous les sabres des samouraïs alors qu’ils tentaient de battre en retraite.

Ce deuxième typhon fut appelé kamikaze - « le vent divin » - et devint le symbole de la victoire dans l’esprit des japonais.

La Flamberge : lame flamboyante

Mettre flamberge au vent est une vieille expression française (attestée depuis au moins 1629) dont le sens premier signifie tirer son épée de son fourreau pour se préparer à combattre. Une flamberge n’est donc pas un type d’épée spécifique (elle n’apparaît pas en tant que telle dans la classification d’Oakeshott) mais un terme générique pour tout ce qui a une lame ondulée flamboyante.

On trouve ainsi des épées à une main ou des rapières flamberges. J’ai surligné le mot flamboyant parce que Wikipédia va jusqu’à qualifier le kriss (poignard malais) de flamberge alors que celui-ci symbolise les ondulations du serpent. C’est pas du tout pareil mon bon Monsieur ! Mais revenons à nos grandes épées à deux mains.

Celles-ci sont des armes de fantassins plutôt que de cavaliers (au risque sinon de tomber de cheval ou de décapiter celui-ci !). Elles ont notamment équipé certains lansquenets (mercenaires allemands) parmi les plus aisés, notamment ceux qu’on appelait double soldes, soldats d’élite combattant en première ligne qui s’équipaient également d’armes d’hast ou d’arquebuses.

Ces soldats aimaient montrer leur situation financière en se pavanant en vêtements bouffants, colorés et dépareillés, assez extravagants (cf. Les flamberges sont beaucoup plus légères qu’on ne l’imagine (typiquement entre 2,5 et 4 kg), ce qui permet un maniement particulièrement vif et rapide (pas du tout comme dans la scène de combat entre les chevaliers vert et noir de Sacré Graal, que je mentionnais dans l’article précédent).

Malgré cela, à moins d’être tanqué comme un Golgoth, c’est une arme dont on accompagne la chute plus qu’on ne la dirige, principalement une arme de taille donc (voire de concussion vu leur poids !), et marginalement d’estoc. Ceci exclut le combat en formation où l’on risquerait plutôt de massacrer ses propres équipiers : le porteur combat seul en avant de sa troupe comme j’ai pu le voir sur une gravure du château de Gruyères.

Chez les lansquenets, ces armes étaient réputées être utilisées pour disperser les carrés de piquiers adverses. J’adhère ici à la thèse de Björn Rüther qui postule que dans ces conditions exigües la flamberge était utilisée en demi-épée en la maintenant par le ricasso, afin de rabattre une partie des piques (on est sur leur faible…) pour atteindre et décimer leurs porteurs.

Le but n’est donc pas de débiter du petit bois (en largeur) mais de déboiter le bonhomme qui est au bout ! Comme toujours, on vise le corps de l’adversaire et pas ses armes et protections. Et s’il a plus d’allonge, on doit établir et maintenir un contact sur son arme et rusher pour arriver jusqu’à lui… Je reste dubitatif par contre sur l’utilité de la flamberge pour arrêter une charge de cavalerie, comme c’est parfois évoqué.

Les lansquenets « fauchés » équipés d’une simple pique étaient là pour ça : chacun son rôle ! De même, l’utilisation dans une fonction de garde du corps ou de récupérateur de prisonnier derrière la ligne ennemie était possible (voir ici ou là), mais nécessitait un bon entraînement du binôme pour ne pas tuer soi-même le VIP à protéger 😀.

Reste la question finale : est-ce que l’ondulation de la lame servait vraiment à quelque chose, à part impressionner l’adversaire ? Deux points semblent admis : ce serait plus efficace contre les protections en cuir ou en tissu et plus dangereux à attraper à la main.

Deux points n’ont d’intérêt que pour les épées à une main : des blessures plus prononcées et un blocage ou ralentissement de la glissade de la lame adverse (de toutes façons arrêtée par les cornes devant le ricasso sur les versions à deux mains : cornes saillantes dans les versions de Munich et latérales dans celles de Brunswick).

Plusieurs points semblent discutables : une plus grande efficacité contre les armures de plates due à la concentration de l’impact sur une plus petite surface, un effet couteau à pain augmentant l’efficacité des tailles tirées, une meilleure capacité à glisser entre les côtes de l’adversaire sans y rester coincé (!), ou encore la génération de vibrations dérangeantes dans l’arme de l’adversaire…

En contrepartie, deux faiblesses ressortent : des lames plus fragiles et plus difficiles à affuter.

Le Fuma Shuriken

C'est un certain type de shuriken japonais. C'est aussi un shuriken particulier, en rapport avec le clan japonais Fuuma. D'ailleurs son nom veut dire "Shuriken en forme de svastika" car manji est le romaji pour svastika.

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