Dans la longue histoire du militaria, certains modèles d'armes sont devenus extrêmement populaires et appréciés, et pas seulement dans le monde des services en uniforme. Parmi ceux-ci, le fusil AK-47, notamment pour sa fiabilité et sa simplicité. Est-il encore nécessaire aujourd'hui de présenter la Kalachnikov AK-47 (peut être écrit AK47) ? Fusil d'assaut originaire du bloc Soviétique, il est devenu encore plus célèbre que son homologue américain, l'AR15. Embarquez avec nous pour un voyage dans le passé, à la découverte de l'histoire de l'arme à feu qui a façonné le monde moderne.
Les fusils d'assaut automatiques vont apparaître au cours de la Seconde Guerre Mondiale, plus particulièrement pendant le développement du Strumgewehr 43, en 1943, par l'armée Allemande. Un concept de carabine semi automatique avant-coureur, qui sera officiellement adopté par la Wehrmacht dans une version améliorée en 1944, sous le nom de Sturgewehr 44, plus communément appelé STG-44. Le STG-44, considéré comme le père des fusils d'assaut modernes.
Face aux défis du combat en zone urbaine, particulièrement dans la poche de résistance de Smolensk durant la bataille de 1941, les soldats de la Wehrmacht notent l'avantage des armes automatiques telles que les PPD 40 ou le PPSh-41, utilisées en masse par les Soviétiques dès le début du conflit, par rapport au fusil à levier KAR 98 et à la MP40 en service du côté allemand.
Bien que les soldats du Reich disposent du MP40, cette arme chambrée en 9mm manque de puissance comparativement au PPSh-41 soviétique, et rapidement les militaires de l'Axe s'approprient ces armes sur le champ de bataille. À l'apparition du StG44 sur le front Est, les militaires soviétiques entreprennent alors le développement d'une arme similaire qui utiliserait des munitions en 7,62 x 39 mm M43. En s'inspirant de l'arme allemande, l'ingénieur en armement Alexey Sudayev conçoit le fusil d'assaut AS-44. Testé en 1944, il se révèle trop lourd pour être efficace en service. Ce revers de conception amène l'Armée rouge à suspendre temporairement son programme de recherche sur le fusil d'assaut.
Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov vient au monde le 10 novembre 1919 à Kouria, en Sibérie. Issu d'une famille de Koulak (terme qui désignait, de manière négative, dans l'Empire Russe, un fermier possédant des terres, du bétail, des outils... et qui faisait travailler des ouvriers agricoles salariés), il est le 17ème enfant d'une fratrie de 19, dont seulement 8 ont survécu. Il est âgé de seulement 11 ans lorsque sa famille est déportée au sein de l'oblast de Tomsk, dans le cadre de la révolution Stalinienne au début des années 1930, Staline souhaitant supprimer les Koulaks, qu'il juge contraire aux idées révolutionnaires.
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Enrôlé dans l'Armée Rouge en 1938, Kalachnikov va très rapidement montré ses capacité en mécanique, en apportant des améliorations au pistolet semi automatique Tokarev TT-33 et à différentes parties des chars d'assaut, poussant ses supérieurs à l'envoyer en cours de mécanique spécialisée dans les chars. Grièvement blessé lors de la bataille de Briansk en 1941 lors d'une tentative de stopper les troupes allemandes se dirigeant vers Moscou, il est contraint de suivre une longue convalescence en hôpital.
C'est durant cette période qu'il va dessiner des modèles de pistolets et autres armes à feu, ayant constaté la supériorité technique de l'armement des soldats allemands. Au début de l'année 1942, il est ainsi transféré au sein d'une unité de conception d'armes légères. Après une première arme conçue en 1942 mais écartée par l'Armée Rouge au profit du PPS-43, son prototype de carabine semi automatique de 1945 échoue face au SKS, adopté en 1946. Ayant conçu de nombreux modèles de fusils d'assaut entre 1945 et 1949, jugés plutôt intéressant par l'armée Soviétique, il quitte l'armée pour rentrer chez le fabricant d'arme Izmash.
C'est au sein de cette entreprise que Mikaïl va concevoir un modèle d'arme d'une simplicité remarquable, qui sera finalement adopté par l'armée Soviétique, après de nombreux tests dans des conditions extrêmes. Conçu d'après une étude de 1947, son fusil d'assaut est adopté en 1949 sous le nom de : AK-47 (Автомат Калашникова, « Avtomat Kalachnikova » modèle 1947).
Malgré le succès incontestable du fusil d'assaut Kalashnikov AK-47, celui-ci entre en perpétuelle évolution pour corriger des défauts existants. C'est à partir de 1955 que de grosses modifications sont apportées à l'arme, principalement sur le corps du fusil et le système de récupération des gaz, ainsi que l'ajout d'une baïonnette. Tous ces changements vont conduire, en 1959, à une nouvelle version nommée AKM. Adopté et fourni à l'armée Soviétique à partir de 1961, l'AKM va donner naissance à plusieurs versions, possédant chacune des spécificités comme le AKMS avec sa crosse pliable ou encore l'AKMSU, version compacte.
L'amélioration principale des AKM est leur fabrication en tôle emboutie pour la carcasse et en contreplaqué de bouleau, pour la crosse, la poignée et le garde-main. Ces caractéristiques vont permettre la fabrication de plusieurs millions de fusils d'assaut à des coûts réduits. Dans la continuité des évolutions du fusil d'assaut Kalashnikov, les ingénieurs de chez Izmash vont se pencher sur le remplacement de la RPD (Routchnoï Poulemiot Diegtiariova) mitrailleuse légère en service dans l'armée Soviétique. C'est ainsi qu'au début des années 1960 entre est mis en service la Kalashnikov RPK, basée sur la conception de l'AKM.
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D'une composition plus lourde, le modèle RPK est équipé d'un bipied pliable, d'un canon plus long et plus épais afin d'allonger la portée de tir mais également la durée de tir possible sans que l'arme ne chauffe. Depuis le début de la conception des armes Kalashnikov, celle-ci s'élabore autour d'un élément majeur : la cartouche 7,62x39 mm.
C'est en 1943 que l'Union soviétique met au point la 7.62 x39 mm pour un usage militaire. La 7.62 x39 mm se démarque par une balle moins lourde, avec une charge de poudre moins puissante. En plus de cela, elle s'adapte très bien aux machines de rechargement semi-automatique et automatique. Ces munitions sont bien plus légères, ce qui limite leur portée de tir. Au-delà de 500 mètres, son énergie cinétique reste tout de même assez correcte. Alors que l'OTAN privilégie les cartouches de 5,45 x39 mm, la 7.62 x39 mm demeure la plus répandue.
La 7.62 x39 mm est étonnamment plus courte que la 7.62 x51 mm de l'OTAN. En effet, elle tire une balle de grain 123 au lieu de l'habituel 165. Les munitions 7.62 x39 mm se retrouvent souvent dans les carabines SKS et les fusils d'assaut AK-47. La 7.62 x39 mm est ainsi synonyme de robustesse et de fiabilité. Au fil des années, la 7.62 x39 mm a peu évolué. Cependant, elle a connu des progrès, dont les balles à noyau d'acier traité thermiquement. De nos jours, la 7.62 x39 mm est bien plus performante et subsonique qu'elle ne l'était en 1943. La cartouche propose désormais des modèles pour soft-points et full metal jackets. Les balles de grains pendent entre 122 et 150.
Grâce à sa petite charge de poudre, la 7.62 x39 mm provoque moins de recul durant le tir. Elle offre donc une bonne stabilité et un meilleur confort de tir. En matière de chasse, elle est capable de perforer de petites branches sans perdre en puissance. Les variantes militaires de la cartouche 7.62 x 39 mm. La 7.62 x39 mm, également appelée cartouche soviétique, a connu de nombreuses variations. En 1943, le premier modèle comporte une balle blindée pesant 7,8 g. Cette munition se présente avec une pointe rouge et noire. D'une masse plus réduite, cette balle ne pèse que 6,5 g. Les balles à blanc sont destinées à s'entraîner au tir ainsi qu'au maintien de l'ordre.
Cette munition, développée en 1943 par l'armée Soviétique, est composée d'une ogive de calibre 7,62 mm montée sur un étui de 39 mm de longueur. Possédant une capacité de pénétration supérieure aux munitions de combats de l'OTAN, à savoir le 5,56x45 mm et le 7,62x51, grâce à sa balle en acier chemisé, elle bénéficie cependant d'une portée moindre que ses concurrents américains. Dans l'optique de pouvoir tirer une balle avec une haute vitesse initiale, une trajectoire plus tendue et permettre aux soldats d'emporter plus de munitions sur le terrains, un groupe d'ingénieurs soviétique va travailler à la conception d'une nouvelle munition : la 5,45x39 mm M1974. Conservant la même longueur d'étui que la 7,62x39mm, la 5,45x39mm monte une ogive de calibre 5,6mm d'un poids de 3,43g.
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Le concept de balle de petit calibre propulsé à grande vitesse avait déjà été étudié en Russie, au début de l'année 1915, par Vladimir Fedorov, célèbre ingénieur dans l'industrie de l'armement Soviétique, concepteur de l'Avtomat Fedorov, considéré comme le tout premier fusil d'assaut de l'histoire. Son modèle de fusil semi automatique tirait une balle de petit calibre 6.5mm. Seulement, entre un poids trop élevé pour être porté continuellement par des soldats (le fusil de Fedorov pesait 5,2Kg) et l'impossibilité de produire à l'époque une nouvelle munition, l'arrivée de la Première Guerre Mondiale mettra fin au développement de ce projet. Il faudra attendre les années 1960 pour que l'idée d'une balle de petit calibre à haute vitesse revienne dans les esprits de l'armée Soviétique.
Suivant le même principe que la cartouche de l'OTAN 5,56x45mm, la cartouche 5,45x39mm va cependant se révéler plus efficace en terme de pénétration grâce à son ogive propulsé à haute vitesse, ce qui lui permet de perforer les gilets pare-balles. Et c'est justement cette nouvelle munition qui va amener à la fabrication d'un nouveau fusil d'assaut Kalashnikov au début des années 1970 : l'AK74. Aujourd'hui, les deux munitions sont encore largement fabriqués en URSS.
| Munition | Calibre | Longueur de l'étui |
|---|---|---|
| 7,62x54mmR | 7,62 mm | 54 mm |
| 7,62x51mm NATO | 7,62 mm | 51 mm |
| 7,62x39mm | 7,62 mm | 39 mm |
| 5,56x45mm NATO | 5,56 mm | 45 mm |
| 5,45x39mm | 5,45 mm | 39 mm |
Mikhaïl Kalachnikov, souvent décrit comme un patriote dévoué à son pays, a légué au monde l'une des armes les plus emblématiques de l'histoire, l'AK-47. Dans son esprit, cet engin de guerre était conçu pour défendre la mère patrie contre toute menace extérieure. Cependant, au fil des années, il a été confronté à une réalité troublante : son invention, au lieu de rester un instrument de défense nationale, est devenue un symbole de conflit et de violence à l'échelle mondiale.
La diffusion massive de l'AKM dans les conflits régionaux et son utilisation par des groupes terroristes ont profondément attristé Kalachnikov, qui a exprimé à plusieurs reprises son regret quant à la manière dont son génie technologique avait été détourné de son intention originelle.
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Comment expliquer la prolifération des kalachnikovs dans les mains des braqueurs, des trafiquants de drogue, et parfois des délinquants des cités? La "kalach", nom de code AK-47, est une arme de guerre, mais qui essaime aujourd'hui bien au-delà des conflits armés. Selon une source au Syndicat des commissaires de police (SCPN), "la kalachnikov est d'abord une arme d'une efficacité redoutable, de calibre 7,62 mm, avec un pouvoir de perforation considérable, très supérieur aux armes de poing. Elle est mortelle à plusieurs kilomètres [du tireur]".
La kalachnikov est aussi prisée pour son incroyable robustesse: c'est une arme "très fiable, qui ne s'enraye pas. Elle est facile à réparer, sa conception est fabuleuse", reconnaît-on au SCPN. Si cette arme est aussi répandue sur les théâtres de guerre du monde entier, et maintenant dans les milieux du grand banditisme en France, c'est qu'au-delà de son efficacité, elle est très facile à fabriquer. La Chine en produit même une copie, réputée moins fiable toutefois.
Les kalachnikovs qui circulent en France proviennent en grande majorité des pays de l'ex-Yougoslavie, confirme Jean-Charles Antoine, chercheur à l'Institut français de géopolitique (Paris 8) et auteur de l'enquête "Au coeur du trafic d'armes, des Balkans aux banlieues" (Vendémiaire). Neuf fois sur dix, elles entrent sur le territoire français par le nord de l'Italie, la Suisse ou l'Allemagne.
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Les chirurgiens marseillais qui opèrent régulièrement des victimes touchées par des balles d'AK-47, connaissent bien les dégâts provoqués par cette arme, et bien souvent irréversibles. Un médecin-chef, ancien médecin des commandos marine qui a participé à de nombreuses opérations extérieures (Opex), expliquait ainsi il y a cinq ans à L'Essor: "La balle de 7,62 mm, très puissante et lourde (9,8 grammes), possède une grosse force d'impact". Il ajoutait que la gravité de la blessure était due au fait que la même balle pouvait toucher plusieurs organes. C'est une balle "full metal jacket" (entièrement métallique) qui cause des lésions profondes et d'importantes hémorragies.
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