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Musées, mémoriaux souvent très impressionnants, vestiges des combats, cimetières jalonnent l'Est de la Somme. Aujourd'hui, les traces laissées par cette page de l'histoire jalonnent le paysage.

Le Mémorial Terre-Neuvien de Beaumont-Hamel

Le mémorial terre-neuvien donne une vision émouvante et réaliste des batailles grâce à un champ de bataille et un réseau de tranchées admirablement bien conservés. Terre-Neuve comme tous les autres pays de l’Empire britannique, avait levé une armée de volontaires.

La Bataille de la Somme était le premier grand combat du Régiment royal de Terre-Neuve, et pendant l'assaut, il fut presque entièrement anéanti. Le 1er juillet 1916, à 9h, les hommes du régiment terre-neuvien, à peine sortis de leurs tranchées, se trouvèrent pris sous le feu de mitrailleuses allemandes. Une demi-heure plus tard, ils n’étaient plus que 68 valides. Tous les officiers avaient été tués ou blessés.

À l’entrée du Mémorial terre-neuvien se trouve le monument à la 29ème division à laquelle appartenait le régiment terre-neuvien. Son regard défiant fixé pour toujours vers ses anciens ennemis, le caribou surveille les champs qui conservent toujours en leur sein de nombreux soldats sans sépulture finale connue. C’est de cet endroit qu’est parti l’assaut le 1er juillet. Il vous aidera à vous repérer et vous permettra d’embrasser tout le site, de voir le dédale des tranchées, le sol grêlé de trous d’obus.

Prenez le temps de cheminer sur les sentiers qui jalonnent le site pour découvrir les petits cimetières et mémoriaux ou encore le squelette de l’arbre du danger.

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À l'entrée du parc, un monument en pierre de forme pyramidale, est dédié à la 29e division britannique à laquelle appartenait le régiment de Terre-Neuve. Situé à l'extrémité nord du parc, le monument de la 51e division d'infanterie écossaise domine le "ravin Y". Il est érigé sur une terrasse sur laquelle on accède par un escalier en pierre. Il est encadré, de chaque côté, par une statue de lion.

C'est finalement le 13 novembre 1916 que la 51ème division parviendra à prendre les tranchées allemandes de Beaumont-Hamel. Sur place, vous trouverez de nombreux nécropole et cimetières militaires, comme l'Y ravine cemetery. Cette nécropole contient 428 corps dont 383 Britanniques et 45 Canadiens de Terre-Neuve.

Le "ravin Y" ou "Y ravine est une dépression d'une quarantaine de mètres de profondeur, en forme de Y, dont la base mesure un kilomètre et demi jusqu'à la vallée de l'Ancre. Les deux branches mesurent cinq cents mètres. Hunter's cemetery est une nécropole de forme circulaire qui contient 46 corps de soldats écossais. Cette forme particulière est liée aux conditions dans lesquelles les hommes ont dû être inhumés : le 13 novembre 1916, jour de la reprise du village de Beaumont-Hamel, 46 soldats furent tués près de ce lieu. Ils furent enterrés par leurs camarades dans un vaste cratère d'obus.

Albert et le Pays du Coquelicot

Prendre la direction d'Albert, via la D50 (13 km) située sur la Route des Invasions. Cette cité connut au cours de son histoire sept destructions complètes avant 1914. C’est d’Albert que partira l’offensive du 1er juillet 1916. En 1918, lors de l’ultime offensive Ludendorff, la seule façon de reprendre la ville pour l’armée britannique sera de la détruire totalement. Seule la poste restera debout.

La Bataille de la Somme en juillet 1916 a profondément marqué la région par le nombre important de victimes : 1 200 000 et de nations engagées : 30, sur le secteur. Albert fait partie du Pays du Coquelicot, constitue une étape incontournable du Circuit du souvenir, avec son musée et les hommages appuyés dans la ville.

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La ville entière d'Albert est reconstruite. Du IXe siècle au XVIe siècle, les Albertins comme de nombreux Picards ou Artésiens creusent dans leur sous-sol crayeux des cachettes encore appelées "muches" pour échapper aux invasions normandes puis espagnoles. A l’approche de la Seconde Guerre Mondiale que chacun devinait, pour abriter la population civile et éviter l’exode massif, la mairie décide la construction de sept abris et le réaménagement des souterrains.

C’est dans le plus important de ces souterrains à 10 mètres sous terre et sur 250 mètres de long, de la Basilique à l’Arborétum-Jardin public que le Musée Somme 1916 se situe. De remarquables mises en scène grandeur nature vous surprennent dans une ambiance héroïque et terrible, avec un réalisme saisissant, permettant de comprendre la dure vie de nos aïeux.

Ne manquez pas également la visite des Nécropole et Cimetières militaires dont la Nécropole nationale d'Albert, route de Péronne : elle regroupe 6 290 corps dont 2 879 en ossuaires parmi eux trois Britanniques.

Le Trou de Mine à La Boisselle

Partez à présent au Trou de mine à La Boisselle, via la D4929 et la route de Labaume (17 km) appelé encore La Grande Mine et en anglais, "Lochnagar Crater". A l'entrée de La Boisselle, en venant d'Albert, prendre le vieux chemin de Fricourt. C'est le seul cratère de mine à être aussi bien conservé dans la Somme. Il résulte de l'explosion d'une mine créée par les Royal Engineer tunnelling companies.

L'offensive de la bataille de la Somme en 1916 avait été précédée par un travail de sape dans les deux camps pour tenter d'affaiblir les défenses adverses. À La Boisselle, les mineurs gallois du 9e Cheshires ont creusé un tunnel allant jusqu'aux lignes allemandes. La colonne de terre projetée se serait élevée à 1 300 m de hauteur et l'entonnoir, qui avait alors 100 mètres de diamètre et 30 mètres de profondeur, fut aussitôt occupé par les Britanniques.

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Le nombre de victimes au cours de cette opération et des combats qui lui firent suite fut important mais reste inconnu car beaucoup de corps ne furent jamais retrouvés, la plupart ayant été enterrés par l'explosion.

Le village d'Ovillers-La Boisselle fut d'abord, en 1914, le théâtre de combats entre les Allemands et les Bretons du 19eme RI. En 1916, passé sous secteur britannique, le village fut un des objectifs prioritaires lors de la bataille de la Somme. Ce petit village d'Ovillers-La Boisselle se trouve à cheval sur la D929 qui mène à Bapaume. Après la bataille de la Marne, pendant la course à la mer, le front s'arrêta là, à moins de 5 km d'Albert. Allemands et Français s'enterrèrent alors et se firent face jusqu'à ce que ces derniers furent relevés par les Britanniques à la fin du printemps 1915.

Juste à côté du Trou de mine à La Boisselle, le 31 octobre 1998, ont été retrouvés les restes du soldat George Nugent, du Tyneside Scottish, disparu le 1er juillet 1916. Enfin, à l'entrée du site, une petite stèle a été édifiée à la mémoire du soldat Tom Easton, lui aussi des Tyneside Scottish. Le calvaire breton d’Ovillers rappelle la mémoire du lieutenant et des soldats du 19e Régiment d'Infanterie tombés dans la plaine picarde lors de l’attaque du 17 décembre 1914. Ce jour là les soldats bretons mènent une offensive à Ovillers et la Boisselle, l’attaque tourne mal et se solde par un échec. Le bilan des pertes est terrible : 19 officiers, 1 138 sous officiers et soldats seront tués, blessés ou fait prisonniers. Parmi les officiers tués, le Lieutenant Augustin de Boisanger fut mortellement blessé. Encore conscient sur le champ de bataille, ses hommes insistent pour le secourir et l’éloigner des combats. Le lieutenant refuse et déclare : « Je n’abandonne pas mes bretons ».

Le 21 avril, l'escadrille du Baron rouge est basée à Cappy. Aux prises avec deux avions canadiens au cours d’un combat aérien sur les hauteurs de Corbie, le Baron rouge ne se rend pas compte qu'il survole les lignes australiennes : les mitrailleuses le prennent pour cible. Les Australiens et Britanniques l'enterrent à Bertangles avec tous les honneurs militaires.

Fricourt et le Mémorial Gallois de Mametz

Comme Thiepval et Combles, ce village de Fricourt était puissamment fortifié par d'importantes installations reliant les caves aux souterrains et par des ouvrages bétonnés en surface. Il constituait un point d'appui au fameux "saillant de Fricourt" que les Allemands considéraient comme un pilier quadi imprenablede leur système de défense.

Au cours de la bataille de la Somme, Fricourt fut attaqué dès le premier jour de l'offensive, le 1er juillet, mais devenu une véritable forteresse aménagée par les Allemands, le village ne fut pas pris par les Britanniques, qui perdirent ce jour-là 8000 hommes dans l'attaque.

Poursuivre en direction du Mémorial à la division galloise de Mametz, via la D147 (26 km), situé au nord du village. Contournant le “saillant de Fricourt” par le sud, la 7ème division britannique s’empara du village le 1er juillet 1916 dans l’après-midi. Le bois de Mametz fut enlevé par les militaires du Pays de Galles, après des combats acharnés à la baïonnette, au prix de très lourdes pertes, le 12 juillet 1916. Pour la plupart des soldats, il s’agissait de leur baptême du feu : 4 000 hommes sont mis hors de combat dont 1 200 tués.

Ces combats ont inspiré plusieurs poètes, dont Robert Graves qui rédigea son poème A Dead Boche, Owen Sheers, David Jones, Siegfried Sassoon, Wyn Griffith. Harry Fellows, qui participa à l'ensevelissement des corps, fut hanté toute sa vie par le souvenir de ses compagnons tombés dans le bois de Mametz.

Le Belvédère de Frise et les Vestiges de Fay et Soyécourt

Revenir vers Mametz, puis via la D938 se rendre au Belvédère de Frise (44 km). La montagne de Frise est un site naturel exceptionnel de la haute vallée de la Somme. Dominant la vallée de la Somme, il offre des points de vue sur les étangs de la haute Somme et permet de s'approprier tant le fleuve que l'histoire de la Grande Guerre.

Le belvédère de Frise un lieu d’histoire et de mémoire dont le relief accidenté, marqué de trous d’obus et de réseaux de tranchées, garde les cicatrices de la Bataille de la Somme. La Montagne de Frise reste marquée par les combats de la Grande Guerre qui se sont déroulés sur son sol. « Au bois de la vache, à la corne au bois, nous tenions un petit poste qui n’était séparé du petit poste allemand que par quelques sacs de terre.

La prochaine étape sera la visite des vestiges de Fay, via les D471 et D164 (51 km). Au cours du temps, Faÿ a changé trois fois d'emplacement. Les premiers occupants à l'époque mérovingienne ont profité d'une petite butte pour s'établir.

Reprendre votre véhicule pour se rendre à Soyécourt, via la D164 et D79 (55 km). Pendant la Première Guerre mondiale, Soyécourt et ses habitants subirent à plusieurs reprises la dureté des combats. Dans la phase d'invasion en août 1914, la population fut pour partie évacuée, pour partie déportée en Allemagne puis libérée en 1915. Soyécourt subit à nouveau le feu de la guerre lors de l'offensive du Printemps de 1918 : bataille du Kaiser. Le village a été entièrement détruit au cours du conflit.

Le bois Wallieux a été aménagé de façon à mieux comprendre le combat qui s’y déroula. Au cœur du bois, a été installée une oeuvre plastique réalisée en 1998 par Ernest Pignon-Ernest intitulée "De l'autre côté des arbres". C'est une allégorie de la destruction totale.

Les Munitions Non Explosées : Un Danger Persistant

Le centenaire de la Grande Guerre n’est pas qu’une affaire de commémorations. Les conflits ont laissé des souvenirs explosifs dans le sous-sol français. On estime que 20 % des munitions tirées pendant la Grande Guerre n’ont pas explosé. Soit que leur mécanisme ait été défaillant (en raison notamment d’une fabrication en urgence), soit qu’elles aient percuté un sol trop meuble, ou sous un angle inefficace.

Mener une campagne de déminage systématique serait bien trop coûteux. Certaines munitions ont été ensevelies à plusieurs mètres de profondeur. Seul le travail mécanique de la terre ou le hasard de travaux de terrassement peuvent les faire remonter. Le risque principal survient lorsque les munitions ont été extraites du sol. Même peu enfoncées, la terre les maintient à température relativement constante, ce qui prévient leur dégradation.

Tout engin explosif, même rouillé et ancien, reste dangereux. Ne JAMAIS toucher ! Tout engin de guerre doit être traité par des démineurs qualifiés. Leur signaler rapidement vos trouvailles : l'engin enlevé aujourd'hui ne tuera plus demain. En cas d'inhalation de toxique, ou même de suspicion de contamination, consulter d'urgence un médecin. Il est du devoir de chacun d'informer les démineurs de toute découverte d'engin de guerre susceptible de représenter un risque pour les populations ou l'environnement.

La Première Guerre mondiale a laissé des traces nombreuses et profondes dans le sol des régions concernées. La guerre de position a en effet vite imposé aux belligérants de se protéger dans des abris enterrés et de circuler grâce à un réseau complexe de tranchées et boyaux.

103 ans après le début le la Grande Guerre, la Champagne et l'Argonne vivent sur un tapis de munitions actives carnon explosées. Même plus d'un siècle après, la poudre noire est toujours aussi dangereuse comme au premier jour. D'autant plus qu'elle est très sensible au choc, à l'étincelle et au frottement. Elle ne se détérore pas malgré le temps écoulé et elle garde toujours ses propriétés quelque soit son âge. Elle est encore susceptibles de semer la mort.

La Place à Gaz : Un Héritage Toxique

C'est une clairière dans la forêt de Spincourt, à quelques kilomètres au nord-est de Verdun, où rien ne pousse depuis près de cent ans. 200 000 obus chimiques à croix bleues y ont été incinérés entre 1926 et 1928, répandant dans le sol plus de seize tonnes d'arsenic et autres métaux lourds. Le nom de cette clairière, « la Place à Gaz », fait froid dans le dos. Sa quantité d'arsenic est suffisante pour tuer tous les habitants d'une grande ville.

Un secret révélé seulement en 2004, à l'occasion de l'étude du site par des universitaires allemands. En Allemagne, la question des pollutions de guerre et de leurs impacts environnementaux est explorée depuis une quinzaine d'années, sous l'égide d'un groupe de travail spécifique de niveau national.

En France, la découverte de cette clairière dont la toxicité était inconnue des riverains a conduit les autorités à en savoir davantage. C'est le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) qui a été chargé en 2014 d'exhumer l'histoire de ce lieu et d'enquêter sur l'existence éventuelle d'emplacements identiques. De façon concomitante, l'administration et les agences régionales de santé avaient déjà sollicité le BRGM pour comprendre les raisons de la pollution des nappes phréatiques par le perchlorate - présent dans les munitions -, qui se retrouvait parfois de façon mystérieuse dans l'eau du robinet du Nord à la Marne.

Traces et Vestiges dans le Paysage Meusien

Hors des zones aménagées pour le tourisme de mémoire, des vestiges de 14-18 marquent encore le paysage en Meuse. Ce secteur de l’arrière front garde des traces d’aménagements qui furent réalisés par les soldats français.

  • Au débouché du chemin sur la D 101, marchez sur le haut talus bordant la longue ligne droite de la route. Vous remarquerez ainsi qu’il se révèle plat et ferme au pied, mais aussi, qu’il est marqué de petites dépressions transversales régulièrement espacées. Celles-ci correspondent aux emplacements des traverses supportant les rails d’un chemin de fer à voie étroite construit vers 1914. Il venait de la gare de Pierrefitte-sur-Aire et était utilisée par les Français pour alimenter le front autour de Dompcevrin, ainsi que le fort des Paroches. Une seconde voie, qui lui était parallèle, occupait l’emplacement actuel de la route. Plusieurs photos d’époque montrent que le secteur connaissait alors une importante activité.
  • À environ huit cents mètres de là, un mur en ruine et trois imposantes tranchées, que l’on aperçoit depuis la route, sont les derniers vestiges d’un hôpital. Il était peut-être un poste avancé de l’important hôpital militaire installé à Pierrefitte-sur-Aire qui était chargé d’orienter les blessés vers des hôpitaux adaptés à leur pathologie. La plupart des patients étaient ensuite évacués par trains sanitaires, hormisles gazés qui étaient soignés dans le second hôpital du village.
  • Une longue tranchée est visible à proximité du muret. La terre extraite pour la creuser forme un « talus d’avant », orienté vers la vallée de la Meuse qui marquait ici la frontière entre les deux armées ennemies.
  • Juste derrière la lisière du taillis de la parcelle 36b, en forêt domaniale de Marcaulieu, dans une petite zone large d’une quinzaine de mètres, se devinent trois rangées de fosses profondes d’une vingtaine de centimètres, longues de deux mètres et espacées de cinquante centimètres. Les corps d’une soixantaine de soldats furent inhumés ici provisoirement, puis exhumés après l’Armistice pour être placés dans une nécropole nationale.
  • De l’autre côté de la route, parcelle 19, à trois mètres de la lisière d’un chemin de coupe, vous verrez une citerne à eau. Ses parois sont faites en béton armé et sa voûte en briques. Elle a été recouverte de pierres et de terre destinées à la camoufler et à garder son contenu au frais. L’ensemble a la forme d’un toit très pentu, haut de trois mètres. À une extrémité de l’arête sommitale, vous pourrez regarder à l’intérieur depuis une petite et unique ouverture, sans doute fermée par une trappe à l’origine.

Quelques Objets Retrouvés sur le Terrain

  • Boîte de cigarettes allem.
  • Bouton d'un képi d'artilleur en métal peint.
  • Bouteille à gaz carbonique liquéfié pour obusier pneumatique dans une galerie allemande en Champagne.
  • Casque d'un Doughboy de la 28. qui est rester pendant 100 ans dans l'Aire à Apremont sur Aire dans les Ardennes.

La Première Guerre Mondiale fut l'une des guerres les plus sanglantes et meurtrières qu'ait connue l'humanitée. On dénombre plus de 10 millions de morts et disparus. Ce nombre nous laisse penser qu'il y a eu une violence incomparable, une violence de masse.

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