Les lance-roquettes (Rocket Launcher) sont des systèmes conçus pour propulser une roquette, une charge explosive autopropulsée non autoguidée. On peut ainsi dissocier l'arme en deux parties : le lanceur, qui comprend les poignées, le ou les tubes de lancement et les amorces (utilisées pour propulser les roquettes), et le chargeur, qui contient les munitions.
Depuis deux ans, l’industrie de défense israélienne a effectué d’importantes percées commerciales dans plusieurs domaines, en particulier en matière d’artillerie mobile. Ces deux dernières années, le PULS s’est imposé dans de nombreuses compétitions, en particulier en Europe. En janvier 2023, le Danemark annonçait se tourner vers ce système, pour 8 exemplaires, mais aussi vers le canon porté ATMOS 2000, pour moderniser son artillerie, après avoir décidé de transférer l’ensemble de ses 19 Caesar 8×8 flambant neufs à l’Ukraine. Le canon porté ATMOS 2000 a été préféré au CAESAR français au Danemark. Deux mois plus tard, ce furent les armées néerlandaises qui confirmaient l’acquisition de 20 systèmes, pour un peu plus de 300 m$. Ces deux armées employées, auparavant, le M270, retirés du service depuis plusieurs années. Depuis, l’Espagne a annoncé se tourner vers le système israélien, avec l’acquisition de 16 PULS et de 474 rockets Accular, EXTRA et Predator Hawk, pour 577 m$.
Actuellement, les capacités de frappe dans la profondeur de l’armée grecque reposent sur 108 lance-roquettes multiples [LRM] RM-70 de conception tchécoslovaque, acquis d’occasion après la disparition de la République démocratique allemande [RDA], ainsi que sur 36 M270 MLRS d’origine américaine. En 2021, il était question de moderniser ces deux systèmes d’artillerie. Seulement, le coût pour remettre à niveau les M270 MLRS s’est envolé. En effet, en 2023, celui-ci avait été évalué à 1,81 milliard d’euros pour vingt-quatre exemplaires. Puis, cette ambition a par la suite été revue à la baisse, avec un budget prévisionnel de 500 millions d’euros pour moderniser seulement douze exemplaires.
D’où la décision de l’armée grecque d’abandonner ce projet, au profit d’un achat de 36 nouveaux lance-roquettes PULS [Multi-Purpose Universal Launching System ou système de lancement universel polyvalent] auprès du groupe israélien Elbit System. Évoqué il y a quelques jours par la presse spécialisée grecque, ce projet a été confirmé par deux sources proches du dossier à l’agence Reuters. Le coût de cette acquisition serait compris entre 600 et 700 millions d’euros. Pour le moment, les négociations avec Elbit Systems ne seraient pas encore finalisées. D’après OnAlert, il est question pour Athènes d’obtenir l’installation d’une chaîne de production dédiée à ces systèmes d’artillerie en Grèce.
Une fois qu’il aura été trouvé, l’accord devra être approuvé par le Parlement grec, vraisemblablement au cours du premier trimestre 2025. Selon l’un des responsables cités par Reuters, ces LRM devraient être déployés le long de la frontière avec la Turquie et sur les îles de la mer Égée.
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Pour rappel, le système PULS a une portée allant de 35 à 300 km. Il est compatible avec les roquettes et les missiles de type AccuLAR-122 [122 mm, 35 km], AccuLAR-160 [160 mm, 40 km], EXTRA [306 mm, 150 km] et Predator Hawk [370 mm, 300 km]. Il a été sélectionné par le Danemark, l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Espagne. En novembre, le groupe israélien a annoncé avoir obtenu un nouveau contrat auprès d’un pays européen qu’il n’a pas cité. La commande en question porte sur la livraison d’un nombre indéterminé de PULS et de drones Hermes 900, pour un montant total de 335 millions de dollars.
Quoi qu’il en soit, le choix de l’armée grecque illustre les très bonnes relations entre la Grèce et Israël, les deux pays ayant des intérêts communs en Méditerranée orientale, en particulier dans le domaine de l’énergie, avec le projet de gazoduc EastMed, que la Turquie cherche par ailleurs à torpiller… Ces dernières années, ils ont signé des accords militaires portant notamment sur l’acquisition [par crédit-bail] de drones MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] Heron TP pour la force aérienne hellénique, la formation des pilotes grecs et la production conjointe de la classe de corvette « Themistocles ». En outre, en novembre, la Grèce a fait savoir qu’elle envisageait d’acquérir trois systèmes israéliens, à savoir la « Fronde de David », le Barak MX et le SPYDER MR [Surface-to-air Python and Derby], pour développer une défense aérienne multicouche, via un investissement de 2 milliards d’euros.
En novembre, le groupe israélien Elbit Systems fit savoir qu’il venait de signer un contrat d’une valeur de 335 millions de dollars afin de livrer des lance-roquettes multiples PULS [Multi-Purpose Universal Launching System ou système de lancement universel polyvalent] ainsi que des drones tactiques de reconnaissance Hermes 900 à un pays qu’il n’avait pas précisé. Puis, vingt-quatre heures après cette annonce, sans donner de détails, le président serbe, Aleksandar Vučić, évoqua la signature d’un accord pour « l’achat des systèmes d’artillerie les plus puissants au monde » lesquels sont « sans aucun doute plus puissants que les HIMARS » [High Mobility Artillery Rocket System], que la Croatie avait alors l’intention de commander auprès des États-Unis.
En outre, il avait également cité l’acquisition de drones parmi les « plus sophistiqués » du monde. « Ces nouvelles acquisitions permettront à la Serbie de répondre à tous les défis » et à ceux « qui pensent avoir un avantage sur nous », fit ensuite valoir M. Aussi, tout laissait à penser que le ministère serbe de la Défense était le « client mystère » d’Elbit Systems, même si ses forces terrestres ont déjà entrepris de moderniser leurs capacités en matière de feux dans la profondeur, avec notamment le développement du LRSVM Tamnava, un lance-roquettes multiple de 38 tonnes ayant une portée comprise entre 40 et 70 km selon les munitions utilisées.
Quoi qu’il en soit, le 1er janvier, le quotidien israélien Haaretz a confirmé que la Serbie était à l’origine de la commande annoncée par Elbit Systems. « Cet achat intervient dans un contexte marqué par le réchauffement des relations israélo-serbes, qui ont notamment donné lieu à des ventes d’armes mutuelles », a-t-il commenté. Reste à voir si l’accord conclu par Belgrade et Elbit Systems comprend des restrictions d’emploi censées garantir que de telles armes ne seront pas utilisées contre un pays membre de l’Otan [comme la Croatie]. Le journal israélien n’a pas été en mesure de clarifier ce point.
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« En général, Elbit Systems vend des solutions défensives à l’étranger en conformité avec les licences spécifiques délivrées par le ministère [israélien] de la Défense pour chaque produit et chaque capacité », a seulement répondu l’industriel.
Jusqu’en 2011, l’Ejército de Tierra [armée de Terre espagnole] disposait de lance-roquettes multiples [LRM] de type Teruel aux capacités modestes puisque leur portée de tir était limitée à seulement 25 km. En raison du contexte budgétaire de l’époque, ils ne furent pas remplacés après leur retrait du service. Cependant, au regard de l’évolution géostratégique et de ses engagements au sein de l’Otan, elle cherche à récupérer sans tarder une telle capacité. D’où le programme SILAM [Sistema Lanzador de Alta Movilidad].
Le choix du système américain M142 HIMARS ayant été écarté, trois solutions ont été considérées par le ministère espagnol de la Défense. La première consistait à développer un nouveau lance-roquettes multiple à partir de l’ASTROS [Artillery SaTuration ROcket System], dans le cadre d’un partenariat entre le brésilien Avibras et NTGS [New Technologies Global Systems]. La seconde, défendue par Tecnesis 3000 reposait sur le K239 Chunmoo sud-coréen. Mais celle qui avait le plus de chances de s’imposer était celle d’un consortium réunissant Escribano, GMV et Expal [filiale de l’allemand Rheinmetall]. Et c’est d’ailleurs cette dernière qui a été retenue, le 15 décembre. En effet, Madrid a estimé que la mise au point d’un LRM répondant parfaitement aux besoins exprimés par l’Ejército de Tierra serait plus rapide à partir du système PULS [Multi-Purpose Universal Launching System ou système de lancement universel polyvalent], proposé par Elbit Systems.
Dans le détail, Escribano sera chargé de la production des éléments mécaniques, hydrauliques et électroniques du futur système tandis qu’Expal s’occupera des modules de lancement et des munitions. Enfin, GMV aura à intégrer ces lanceurs dans le système de commandement et de contrôle de l’armée espagnole. Le programme SILAM, doté de plus de 575 millions d’euros pour les quatre prochaines années, prévoit l’acquisition d’un premier lot de douze nouveaux LRM, la livraison des premiers exemplaires devant commencer en 2024/25. Le contrat attribué par le ministère espagnol de la Défense prévoit également l’acquisition de véhicules avec grue pour le transport des munitions, six blindés de reconnaissance, dix postes de commandement et des équipements annexes. Il est aussi question d’acquérir 64 missiles balistiques tactiques Predator Hawk [d’une portée de 300 km, ndlr], 114 roquettes Extra [150 km de portée] et 288 roquettes Accular [40 km de portée]. Toutes ces munitions sont produites par Israel Military Industries [IMI].
| Type de Munition | Portée |
|---|---|
| AccuLAR-122 | 35 km |
| AccuLAR-160 | 40 km |
| EXTRA | 150 km |
| Predator Hawk | 300 km |
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