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L'airsoft, une discipline née au Japon, a connu une évolution fascinante depuis ses origines. Ce dossier explore l'histoire de l'airsoft, en partant des premières maquettes d'armes jusqu'aux répliques modernes, en passant par les réglementations japonaises et les questions de licences.

Les Origines de l'Airsoft

Au début des années 60, alors que de nombreux collectionneurs contestaient la décision de ne pas reproduire fidèlement les armes, une demande de maquettes plus réalistes a commencé à émerger. Seuls des jouets ressemblant grossièrement à des armes étaient importés des États-Unis par des entreprises japonaises. Ces entreprises ont vu cette demande croissante de répliques d'armes et ont commencé à modifier les jouets importés pour les rendre plus réalistes, avant de créer leurs propres modèles.

Un collectionneur passionné, Tazō Kobayashi, insatisfait du niveau de réalisme des produits MGC, a envoyé une lettre à l'entreprise pour partager son mécontentement, accompagnée d'une réplique d'arme sculptée dans du bois avec un chargeur en métal amovible. Tsutomu Jimbo, le fondateur de MGC, fut impressionné et recruta Tazō Kobayashi.

Ces premières répliques, appelées "Air Guns", ne tiraient pas encore de billes, mais des projectiles nommés balles Tsuzumi, reconnaissables à leur forme de tambour japonais. Elles étaient principalement utilisées pour le tir sur cible ou la reconstitution. Toutes ces répliques fonctionnaient avec un ressort et devaient être réarmées manuellement, similaires aux modèles Spring actuels.

L'Évolution des Mécanismes de Propulsion

Le système Type BV (Bullet Valve) utilisait la bille comme valve. Lorsque la détente était actionnée, du gaz haute pression (HPA ou CO2) était libéré dans une sorte de nozzle et dans le chargeur pour pousser les billes. Une fois dans la chambre de tir, la bille était bloquée par un O-ring à l'entrée du canon interne, mettant en pression la chambre de tir et poussant le canon interne vers l'avant.

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Le premier lanceur à utiliser ce système était le Battlemaster de JAC, suivi par la reproduction du Sterling L2A3. En raison de la précision et de la portée limitées, les utilisateurs ont commencé à modifier leurs lanceurs pour augmenter la puissance, ce qui a causé des blessures et a été qualifié d'« Ère de la puissance maléfique ».

L'Arrivée des GBB et AEG

Dans les années 60, Tazō Kobayashi a rendu les maquettes de pistolets plus réalistes en reproduisant le mouvement de la culasse et l'éjection d'une douille lors d'un tir. Un an plus tard, Tokyo Marui a créé la première réplique Gas Blow Back (GBB) avec un système complexe nécessitant un réservoir de gaz amovible inséré à l'emplacement du chargeur.

Le premier GBB avec un fonctionnement conventionnel est apparu en 1989 avec le 1911-A1 Tanaka Works, utilisant toujours une réserve de gaz séparée du chargeur. Le Glock 17 MGC en 1991 fut le premier à placer la réserve de gaz et les billes dans un chargeur, perfectionnant le système Blow Back et étant la première réplique de Glock sur le marché.

Parallèlement, une jeune société de modélisme a révolutionné les répliques de fusils à billes avec un nouveau modèle de propulsion utilisant un moteur alimenté par des piles NiCd actionnant la partie pneumatique : l'Automatic Electric Gun (AEG) était né. Marui a ensuite breveté un système reposant sur l'effet Magnus, le Hop-Up, permettant aux répliques de tirer plus loin.

Réglementations et Sécurité au Japon

Au début, le Survival Game n'avait pas de cadre légal, avec peu de limites de puissance et de normes sur les équipements de protection, hormis le port obligatoire de lunettes ou de masques.

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Dans les années 70, suite à l'implication de répliques de pistolets métalliques dans des actions criminelles, l'utilisation de métal sur les répliques d'armes de poing a été limitée. Les fabricants ne pouvaient plus utiliser de métal pour les parties externes visibles, sauf pour les répliques dont le canon était neutralisé ou peintes en jaune ou blanc.

Au début des années 90, avec la popularisation du Type BV, des joueurs, terrains et institutions ont voulu mettre en place des règles pour éviter l'intervention du gouvernement. Le magazine « Arms Magazine » a proposé de limiter la puissance à 1J maximum. Suite à des accidents, le gouvernement japonais a ajouté des révisions à la loi de contrôle sur la possession d'épées et d'armes à feu, limitant la puissance à 0.98J avec des billes de 6mm et 1.64J pour des billes de 8mm.

Les mineurs peuvent pratiquer la discipline à partir de 10 ans, mais ne peuvent utiliser que des lanceurs ne développant pas plus de 0.135J.

Les Associations de Sécurité : ASGK, STGA et JASG

Ces trois entités regroupent plusieurs fabricants pour mettre en place des mesures de sécurité sur la conception, la distribution et l'utilisation des répliques d'airsoft et des model guns. Elles ont créé des certifications représentées par un sceau apposé sur la boîte et la réplique, signifiant la conformité aux standards et à la loi sur le contrôle des armes à feu.

L'ASGK, fondée en 1974, regroupe la plupart des grands fabricants comme Tokyo Marui, Tanaka Works et Western Arms. La STGA comprend Marushin et Tanio Koba, tandis que KSC Japan, Maruzen et Laylax sont côté JASG. La STGA et la JASG ont vu le jour suite à des désaccords au sein de l'ASGK concernant la régulation des répliques fonctionnant au CO2.

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Licences et Contrefaçons

Comme beaucoup de fabricants asiatiques, les marques d'airsoft japonaises ne se soucient pas des histoires de licence et de contrefaçon dans le dessin des répliques. Lorsque les Model Guns et les premières répliques sont apparus, cela ne posait pas de problèmes aux fabricants d'armes à feu.

C'est ainsi que sont nés les premiers distributeurs qui tentent de faire le pont entre les fabricants de répliques et les manufacturiers en gérant les licences. Il arrive régulièrement qu'une réplique sous licence possède moins de marquages que la contrefaçon, ou que certains soient remplacés par des marquages légaux.

La raison est souvent que la marque qui cède son image veut limiter la ressemblance avec la « vraie » version et la réplique d'airsoft pour éviter qu'elles ne soient confondues. Un cas typique est le FAST Micro Mount Unity produit sous licence par PTS et contrefait par WADSN, où les marquages et la visserie diffèrent.

Pour résumer, une réplique qui reprend la forme mais pas les marquages reste une contrefaçon. Par exemple, le Five-SeveN GBB Tokyo Marui a des marquages ressemblant à ceux de FNH mais complètement fictifs. De l'autre côté, les GP1799 GBB de WE s'inspirent d'éléments de design de Glock 17 et de Walther P99 sans pour autant les copier et ne seront donc pas considérés comme une contrefaçon.

Ces histoires de licence ne sont pas un problème pour les fabricants japonais du moment qu'aucun autre fabricant japonais ne possède une licence d'exploitation comme Laylax avec SigAir, Marushin avec FN Herstal et Cybergun pour le Five-seveN.

Les Terrains d'Airsoft au Japon

La quasi-totalité des terrains au Japon sont détenus et gérés par des entreprises qu'on pourrait comparer à des ERP en France. Il n'y a donc pas de terrains gérés par des associations de joueurs.

Le Japon étant un endroit où la place manque, les terrains sont rarement très grands. La plupart des terrains sont construits pour un jeu type CQB (Close Quarter Combat) avec des distances d'engagement peu élevées et facilitant l'utilisation de répliques développant une faible puissance comme préconisé par la loi japonaise.

Un nouveau style de jeu a émergé : l'Ultra-CQB, où les distances d'engagements dépassent rarement les 5m sur des terrains conçus comme des labyrinthes favorisant un jeu très rapide se rapprochant du Speedsoft.

On retrouve deux types de terrains : en extérieur et en intérieur. Les terrains en extérieur sont pour la plupart en périphérie des villes ou dans les campagnes/montagnes et proposent généralement une surface de jeu un peu plus grande, mais il vaut mieux être véhiculé pour s'y rendre. Beaucoup de terrains sont ouverts tout au long de la semaine, ne fermant qu'un ou deux jours. Ici, on doit réserver un créneau pour s'incruster sur une partie ouverte au public pour 1h, 2h ou la journée entière. Il est aussi possible de privatiser le terrain pour des durées similaires.

Les terrains situés en ville fonctionnent plus comme un laser-game en France, où des groupes de potes, débutants sans matériel ni expérience comme confirmés équipés jusqu'aux dents, viennent jouer ensemble.

En résumé, l'airsoft au Japon est une discipline encadrée par des réglementations strictes, avec des terrains adaptés aux contraintes spatiales et des fabricants qui naviguent entre licences et contrefaçons pour offrir une expérience de jeu unique.

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