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Le combat aérien naît, au début de la Première Guerre mondiale, de la frustration des équipages d'avions de reconnaissance croisant l'ennemi dans les airs sans pouvoir le combattre. Des expédients sont tout d'abord employés, y compris des armes de poing et d'épaule, voir des grappins. Très rapidement des Allemands utilisent une puissante mitrailleuse qui fait des ravages au sol et le deuxième homme d'équipage, dit observateur, devient aussi mitrailleur après le montage d'une tourelle et d'une mitrailleuse.

L'armement est le facteur décisif du combat, c'est lui qui détruit la puissance de l'ennemi. Le tir vers l'avant est cependant alors rendu impossible par la présence de l'hélice (sauf sur les quelques avions à hélice propulsive), ce qui interdit le tir en poursuite et l'emploi de monoplaces pourtant plus performants.

Les Premiers Systèmes de Tir

Le Français Roland Garros conçoit le premier un système surmontant cette difficulté après avoir tiré au revolver à travers un ventilateur puis constaté que peu de projectiles touchèrent les pales. Il monte une mitrailleuse sur son capot moteur et place sur l'hélice de petites pièces métalliques déviant les rares balles qui risqueraient de l'endommager.

Dès avril 1915 Garros a réussi à mettre au point un dispositif avec un blindage de l’hélice qui dévie les balles perdues qui ne peuvent passer. Pour viser, il suffit de pointer l'avion lui-même.

Après sa capture et son interrogatoire l'idée est reprise par Anthony Fokker qui décide de l'améliorer en concevant un ensemble mécanique bloquant le tir lorsqu'une pale de l'hélice se trouve devant le canon de la mitrailleuse.

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D'autres systèmes sont testés, en particulier une mitrailleuse placée sur l'aile supérieure tirant vers l'avant au-dessus du plan de rotation de l'hélice, comme sur le Nieuport 11. Mais les systèmes à synchronisation, bien que plus lourds et complexes, se révèlent supérieurs car, placés au plus près de l'axe de vol, facilitent la visée. On observera aussi des systèmes de tir à travers l'axe de l'hélice, creux ; cependant, outre sa complexité, un tel système ne peut concerner qu'une seule arme.

Le Système de Roland Garros

Roland Garros est né le 6 octobre 1888 à Saint-Denis de la Réunion. Lors de ses vacances estivales de 1909, il assiste à la Grande semaine de l’aviation de la Champagne. La passion est immédiate. Il achète dans les semaines qui suivent un Demoiselle Santos-Dumont, moins performant que les Blériot XII ou Antoinette mais moins cher. Il apprend à le piloter lui-même, avec l’aide d’un ami, et passe son brevet de pilote. En parallèle, il devient pilote d’essai pour un jeune constructeur aéronautique, Morane-Saulnier, fondé par Léon et Robert Morane et Robert Saulnier .

C’est sur un de leurs appareils qu’il réaliste son titre de gloire : le 23 septembre 1913, il effectue la première traversée aérienne de la Méditerranée. Il relie Saint-Raphaël à Bizerte en Tunisie en 7h53. Dès août 1914, il s’engage comme pilote. L’aviation militaire n’en est alors qu’à ses balbutiements. En plus de ses missions sur le front, toujours sur des Morane-Saulnier, il aide son ami l’ingénieur Raymond Saulnier à mettre au point le tir à travers le champ de l’hélice.

En mai 1914, il avait déjà déposé un brevet portant sur un dispositif de tir synchronisé avec l’hélice, mais ce système se révéla peu fiable. Avec l’aide de Roland Garros, le constructeur se rabat alors sur un procédé moins ambitieux alliant une certaine synchronisation avec l’embiellage du moteur et un blindage de la partie de l’hélice située face à la sortie d’une mitrailleuse Hotchkiss. Certaines balles passent, les autres s’écrasent contre le blindage. Roland Garros profite de cette innovation. Il réussit à obtenir de nombreuses victoires aériennes - dont trois consécutives - début 1915.

Mais le 18 avril 1915, le sous-lieutenant, en mission au-dessus de la Belgique, est touché par la DCA allemande. Son avion connaît des problèmes de carburant et il est obligé d’atterrir à Hulste en territoire belge occupé. Il est fait prisonnier avant d’avoir pu mettre le feu à son avion. Les Allemands vont pouvoir étudier le système de tir du Morane-Saulnier. Il est envoyé au constructeur Fokker, qui le perfectionne.

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Le Système Fokker

Avant la guerre, deux brevets ont déjà été déposés en Allemagne, décrivant un système d'entraînement de l'arme par un moteur propulsif (Euler en 1912) ou sa synchronisation avec un moteur rotatif, l'arme étant commandée au pied par le pilote (Franz Schneider en 1913, que l'on peut considérer comme l'inventeur du principe).

Le hollandais est chargé d’évaluer la mitrailleuse de Garros pour l'adapter aux appareils allemands, mais les balles de la mitrailleuse allemande fabriquées à partir d’un alliage en chrome, nickel et métal s’avèrent trop dures : suivant la consistance du déviateur, elles ricochent et occasionnent des accidents, ou elles transpercent et endommagent l’hélice.

Il parvient à mettre au point un tir synchronisé à travers l'hélice d'une grande fiabilité avec une mitrailleuse Parabellum. Le crantage entre le moteur et la détente permet le déclenchement du tir, tandis que le système pneumatique joue sur la pression des gaz dans le moteur qui agit sur la détente de l’arme en réglant ainsi sa cadence (Brevet du 12.06.1916). Son système s’impose pour sa fiabilité auprès des autres constructeurs et motoristes et met en action jusqu’à 3 mitrailleuses fixes.

Ce système est installé sur un monoplace d’avant-guerre sous la désignation Fokker M.5K/MG (MG pour Maschinengewehr; mitrailleuse), puis sur un Fokker E I. Quand il apparaît à l'été 1915, le Fokker E I manque de puissance avec son moteur Oberursel de 80 ch, mais le 1er août, Immelmann remporte sa première victoire avec le nouveau système. Rapidement des modèles améliorés, E.II, mais surtout E.III à partir de décembre, entrent en ligne, équipés d'un Oberursel rotatif de 100 ch et de deux mitrailleuses Parabellum ou Maxim. L’ère du "fléau des Fokker" débute, servie par de remarquables pilotes tels Oswald Boelcke et Max Immelmann. Chaque avion de reconnaissance doit être dorénavant escorté par plusieurs chasseurs.

Tactiques et Conséquences

La tactique d'emploi du chasseur est identique en Allemagne et en France. Les Fokker patrouillent à deux recherchant les ennemis isolés, ou escortent les avions de reconnaissance Aviatik. Coté français, les Voisin utilisés pour les missions de bombardement sont trop lents et trop vulnérables face à ces redoutables chasseurs. Il en va de même pour les avions d'escortes. Les pertes françaises augmentent alors dans de telles proportions que le bombardement de jour est arrêté. A partir de juillet 1915, les missions sont accomplies de nuit au détriment de la précision. L'intensité des attaques baisse. Même si les allemands n'engagent les Fokker qu'à l'intérieur de leurs lignes pour garder le secret du tir synchronisé, la chasse détient un avantage majeur qui met les Français et les Anglais en position d'infériorité.

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Évolution de l'Armement Aérien

L'évolution ralentit dès la fin du conflit et ce n'est qu'au début des années trente que des mitrailleuses sont parfois montées à l'intérieur des ailes, dont l'épaisseur a depuis augmenté. Le nombre d'armes intégrées dans chaque appareil augmente encore (le Hawker Hurricane intégrera douze mitrailleuses de 7,7 mm).

À l'orée de la Seconde Guerre mondiale, les armes utilisant les munitions de fusils deviennent insuffisantes car la construction métallique et les plaques de blindage protégeant le pilote et les organes essentiels des avions, les rendent beaucoup plus robustes que ceux du premier conflit. Les mitrailleuses lourdes (en particulier la Browning de 12,7 mm et ses équivalentes) commencent à supplanter les modèles plus légers et la plupart des pays se tournent peu à peu vers le canon-mitrailleur dont les effets sont plus dévastateurs.

Les mitrailleuses sont néanmoins conservées car leur cadence de tir plus élevée (certains modèles tirent plus de mille deux cent coups par minute) augmente le nombre d'impacts durant des fenêtres de tir de plus en plus courtes. Les Etats-Unis choisiront même de les adopter exclusivement, délaissant presque les canons.

Mitrailleuses de Tourelle

La mitrailleuse était un bon moyen de défense pour les bombardiers et les avions et de reconnaissance face aux chasseurs, la légère tourelle installée à l'arrière cédant progressivement sa place à des tourelles de plus en plus sophistiquées. Les plus lourdes doivent bientôt être assistées électriquement ou hydrauliquement, pour être pointées assez rapidement sur des chasseurs de plus en plus rapides. Pendant la Seconde Guerre mondiale ces systèmes défensifs très complets couvrent toute la périphérie de l'avion, en particulier sur la « forteresse volante » B17. Après la guerre la télécommande se généralise car l'équipage utilise les armes à partir de compartiments pressurisés rendus nécessaires par les nouvelles altitudes de combat.

Données Numériques des Mitrailleuses de Tourelle

  • Poids d'une arme: 8,500 kg
  • Poids d'un chargeur vide: 1,500 kg
  • Poids d'un chargeur chargé de 160 cartouches: 6,500 kg
  • Poids du jumelage sans chargeurs (y compris le sac récepteur): 22,500 kg
  • Poids du jumelage complet avec 2 chargeurs de 160 cartouches: 35,500 kg
  • Distance entre les 2 canons: 7 cm
  • Distance de la carotte à la crosse (encombrement de la tourelle): 45 cm
  • Encombrement du jumelage en état de tir:
    • Longueur de la crosse à la bouche du canon: 104 cm
    • Largeur totale avec 2 chargeurs en place: 72 cm
    • Hauteur y compris crosse et magasin: 29 cm
  • Encombrement d'un chargeur:
    • Diamètre: 24 cm
    • Épaisseur: 8 cm

Fonctionnement de l'Arme d'Aile DARNE

L'arme d'aile DARNE est une arme de capot dans laquelle on a changé le porte-mécanisme puis substitue d'une part un guide-balle au boîtier de synchronisation et d'autre part un pontet portant détente, à la semelle d'attache. Toutes les autres pièces sont communes aux 2 types d'armes. Le porte-mécanisme reçoit sur son massif un percuteur qui - en fin de course avant- assure le départ du coup quand la culasse arrive à la fermeture. Il porte en plus un obturateur de cran de gâchette dont le rôle sera expliqué au chapitre du fonctionnement.

Données Numériques

  • Cadence: 900 à 1200 coups minute selon l'état de rodage.
  • Poids d'une arme: 8,500 kg.
  • Encombrement de l’arme:
    • Longueur: 95 cm
    • Largeur au bloc d'alimentation: 8 cm
    • Hauteur totale: 15 cm
  • Course du mouvement rectiligne d'armement: 12 cm
  • Effort moyen nécessaire à l'armement: 12 kg
  • Force moyenne du recul: 12 kgs.
  • Poids d'une bande de 100 cartouches: 3,200 kg
  • Longueur: 1,69 m
  • Longueur de la série à ne pas dépasser sans refroidir à l'eau: 100 coups.

Nomenclature et Description du Fonctionnement

Le fonctionnement de l'arme d'aile est dans l'ensemble analogue à celui de l'arme de capot. De même, le fonctionnement de l'arme d'aile est absolument identique à celui de l'arme de tourelle. SYSTÈME MOTEUR (Voir arme de capot). ALIMENTATION Voir arme de capot, en ce qui concerne le bloc d'alimentation. TRANSPORTEUR Ne diffère de celui de l'arme de capot que par l'adjonction d'un obturateur sur le cran de gâchette (68) dont le rôle est le suivant: La percussion ayant lieu automatiquement quand le porte-mécanisme arrive au bout de sa course avant, il faut retenir ce porte-mécanisme en arrière lorsqu'on veut cesser le tir.

Une cartouche est alors tenue par le transporteur et prête à être introduite dans la chambre puis percutée. Cette cartouche rabat l'obturateur du cran de gâchette (68) et permet au cran d'armé du porte-mécanisme d'être arrêté parla gâchette (13). Si au contraire une cartouche n'est pas dans le transporteur, le cran de gâchette non escamoté interpose son plan incliné devant le cran d'armé et empêche la gâchette de retenir le porte-mécanisme -celui-ci continue sa course en avant et vient prendre une cartouche sur la bande.

Réglage de la Synchronisation

Ce réglage se fait après avoir réglé les armes en hauteur et direction par un tir coup par coup. La mitrailleuse DARNE ne peut tirer de rafales que moteur tournant puisque sa percussion est commandée par le moteur par l'intermédiaire du dispositif de synchronisation réglementaire. Il n'y a pas de secteur de percussion comme pour les autres mitrailleuses du même type.

On procède en 2 temps:

  1. Réglage de la course de la détente. Brancher la tige oscillante et régler l'inclinaison du bras orientable pour que la poussée de la tringle d'accouplement s'exerce dans le plan de la détente. Armer le chien en tirant le bouton d'armement à l'arrière et en le lâchant - après avoir pris la précaution d'enlever la bande de cartouches. Visser plus ou moins les biellettes d'accouplement sur la tringle de manière qu'en tournant l'hélice dans le sens normal on ait une percussion vers le haut de la course du doigt mobile. Répéter l'opération pour s'assurer que l'on a une percussion franchement à chaque fois. Le réglage ne risque pas de se défaire quand les biellettes d'accouplement sont accrochées à la détente, mais ce risque est couru quand l'arme est enlevée pour être nettoyée car les biellettes restent pendantes.
  2. Réglage du moment de la percussion. Agir sur l'accouplement des plateaux entraîneurs et entraînés pour obtenir la percussion 10° après le passage du bord de fuite de l'hélice devant le canon. On obtient ainsi pour les longs feux une ouverture d'environ 150° puisqu'on ne peut avoir plus d'un coup par 1/2 tour. Autant pour vérifier le fonctionnement de la synchronisation que pour ''asseoir " le réglage des armes, on peut tirer une centaine de cartouches par arme, moteur tournant.

Installation des Mitrailleuses dans l'Aile

Les deux mitrailleuses sont placées de part et d'autre du plan de symétrie de l'avion, et incluses dans l'aile. La fixation de chaque arme à l'avant est obtenue au moyen d'une bague dans laquelle s'enfile le canon et à l'arrière au moyen d'une chappe serrant la boite de la culasse. Ces 2 supports sont fixés à 2 tubes parallèles entretoisant le longeron avant et le longeron arrière. Les dispositifs d'armement, de sûreté, de commande et de détente sont portés par des chariots coulissants sur ces tubes. En outre, le support avant permet le réglage de l'arme en direction, tandis que le support arrière permet son réglage en hauteur.

Ces opérations sont effectuées par traction à fond puis abandon des poignées placées devant le pilote : une poignée par arme. Par l'intermédiaire d'un câble passant sur deux poulies de renvoi, chaque poignée actionne un chariot coulissant sur l'un des tubes-entretoises. Cet accrochage, quand il est voulu, constitue la mise à sécurité de l'arme. Quand la poignée d'armement a été tirée à fond, il faut l'abandonner pour que son retour en avant se fasse vivement sous l'action du ressort de rappel du chariot. On s'assure que l'on est ''accroché" en constatant que la poignée d'armement reste pendante.

Le chariot de détente coulissant sur l'un des tubes-entretoises porte un doigt dont la section en U enveloppe la chaînette d'accouplement de la détente. Le mouvement de ce chariot est commandé par un câble sous gaine aboutissant à la poignée de tir du manche à balai.

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