Le monde de la collection est vaste et varié, allant des timbres aux œuvres d'art. Parmi les objets de collection moins connus, mais tout aussi fascinants, figurent les arbalètes miniatures en étain. Ces petites œuvres d'art capturent l'histoire et l'artisanat dans des détails minutieux, offrant aux collectionneurs un aperçu unique du passé militaire et de l'évolution des armes.
Les figurines en étain ont une longue histoire, remontant au Moyen Âge. Les insignes en étain faisaient partie intégrante de la mode médiévale et étaient très répandus du 13e au 16e siècle. On portait ces insignes en étain soit sur le chapeau, soit sur le manteau, soit sur la poche. Il existe une multitude de représentations et de significations différentes.
Il y avait et il y a par exemple des insignes de pèlerinage. Le pèlerinage était encore plus populaire au Moyen-Âge que de nos jours. Il était courant de rapporter un insigne du lieu de pèlerinage comme preuve du pèlerinage, comme par exemple la coquille Saint-Jacques, un insigne de pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques. De plus, il existait des insignes avec des motifs d'animaux, qui sont aujourd'hui souvent interprétés de manière symbolique en référence aux caractéristiques frappantes de l'animal en question.
Les insignes en étain indiquant l'origine/l'appartenance ou la filiation étaient également répandus au Moyen Âge. C'est le cas par exemple de la "Rose-En-Soleil" de la maison Tudor. Mais il existait aussi des insignes en étain rüdiens au Moyen Âge, qui sont interprétés de différentes manières.
Le musée de l'Armée, à Paris, a décidé d'exposer une partie de sa collection impressionnante de petits soldats de manière permanente dans ses nouveaux "Cabinets insolites". Le musée possède une collection de 140 000 petits soldats. Les "Cabinets insolites" comportent trois espaces : l'un dédié à la musique militaire, le deuxième à différents modèles d'artillerie, et le dernier, dans lequel on vous propose une immersion, entièrement occupé par 5000 petits soldats de collection. Très colorés, ils défilent en rang d'oignon dans les vitrines, ou se livrent bataille, arbalètes et baïonnettes brandies, chevaux qui regimbent...
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Pour Sylvie Leluc, ces petites figurines possèdent une dimension didactique extrêmement précieuse : "Elles sont d’une précision exceptionnelle, tant sur le plan des uniformes que des attitudes. La reconstitution de petites saynètes de la vie militaire permet de donner à voir l’armée en campagne." Ces figurines témoignent d’une époque pendant laquelle on ne disposait pas d’outils de médiation comme la photographie, durant les dernières années du XVIIIe siècle. Grâce à elles, on a une représentation de ce que pouvait être le monde militaire à la fin du XVIIIe siècle par exemple.
Il existe trois sortes de figurines. Celles dites "de carte", plates, sont nées les premières, à la fin du XVIIIe siècle. Elles ont connu un grand essor et on leur doit certainement l'apparition des figurines dites "en ronde-bosse", en trois dimensions, plus communément appelées "petits soldats de plomb". Leur usage, avec l'apparition du plastique notamment, évolue vers le ludique au tournant du XXe siècle. Enfin, les "plats d’étain" se sont développées simultanément aux figurines en ronde-bosse, au cours du XIXe siècle : il s'agit de minuscules soldats en deux dimensions qui permettent d’appréhender l’échelle des armées et régiments de l’époque.
Le fonds du musée de l'Armée, riche de 140 000 soldats miniatures (dont certains coûtent plusieurs milliers d’euros), est essentiellement constitué de figurines liées à l’épopée napoléonienne, ce qui explique que l'exposition inaugurale soit centrée sur le Premier Empire. Pour autant, les figurines exposées couvrent une période allant de l'Antiquité à la Seconde Guerre mondiale (avec de très nombreuses figurines représentant les troupes françaises, comme les troupes étrangères), en passant par le Moyen Âge.
Philippe Maffre a décomposé les vitrines en sous-espaces, aménagé des "sautelets" pour que puissent cohabiter différents lots de figurines et élaboré plusieurs nuances de couleurs très fines pour le gris des socles, afin de faire ressortir au mieux les pièces de collection. La scénographie, c’est une discipline entre l’architecture et le cinéma : il faut construire des espaces, mais on met en œuvre un scénario, comme dans un film.
A des fins de conservation, les collections de figurines des Cabinets insolites vont tourner une ou deux fois par an. La lumière est un facteur de dégradation pour les figurines de carte notamment, en carton rigide, et donc particulièrement fragiles. Mais les figurines en ronde bosse seront également renouvelées, pour que les visiteurs puissent se faire une idée de l'ampleur de la collection.
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