Envie de participer ?
Bandeau

Cet article explore l'histoire et l'évolution du porte-chargeur MAS 38, un élément essentiel de l'équipement militaire français. Dès la fin des hostilités de la Première Guerre mondiale, la France envisage l’adoption d'un PM calibre 9 mm.

Les premières expérimentations et prototypes

La MAS (Manufacture d'Armes de Saint-Étienne) présente son PM S.E. MAS 35, tandis que l'Établissement Technique de Versailles présente son PM ETVS. Différents prototypes seront rejetés avec demande d'améliorations, dont notamment une crosse pliante et un chargeur rabattable. Le PM est « essentiellement une arme de crise » qui doit permettre l’organisation de la résistance et déterminer chez l’ennemi un arrêt momentané.

L'équipement cuir TTA modèle 1945

L'équipement cuir TTA (Toutes Troupes Armées), dit "modèle 1945", date de juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il a été révisé/amélioré en 1951. Il porte le sigle TTA car il était l'équipement réglementaire standard de toutes les troupes, exceptés les parachutistes. L'équipement est essentiellement basé sur des réflexions datant de la première partie de l'année 1940.

Il se compose de plusieurs éléments clés :

  • Un ceinturon cuir avec boucle à ardillons, TTA modèle 1945.
  • Des bretelles de suspension cuir TTA modèle 1945.
  • Un passant dorsal trapézoïdale cuir TTA modèle 1945.
  • Un passant en cuir pour attacher le bidon.
  • Un bidon/quart modèle 1952 avec sa housse en toile.
  • Un Sac à dos "Bergen" TTA modèle 1951.
  • Une musette TTA modèle 1951.
  • Deux porte-chargeurs doubles pour chargeurs de fusil semi-automatique MAS 49-56 ou 2 porte-chargeurs pour pistolet-mitrailleur MAT49.

Il y a au moins 2 versions des portes-chargeurs, notamment au niveau du nombre de passants au dos de ceux-ci. A partir de 1960 les éléments cuirs sont hydrofugés, ce qui leurs donne une couleur jaunâtre appelée parfois "pur porc". L'équipement cuir TTA disparaitra progressivement au cours des années 80s, avec l'apparition du "brelage" nylon modèle F1.

Lire aussi: Matériaux des porte-chargeurs de pistolet

L'équipement pour troupes aéroportées (TAP) modèle 1950

Introduit vers 1950, il s'inspire (énormément) des équipements toiles américains. Il est en toile kaki et se compose entre-autre de:

  • Un ceinturon toile TAP modèle 1950/53.
  • Des bretelles de suspensions toile TAP modèle 1950.
  • 2 portes-chargeurs doubles TAP modèle 1950/53 pour MAS 49-56.
  • 1 (ou 2) porte-chargeur simple TAP modèle 1950 pour PM MAT49.
  • Une musette TAP modèle 1955.
  • Un kit de premier secours toile modèle 1948, attaché à une bretelle de suspension.
  • Un kit toile pour outil de nettoyage.
  • Le bidon modèle 1952 et sa housse toile.

L'équipement TAP était utilisé par toutes les armes lors des interventions en Afrique (pas que par les parachutistes). Cet équipement était plus pratique que l'équipement cuir TTA, néanmoins du fait qu'il était moins solide il ne fut pas généralisé à toute la troupe. L'équipement disparut à la fin des années 1970s et au début des années 1980s. Cependant de nombreux composants (portes-chargeurs PM et FSA, kit premier secours, bidon et housse, porte grenade...) furent mélangés tout au long des années 1980s avec l'équipement nylon modèle F1.

L' équipement Nylon modèle F1

Il s'inscrit dans le cadre de recherches faites par la plupart des armées occidentales pour avoir un équipement aussi léger que la toile, mais plus solide et résistant mieux à l'eau. Il est essayé en corps de troupes au milieu des années 70s et employé pour la première fois à petite échelle lors des opération Bonite et Tacaud en 1978 (c'est surtout l'équipement toile TAP qui est utilisé lors de ces 2 opérations extérieures).

Il se compose d'élément en nylon de couleur kaki/vert armée:

  • Un ceinturon nylon modèle F1.
  • Des bretelles de suspension modèle F1.
  • Des portes chargeur nylon pour MAT49 (hé oui !) MAS 49-56 / FR F1, puis FAMAS F1.
  • Un porte chargeur pour MAC 50, puis ensuite pour PAMAS G1.
  • Un kit pour premier secours.
  • Une trousse/kit pour les instruments de nettoyage de l'arme en dotation.
  • Un bidon et une housse.
  • Une musette / sac à dos léger modèle F1 puis modèle F2.
  • Un sac à dos type "marin" réglable en hauteur pouvant passer de 60 litres à presque 110 litres.

Des éléments TAP 50 ou d'origine étrangères pouvaient se greffer sur cet équipement. Après 1990 de nombreux composants métalliques furent remplacés par du plastique. Divers remarques : Il fut en dotation au moins jusqu'au début des années 2000s. Il est toujours utilisé pour l'entrainement.

Lire aussi: Choisir son porte-chargeur M4 pour l'airsoft

Le gilet de combat TTA

Dans la foulée de l'adoption par plusieurs pays de gilets de combat, permettant mieux répartir le poids de l'équipement, l'armée française développa son propre gilet : le Gilet de Combat TTA. Il était censé remplacer certaines parties de l'équipement modèle F1 (ceinturon, bretelles, musette) et en garder d'autres (kit de nettoyage, kit de premier secours, porte-chargeur, quart/bidon....)

Il a d'abord été utilisé au milieu des années 1990s par les différentes forces spéciales françaises, en remplacement de gilets israéliens utilisés depuis l'opération Daguet. Il a été distribué et utilisé par le reste de la troupe à partir de 1999. On le voit surtout utilisé en Afghanistan sur la période 2002-2006. Il n'est pas en kaki, mais utilise le camouflage CCE.

Il se compose d'une veste sans manche avec:

  • 2 attaches rapides sur le torse.
  • 2 bandes horizontales sur lequel accrocher les composants de l'équipement.
  • Des passant pour un ceinturon du type F1 camouflé CCE.
  • 4 poches servant à un peu tout (porter la radio per exemple), pouvant s'accrocher au bon vouloir à une des 2 bandes ou au ceinturon.
  • 2 grandes poches/musettes dans le dos que l'on peut détacher.
  • Un sac dos F2 de 120 L, camouflé centre-europe remplace le F1.

Il est modulable et possède des poches amovibles sur les côtés. Il est aussi appelé parfois "Sac Nouvelle Génération". Il est a souligner que le gilet n'offre aucune protection balistique. Pendant les opérations extérieurs l'armée lui préfèrera des gilets de combat achetés "sur l'étagère", notamment les modèles Arktis 1601 et K170. Toujours réglementaire il a néanmoins cédé sa place sur les théâtres d'OPEX aux gilets pare-balles avec des passants du type MOLLE.

Les gilets de protection

En 1982 la France intervient au Liban. Dans un contexte hostile assez particuliers, l'armée française s'alignera sur celles des États-Unis d'Amérique en (ré)introduisant les gilets de protection. Tout d'abord se sont les gilets pare-éclats datant des années 1950-1960 qui sont ressortis. Des gilets M69 sont aussi achété sur étagère.

Lire aussi: Porte-chargeurs Vega Holster : qualité et performance au banc d'essai.

Enfin apparut au milieu des années 1980s un gilet pare-éclats inspiré du PASGT américain: Le gilet dit appelé officiellement "gilet pare-éclat modèle commun" Il est supplanté à la fin des années 1980s par le gilet pare-éclat TTA Série 1. Le "modèle commun" et le "gilet pare-éclat TTA" furent très utilisé pendant la guerre du golf et au début de l'intervention en ex-Yougoslavie.

Un gilet pare-éclat TTA Série 2, très semblable à la série 1, apparut après 1991. Au sein de la FORPRONU, l'armée fut confronté au problème des sniper, hors le différents gilets pare-éclats ne protègent pas des balles ! Un gilet pare-balles "TTA" (appelé FRAG par certains adepte du militaria) fut choisit et introduit dans l'urgence pour les gardes (relativement statique) Les plaques pouvaient êtres enlevés et résistaient aux calibres de pistolets et fusils (tiré de loin). Il n'était pas destiné au combat, mais fut utilisé comme tel sur le terrain, après l'enlèvement de sa partie basse. Il y eu 3 séries de ce gilet. A ce jours la Série 3 est toujours réglementaire. Une housse toile peut être mise pour avoir le camouflage adapté : centre-europe ou zone aride.

Les gilets pare-éclats TTA étaient censés être portés avec l'équipement modèle F1 par-dessus (y compris les bretelles de suspension et le ceinturon). Les gilets pare-balles TTA sont censés être porté sans rien : Ils ont 2 portes chargeurs de FAMAS intégrés et 2 sangles verticales avec anneaux sur lesquelles on peut accrocher certains éléments de l'équipement F1.

Les armes utilisées avec le porte-chargeur MAS 38

Le porte-chargeur MAS 38 était conçu pour être utilisé avec plusieurs types d'armes, notamment :

  • Le pistolet-mitrailleur Sten, d'origine anglaise, parachutée aux résistants.
  • Le fusil Mauser 98, fabriqué en 1917.
  • Le pistolet-mitrailleur Marlin UD 42, conçu en 1940.
  • Le fusil Lee-Enfield numéro 4 modèle 1, excellent fusil largement parachuté pour la Résistance européenne.
  • Le fusil-mitrailleur Bren Modèle II, fabriqué de 1937 à 1945.
  • Le pistolet Beretta modèle 1934.
Arme Calibre Chargeur Portée pratique
Mitraillette Sten 9 mm 32 cartouches Combats rapprochés
Fusil Mauser 98 7,92 mm 5 balles 400 m
Fusil-mitrailleur Bren Modèle II 303 (7,7 mm) 30 cartouches Coup par coup ou en rafale
Pistolet Beretta modèle 1934 9mm 7 cartouches -

L'évolution de l'armement de la gendarmerie

À la fin du XIXe siècle, la gendarmerie est équipée d’armes conçues au lendemain du désastre des armées impériales, puis républicaines, lors de la guerre de 1870-1871. En 1874, le « merveilleux » Chassepot tire sa révérence au profit du fusil présenté par le capitaine Gras. Un des points novateurs est l’abandon de la cartouche en papier au profit d’une cartouche métallique.

En 1880, un dispositif est aménagé en vue de faire dévier les gaz en cas de problème au départ du coup. Une des faiblesses du Gras vient de sa capacité de tir. La gendarmerie ne reçoit pas le fusil Gras, mais la version carabine, retenue sous l’appellation « 1874 Modifié 1880 ». Le maniement d’une arme de taille réduite dans des affrontements de rue ou tout simplement lors d’opération de maintien de l’ordre reste plus aisé.

Le Général Boulanger, alors ministre de la Guerre, impose en 1886, et en l’espace de six mois, un nouveau fusil réglementaire : le Lebel. Un certain Berthier, chef de bureau des chemins de fer algériens, se penche sur les armes Lebel et vise plus précisément à la création d’une carabine.

En 1885, la section technique de l’Artillerie propose de remplacer les revolvers modèles 1873 et 1874. Dès l’adoption du revolver 1892, les premiers exemplaires sont livrés aux officiers de la gendarmerie et de l’armée de Terre. L’attribution réelle de ce modèle a lieu en 1907, pour l’ensemble de l’institution. Techniquement cette arme est plutôt révolutionnaire pour son époque ou tout du moins à la pointe de la technique.

Après la Première Guerre mondiale, un événement international fournit l’occasion pour une petite partie du personnel de l’Arme d’expérimenter une arme allemande. En effet, suite aux conditions du traité de Versailles et notamment aux problèmes de remboursements des dommages de guerre, la Ruhr est envahie par les armées belge et française. L’inconvénient de cette arme vient de son trop grand encombrement et de son poids.

En 1914, l’armée française sollicite la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) afin que sa production d’armes de poing augmente. Seul problème, sa production est en quasi-totalité tournée vers la fabrication de fusils et de mitrailleuses. La société Gabilondo et Urresti, implantée au pays basque, produit alors un pistolet automatique appelé Ruby. C’est une arme au fonctionnement simple et à l’entretien facile.

Autant la gendarmerie reçoit pendant l’entre-deux-guerres un nombre relativement important de PA, autant l’univers des mousquetons reste quasi inchangé. Le Berthier 1892 est toujours en service mais, en 1921, l’institution donne sa préférence au modèle 1916. En effet, pendant la Grande Guerre, le commandement français admet que les modèle Lebel et Lebel Berthier sont inférieurs aux fusils allemands.

En matière d’armement, la Seconde Guerre mondiale provoque de profonds bouleversements au niveau de la dotation des unités. Durant la campagne 1939-1940, le personnel envoyé pour encadrer des corps de troupe (cela concerne essentiellement des gardes républicains mobiles) est amené à employer les armes en dotation dans l’armée française. Après la défaite, l’Occupation entraîne une restriction drastique de l’armement des unités.

Lors de la Libération, les connaissances du personnel de l’Arme en matière d’armement sont particulièrement appréciées par les maquis qui comptent souvent sur les gendarmes pour former et encadrer leurs jeunes recrues. Avec la fin de la guerre, les sources d’approvisionnement en matière d’armement se multiplient pour la gendarmerie.

Vers une lente gendarmisation de l'armement

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Gendarmerie nationale recense sur ses râteliers, en plus des armes réglementaires, bon nombre de produits alliés ou ennemis. Comment ne pas citer le pistolet-mitrailleur (PM) américain Thompson ou la mitraillette anglaise Sten. Mais il ne faut pas oublier non plus les armes de l’armée allemande, comme le MP 38 et le MP 40. De toutes ces armes, une seule fait carrière, la Sten.

En 1945, l’armée de De Lattre se rend maître des usines Mauser à Oberndorf. Le Gouvernement français ordonne la réouverture de l’usine et sa production reprend au profit des armées de De Lattre. En fait, aucune arme n’est créée, les responsables se contentent de monter les pistolets qui sont en pièces détachées.

Les PA 35 A et 35 S et le PM MAS 38

Deux PA et un PM d’origine française sont à l’honneur, il s’agit des PA 35 A et 35 S et du PM MAS 38. Même si leur mécanisme est similaire, aucune pièce n’est interchangeable d’un modèle à l’autre. Leur point véritablement commun reste l’emploi d’une seule et même munition, le 7,65 mm long. Cette munition est satisfaisante pour ce qui est du recul, par contre sa puissance de perforation est faible.

En 1945, le PA 35 A rejoint les rangs de la gendarmerie. En 1951, le PA 35 est attribué à son tour à la gendarmerie. Au début des années 1970, ces PA sont recyclés pour l’instruction des gendarmes en écoles.

Le Sig Sauer 2022 : L'arme de dotation moderne

Depuis 2002, il s’agit d’un Sig Sauer 2022 semi-automatique conçu en Suisse par SIG (Schweizerische Industrie Gesellschaft) et produit en Allemagne par Sauer, de 9 mm parabellum, 10 ou 15 coups. Depuis les attentats terroristes de 2015, les policiers sont autorisés à le garder en permanence au lieu de le déposer à la fin de leur service comme cela se faisait depuis 2006.

En conclusion, le porte-chargeur MAS 38 a été un élément essentiel de l'équipement militaire français pendant de nombreuses années, et son histoire est étroitement liée à l'évolution de l'armement et des tactiques militaires en France.

tags: #porte #chargeur #mas #38 #histoire

Post popolari: