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Une baïonnette est une arme blanche conçue pour s'adapter au canon d'un fusil ou d'une arme similaire et destinée au combat rapproché. Son origine remonterait à un événement fortuit : au cours des conflits sporadiques qui agitèrent les campagnes françaises du milieu du XVIIe siècle, les paysans de Bayonne se trouvèrent à court de poudre et de projectiles. Ils fichèrent leurs longs couteaux de chasse dans les canons de leurs mousquets, confectionnant des lances improvisées.

Cependant l'usage de ce type d'armes est déjà mentionné au début du XVIIe siècle chez des mousquetaires à pied qui introduisent le manche de leur « soie de cochon » (fine lame d'épée) dans l'embouchure de leurs mousquets. Les fusiliers du régiment Royal-Artillerie furent les premiers à en être dotés en 1671 à l'initiative de Louvois. En 1703, le roi Louis XIV, suivant l'avis du maréchal de Vauban, interdit l'usage des piques dans l'Infanterie, pour y substituer des fusils.

L'Évolution de la Baïonnette

Les avantages d'une arme cumulant deux fonctions apparurent rapidement. Les premiers mousquets souffraient d'une faible cadence de tir (un tir par minute avec une poire à poudre et des balles) et d'un manque de fiabilité. Les baïonnettes devinrent un complément utile au système d'arme quand la charge de l'ennemi dans la zone de tir utile du mousquet (100 mètres dans le meilleur des cas) ne l'exposait qu'à une seule décharge avant qu'il n'atteigne les défenseurs.

Une baïonnette de 30 centimètres de long (certaines tailles réglementaires atteignirent 43 cm lors de la période napoléonienne), sur un mousquet de près de deux mètres assurait une allonge comparable à la lance d'infanterie, et plus tard même de la hallebarde, utilisée auparavant. Les premières baïonnettes étaient de type « bouchon ». Elles possédaient une poignée cylindrique qui s'ajustait directement à l'intérieur du canon du mousquet empêchant l'arme de tirer. Plus tard, les baïonnettes à tenon effacent la lame de l'embouchure. La baïonnette se fixe sur l'extérieur du canon par un logement en forme d'anneau. Sur des modèles ultérieurs, elle sera fixée par un cran à ressort sur la bouche du canon du mousquet.

De nombreuses baïonnettes étaient triangulaires et offraient une meilleure stabilité latérale de la lame sans accroissement significatif du poids. Ce modèle ne comportait pas de poignée permettant de l'utiliser indépendamment du fusil. Les tactiques militaires des XVIIIe et XIXe siècles intégraient diverses charges et défenses groupées utilisant la baïonnette. L'armée britannique était renommée pour son usage de la baïonnette, bien qu'au début du XIXe siècle où les techniques de guerre napoléoniennes se développent, la supériorité d'un tir de salve rapide et régulier permît aux Britanniques d'éclipser leurs adversaires dans les lignes.

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Des rumeurs circulent parmi les vétérans d'avant la Première Guerre mondiale, sur des techniques de combat à la baïonnette très élitistes, aussi complexes et exigeantes que l'escrime. On suppose qu'au-delà des blocages et frappes modernes simplifiées, il existait des coupes, des parades et des désarmements, pendant lesquels un blocage fluide devenait propice à attaquer ou désarmer. Ces techniques auraient aussi enseigné la frappe d'estoc et de taille ainsi que les vulnérabilités particulières que constituent les chevilles, les poignets, le cou, les artères brachiales et fémorales. On prétend aussi que les mouvements se pratiquaient dans toutes les orientations et positions des deux combattants grâce à des méthodes d'entraînement proches d'un haut niveau d'escrime. L'émergence de ces techniques fut rendue possible par les longues périodes d'entraînement continu que connurent les armées professionnelles avant cette période. De vieux manuels d'entraînement français des années 1850 en témoignent encore. Des copies reproduites sur internet semblent soutenir ces affirmations.

En dehors des techniques de combat expliquées précédemment, la baïonnette se manie généralement en la pointant vers l'adversaire dans le but de l'embrocher. Une fois l'arme enfoncée, un mouvement de rotation est la plupart du temps nécessaire pour dégager la lame. La convention de Genève interdit l'usage des baïonnettes triangulaires, cruciformes ou dentelées. En effet, les blessures qu'elles entraînent cicatrisent difficilement et ces armes furent considérées comme inhumaines. Pourtant, il n'est pas rare de trouver de tels modèles aujourd'hui.

La plupart des baïonnettes modernes ont une gouttière (visible sur la partie supérieure de la lame). C'est une dépression concave conçue pour réduire le poids. Elle permet aussi à l'air de rentrer dans la blessure, empêchant la création d'un vide, ce qui rend la baïonnette plus facile à retirer après pénétration et moins sujette à rester coincée. En aucun cas cette gouttière n'a vocation à canaliser le sang qui s'égoutte de la lame.

La Baïonnette Chassepot Modèle 1866

Magnifique baïonnette pour fusil Chassepot Modèle 1866 - de la Manufacture Impériale de Châtellerault - produite en avril 1870. Magnifique baïonnette pour fusil Chassepot Modèle 1866 au numéro en excellent état - de la Manufacture Impériale de Châtellerault - produite en avril 1870. Elle est vraiment en superbe état. Aucune piqure arme ou fourreau. Les gravures et poinçons sont tous très bien visibles et la lame est très belle, bien dans toute sa longueur et pas tordue - quelques rares tâches tabac de vieillissement ici ou là tout à fait récupérables - aucune oxydation ou peau d’orange - Fourreau d’origine sans rigoureusement aucun coup ni bosse - Tel que sorti d’usine il y a 153 ans. C’est vraiment un superbe objet.

Je sais pas pour vous mais je suis toujours rêveur devant ces belles et impressionnantes lames Yatagan - sans doute un des plus esthétiques modèles de baïonnettes françaises avec les 1840/42. On imagine de suite l’infanterie de Marine retranchée à mort dans la maison de Bazeilles. Bien qu’il soit assez ancien, le M-1866 se retrouve assez facilement en bourses aux armes, ou sur certains sites de vente. Il remplace à la fois la baïonnette à douille et le glaive des troupes à pied M-1831 vulgairement appelé « coupe-choux ».

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« Une arme de main commode et puissante dans un corps à corps, fixé au canon, il devient baïonnette. Porté dans son fourreau d’acier, il flatte le soldat bien plus que ne peut le faire la baïonnette à douille dans son fourreau de cuir mince. Le premier est imputable à son ajustage particulier pour chaque arme. Afin de mieux faire comprendre au soldat, que désormais la baïonnette fait partie intégrante de l’armement et non de l’équipement, il est décidé d’adapter en manufacture chaque baïonnette à un fusil précis. Le deuxième inconvénient vient de la position du sabre-baïonnette sur le coté droit du canon. Cette disposition nuit fortement à l’équilibre de l’arme et contrarie les vibrations du canon. Enfin troisième reproche fait à la baïonnette, son fourreau métallique poli-blanc brille et reflète les moindres lueurs. Il cliquette et signale la présence des patrouilles à l’ennemi.

La poignée en laiton moulé est munie de quinze rainures, elle intègre un mécanisme de verrouillage avec bouton-poussoir avec lame ressort en acier fixée par un rivet. La croisière comporte une bague avec fermeture ajustée à l’arsenal au diamètre du canon du fusil auquel la baïonnette était attribuée. Un petite encoche a été réalisée afin d’intégrer le tenon à l’extrémité du canon pour améliorer la fixation de la baïonnette. Toutes les baïonnettes possèdent un matricule situé à gauche qui se compose d’une lettre de préfixe (indiquant l’arsenal de la combinaison fusil / baïonnette) et d’un nombre de 1 à 99 999.

Les lettres de A à E, en combinaison AB, AC, AD, AE, BC sont réservées aux fusils fabriqués à Châttelerault, de D à E à Mutzig, de F à Q, en combinaison FG, FH, FJ à Saint-Etienne sauf I et O, de R à T, en combinaison RS, RT, ST à Tulle. Les lettres U ou V suivi du matricule, très rarement inscrites sur le fourreau, indiquent que celui-ci est d’importation. En effet, après la fermeture de la manufacture de Mutzig, celles de Tulle, St Étienne et Châtellerault ne pouvant satisfaire à la demande, la firme Cahen-Lyon fut mandaté par l’état pour importer ces armes de l’étranger.

La lame de type (yatagan), à un tranchant et contre-tranchant et pan creux de 430 mm de long sur chaque face convient parfaitement pour les travaux de bivouac. « Yataghan » est dérivé du mot turc pour « celui qui se couche » pour décrire le profil de la lame à double courbe de descente. La double courbe ajoute de la résistance et de la rigidité, tout en gardant la poignée et le point d’alignement pour une efficacité de poussée.

Le Sabre-Baïonnette Chassepot et la Guerre de 1870

Beaucoup de collectionneurs ont débuté leur passion par la découverte dans un grenier ou chez un brocanteur d’un sabre-baïonnette Chassepot ou plus rarement Remington, ces deux armes n’étaient d’ailleurs pas toujours reconnaissables. Ce livre, inédit dans ce domaine, vous présente ces deux modèles et surtout leurs innombrables variantes, déclinaisons civiles, modifications allemandes et étrangères. Un chapitre est consacré aux transformations en double douille chasse. L’histoire de ces sabres-baïonnettes est intimement lié à la guerre de 1870 qui opposa les armées françaises à celles de la Prusse mais qui s’est progressivement éloignée de nos mémoires au profit d’événements similairement dramatiques plus récents.

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Durant ce conflit, la France inventera même les premières baïonnettes de remplacement, l’équivalent des ersatz allemands. Remontages avec des lames de sabres, de glaives et de baïonnettes à douille périmées ou déclassées sur des poignées Chassepot et Remington. Cet ouvrage présente des dizaines de modèles à l’aide de plusieurs centaines de photos en couleur, associées à des documents d’archives, plans et photos de soldats d’époque.

Caractéristiques Principales de la Baïonnette Chassepot M1866

  • Longueur avec fourreau: 715 mm
  • Longueur sans fourreau: 702 mm
  • Longueur de la lame: 572 mm
  • Poids: 1050 g

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