La chasse européenne est confrontée à des défis concernant l'utilisation du plomb, avec le Parlement européen ayant voté en novembre 2020 l’interdiction de l’utilisation de munitions au plomb dans toutes les zones humides d’Europe.
La grenaille utilisée pour la chasse dans les zones terrestres contient du plomb. Bien qu’interdite dans les zones humides, la dispersion passée et actuelle de billes de plomb persiste des dizaines, voire des centaines d’années. Le plomb est aussi présent dans les balles pour le grand gibier.
Chaque année en Europe, selon l’ECHA, 30 000 à 40 000 tonnes de plomb sont utilisées dans des munitions de types variés. 21 000 tonnes sont utilisées par les chasseurs ; environ 7 000 tonnes sont dispersées dans les zones humides et 14 000 tonnes sur la terre ferme. Le plomb n’étant pas biodégradable, la grenaille se délite, s’oxyde, s’érode ou s’enfouit, mais demeure accessible et biodisponible pendant des décennies, voire des centaines d’années.
Des études de terrain montrent des niveaux élevés dans des sites chassés (ex. étangs du Parc naturel régional de la Forêt d’Orient), ou encore sur le col de Lizarrieta (Natura 2000) où des champignons dépassent de 4 à 14 fois les seuils autorisés. L’accumulation de plomb dans les compartiments du milieu naturel engendre des problèmes sanitaires majeurs.
Chez les oiseaux d’eau, l’ingestion accidentelle de billes avec l’alimentation est documentée : par exemple, 6 billes ingérées le matin peuvent être totalement solubilisées le soir et passées dans le sang, avec une absorption jusqu’à 20 fois plus rapide avec des grains durs. Les charognards (vautours notamment) consomment les dépouilles et viscères abandonnés après une chasse de grand gibier. Les balles (souvent à cœur de plomb) fragmentent à l’impact, disséminant des particules microscopiques dans les tissus.
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Au-delà des oiseaux, des teneurs notables en plomb diffus sont retrouvées dans les muscles de sangliers et cervidés (différents du plomb « environnemental » davantage stocké dans le foie), en lien avec la fragmentation balistique. Des fragments de plomb se dispersent largement dans les tissus sous forme de particules micro- voire nanoscopiques ; parer généreusement autour de la plaie ne suffit pas à éliminer tout le plomb potentiellement absorbable par le consommateur.
En France, l’usage de grenaille de plomb est interdit en zones humides et à 30 m alentour (arrêté du 9 mai 2005), renforcé au niveau européen depuis février 2023 avec une interdiction dans les 100 m autour des zones humides (Règlement UE 2021/57). La Convention de Bonn (2014, Quito) appelle à la fin du plomb pour la chasse sous 3 ans. L’agence chimique européenne (ECHA) a proposé une suppression des grenailles de plomb pour la chasse dans un délai dès 2021.
Le règlement de l’Union européenne concernant le plomb dans la grenaille de chasse utilisée à l’intérieur ou autour des zones humides a été publié au Journal Officiel de l’Union européenne le 26 janvier dernier. Il précise que la grenaille de chasse formée de plomb pour 1 % de son poids sera interdite à compter du 15 février 2023 à l’intérieur ou à moins de 100 m des zones humides.
Ce règlement est le résultat d’une volonté poussée par la Commission européenne depuis des années. C’est une première étape avant de tenter d’interdire partout l’utilisation de la grenaille de plomb, bien au-delà des zones humides. À plusieurs reprises la mobilisation de toutes les instances européennes (FACE - ELO) représentant les chasseurs et la filière chasse a conduit à un report des votes tentant d’imposer ce type d’interdiction. Le dernier vote au Parlement européen, le 25 novembre 2020 a été un échec pour les chasseurs.
Toutefois, la Commission souhaitait imposer une zone de 400 m, mais elle a échoué. La mise en application de cette nouvelle règle au niveau Français devrait passer par une modification de l’arrêté du 1er août 1986 qui comporte depuis le 1er juin 2006 l’interdiction de la grenaille de plomb dans les zones humides en France.
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La définition de la zone humide en tant que telle n’a pas changé, c’est son périmètre d’application qui a été revu. De nombreux chasseurs sont complètement perdus par rapport à ce nouveau règlement. Il est en effet interdit de tirer du plomb en zone humide, mais a-t-on le droit d’avoir du plomb sur soi si on n’est simplement en train de traversé une zone concernée ? Jusqu’à une distance de 100 mètres du bord de ces zones humides.
« Seule l’utilisation de la grenaille de plomb dans la zone tampon de 100 mètres des zones humides comme défini ci-dessus est verbalisable. Les chasseurs peuvent avoir du plomb sur eux, ainsi que dans leurs armes quand ils se déplacent. Le détenteur de munitions au plomb dans une zone humide devra prouver qu’il n’en fait pas usage. Il peut tout à fait traverser une zone humide avec des munitions au plombs sur lui pour se rendre sur une autre zone de chasse du moment qu’il n’y a aucun doute sur le fait qu’il n’ait pas l’intention de tirer. Des consignes plus précises sur cette « preuve » sont attendues car dans cette situation particulière, la charge de la preuve incombe au chasseur.
Pour la grenaille, la première alternative est l’acier - de coût proche du plomb mais plus léger (compensation par taille de grenaille). D’autres options : tungstène, cuivre, bismuth (souvent plus onéreux). Pour les balles, des projectiles en cuivre ou alliages de cuivre offrent une efficacité comparable.
Différentes tailles de grenaille de plomb et une cartouche à balle. Pour la chasse au gibier d’eau, utiliser des cartouches de chasse sans plomb (Acier, Cuivre, Bismuth). Si vous tirez de la bille d’acier, pour obtenir des performances équivalentes au plomb, prendre 2 numéros en dessous (si vous tirez du plomb n° 8, utiliser de l’acier n°6).
ATTENTION : le tir de certaines cartouches de chasse sans plomb nécessite que votre fusil de chasse soit éprouvé billes acier (poinçon Fleur de Lys sur le ou les canons).
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Aujourd’hui chaque marque a pris le virage du sans plomb et a étoffé sa gamme d’une ou de plusieurs ogives « verte ». Le Suédois Norma et l’Allemand RWS proposent également des munitions de chasse sans plomb haut de gamme.
Voici quelques indications générales sur le numéro de plomb à utiliser pour différents types de gibier :
Le plomb le plus polyvalent est le plomb 6 qui permet de tirer lièvre, faisans, lapins et pigeons.
La FNC a travaillé sur l’impact économique de cette interdiction d’utilisation et de détention du plomb dans les munitions de chasse. Cela concerne a minima 650 000 chasseurs directement impactés en France.
Les armes détenues, à raison d’une moyenne de 2 par chasseur, deviendront tout simplement inutilisables car leur transformation est quasi impossible. En effet, seules deux entreprises en Europe sont en mesure de traiter ce type de demande. L’achat d’une nouvelle arme obligera les chasseurs à consacrer un budget moyen de 1 000 à 1 500 euros pour une seule arme.
Pour la FNC, c’est la stratégie prioritaire. En effet, si la Commission européenne impose une interdiction totale à terme, les conséquences seront catastrophiques pour la chasse populaire. Cet enjeu réclame des moyens financiers conséquents de la part de l’Union européenne, pour obtenir ce substitut qui doit rester accessible financièrement aux utilisateurs.
Solognac conçoit des munitions de chasse en employant des substituts au plomb, notamment des projectiles en cuivre. Le choix du cuivre est motivé par sa densité et sa capacité à se déformer dans le canon, tout en limitant les risques de fragmentation.
Afin de limiter au maximum les risques sécuritaires, nous avons opté pour un projectile qui pétalise sans fragmenter. Pour rappel, il existe 3 types de munitions : Des projectiles à fragmentation, des projectiles qui “champignonnent” et des projectiles qui “pétalisent”. La balle exergy Blue fait donc partie des projectiles qui pétalisent notre choix s’est orienté vers une configuration à 5 pétales. La principale complexité de ce type de projectile réside dans la géométrie interne, qui doit permettre une expansion du projectile dans 100% des cas mais qui doit s’arrêter au bon endroit pour ne pas perdre de pétale. En plus de la géométrie un traitement thermique est effectué afin de rendre l’avant du projectile plus ductile que l’arrière. Ce traitement thermique facilite l’expansion et évite l’arrachement de matière en rendant le cuivre moins cassant.
Le projectile se déforme lorsqu’il passe dans le canon, cette déformation pouvant entraîner des déplacements de matière qui sont récupérés par les gorges ceci afin d’éviter l’accumulation de cuivre dans les rayures. Le deuxième intérêt est de limiter l’effort à l’avancement du projectile et donc de lisser le pic de pression ce qui permet d’optimiser les chargements.
Le bleu c’est tout simplement la couleur de la pointe en polymère appelée le “tip”. Son objectif est d'améliorer le profil aérodynamique du projectile afin d'obtenir une énergie à l'impact supérieure. De plus, c’est une couleur facilement repérable dans la venaison. A savoir que le polymère est la seule partie du projectile (1%), que l’on va perdre lors d’un impact sur tissu mou. En revanche, dans le cas d’un impact sur un os, il est possible de perdre un ou plusieurs pétales. L’absence de fragmentation de ce projectile évite une possible migration du plomb dans la venaison.
Lors des différents tirs, toutes les références EXERGY BLUE ont dissipées plus de 95% de leur énergie cinétique dans un bloc de gel balistique (densité 20%) de longueur 40 cm. La balle 300 SPCE par exemple a dissipé 94% de son énergie. On obtient donc des performances similaires sans les effets néfastes de la fragmentation du plomb.
Contrairement aux balles en plomb classiques qui perdent de leur masse pendant la pénétration (du fait de la fragmentation du projectile), les balles EXERGY BLUE n’en perdent quasiment pas (uniquement la pointe en polymère). Vous pourrez d’ailleurs voir dans la vidéo comparative les résidus de plombs restants dans le gel balistique.
Dans la gamme de substituts des fabricants de cartouches, il existe des solutions pour tirer autre chose que du plomb dans des fusils fins et/ou anciens sans aucun problème et surtout sans avoir à modifier son arme. La gamme de substituts est vaste, billes d'acier, billes de cuivre, billes de zinc-étain, billes de bismuth, tungstène.
Vincent Vouzelaud, dirigeant de la cartoucherie familiale éponyme, assure qu'avec la bourre billes d'acier à contre-pression (ACP), en suivant la norme, il n'y a aucun souci, on peut tirer des cartouches à billes d'acier dans les fusils à platines vieux d'un siècle. Les munitions actuelles fonctionnent dans des fusils anciens sans les abîmer.
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