Envie de participer ?
Bandeau

La mitrailleuse Hotchkiss modèle 1895 est une arme emblématique de son époque, notamment utilisée par l'armée française. Cet article explore son histoire, son fonctionnement et son impact durant la Grande Guerre.

Les mitrailleuses et canons à balles : une brève histoire

Au XIXe siècle, Napoléon III s'intéressait particulièrement aux mitrailleuses et aux canons à balles. Il a tout fait pour promouvoir ce type d'arme, mais son utilisation par l'artillerie a été un désastre. Les artilleurs étaient un peu gênés par ces canons à balles, car ils n'en avaient jamais eu l'occasion de s'en servir.

Il y avait pourtant 190 canons à balle de Reffye à la fin 1868 : 24 batteries de 144 pièces stockées à Meudon et 46 pièces tenues en réserve dans les forts de Paris. La bataille de Mars la Tour le 16 août 1870 contre la 38° brigade prussienne a néanmoins vu leur emploi avec un immense succès.

La France acheta 25 mitrailleuses Gatling à la Gatling Gun Company. Ces 25 Gatling ne sont relatées dans aucun combat de ma connaissance, à part les 3 qui participèrent, encore avec un gros succès, aux combats du Mans les 11 et 12 janvier 1871.

Après guerre, la République ignora mitrailleuses et canons à balles, et les combats de l'été 1914 rappelèrent que des mitrailleuses convenablement utilisées étaient plus que meurtrières!

Lire aussi: Tout sur les carabines à plomb

D'après les commissions qui statuèrent sur leur sort, aucune doctrine d'emploi de ces canons à balle et mitrailleuses n'ayant été adoptée, elles avaient été reconnues justes bonnes dans un usage de flanquement des forts. De plus celles qui tiraient du petit calibre furent reconnues inexploitables. Tout l'arsenal des canons à balles et mitrailleuses fut donc restocké dans les places fortes. Le tout fut mis à la réforme en 1907 quand le stock de cartouches vieux de 25 ans s'avéra inutilisable.

Les essais des mitrailleuses étrangères

Dans les années 1880/1890 tout de même, quelques régiments de cavalerie testèrent à nouveau des mitrailleuses petit calibre étrangères. Seules les Nordenfeld, Maxim, Gardner et Gatling ont survécu aux essais. Toutes étaient à action manuelle, aucune n'était encore automatique. C'est la dernière époque où l'on peut réellement constater que la France possédait encore des Gatling.

Jusqu'en 1900/1907, aucun règlement d'emploi de la mitrailleuse n'est vraiment décidé (à part un provisoire en 1900) malgré la venue de la Hotchkiss 1900 automatique mais étrangère. La Puteaux 1905 française fera un peu avancer les choses, mais on lui préférera tout de même la Hotchkiss après qu'elle ait subi des aménagements... et dans la cavalerie, toujours pas dans l'infanterie!

Ainsi "l'arme secrète" de Napoléon III aura fait long feu pendant près de 45 ans, les premiers balbutiements en France ayant eu lieu en 1863.

Voici maintenant des images de ces Gatling françaises. Tout d'abord une Gatling conservée au Musée de l'Armée et qui date de la guerre 1870:

Lire aussi: Tout savoir sur le Plan de Tir à Ciel Ouvert

  • Une Gatling mle 1874 sur affût dit "de montagne" dans les textes français ou Camel Gun.
  • Une Gatling des années 1880 avec chargeur Accles sur affût dit "de débarquement".
  • Enfin une Gatling à 7 canons en 8 mm Lebel fabriquée par Puteaux en 1895, alors que la Maxim automatique existait déjà.

Pendant le siège de Paris, certains établissement construisirent des Gatling sous licence: Ets Cail, Ets Warral, Edgewell and Middleton.

Parmi les clients de la Gatling Gun Company depuis 1862 il y a eu les USA (plus de 600 rien que pour l'armée de terre), la Russie (400), la Grande Bretagne, la Chine, l'Egypte, le Japon, la Tunisie, la Roumanie, le Maroc, la Turquie (230 rien qu'en 1870), la plupart des pays d'Amérique du Sud etc...

L'armée américaine en comptait encore 131 en 1915! Les dernières sortirent aux USA en calibre 30.06 en 1903. Une version à bandes fut testée en calibre .30 Krag aux USA en 1893, ainsi qu'une version électrique dans ce même calibre.

L'utilisation de la mitrailleuse Hotchkiss pendant la Grande Guerre

En août 1914, les généraux français comptaient surtout sur le corps à corps et la baïonnette. Jean-Yves Le Naour rappelle ce qu’en disait le général Foch, en février 1914 : « Les lauriers de la victoire flottent à la pointe des baïonnettes ennemies. C’est là qu’il faut aller les prendre, les conquérir par une lutte au corps à corps si on les veut. Se ruer, mais se ruer en nombre et en masse ».

En octobre 1914, au nord de Béthune, l’officier de liaison Edward Spears a vu les dragons charger avec leurs lances, peut-être le dernier assaut de leur histoire dont il est inutile de préciser quel en fut le résultat : « Quel dommage qu’une pareille bravoure fût aussi inutile en face des balles ! ».

Lire aussi: Plan de Campagne Paintball

On a longtemps dit que, contrairement aux Allemands, les Français étaient sous-équipés en mitrailleuses. Ce n’est pas tout à fait juste : en 1914, les dotations des deux armées sont à peu près équivalentes, mais les officiers français regardent cette machine comme dévoreuse de cartouches et privilégient le tir visé sur l’arrosage de la mitrailleuse.

Les Français disposaient d’une mitrailleuse fabriquée en France à Saint-Denis et à Lyon par les Établissements Hotchkiss et Cie. Elle fut adoptée par l’armée française et mise en service dans les troupes coloniales et les chasseurs alpins.

« Même si l’invention n’est pas nouvelle, la mitrailleuse va bouleverser les théories sur le champ de bataille. Sa puissance de feu va rendre obsolètes les assauts à la baïonnette et les charges en terrain découvert. Mais la tactique française est l’opposé de l’allemande. En effet, chez ces derniers, les mitrailleuses sont utilisées en groupe, ce qui permet par des tirs croisés de stopper toute offensive terrestre. Les bilans meurtriers des premières semaines de guerre sont là pour en témoigner. Dans l’armée française, les mitrailleuses sont utilisées isolées et sans mission définie, d’où une moins grande efficacité. ».

La tourelle mitrailleuse et son utilisation

La Gatling fut en service jusqu'en 1914, où elle participa à des combats. En effet, il ne faut pas oublier la tourelle pour 1 mitrailleuse Gatling, installée au fort de Manonviller et qui interviendra lors de l'attaque du fort. Cette tourelle ne fut pas détruite par les bombardements, malgré son faible cuirassement.

Il est à noter également qu'avant l'apparition du canon révolver de 37 et 40 mm pour la défense des fossés des ouvrages de fortification, c'était le canon à balles qui assurait celle-ci.

En effet, la tourelle mitrailleuse du fort de Manoviller est le prototype de 1895, armé à l'époque d'une Gatling à 7 canons en 8 mm. Les tourelles de série, du modèle 1899, auront deux Hotchkiss.

Plan d’une tourelle de mitrailleuses GF4 modèle 1905. Les tourelles de mitrailleuses sont destinées à la défense rapprochée de l’ouvrage dont elles font partie. Elles n’entrent en action qu’au moment où l’artillerie ennemie doit cesser ou allonger son tir pour ne pas atteindre ses propres troupes. On en déduit ensuite que la tourelle n’aura à tirer que sur des buts rapprochés, pouvant exiger par conséquent de grands déplacements angulaires.

La première tourelle du type GF3 modèle 1899, pour une mitrailleuse a été construite par le Colonel Galopin. Elle était armée d’une mitrailleuse Gatling modèle 1895. Les autres tourelles de mitrailleuses construites, du type GF4 modèle 1905 possèdent deux mitrailleuses Hotchkiss placées l’une au-dessus de l’autre.

L’armement de la tourelle se compose d’une mitrailleuse Gatling modèle 1895 non automatique fabriquée dans les Ateliers du Puteaux. Elle est d’un modèle spécifique dont l’emploi pour le tir sous tourelle est spécialement conçu pour la tourelle de mitrailleuse GF3 . La mitrailleuse en bronze se compose d’un faisceau de sept canons et de sept culasses mobiles tirant des cartouches de fusil Lebel de 8mm. Elle est portée par un affût pouvant glisser sur deux glissières portées par le croisillon.

Une seule tourelle de mitrailleuse GF3 modèle 1899 sera installée dans les fortifications Séré de Rivières.

Les faibles dimensions de la mitrailleuse Hotchkiss ont d’ailleurs permis de placer facilement côte à côte deux de ces engins dans une tourelle, sans en exagérer les dimensions, ce qui n’aurait pas été possible avec la mitrailleuse à 7 canons.

tags: #plan #mitrailleuse #hotchkiss #1895 #fonctionnement

Post popolari: