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Maître Flingus était ravi de sa trouvaille : un Smith & Wesson 25-2, un "rouleau" en carcasse N de la grande époque de Smith, chambré en .45 ACP et doté d'une finition Target canon lourd de rêve. Vraiment tout pour plaire au sentimental Maître Flingus, ce 25-2 !

Les vrais Frères de la Côte de la carcasse N, c’est plutôt cinq larrons qui ont lourdement contribué à la légende de Smith. Le Smith & Wesson Hand Ejector Model of 1905 adapté à la carcasse N en 1908, l’originel, en 44SW special, le Smith & Wesson Model 1917, lui déjà en 45 ACP, le combattant des deux guerres mondiales, le 27 (et son jumeaux le 28) en 357, compagnon officiel du policier idéal y compris de cinéma, le 25-2 en 45 acp, notre beau bébé de ce jour, dit l’OVNI, et puis, enfin, le rejeton final de la série, le 29 en 44 Mag, Celui de « Clint ».

Apparues une première fois avec le modèle Hand Ejector / New Century 1908 (adaptation en N du modèle 1905), celui-ci aussi appelé le Triple Lock, les armes bâties sur cette carcasse N étaient, et restent, parmi les revolvers les plus solides du monde. Destinées dès l’origine aux puissantes 45 long Colt et au tout nouveau (à l’époque) 44 special, ils étaient déjà les plus puissants de leur temps. Smith répliquait par des armes qui, cent ans après, n’ont pas bougé. Et qui ne bougeront pas comme les Smith 27 ou 29 des meilleures fabrications que cherche pour vous Maître Flingus.

A la demande de l’armée britannique, ce plus gros des Smith & Wesson évoluera à son tour, empruntant aux modèles de la taille du dessous son verrouillage en deux points seulement. Le 6 avril 1917, les Etats-Unis d’Amérique entraient en effet dans le premier conflit mondial.

L'Ingéniosité Face à la Necessité

Mais, me demanderez-vous, Maître Flingus, comment faire fonctionner une munition de 45acp à gorge, conçue pour un P.A, dans un revolver, lui conçu pour une munition à bourrelet ? Ça va t’y pas glisser tout à travers votre affaire ? C’est Joseph Wesson (le fils de Dan) qui trouva la solution. La manipulation de l’arme au combat en était grandement facilitée. Deux mouvements suffisaient à charger complétement votre barillet. Et avec un peu d’entraînement, vous étiez aussi rapide qu’avec un « automatique »! pas de perte de temps à grailler un chargeur au ressort récalcitrant, de chargeur mal enclenché, d’enrayement, de départ de coup intempestifs de 1911 à la ceinture (comme l’incident, assez comique, si ce n’était une blessure au pied, qui arriva au futur Général Patton en 1915 dans un bar à Sierra Bianca au Mexique, ou, encore plus drolatique, celui de Pierrot le Fou.

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Carcasse de « mec » par excellence donc, la carcasse N révèlera ensuite, en 357 ou en 44Mag, tout son potentiel de solidité et d’absorption du recul. Se prêtant parfaitement aux cartouches Magnum, elle est d’ailleurs la seule réputée inusable. Après son début de carrière (de 1908 à avant 1935) chambrée en 45 long Colt et en 44 special on l’a retrouvera donc à partir de 1935 grâce à Elmer Keith et à la prohibition, en 357 magnum. Voilà déjà un très beau palmarès pour ces « gros » revolvers. Et le 45 acp alors dans tout ça?

En mars 1950 Smith réintroduit donc un révolver en 45 acp mais à canon léger et fluté, barillet sans cannelure et seulement en 6 pouces. Ils sont marqués « CAl 45 Model 1950 » et ne seront quasiment pas produits jusque 1957, date de leur fin de production. C’est un Smith 17 modernisé qui n’a pas été spécifiquement pensé pour la précision en 45 ACP car il n’est pas à canon lourd. C’est, au passage, aujourd’hui une insigne rareté qui se vend 10.000 USD et plus aux USA.

Le Modèle 25: Une Évolution pour la Performance

C’est donc en 1955 que Smith & Wesson introduit son modèle 25, le notre, un revolver emblématique conçu pour le tir de précision et construit pour la performance. S’il s’inspire du Smith Model 1917 de la Première Guerre mondiale, il représentait une évolution importante de conception de la chose car le design du modèle 25 intégrait toutes les caractéristiques qui le rendait bien adapté au tir de précision tout tirant la quintessence de précision et de puissance de la .45 ACP. Dédié aux fans de la 45 acp, par ses spécificités, par son esthétique hors norme, il est devenu une référence très recherchée pour les tireurs sportifs et les collectionneurs américains.

Ce rare exemplaire de Model 25 appartient à la série 2, dont la production courre de 1961 à 1991. Par son numéro de série (toujours très difficile à suivre chez Smith) notre exemplaire est plus que très probablement de début 1980, peut-être de fin 1979. Mais pas d’avant pour sûr car c’est un 6 pouces. Or, avant 1979, il n’existait qu’un 6 pouces et demi en 25-2, supprimé justement cette année là pour faire place au 6 pouces. Carcasse N bien sûr. Increvable. Y compris et particulièrement en 45 acp.

Détails Techniques et Esthétiques

Cette carcasse est de type « square butt », finement striée en dos de poignée. Cette crosse « square butt » est dite aussi « Army » là-bas. Car elle fut popularisée par son ancêtre guerrier direct le 1917 son grand papa en 45 acp. Cette crosse est ici revêtue de plaquettes « maison » d’origine en beau noyer rouge américain verni et quadrillé de type Magna. Celles-ci sont d’un module assez épais qui vont parfaitement avec la ligne et la taille généreuse de l’arme. Elles sont d’une qualité bien supérieures à celles en caoutchouc qui sont livrées avec leurs « 627 » de nos jours. Preuve en est: elles n’ont pas bougé en quarante ans. Vous pouvez bien sûr adapter toutes les poignées qui vont sur cette carcasse N.

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Notre splendide 25-2 est taillé pour la compétition de naissance car il était vendu pour cela. Celui-ci est en plus dans un état exceptionnel très proche du neuf absolu. Il fait encore partie des fabrications remarquables de ces années là, d’avant 1982. “Pinned”, c’est une goupille visible de l’extérieur, logée dans le canon au niveau supérieur en limite de carcasse. Cela vient “enclouer” le vissage du canon dans la carcasse. Facteur de rigidité accrue du canon, cette modeste goupille et l’assemblage qui lui était associé était aussi un facteur de durabilité de l’arme dont un usage intensif ne parvenait pas à créer le moindre entrefer “d’usage excessif” propres aux armes de moindre qualité. Après 1982, Smith mettra fin à tout cela pour des raisons de coûts et parce que « plus personne ne voulait d’un vrai revolver qui dure pour le fils ou le petits-fils ».

Ensuite, mécaniquement, ce 25-2, c’est un rêve. Le secret d’une telle mécanique? Un ajustage « ayatolesque » doublé d’un polissage des contacts entre chaque pièce aux petit oignons. On retrouve ici le travail des ouvriers ajusteurs/polisseurs spécialisés de Smith de la grande époque, tous de plus de 15 ans d’expérience dans la boite, car David Murray le chef de la production de Smith n’en prenait pas d’autres pour certaines opérations. C’est avec ce genre d’armes que je fais, avec quelques clients privilégiés, ce que j’appelle la « Smith expérience » consistant à comparer mécaniquement à l’aveugle et à plusieurs niveaux (chien, barillet, armement) plusieurs générations de Smith.

Une fois les différences appréhendées, un exemplaire de la « Grande Époque » comme ce 25-2 se reconnaît immédiatement sans même le regarder. Rien qu’en le manipulant. Mécaniquement cette arme est une splendeur. A l’armer, on sent le ventre de la bête bouger mécaniquement le moindre de ses organes sans dévier d’un dixième avant de cracher son venin. Le déverrouillage du barillet est plus que fluide, sans à-coups. Faites une fois le test du coup du quart de poignet et vous comprendrez de vous même. Sa rotation est un rêve en plus.

Il permet donc un rechargement rapide et sans défaut, idéal pour le tir de vitesse (rappel: il ne faut que 3 secondes à Jerry Miculek pour vider deux barillets de son Smith&Wesson!). La qualité de ces barillets et de leur montage est d’ailleurs le premier indice mécanique de la qualité de fabrication de ces années là. Le carénage sur le dessous rend l’axe de barillet impossible à tordre ou à fausser. Obsession d’origine bien militaire et pleine de bon sens, héritée du Triple Lock, qui n’a jamais quitté Smith, la forme de ce carénage est ici plus profilée que celui d’un plus modeste Smith 19.

Le barillet possède des chambres absolument splendides. A se voir dedans ! Elles portent bien en interne l’usinage interne de rebord qui évite aux munitions de 45acp sans bourrelet d’y glisser de bout en bout. Une performance d’usinage au passage. Les clips demi lune sont là aussi pour cela et les cartouches sont donc in fine « tenues » dans leur intégralité de longueur. Pour le chargement et le tir rapide, les demi-clips de chargement pour le 45 acp se trouvent facilement sur des site bien connus (des malins les font maintenant en impression 3 D à des prix ridicules vendus par 50 ou 100). On en trouve en métal, plus durables pour les écolos, chez pas mal de confrères.

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L’alignement et le jeu à l’abattu sont remarquables. Au passage, il n’y a quasiment pas de trace de frottement de l’arrêtoir de barillet sur le pourtour de ce dernier. Très légère. Ce barillet a donc peu tourné, indice encore que l’arme a été peu manipulée et à encore moins tiré. Autre preuve de son peu de service, le rempart ne porte quasiment pas de trace de combustion (je dis quasiment pour être prudent!).

Le canon lourd, et non fluté comme sur les 27 de la grande époque, est un six pouces splendide avec des rayures neuves, coupantes et brillantes comme un miroir. Son dessus de l’arme est intégralement rainuré (et pas sablé comme après) sur toute sa surface afin d’empêcher tout reflet du soleil d’été de venir troubler votre œil d’aigle. Ce canon est complété d’un guidon de compétition type Patridge, mieux adapté que le « Baughman” plus adapté lui au combat et qui est encore, à cette époque, taillée dans la masse du barreau et mesure plus de 3 mm d’épaisseur sur ce modèle.

Le bronzage d’un noir profond aux reflets n’a pas une trace, une rayure ou un éclaircissement. En plus d’être splendide il est épais et « dur ». Il durera durera…C’est ce qui explique aussi aujourd’hui l’état de l’arme qui a au moins été manipulés et a un peu tiré durant ses 50 dernières années. Et pourtant. Neuve ! Même si l’arme était une des plus chère au catalogue de Smith, on peut en conclure comme dans les Tontons Flingueurs que le prix s’oublie mais que la qualité reste.

Sur ces 25-2 dédiés directement à la compétition, vous noterez que la crête de chien (spécifiquement quadrillée) et la queue de détente (finement rainurée aussi) sont sensiblement élargies par rapport aux modèle standards déjà remarquables en finition de l’époque. En plus, elles sont toutes deux jaspées à la boite avec un jaspage à 100%. Pour les autres modèles de Smith, ces pièces élargies et préparées était une option coûteuse qui ici était présente en sortie de boite pour cette arme de compet’. Et c’est aujourd’hui un plus fort appréciable.

On le voit. Son ancien propriétaire l’a beaucoup aimé et en a pris grand soin. L’arme est dans un état de quasi neuf. Il faut l’aimer encore. Petite anecdote sur le 25-2 : Supica rapporte que 10 ou 12 de ces armes en 45 acp aurait été commandées en carcasse « round butt » et en 4 pouces par… la CIA !

Un Choix Idéal pour les Connaisseurs

In fine, le plus rare des frères de la carcasse N, dans une mécanique et une fabrication de rêve intouchable aujourd’hui, dans une configuration idéale pour la compétition, et dans un calibre mythique. Idéal aussi pour un tireur, déjà possesseur d’un beau pistolet en 45acp recherchant un revolver d’exception pour compléter son coffre.

La bête est en plus dans un état remarquable et très difficile à trouver sur le marché. Répétons le !

Comparaison des Modèles Smith & Wesson

Pour mieux comprendre les différences entre les modèles Smith & Wesson, voici un tableau comparatif basé sur les discussions des experts :

ModèleCarcasseCalibreParticularités
627 Performance CenterN (grosse).38SP/.357MagPréparation du départ au top, composants choisis, équilibre amélioré.
627 Pro SerieN (grosse).38SP/.357MagMoins bien que Performance Center, mais mieux que le modèle de base.
627 V-CompN (grosse).38SP/.357MagModèle avec compensateur.
686 SSRL (moyenne).38SP/.357Mag-
686 French Target IIL (moyenne).38SP/.357MagSérie spéciale avec préparation du départ, poignée bois ergonomique, guidon en fibre optique, rail picatinny amovible.
686 Target ChampionL (moyenne).38SP/.357Mag-
686 Universal ChampionL (moyenne).38SP/.357Mag-

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