La chasse sous-marine est un sport qui demande de la maîtrise et d'adaptation dans vos mouvements et vos approches.
L'agachon est une technique qui consiste à attendre ou à attirer le poisson suffisamment près pour finaliser sa capture. Elle est quasiment comparable à l'affût pratiqué par les chasseurs terrestres. Bien évidemment, certaines espèces sont plus sensibles à cette approche que d'autres et feront donc l'objet d'une pêche particulière. L’agachon est une technique de chasse sous-marine, un affût sous-marin réalisé au fond ou entre deux eaux, une traque immobile dans l’attente du « gros poisson », cela consiste à se fondre dans le décor au fond de l’eau et à attendre le poisson, une fois le poste d’agachon trouvé. Une technique simple à comprendre et complexe à la fois car elle demande à un chasseur une bonne apnée, une technique millimétrée et le contrôle de soi. Elle est considérée comme la technique de chasse sous-marine la plus efficace en pleine eau !
Tout d'abord, il faut choisir son poste, c'est-à-dire, l'endroit où l'on va attendre le poisson. Parfois, la visibilité et / ou la profondeur ne permet pas de choisir son poste depuis la surface. Si la visibilité et la profondeur le permettent, choisissez le poste d’agachon depuis la surface. Sinon, contentez vous de demi-coulées (sans atteindre le fond) pour faire des repérages jusqu’à trouver le bon poste. Idéalement, celui-ci doit présenter les caractéristiques suivantes : soleil dans le dos, face au courant, large champ de vision sans avoir à bouger la tête, éléments permettant de se fondre dans le décor (roche, champ de posidonie), proximité d’une rague (mais pas face à elle).
La ventilation ne doit pas être forcée (phénomène d'hyperventilation par exemple). La détente est primordiale car elle permet de faire le vide dans la tête (difficile en cas de courant ou par mer agitée), mais surtout de faciliter les échanges gazeux entre les différents muscles du corps. Il s'agit alors de se glisser sous l'eau en offrant le moins de résistance possible et ainsi favoriser la pénétration sous la surface de la mer. Il faut courber le fessier, les bras le long du corps afin de basculer dans l'eau. On peut se servir des deux jambes ou d'une seule (cela dépend des individus ). Le mouvement de palmage doit être souple et lent afin de ne dépenser que le minimum d'oxygène. L'arbalète doit être près du corps et la descente silencieuse pour ne pas effrayer le poisson. Préférez une descente bien verticale en effectuant un plongeon en canard sur votre poste d’agachon plutôt qu’une trajectoire à l’horizontale pour arriver plus rapidement au fond et économiser du souffle. Vous pouvez aussi descendre en retrait et rejoindre votre poste en rasant le fond le plus discrètement possible si jamais vous êtes un peu près du poisson repéré. Il faut garder en tête que moins vous aurez à bouger, vous déplacer ou changer de direction, plus discret sera votre agachon.
A ce stade, vous devez maintenant attendre le poisson. Il faut savoir que suivant l'espèce et même parfois, la taille du poisson, il vous faudra retenir votre souffle de longs instants avant de pouvoir visualiser celui-ci. Ainsi, des poissons très méfiants ( comme par exemple le denti ou la daurade ) nécessiteront une très bonne apnée pour être capturés. Il vous faudra donc rester le plus détendu possible afin de prolonger votre apnée.
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L'arbalète utilisée pourra varier du simple tube de 75 cm au 120 cm en fonction des conditions. Le meilleur compromis pour ce type de pêche se situe entre 90 et 100 cm. Concernant le diamètre de la flèche, cela dépend des préférences, de la taille de l'arbalète et de la taille du poisson visé. Une flèche de 6 mm sera plus véloce et aura donc un meilleur rendement sur des arbalètes courtes de type 75 cm, la flèche de 6,5 mm sera plus adaptée sur des arbalètes de 90, 100 voire 110 cm et enfin une 7 mm se prêtera mieux à un tube de 110 - 120 cm, cette dernière acceptant mieux le rapport puissance de la projection / friction avec l'eau d'une arbalète puissante. L'ardillon sera long pour mettre de bloquer le poisson sur la flèche. Vous pouvez également opter pour un montage muni de double ardillons. Par exemple, on ne mettra pas une flèche de 6mm sur un tube de 100 cm équipé de sandows megatone car ceci aurait pour effet un tir ultra rapide mais beaucoup trop imprécis, la flèche déviant de sa trajectoire initiale. J'insiste sur ce point car un poisson mal fléché est synonyme de poisson perdu car il se décrochera inexorablement.
Pour le choix de la combinaison ( noire, camouflée ou de couleur ), les avis divergent sur ce sujet et restent donc à discrétion du plongeur. Pour ma part, je pense que la combinaison doit s'inspirer au maximum à notre environnement de pêche direct afin de s'y fondre harmonieusement. Pour ce qui est du lestage, cela dépend réellement de la profondeur opérationnelle. En effet, si le lestage est généralement de 1 kilo de plomb par tranche de 10 kg de votre poids, celui-ci doit être plus ou moins conséquent si vous chassez en eaux peu profondes. Par exemple, si vous chassez entre 0 et 10 m, vous pouvez vous "plomber" +/- 2-3 kilos supplémentaires. Au contraire, si vous chassez au-delà de 10 m, il vaut mieux retirer 1 à 3 kilos. Enfin, si vous chassez dans peu d'eau, il peut être très utile de disposer de plombs de cheville ( 500 g en général ) afin de vaincre la flottabilité du pantalon.
Enfin, une technique qui fonctionne avec la plupart des poissons; si vous bénéficiez d'une petite anfractuosité pointant vers le bas sur le poste d'agachon, faites mine de vous y cacher et de simuler une peur panique ... certains poissons arriveront à toute allure sur vous pour vous jauger ! C'est durant cette approche rapide que le poisson est potentiellement vulnérable car il est très afféré à vérifier de quoi il s'agit et n'hésite donc pas à se rapprocher très près. Une fois immobile, le corps collé au fond, l’arbalète dans la direction de votre champ de vision/tir, il vous faut capter l’attention du poisson… sans pour autant l’effrayer ! Il est important de ne pas se précipiter lors du tir mais de continuer sur le mode de la discrétion jusqu’à ce que le poisson soit parfaitement dans l’axe de votre champ de tir. Que vous ayez ou non tiré, il est recommandé de quitter le poste d’agachon comme vous êtes venu, sur la pointe des palmes afin de ne pas effrayer des futures cibles. Jetez un œil en bas tout en remontant : vous repérerez peut-être une future cible, arrivée sur les lieux après votre départ. Si votre coin est situé aux abords d’un point de passage, persévérez.
| Longueur de l'Arbalète (cm) | Utilisation Principale | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| 75 | Chasse à trou, zones à faible visibilité | Maniabilité, rapidité de tir | Portée limitée, précision réduite à longue distance |
| 90-100 | Agachon, pêche polyvalente | Bon compromis entre maniabilité et portée | Moins spécialisée que les autres longueurs |
| 110-120 | Pêche en eau libre, grande profondeur | Portée élevée, précision à longue distance | Moins maniable, nécessite une bonne technique |
Lorsque vous êtes dans l'eau, vous devez faire preuve d'adaptation, que ce soit dans vos mouvements ou dans vos approches.
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