Le fusil d’assaut est l’objet par excellence de l’ultra-violence contemporaine. Est-il encore nécessaire aujourd'hui de présenter la Kalachnikov AK-47 (peut être écrit AK47) ? Connu dans le monde entier, ce fusil d’assaut emblématique venu du bloc Soviétique est tout aussi célèbre si n’est plus que son concurrent américain, l’AR-15.
L’historienne Sabine Dullin raconte sa terrible odyssée dans Le magasin du monde, le livre qui nous sert de référence pour ces chroniques radiophoniques. L’apparition des fusils d’assaut modernes commence avec le développement du Sturmgewehr 43 par l’armée allemande en 1943. Les fusils d'assaut automatiques vont apparaître au cours de la Seconde Guerre Mondiale, plus particulièrement pendant le développement du Strumgewehr 43, en 1943, par l'armée Allemande.
Le fusil d’assaut est conçu par les armuriers allemands du IIIe Reich entre 1938 et 1943 pour remplacer le Mauser K 98 dont la puissance de feu peine à s’imposer sur le front de l’Est. Véritable précurseur, se sera finalement la version de 1944, le Sturmgewehr 44 (StG44), qui sera déployé en masse dans la Wehrmacht. En 1944, cet objet est rebaptisé Sturmgewehr, littéralement « fusil d’assaut ». L’ingénieur Hugo Schmeisser invente une nouvelle arme hybride, entre le pistolet-mitrailleur et le fusil, qui séduit Adolf Hitler.
Face aux défis du combat en zone urbaine, particulièrement dans la poche de résistance de Smolensk durant la bataille de 1941, les soldats de la Wehrmacht notent l'avantage des armes automatiques telles que les PPD 40 ou le PPSh-41, utilisées en masse par les Soviétiques dès le début du conflit, par rapport au fusil à levier KAR 98 et à la MP40 en service du côté allemand. Il correspond aux exigences de la guerre totale, où le front s’efface au profit des combats urbains qui deviennent décisifs.
À l'apparition du StG44 sur le front Est, les militaires soviétiques entreprennent alors le développement d'une arme similaire qui utiliserait des munitions en 7,62 x 39 mm M43. Bien que les soldats du Reich disposent du MP40, cette arme chambrée en 9mm manque de puissance comparativement au PPSh-41 soviétique, et rapidement les militaires de l'Axe s'approprient ces armes sur le champ de bataille. En s'inspirant de l'arme allemande, l'ingénieur en armement Alexey Sudayev conçoit le fusil d'assaut AS-44.
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Mais malgré son efficacité et sa précision de tir, le Sturmgewehr sombre dans l’oubli avec la défaite nazie. Testé en 1944, il se révèle trop lourd pour être efficace en service. Ce revers de conception amène l'Armée rouge à suspendre temporairement son programme de recherche sur le fusil d'assaut.
Et l’histoire officielle a retenu une autre origine pour le fusil d’assaut, russe cette fois, et un nom : Mikhail Timofeevitch Kalachnikov. Née en 1919, Mikhail Timofeyevich Kalashnikov, fils de paysan et bricoleur de génie autodidacte est enrôlé dans l’Armée Rouge en 1938. Ce paysan autodidacte est repéré pour ses talents d’inventeur et envoyé suivre une formation d’ingénierie militaire à Moscou et Leningrad. Enrôlé dans l'Armée Rouge en 1938, Kalashnikov va très rapidement montré ses capacité en mécanique, en apportant des améliorations au pistolet semi automatique Tokarev TT-33 et à différentes parties des chars d'assaut, poussant ses supérieurs à l'envoyer en cours de mécanique spécialisée dans les chars.
Grièvement blessé lors de la bataille de Briansk en 1941 lors d'une tentative de stopper les troupes allemandes se dirigeant vers Moscou, il est contraint de suivre une longue convalescence en hôpital. Grièvement blessé en 1941 par les Allemands, il se consacre dès lors à la conception de l’objet qui pourra servir au mieux la cause patriotique. la fin de l’année 1941 et le début de l’année 1942, il travaille sur la conception d’un fusil pour l’armée soviétique. C'est durant cette période qu'il va dessiner des modèles de pistolets et autres armes à feu, ayant constaté la supériorité technique de l'armement des soldats allemands.
Ce nouveau fusil d’assaut se dénomme l’AK 47 acronyme d’Avtomat Kalachnikova année 1947. Après deux ans de tests, son modèle de 1947 passe en tête et il remporte finalement le concours avec ce qui sera la future AK-47. Au début de l'année 1942, il est ainsi transféré au sein d'une unité de conception d'armes légères. L’Armée Rouge adopte officiellement l’arme en 1949 sous la désignation « AK-47 ». Ce fait historique annonce le lancement d’une nouvelle version de l’AK-74, prénommée sobrement « AK-74M ».
Le régime soviétique consacre Mikhail Kalachnikov de son vivant, en lui dédiant un musée. Son nom, contracte les mots russes « Avtomat Kalashnikova» en raison de ses capacités de tir automatique et de son inventeur. Les éventuelles racines allemandes de ce fusil russe ont été totalement oblitérées. Tout juste sait-on que l’armurier Hugo Schmeisser a été déporté en 1946 dans l’Oural, dans les usines d’armement soviétique, où l’on a commencé à fabriquer l’AK 47 deux ans plus tard… Les éventuelles racines allemandes de ce fusil russe ont été totalement oblitérées.
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Pendant la guerre froide, la Kalachnikov devient rapidement l’instrument de la lutte contre l’impérialisme. Car, contrairement aux autres fusils, l’AK 47 est un bien commun : Kalachnikov et ses descendants ne reçoivent aucune royaltie malgré le succès phénoménal de son invention. Les pays frères du bloc communiste détiennent dès 1956 la licence afin de produire des AK47 : les Chinois, les Polonais, les Allemands de l’Est, les Bulgares, les Coréens du Nord et les Yougoslaves fabriquent leur propre version.
En 1957, les Etats-Unis créent de leur côté le M16, qui équipe les GIs pendant la guerre du Vietnam. Mais c’est bien la kalash soviétique, utilisée par les Vietcong, qui occupe la première place du podium. Et c’est dans la jungle vietnamienne que naît la légende de l’AK 47 qui ne s’enraye jamais quelles que soient les conditions climatiques.
À partir des années 1970, après avoir rompu avec l’URSS, la Chine communiste devient le premier fournisseur d’AK47 dans le monde. Au début des années 1980, en Afghanistan et au Pakistan, les Mudjahiddin ont été armés d’AK 47 chinoises par le président Reagan et la CIA, dans leur guerre contre l’occupant soviétique. Puis ces trois millions de fusils d’assaut ont été en partie recyclés par les réseaux terroristes. Vingt ans après, Ben Laden et Al-Qaïda retournent ces armes contre les États-Unis.
La dissémination des fusils d’assaut s’est en effet accélérée à partir des années 1990 avec l’intensification de la mondialisation et l’effondrement du bloc soviétique. Les trafiquants d’armes prospèrent en vendant les nouvelles productions comme l’AK100 mais surtout en refourguant les 100 millions d’AK47 produites depuis 1947, qui continuent bien souvent de servir aujourd’hui. Car cette arme est durable, sans obsolescence programmée.
Finalement, l’AK s’est imposé partout, équipant les gangs comme les polices, les terroristes comme les armées régulières, les braconniers comme les gardes des réserves naturels…le fusil d’assaut est devenu l’objet ordinaire des violences contemporaines.
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Malgré le succès incontestable du fusil d'assaut Kalachnikov AK-47, celui-ci entre en perpétuelle évolution pour corriger des défauts existants. Bien que l’AK-47 remporte un grand succès, il est en perpétuelle évolution car des défauts continuent de subsister. À partir de 1955 d’importantes modifications sont apportées à l’arme, notamment sur le cylindre de récupération des gaz et son corps. C'est à partir de 1955 que de grosses modifications sont apportées à l'arme, principalement sur le corps du fusil et le système de récupération des gaz, ainsi que l'ajout d'une baïonnette.
Mise en service en 1961, l’AKM donnera naissance à plusieurs versions bien particulières comme l’AKMS qui possède une crosse pliante en métal et conçue pour les équipages de blindés, les parachutistes et les fantassins des BMP. Tous ces changements vont conduire, en 1959, à une nouvelle version nommée AKM. Adopté et fourni à l'armée Soviétique à partir de 1961, l'AKM va donner naissance à plusieurs versions, possédant chacune des spécificités comme le AKMS avec sa crosse pliable ou encore l'AKMSU, version compacte.
Dans la continuité des évolutions du fusil d'assaut Kalashnikov, les ingénieurs de chez Izmash vont se pencher sur le remplacement de la RPD (Routchnoï Poulemiot Diegtiariova) mitrailleuse légère en service dans l'armée Soviétique. C'est ainsi qu'au début des années 1960 entre est mis en service la Kalashnikov RPK, basée sur la conception de l'AKM. D'une composition plus lourde, le modèle RPK est équipé d'un bipied pliable, d'un canon plus long et plus épais afin d'allonger la portée de tir mais également la durée de tir possible sans que l'arme ne chauffe.
Depuis le début de la conception des armes Kalashnikov, celle-ci s'élabore autour d'un élément majeur : la cartouche 7,62x39 mm. Le grand mérite de l’œuvre est de rappeler en effet à quel point le perfectionnement technique est inséparable d’un projet politique. Cette munition, développée en 1943 par l'armée Soviétique, est composée d'une ogive de calibre 7,62 mm montée sur un étui de 39 mm de longueur. Possédant une capacité de pénétration supérieure aux munitions de combats de l'OTAN, à savoir le 5,56x45 mm et le 7,62x51, grâce à sa balle en acier chemisé, elle bénéficie cependant d'une portée moindre que ses concurrents américains.
| Munition | Calibre | Longueur de l'Étui | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| 7,62x39mm | 7,62 mm | 39 mm | Pénétration supérieure, portée moindre |
| 5,56x45mm OTAN | 5,56 mm | 45 mm | Standard OTAN |
| 7,62x51mm OTAN | 7,62 mm | 51 mm | Utilisée par l'OTAN |
| 5,45x39mm | 5,6 mm | 39 mm | Haute vitesse initiale, pénétration efficace |
Dans l'optique de pouvoir tirer une balle avec une haute vitesse initiale, une trajectoire plus tendue et permettre aux soldats d'emporter plus de munitions sur le terrains, un groupe d'ingénieurs soviétique va travailler à la conception d'une nouvelle munition : la 5,45x39 mm M1974. Et c'est justement cette nouvelle munition qui va amener à la fabrication d'un nouveau fusil d'assaut Kalashnikov au début des années 1970 : l'AK74. Aujourd'hui, les deux munitions sont encore largement fabriqués en URSS.
Mikhaïl Kalachnikov, souvent décrit comme un patriote dévoué à son pays, a légué au monde l'une des armes les plus emblématiques de l'histoire, l'AK-47. Dans son esprit, cet engin de guerre était conçu pour défendre la mère patrie contre toute menace extérieure. Cependant, au fil des années, il a été confronté à une réalité troublante : son invention, au lieu de rester un instrument de défense nationale, est devenue un symbole de conflit et de violence à l'échelle mondiale.
La diffusion massive de l'AKM dans les conflits régionaux et son utilisation par des groupes terroristes ont profondément attristé Kalachnikov, qui a exprimé à plusieurs reprises son regret quant à la manière dont son génie technologique avait été détourné de son intention originelle.
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