L’armée française est une des plus vieilles forces militaires structurées, elle peut s’enorgueillir d’avoir mis sur pied le plus vieux régiment d’infanterie encore en activité, à savoir le 1er régiment d’infanterie. Cette unité est mise sur pied le 1er janvier 1791 à partir du « régiment Colonel-Général ». C’est l'un des « vieux corps », créé en 1479 sous le nom de « bandes de Picardie » par le roi Louis XI.
L’armée française, au 1er janvier 1989, est encore une armée de conscription, forte d’un héritage de grandes batailles mais aussi de défaites lourdes de conséquence. En se cantonnant à l’époque contemporaine, la Marne et son miracle côtoient la poche de Dunkerque, les deux batailles de Sedan à soixante-dix ans d’intervalle, points d’orgue des défaites de 1870 et 1940 sont mis en opposition à la bataille de Koufra et son célèbre serment qui déboucheront sur la libération de Strasbourg et à sa défense au cœur de l’hiver 1944-1945.
Cette armée française, au 1er janvier 1989, est à la fois toute tournée vers l’ennemi, le « Rouge », devant déboucher de l’Est, mais chevauche tout autant allègrement les ACMAT et les Jaguars dans le désert africain. Dans le cadre de ce que l’on a pu appeler la « guerre froide », face à une menace globale, permanente, où les armements prolifèrent de manière exponentielle, nous sommes obligés de nous défendre ». (Cf TTA 150 édition 1979) C’est en ces mots que débute la présentation des armes de la France s’organisant dans le cadre de la défense nationale.
En effet et à ce titre, l'armée française sous les ordres du Président de la République émanation élective de la nation française, est gérée par le ministre de la Défense qui délègue une partie de ses prérogatives au chef d'état-major des armées et aux trois chef d'état-major de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine. Mentionnons que la Gendarmerie Nationale est considérée comme la quatrième armée.
Cette défense, mise en exergue au fronton idéologique de notre République, vise à répondre à cinq objectifs :
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L’armée française, face à ces cinq objectifs, organise ses moyens en trois forces d'importances diverses et transverses que sont la force nucléaire stratégique, la force nucléaire tactique (ou pré-stratégique) et les forces conventionnelles :
En matière d’effectif, l’armée française, en temps de paix, compte encore au 1er janvier 1989 plus d’un demi-million d’hommes sous les drapeaux. Après consultation du décret n° 88-223 du 9 mars 1988 portant répartition des effectifs budgétaires du personnel militaire pour 1988-1989 nous arrivons à un total précis de 557 904 militaires pour les trois armes, les services communs et la gendarmerie nationale.
Ces 557 904 hommes se répartissent en trois groupes distincts, nous avons d’abord les trois armées traditionnelles (terre - air - mer) puis les services et l’administration centrale et enfin la gendarmerie nationale :
Ces 557 904 militaires se répartissent également en trois groupes en fonction des domaines suivants :
Mentionnons que les effectifs globaux de l’armée française sont en diminution constante depuis la fin de la guerre d’Algérie. En 1962, dernière année de la guerre d’Algérie, l’armée française présente un effectif global de 1027807 hommes soit :
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Sur ces 1 027 807 hommes, 441 346 hommes stationnent en Algérie.
Pour l’année 1966 (1ère année de référence du temps de paix sans aucun personnel en Algérie), nous avions 583 956 hommes sous les drapeaux soit 443 851 militaires en moins par rapport à la situation de 1962.
En 1978, après la réforme du général LAGARDE chef d'état-major de l'armée de terre, nous passons à un total de 579 188 hommes soit 4 768 militaires en moins par rapport à 1966.
La réforme des structures des armées engendrée par le ministère de la défense dès 1983 voit les effectifs globaux passer de 577 884 hommes en 1983 à 557 893 hommes en 1986 soit une baisse de 19 991 hommes en trois ans, alors que la diminution n’était que de 6 072 postes de 1966 à 1983. Les effectifs se stabilisent de 1986 à 1989.
La perte de postes entre 1966 et 1989 est de 26 052, soit 4,42 % des effectifs totaux. La chute du mur de Berlin et la fin des régimes autoritaires d’Europe de l’Est engendrera une chute vertigineuse des effectifs de l’armée française.
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En 1997, dernière année où la répartition des effectifs est publiée au Journal Officiel, les effectifs globaux sont listés à un total de 475 147 hommes soit une baisse en 8 ans de 82 757 hommes soit plus de 10 000 hommes par an.
Voici ci-après un état récapitulatif des effectifs des armées de terre - air - mer, de la gendarmerie nationale et des services divers de 1966 à 1989 :
| Année | Armée de terre | Armée de l’air | Marine nationale | Gendarmerie nationale | Services communs | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1966 | 335 391 h | 108 584 h | 69 723 h | 61 539 h | 8 709 h | 583 956 h |
| 1970 | 323 653 h | 104 332 h | 68 440 h | 62 902 h | 11 686 h | 571 013 h |
| 1974 | 338 459 h | 104 933 h | 70 267 h | 72 569 h | 8 681 h | 594 909 h |
| 1978 | 324 366 h | 100 809 h | 68 230 h | 76 369 h | 9 414 h | 579 188 h |
| 1983 | 311 166 h | 100 225 h | 68 287 h | 85 214 h | 12 992 h | 577 884 h |
| 1986 | 296 480 h | 95 978 h | 66 345 h | 85 708 h | 13 382 h | 557 893 h |
| 1989 | 295 989 h | 94 892 h | 65 090 h | 87 437 h | 14 496 h | 557 904 h |
| Évolution de 1966 à 1989 | - 39 402 h (- 11,75 %) | - 13 692 h (- 12,61 %) | - 4 633 h (- 6,75 %) | + 25 898 h (+ 42,08 %) | + 5 787 h (+ 66,45 %) | - 26 052 h (- 4,42 %) |
Dès le premier regard, nous pouvons voir qu’en 23 ans, il y a une baisse significative mais légère des effectifs globaux, en effet nous passons de 583 956 hommes à 557 904 hommes soit une baisse de 26 052 hommes (4.42 % d’effectifs en moins).
Cette différence de 26 052 hommes en moins entre 1966 et 1989 se décompose en : une baisse de 57 727 hommes soit :
une hausse de 31 685 hommes soit :
Pour information, les derniers chiffres connus pour l’armée française et la gendarmerie nationale, à savoir ceux de 2022 publiés dans « les chiffres clés de la défense » - édition 2021 - et le « mémogend » - édition 2019 - indiquent les éléments suivants :
Effectuant la même analyse, nous pouvons voir qu’en 30 ans, il y a une baisse importante des effectifs globaux, en effet nous passons de 557 904 hommes à 308 122 hommes soit une baisse de 249 782 hommes (44.77 % d’effectifs en moins).
Cette différence de 249 782 hommes entre 1989 et 2019 se décompose en : une baisse de 266 162 hommes, soit :
une hausse de 16 309 hommes, soit :
Rappelons qu'aujourd'hui, bien que la gendarmerie soit toujours soldée par le ministère de la défense, son action est dirigée par le ministère de l'intérieur. Cependant, la création de la garde nationale, au 1er janvier 2017, fait que les réservistes de la gendarmerie rejoignent les réservistes des trois autres armées dans l'action de sécurisation du territoire national.
Dans l’armée de Terre française, les grades structurent la hiérarchie et déterminent les responsabilités, le commandement et l’évolution de carrière. Cette classification militaire repose sur quatre grandes catégories :
Chacune de ces catégories comporte plusieurs niveaux, dont les insignes sont portés sur les uniformes, notamment sur les pantalons militaires, les vestes militaires ou encore les coiffes réglementaires.
Cette première catégorie concerne les soldats qui débutent leur carrière dans l’armée de Terre.
Les sous-officiers encadrent les militaires du rang et assurent l'encadrement intermédiaire entre la troupe et les officiers.
Les officiers dirigent les opérations, forment les soldats et occupent des fonctions stratégiques au sein des unités.
Ce sont les plus hauts gradés de l’armée de Terre. Ils sont responsables des grandes unités et des décisions stratégiques au niveau national ou international.
Le titre de Maréchal de France n’est pas un grade mais une distinction exceptionnelle accordée en temps de guerre.
| Catégorie | Grades (du plus bas au plus haut) |
|---|---|
| Militaires du rang | Soldat, Caporal, Caporal-chef |
| Sous-officiers | Sergent, Sergent-chef, Adjudant, Adjudant-chef, Major |
| Officiers | Aspirant, Sous-lieutenant, Lieutenant, Capitaine, Commandant, Lieutenant-colonel, Colonel |
| Officiers généraux | Général de brigade, Général de division, Général de corps d’armée, Général d’armée |
L'armée est gâtée par la loi de programmation militaire 2019-2025. Lundi 6 janvier, le ministère de la Défense a présenté les nouvelles armes semi-automatiques des forces françaises. C’est Noël après l’heure pour les militaires français.
L’armée commence à recevoir de nouveaux équipements dans le cadre de la loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025, dont un nouveau fusil de précision. Lundi 6 janvier, le ministère de la Défense a levé le voile sur ces armes.
Les forces françaises ont investi 100 millions d’euros pour 2 620 nouveaux fusils avec leurs accessoires et leurs munitions. Il s’agira plus précisément de fusils de précision semi-automatiques (FPSA) de type SCAR-H PR (pour “special combat assault riffle heavy” et “precision rifle”). Ils remplaceront le FR-F2, un fusil de précision fabriqué à l’ancienne Manufacture d'armes de Saint-Etienne (Loire) et en service depuis les années 1980.
Le successeur FPSA, en revanche, n’est pas “made in France”. Il a été conçu par un groupement d’industriels sélectionné à la suite d’une procédure compétitive de la Direction générale de l’armement (DGA). Le consortium est composé des entreprises belges OIP Sensor Systems et FN Herstal ainsi que des sociétés allemandes Telefunken-Racoms et MEN.
OIP Sensor Systems fabrique l’optique et les instruments de précision tandis que Telefunken-Racoms s’occupe de l’optoélectronique. L’armurier FN Herstal assure quant à lui la fourniture des armes et des lunettes de jour. Enfin MEN équipe l’armée française en munitions. Côté technique, le FPSA garde le même calibre que le FR-F2 (7,62 mm).
La DGA a également commandé pour 44 millions d’euros 74 596 pistolets semi-automatiques (PSA, à ne pas confondre avec le constructeur automobile). Leur livraison a débuté fin 2019 et se poursuivra jusqu’en 2022 également. Ils remplaceront eux-aussi des armes françaises mais un peu vieillissantes : les PA MAC 50 (pistolets automatiques des manufactures d’armes de Châtellerault, dans la Vienne) qui remontent aux années 1950 et les PAMAS G1 (pistolets automatiques des manufactures d’armes de Saint-Etienne) qui ont été introduits à la fin des années 1980.
Les nouveaux pistolets PSA sont fabriqués par l’entreprise autrichienne Glock pour la partie pistolet et capacité d’aide à la visée nocturne. Le cartouchier tchèque Sellier et Bellot fournit les munitions tandis que l’Américain UTM livre les kits d’entraînement.
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