La perdrix est un gibier qui fait partie de la famille des gallinacés. Au sein des gallinacés, la perdrix appartient à la famille des Phasianidés, comprenant également des espèces comme le faisan et le tétras. Il existe plusieurs espèces de perdrix à travers le monde, chacune adaptée à son habitat spécifique.
La perdrix grise, oiseau emblématique des plaines céréalières, vit une crise sans précédent. Jadis omniprésente, elle n’est aujourd’hui plus qu’un souvenir fragile de chasse d’antan. À quelques jours de l’ouverture de la chasse, une journée d’études départementale dédiée à l’agriculture et à la biodiversité s’est tenue à Maretz, à l’appel de la Fédération des chasseurs du Nord. En ligne de mire, la préservation de la perdrix grise.
La perdrix a généralement un corps compact et robuste, une tête ronde avec de petits yeux vifs, et un bec court et solide adapté à leur régime alimentaire. Les plumes de la perdrix sont un mélange de teintes brunes, grises et blanches, ce qui lui permet de se camoufler efficacement dans son environnement naturel.
La distinction des coqs et des poules est possible par observation aux jumelles pour des oiseaux âgés de plus de 3-4 mois selon des critères tant morphologiques que comportementaux. Le mâle présente entre autres des couleurs plus vives (la tête est plus rousse), et en période de reproduction, lorsque les oiseaux vivent en couples, il présente une attitude dressée tandis que la femelle reste discrète (elle est « tapée »).
Pour un oiseau de plus de 3-4 mois tenu en main, l'observation des plumes scapulaires permet également de déterminer le sexe de l'oiseau : les rayures sont en croix de Lorraine chez la poule tandis que les raies sont simples chez le coq. En effet, la seule manière de s’assurer du sexe de la perdrix est la présence de la croix de Lorraine située sur le plumage de l’aile des oiseaux. Lorsqu’une simple barre verticale est présente, il s’agit d’un mâle.
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Les jeunes oiseaux peuvent être distingués des adultes jusqu'à environ 3 mois à leur silhouette générale et à l'aspect du plumage : leur taille est plus petite, leur profil est plus allongé, la couleur de leur plumage, en particulier de la tête et de la gorge, varie en fonction de l'âge.
L'âge des oiseaux de moins de 4 mois peut être déterminé plus précisément d'après la chronologie de la mue. Au printemps, les subadultes et les adultes, peuvent être distingués d'après l'extrémité de leurs rémiges (pointue chez les subadultes, arrondie chez les adultes).
La perdrix est présente dans divers habitats, des plaines aux collines en passant par les montagnes. On les trouve généralement dans les zones ouvertes et plutôt sèches, telles que les champs agricoles, les prairies, les landes et les broussailles. D’une manière générale, la perdrix fuit les milieux humides, trop fermés comme les bois denses. C’est un oiseau sédentaire qui vit toute l’année sur le même territoire.
Les perdrix grises de plaine se rencontrent principalement dans les plaines céréalières ouvertes de la moitié nord de la France. Elles semblent inféodées aux céréales à paille. Elles n'aiment pas les zones trop boisées, trop humides ou trop herbagères. L'habitat le plus favorable est une mosaïque de cultures diversifiées avec des zones refuges tels que des zones incultes ou des buissons.
En France, la perdrix grise dite de plaine se rencontre schématiquement dans la moitié nord du pays ainsi qu'en moyenne montagne en Auvergne-Limousin.
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La perdrix est un oiseau terrestre qui vit au sol. Le régime alimentaire de la perdrix est principalement composé de graines, de baies, d’insectes et de petits invertébrés.
La perdrix est un oiseau grégaire, vivant souvent en groupes. Ces groupes sont formés de membres de la même famille ou de compagnons de volaille. Ils se nourrissent ensemble et se protègent mutuellement contre les prédateurs.
Jusqu'à l'âge de 3-4 semaines, le perdreau consomme essentiellement des invertébrés (pucerons, fourmis mais aussi coléoptères, chenilles, araignées etc). Le régime des adultes semble dépendre des ressources disponibles. La proportion de graines, fragments végétaux et d'invertébrés varie selon les saisons. En automne, les perdrix accumulent des réserves en vue de l'hiver.
L'espace occupé par la perdrix est limité. Les estimations du domaine vital sont assez variables en fonction de la méthode utilisée pour l'estimer, de la période d'étude, et du lieu géographique. De façon générale, l'espace vital couvre quelques hectares à quelques 100 ha.
La perdrix grise est une espèce sédentaire monogame. Les couples se forment en hiver. A partir du mois de mai, les poules font leur nid dans des endroits où la végétation atteint un couvert suffisant. Les céréales et les éléments linéaires abritent l'essentiel des nids.
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Les poules commencent à pondre début mai. En cas de destruction des pontes, les poules peuvent pondre une seconde voire une troisième ponte (de remplacement, dites de recoquetage). La taille de ces pontes successives se réduit progressivement de 15 à 12 puis 8 oeufs en moyenne. La couvaison débute dès le dernier œuf pondu et dure 23-25 jours.
Pendant la période de couvaison la poule ne s'absente que peu de temps de son nid, surtout par temps de pluie, et d'autant moins que la date d'éclosion est proche. Pendant ce temps, les coqs veillent à proximité des nids. L'immobilité des poules les rend sensibles au machinisme agricole et à la prédation.
Les pontes commencent à éclore vers la mi-juin. L'éclosion des œufs d'un même nid est synchrone, les poussins quittent le nid après quelques heures (ils sont nidifuges) et forment avec les parents un groupe familial appelé compagnie.
Les 15 premiers jours de vie des poussins sont une étape critique car ils sont sensibles à la fois aux prédateurs (ils commencent à voler vers 2 semaines), au froid (ils commencent à thermoréguler vers 10 jours) et aux pratiques agricoles (leur régime alimentaire est « insectivore »).
Le profil démographique de la perdrix est celui d'une forte productivité et d'un faible taux de survie annuel (variant entre 35 et 45 %). Les compagnies perdurent jusque vers fin décembre puis éclatent. Cet éclatement des compagnies coïncide avec la phase de dispersion des perdrix qui concerne essentiellement les jeunes et surtout les mâles.
Cependant, certaines espèces de perdrix sont confrontées à des défis en matière de conservation en raison de la perte d’habitat due à l’urbanisation et à l’agriculture intensive. La chasse excessive est également un problème pour certaines populations de perdrix.
Nombreux sont les prédateurs généralistes qui peuvent potentiellement consommer des perdrix au stade œuf, poussin ou adulte. Parmi les prédateurs Mammifères, on peut citer le renard ainsi que des Mustélidés comme la fouine, la belette ou l'hermine. Les espèces Oiseaux prédatrices de la perdrix au stade adulte sont essentiellement des rapaces tels que le busard Saint-Martin ou l'épervier d'Europe ; les corvidés, telle la corneille noire ou la pie bavarde s'attaquent aux pontes et aux poussins.
Il existe un certain nombre de maladies liées à des vers parasites, des champignons, des protozoaires ou des maladies bactériennes. Leur incidence sur les oiseaux sauvages n'est pas très importante.
La perdrix est particulièrement sensible aux conditions météorologiques en ce qui concerne sa reproduction. Les précipitations peuvent noyer des pontes, les fortes chaleurs peuvent compromettre l'éclosion des oeufs. Le froid, le vent et la pluie sont susceptibles d'augmenter sensiblement la mortalité chez les poussins. De même, des conditions climatiques « rigoureuses » en hiver (gel, neige) peuvent rendre la recherche de nourriture difficile et coûteuse en énergie pour assurer l'homéothermie des oiseaux.
Le caractère terrestre de la perdrix grise ainsi que son mode d'occupation de l'espace agricole la rendent sensible aux pratqiues agricoles, notamment à l'irrigation, au broyage des jachères et des bordures de chemins et à la fauchaison des fourrages en mai-juin qui sont susceptibles de détruire les pontes et les poules couveuses ; à l'emploi des produits phytosanitaires qui réduisent la disponibilité en insectes et peuvent causer des intoxications; aux moissons, déchaumages et labours précoces.
Les chasseurs français se sont engagés depuis de nombreuses années vers la pratique d'une chasse durable et ont développé de nombreux partenariats avec d'autres gestionnaires de la nature comme les agriculteurs et les forestiers.
La chasse de la perdrix grise est autorisée sur l'ensemble du territoire. Les prélèvements cynégétiques sont assez souvent l'objet d'une gestion, mise en place à la demande des chasseurs et dont les modalités peuvent être : un plan de chasse - ou de gestion, un nombre limité de jours de chasse, un système mixte de quota et d'un nombre de jours limités.
La Fédération Départementale des Chasseurs de la Somme (FDC 80) vient de lancer une vaste campagne de lâchers de perdrix d’élevage. Ces perdrix ne sont pas de simples oiseaux de tir. Issues d’un programme d’élevage basé sur des souches sauvages (type F2 ou F3), elles sont sélectionnées pour leur comportement naturel. L’objectif n’est pas de tirer, mais de recréer une trame vivante, en espérant que certaines s’implantent, se cantonnent, s’accouplent et fassent souche à leur tour.
La fédération conditionne ses aides à des efforts concrets : piégeage, agrainage, aménagements de biotopes, voire regroupement de territoires. Le taux de subvention peut atteindre 85 %, mais uniquement si les chasseurs s’engagent réellement dans une démarche durable.
Les lâchers ne sont qu’un pansement sur une plaie béante. Le fond du problème reste la transformation radicale des paysages agricoles. La FDC 80 appelle donc à un travail de fond, main dans la main avec les agriculteurs, pour aménager durablement le territoire.
La perdrix grise habite préférentiellement les grandes plaines ouvertes cultivées, correspondant probablement à son milieu steppique d'origine. Elle est bien moins abondante voire absente dans les milieux plus boisés ou plus fermés, humides et herbagers. L'objectif fixé doit donc être réaliste et correspondre aux potentialités du milieu. Il ne sert à rien de vouloir implanter la perdrix grise partout au mépris de ses exigences écologiques.
| Type d'Habitat | Objectif de Densité | Menaces | Mesures de Gestion | Observations |
|---|---|---|---|---|
| Plaine céréalière ouverte | Moyenne à forte | Irrigation, moisson précoce, machinisme, produits phytosanitaires, prédation | Gestion prélèvement, gestion habitat, contrôle des prédateurs, agrainage | La perdrix grise est un oiseau de milieu ouvert. |
| Bocage polyculture-élevage | Faible à moyenne selon ouverture et proportion de céréales | Prédation | Gestion prélèvement, contrôle des prédateurs, agrainage | Le bocage est trop fermé pour elle. |
| Zone herbagère | Faible | Machinisme, pression pâturage, fauchage, prédation | Rien à faire | |
| Maïsiculture | Faible | Monoculture d'un couvert non favorable à la perdrix | Rien à faire | Le maïs est une culture défavorable à la perdrix (nidification, nourriture, couvert hivernal). |
| Moyenne montagne | Faible |
Avec ses caractéristiques distinctives, son rôle dans l’écosystème et sa présence dans nos campagnes, la perdrix est un symbole de la vie sauvage et de la beauté naturelle.
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