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Au cours de la Première Guerre mondiale, l'industrie française s'est efforcée de soutenir le combat à armes égales contre l'Allemagne, notamment en développant de nouvelles munitions.

Les débuts de la guerre chimique et l'obus de 50 mm

Dès le mois de juin 1915, une première série d'essais fut consacrée à l'étude de l'acide cyanhydrique, celui des munitions utilisées par l'Allemagne. Ces substances étaient toxiques (produits cyanogénés) et denses, ce qui permettait d'envisager leur usage sous forme de projectiles.

L'objectif était d'introduire ces munitions sur le champ de bataille dès que possible, principalement dans les bas-fonds et les points sensibles du front. Cependant, le développement de ces armes fut marqué par une certaine effervescence et un manque cruel d'organisation.

Le phosgène et son utilisation

L'obus de 50 mm a joué un rôle clé dans l'introduction du phosgène sur le champ de bataille. Des essais de tir réels en août ont permis de conclure à l'emploi de phosgène. Les premiers chargements furent réalisés dès août 1915. Les premiers tirs français d'obus chargés en phosgène sont particulièrement difficiles à dater.

Malheureusement, il manque l'essentiel de ces rapports dans les archives françaises et précisément ceux qui font part de la découverte par les militaires allemands des tirs français aux obus n°5 emplis de phosgène.

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Le chaos dans lequel les troupes du secteur de Verdun sont plongées, lors des premières semaines de l'assaut allemand du 21 février, ne laisse aucune place à un tir d'essai d'obus chimiques.

Les chargements en phosgène semblent débuter à la fin de l'été 1915 et après quelques tergiversations, les autorités françaises s'accordent pour les utiliser le plus tôt possible et dès que la production sera suffisante et qu'un stock conséquent aura été constitué.

Il est ainsi fort probable que des tirs d'obus au phosgène aient été pratiqués en novembre et décembre 1915, si l'on se réfère à ces documents qui évoquent l'efficacité de tirs chimiques de contre-batterie.

La volonté des autorités militaires était de disposer au plus tôt de projectiles aux capacités foudroyantes, dès l'été 1915. Cela signifiait de mettre en œuvre des munitions les plus nocives possibles - c'est à dire létales - au mépris de toutes les Conventions Internationales existantes.

En réalité, il n'y eu aucune objection à utiliser des substances létales et à violer la Convention de La Haye.

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L'opération au Hartmannswillerkopf

Selon les archives privées du général Verguin, un ordre du général Serret en date du 12 décembre 1915 fait mention d'une mission spéciale au Hartmannswillerkopf, dans le cadre de l'offensive en préparation qui vise la reprise du sommet du col qui domine la plaine d'Alsace. Le 18 décembre, le général évoque alors un tir d'obus spéciaux et les ordres d'opération sont diffusés le 19.

Les tirs doivent être effectués en majorité avec des obus n°5 chargés en phosgène, complétés par des obus n°2 et 3, des obus incendiaires et suffocants au phosphore blanc qui ont la particularité de créer un épais nuage fumigène qui doit stabiliser et clouer au sol le nuage de phosgène.

Déroulement des tirs

Deux batteries de 75mm du groupement Verguin sont chargées d'un tir d'obus spéciaux pour préparer le terrain avant l'assaut des troupes, dans le secteur de la cuisse gauche dit "le nid à boches". La 25e batterie débute son tir à 9h15 et le poursuit jusqu'à 11h45, soit pendant 2h30. 2000 obus spéciaux sont envoyés sur le terrain.

Le tir débute à cadence maximale, toutes les pièces tirant simultanément à la cadence de 10 coups/minute pendant 5 minutes. Le nuage de gaz est formé dès la troisième minute, dans un carré de 200 mètres de côté. Il est ensuite entretenu par un tir continu de deux pièces par alternance, toujours à la cadence de 10 coups/minute et par pièce.

Les JMO des batteries précisent : "Les nuages des obus spéciaux des batteries Hubert et Zimberlin se forment bien. Le tir s'interrompt de 11h45 à 12h45 où il est repris par la 26e batterie à la cadence de 10 coups/minute, les pièces se relayant de façon à ce que deux d'entre-elles soient constamment en action. 1500 obus spéciaux sont envoyés sur la même bande de terrain, tandis que les autres pièces opèrent un tir de destruction sur les réseaux de barbelés à raison de 3 obus explosifs par mètre courant.

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Deux batteries du groupement Roche effectuent un tir en contrebas vers la vallée, dans le secteur des tranchées de la Vigne et de la Haie, au nord de Wattwiller. Une rafale de 2500 obus spéciaux est envoyée à 12h45.

Les munitions inertes et leur identification

Il existe une variété de munitions inertes, chacune ayant ses propres caractéristiques et marquages. Ces munitions sont utilisées à des fins d'instruction et d'identification.

Exemples de munitions inertes

  • Roquette d'exercice de LRAC de 73 mm Mle 50 : Tête bleue, propulseur réel mais inerte après le tir.
  • Grenade à fusil de 65 mm F1 d'exercice : Entièrement bleue, corps en caoutchouc durci, réutilisable et inerte.
  • Grenade de 50 mm Mle 39 : Vide et entièrement démontable, tube de la gaine raccourci et rempli d'une substance plastique dure.
  • Grenade à fusil Mle 1948 : Inerte d'usine, fabriquée avec un corps de grenade Mle 39, couleur passée, carré frappé à froid signalant un projectile inerte.
  • Grenade à fusil Mle 1948 : Inerte d'usine, corps normal de couleur blanche, marqué "INERTE", fausse fusée monobloc en acier.
  • Grenade à fusil de 32 mm Mle 1952 : Mixte (antipersonnel et antivéhicule), inerte d'usine pour "lot d'identification", tête blanche et tampons "INERTE".
  • Grenade à fusil de 34 mm Mle 1952 : Inerte de manipulation, entièrement peinte en bleu, fausse fusée monobloc en laiton.
  • Grenades à fusil de 34 mm Mle 1952 Modifié 60 : Inertes, corps pré-fragmentés et fausses fusées monobloc en acier peints en bleu foncé.

Tableau récapitulatif des munitions inertes

Type de munition Couleur Marquage État Utilisation
Roquette d'exercice de LRAC de 73 mm Mle 50 Tête bleue Aucun Propulseur réel mais inerte après le tir Exercice
Grenade à fusil de 65 mm F1 d'exercice Entièrement bleue X Corps en caoutchouc durci, réutilisable et inerte Exercice
Grenade de 50 mm Mle 39 Couleur d'origine Aucun Vide et entièrement démontable, tube de la gaine raccourci Instruction
Grenade à fusil Mle 1948 Couleur passée Carré frappé à froid Inerte d'usine, fabriquée avec un corps de grenade Mle 39 Identification
Grenade à fusil Mle 1948 Corps normal de couleur blanche INERTE Inerte d'usine, fausse fusée monobloc en acier Identification
Grenade à fusil de 32 mm Mle 1952 Tête blanche INERTE Mixte (antipersonnel et antivéhicule), inerte d'usine Identification
Grenade à fusil de 34 mm Mle 1952 Entièrement peinte en bleu INERTE Inerte de manipulation, fausse fusée monobloc en laiton Manipulation
Grenades à fusil de 34 mm Mle 1952 Modifié 60 Corps pré-fragmentés et fausses fusées monobloc en acier peints en bleu foncé INERTE ou LESTÉ Inertes, corps pré-fragmentés et fausses fusées monobloc en acier Instruction

L'obus de 50 mm, bien que modeste en taille, a joué un rôle significatif dans l'histoire militaire française, en particulier lors de l'introduction de la guerre chimique pendant la Première Guerre mondiale.

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