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Il y a 23 ans, le FLNC dit du 22 octobre apparaissait sur la scène politique. Le groupe clandestin Ghjuventu clandestina corsa (GCC, « Jeunesse clandestine corse ») a revendiqué jeudi les incendies criminels des mairies d'Afa et Appietto, en périphérie d'Ajaccio, dans un communiqué transmis à Corse-Matin.

Attentats et Réactions

Dans la nuit du 17 octobre 2002 au 18 octobre 2002, à une semaine d’une nouvelle visite de Nicolas Sarkozy, la Corse a connu une petite « nuit bleue »: quatorze attentats à l’explosif et une tentative ont été perpétrés entre jeudi soir et vendredi matin dans les deux départements de l’île.

Le ministre de l’Intérieur a accusé leurs auteurs de travailler « contre la Corse ». Commis entre 22h et 1h du matin, ces attentats -huit et une tentative en Haute-Corse et six en Corse-du-Sud.

Attentats en Haute-Corse

En Haute-Corse, cinq établissements financiers de Ghisonaccia, à une soixantaine de kilomètres, au sud de Bastia, ont été visés. Les agences du Crédit Agricole, du Crédit Lyonnais, de la Caisse d’épargne et de la Société Générale ont subi des dégâts importants. Les bureaux de la Mutualité Sociale Agricole ont été plus fortement atteints encore.

Une personne domiciliée dans un appartement situé au dessus de l’une des agences bancaires de Ghisonaccia a été commotionnée par le souffle de l’explosion et transportée vers l’hôpital de Bastia.

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A Aleria, à 70 kilomètres au sud de Bastia, les plastiqueurs s’en sont pris à un garage abritant huit véhicules personnels des gendarmes logés dans la caserne de la localité ainsi qu’aux bureaux d’une station de pompage d’eau. Une entreprise agro-alimentaire de Borgo, à la sortie sud de Bastia, a également été visée.

Par ailleurs, une charge a été découverte à proximité de la perception de Prunelli di Fiumorbu. Le dispositif de mise à feu n’a pas fonctionné, selon les gendarmes.

Attentats en Corse du Sud

En Corse du Sud, six attentats ont été perpétrés. Ils ont visé une agence du Crédit agricole à Sagone, à une quarantaine de kilomètres au nord d’Ajaccio, contre deux villas à Portigliolo, sur la rive sud du golfe d’Ajaccio, un restaurant dans Ajaccio, ainsi que deux villas, découvertes endommagées vendredi matin par les gendarmes à Campomoro, près de Propriano.

Cette série d’attentats intervient à une semaine du nouveau déplacement en Corse du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, qui doit participer aux tables rondes des Assises des libertés locales les 25 et 26 octobre dans l’île.

« La Corse n’a vraiment pas besoin de cela. La Corse a besoin de calme, de la mobilisation de chacun, du renoncement à la violence qui n’amène qu’à l’impasse », a commenté vendredi Nicolas Sarkozy. « Et ceux qui font ça, qui se cachent, travaillent contre la Corse ».

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Nicolas Sarkozy avait effectué il y a trois mois sa première visite en Corse depuis sa nomination place Beauvau. A quelques jours de ce déplacement, un attentat, revendiqué par un groupe anonyme, avait été perpétré le 18 juillet contre la caserne de CRS de Furiani (Haute-Corse).

La dernière mini « nuit bleue » en Corse remonte au soir du second tour de l’élection présidentielle, le 5 mai dernier. Neuf villas de Corse, dont plusieurs en construction, avaient été visées et sur le continent un centre des impôts avait été sévèrement endommagé à Marseille tandis qu’une charge de dynamite, qui n’avait pas explosé, avait été jetée à l’intérieur du centre de recrutement de la caserne militaire Reuilly à Paris.

Réactions Officielles et Revendications

Le Mardi 22 Octobre 2002, le Préfet de Corse a déclaré : « Après la série d’attentats qui a touché de nombreux établissements en Corse dans la nuit du 17 au 18 octobre, un nouvel acte de violence a eu lieu le 19 octobre au soir et a visé un centre de vacances pour enfants situé dans le golfe de Liscia, au nord d’Ajaccio.

« Nous mettons en garde toute personne responsable de la disparition du peuple corse, les élus officiels profitant de la richesse de l'île à leur profit et seulement le leur », déclare le groupe dans ce communiqué de deux pages consulté par l'Agence France-Presse.

« Nous mettons également en garde toutes les entreprises de BTP s'enrichissant de manière outrancière et qui facilitent le peuplement de masse étranger ainsi que toutes les agences immobilières », ajoute le texte.

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Dans la nuit de mercredi à jeudi, la mairie d'Afa, en périphérie d'Ajaccio, avait été visée par un incendie criminel assez vite circonscrit, et un tag GCC avait été découvert sur les lieux. Dimanche en début d'après-midi, c'est la façade et le perron noircis par un incendie de la mairie d'Appietto qui avaient été découverts. Là encore, une inscription GCC avait été taguée, ainsi qu'un « Béton bast » (pour « basta », « assez » en Corse), avait précisé le procureur d'Ajaccio Nicolas Septe.

Le groupe clandestin Ghjuventu clandestina corsa avait annoncé sa création début février en revendiquant 17 actions contre des résidences secondaires, des immeubles en construction, des entreprises du bâtiment et des établissements touristiques. Le Parquet national antiterroriste s'est saisi de l'ensemble de ces faits ainsi que des enquêtes sur les sinistres ayant touché les mairies.

La semaine dernière, à l'occasion du premier anniversaire de la mort d'Yvan Colonna, décédé des suites de son agression en prison, le Front de libération nationale corse (FLNC) avait également revendiqué 17 attentats et avait regretté que le GCC ait pris « la paternité d'actions » qu'il revendique.

Dans ce second communiqué, le GCC s'adresse directement au FLNC : « Nous tenons aussi à apporter notre soutien à nos compagnons d'armes qui, déjà depuis de nombreuses années, se battent pour sauvegarder les droits du peuple corse. »

« Nous demandons notre entrée officielle au côté de l'organisation qui fêtera bientôt ses 50 ans de lutte armée tout en gardant notre identité », ajoute-t-il.

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