L'expression « Nous sommes tous du gibier à flics » résonne avec force dans le contexte des luttes contre le racisme et les violences policières en France. Cet article explore l'origine et la signification de cette expression, ainsi que son impact sur les mobilisations sociales.
L'expression a émergé dans les années 1980, lors de la Marche pour l'égalité et contre le racisme, également connue sous le nom de Marche des Beurs. Vingt ans plus tôt en 1983, ce sont déjà d’autres violences policières qui poussèrent des jeunes issus de l’immigration post-coloniale à mener à travers la France la Marche de 1984, la fameuse marche pour l’égalité. Égalité sociale, bien sûr, mais aussi égalité de considération. Les jeunes disaient : « Nous ne sommes pas du gibier à flics, nous sommes des êtres humains ! »
Cette marche, inspirée par le mouvement américain des droits civiques, visait à dénoncer les discriminations et les violences policières dont étaient victimes les jeunes issus de l'immigration postcoloniale. Les participants à la marche exprimaient ainsi leur refus d'être considérés comme des cibles par la police.
L'expression « Nous sommes tous du gibier à flics » dénonce le racisme d'État et les violences policières ciblant les minorités visibles. Elle souligne le sentiment d'injustice et d'impunité ressenti par les victimes de ces violences. Le message implicite que délivre le crime policier est simple. « Non seulement vous n’êtes pas des êtres humains comme les autres, mais avec vous nous pouvons aller jusqu’à la mise à mort et les meurtriers sont assurés de l’impunité ». À ce jour, rarissimes sont les procès ayant abouti favorablement.
Dans ce paysage dévasté, le crime policier n’est jamais fortuit. Le crime policier est l’expression achevée du racisme d’État. C’est celui-ci qui conditionne des fonctionnaires puissamment armés à passer à l’acte, c’est lui qui les dispense de réfléchir au moment tragique, qui leur donne le temps de se saisir de leur arme, d’ajuster et de tirer à mort ou d’écraser la poitrine et la gorge de leur proie sous la clef d’étranglement.
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Le crime policier n’est jamais un homicide involontaire, il n’est jamais gratuit, il est là pour répandre la consternation, la désolation dans les cœurs et les esprits des familles endeuillées, pour nous faire renoncer à être traités comme des êtres humains. Il n’épargnera personne, il est là pour nous terroriser.
L'expression « Nous sommes tous du gibier à flics » est devenue un cri de ralliement pour les mouvements de lutte contre le racisme et les violences policières. Elle symbolise la solidarité entre les victimes et la détermination à obtenir justice et égalité. C’est pourquoi comme il y a 30 ans, comme il y a dix ans, contre l’humiliation quotidienne, contre le mépris, contre l’islamophobie, la négrophobie, la rromophobie, galopantes, contre les crimes policiers, s’impose une nouvelle marche : la marche de la dignité.
En plus des conditions sociales toujours plus déplorables, le harcèlement des populations des quartiers, leur humiliation, constituent le quotidien pour les Noirs, les Arabes, les Rroms, les Blancs des quartiers. Aujourd’hui, comme il y a 30 ans, comme il y a 10 ans, loin d’avoir renoncé à ses comportements passés, l’État français ne sait que renforcer tous ses dispositifs de surveillance et de répression.
En octobre 2005, les jeunes vies de deux clichois étaient fauchées en Seine-Saint-Denis - une tragédie mettant en cause des fonctionnaires de police. Depuis, la stratégie de l’État français, loin de chercher à châtier les coupables, consiste uniquement à fuir ses responsabilités. Ce même mois d’octobre 2005, en réponse à leur mort, un vent de colère secoua toutes les banlieues de France pendant des semaines. Les interprétations les plus courantes de ces émeutes incriminèrent à juste titre la déshérence des quartiers, les conditions sociales lamentables, le chômage, la vie dure : une véritable guerre sociale faite aux pauvres.
De nombreux événements ont marqué la lutte contre les violences policières en France. Parmi eux, on peut citer :
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Plusieurs organisations et collectifs jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le racisme et les violences policières. Parmi eux, on peut citer :
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