À l’heure de la rentrée des classes, c’est une autre rentrée, celle de la chasse, qui se prépare. La prochaine ouverture de la saison cynégétique s’étalera en septembre selon des dates fixées par département. Elle se déroulera avec la mise en place de nouveaux quotas pour certaines espèces migratrices.
Les chasseurs de gibier d’eau vont, dès ce samedi 23 août 2025, pouvoir s’adonner à leur loisir préféré. Dans ce contexte, la Fédération des chasseurs de Lozère informe de plusieurs changements dans la réglementation.
Ainsi, les prélèvements de sarcelle d’hiver et d’été, canard chipeau, pilet, siffleur, souchet, fuligules milouinan et morillon, macreuses noire et brune, garrot à œil d’or et nette rousse devront obligatoirement être déclarés. Ils seront également limités à 15 oiseaux par jour, toutes espèces confondues.
Par ailleurs, le prélèvement de fuligule milouin ne sera autorisé qu'"à compter de la publication de l’arrêté fixant le Prélèvement Maximal Autorisé (PMA) national pour cette espèce".
Afin de faciliter ces démarches, la fédération souhaite, au passage, inciter les chasseurs à télécharger Chassadapt "qui deviendra obligatoire dès l’an prochain". L’application est d’ores et déjà indispensable pour la chasse à la tourterelle des bois, qui ouvrira le 14 septembre prochain.
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Les chasseurs peuvent cependant encore imprimer le carnet de prélèvement depuis le site www.chasseurdelozere.com ou en récupérer une version papier auprès de la fédération. Une fois le carnet complet, il est possible d’en imprimer un autre.
C’est un retour cette fois-ci pour la tourterelle des bois. Après cinq années d’interdiction, la chasse à la tourterelle des bois est de nouveau autorisée avec là aussi un quota, fixé au niveau national à 10 560 spécimens, selon un deuxième arrêté ministériel publié le 29 août 2025. Chaque prélèvement de l’espèce doit être déclaré sur l’application « ChassAdapt », si le quota national est atteint, l’enregistrement sur l’application est bloqué.
La chasse à la tourterelle des bois pourrait reprendre sous quotas. C’est une annonce qui va faire grand bruit : selon la Fédération Nationale des Chasseurs (FNC), la chasse de la tourterelle des bois pourrait rouvrir dès la saison prochaine avec un quota européen fixé à 10 560 oiseaux pour la France.
Après des années de moratoire, c’est une victoire affichée pour les chasseurs. Ce revirement s’appuie sur les conclusions de la Task Force on the Recovery of Birds (TFRB), un groupe d’experts mandaté par la Commission européenne pour suivre les espèces fragilisées. Selon eux, une chasse durable et encadrée ne met pas en péril la population de tourterelles des bois.
L’Europe exige un suivi rigoureux, et c’est justement l’implication de la FNC qui a permis de crédibiliser cette approche. Toutefois, le chiffre avancé de 10 560 oiseaux pour la France peut prêter à débat.
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La caille des blés, pour laquelle la date d’ouverture de la chasse est fixée au samedi 30 août, sera également soumise à l’obligation de déclaration de prélèvement.
Le prélèvement maximal autorisé est fixé pour la caille des blés à 15 individus par jour et par chasseur, selon un arrêté publié le 29 août 2025. Sa chasse est ouverte de manière anticipée depuis le 30 août à l’aide de chiens d’arrêt et de spaniels.
Après son tir, le chasseur doit enregistrer, dès qu’il est en possession de l’oiseau capturé, son prélèvement sur l’application mobile « ChassAdapt » mise en place par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) pour le suivi national des prélèvements. Il est toujours possible à défaut d’inscrire le prélèvement dans un carnet de prélèvement papier distribué par la fédération départementale.
Alors que la chasse sur le domaine public maritime et au marais est ouverte depuis le mois d’août, pour plusieurs espèces de canards (sarcelle d’hiver, canard souchet, canard sifflet et canard pilet notamment), deux quotas de 15 individus sont fixés en journée et de nuit pour la chasse à la hutte (ou tonne ou gabion, selon les appellations régionales). Les prélèvements doivent également être déclarés sur l’application « ChassAdapt ».
L’ensemble de ces mesures ont été prises à la suite d’un bras de fer entre le ministère de la Transition écologique et la Fédération nationale des chasseurs. « Après plusieurs jours de très fortes tensions entre le ministère de la Transition écologique et la Fédération nationale des chasseurs, au sujet de la gestion des oiseaux migrateurs, un dialogue franc et constructif a été rétabli entre Agnès Pannier-Runacher et Willy Schraen, président de la FNC », déclarait la fédération dans un communiqué le 27 juin dernier.
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Lors de la consultation publique des arrêtés, la Ligue de protection des oiseaux (LPO) a dénoncé le 5 août 2025 « un texte scandaleusement réécrit sous la pression des lobbies cynégétiques, dans le but de poursuivre le tir d’espèces chassables en déclin au mépris du droit et de la science ». « Après avoir sacrifié la nature aux poisons de l’agrochimie avec la loi Duplomb, le gouvernement la livre maintenant aux fusils des chasseurs. La mobilisation citoyenne ne doit pas faiblir. La démocratie donne le pouvoir de se faire entendre sans armes ni tracteurs », avait ajouté Alain Bougrain Dubourg, président de la LPO.
La même LPO a obtenu le 29 août la suspension des arrêtés préfectoraux autorisant la chasse de la bécassine des marais dans le Doubs et le Jura.
Cette diversité est à l’origine de 40 modes de chasse qui représentent un patrimoine culturel sans équivalent dans le monde ! Environ 90 espèces issues de la faune sauvage dont une soixantaine d’oiseaux sont chassables en France. C’est plus que dans d’autres pays européens. Cette spécificité française s’explique par la diversité des 4 régions biogéographiques (atlantique, alpine, continentale et méditerranéenne) qui la compose, ce qui est plus que dans aucun autre pays européen, et la qualité de ses biotopes. En France, seules les espèces citées dans l’arrêté du 26 juin 1987, régulièrement amendé, peuvent être chassées.
Depuis plusieurs décennies, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) fait un classement de toutes les espèces au niveau mondial, européen et national sur la base de différents critères - taille de population, taux de déclin, aire de répartition géographique, degré de peuplement….
Ces listes sont appelées à tort liste « rouge » alors que pour certaines espèces y figurant les clignotants sont au vert car elles bénéficient d’un bon état de conservation. Certaines espèces dites « menacées » selon le classement de l’UICN peuvent donc continuer à être chassées car cette pratique règlementée et encadrée n’a pas impact significatif sur leur état de conservation.
Prenons l’exemple du vanneau huppé dont il a été montré scientifiquement que les prélèvements n’ont pas d’influence sur la dynamique de populations. … Même logique du côté de Commission européenne dont le comité d’experts scientifiques (NADEG) fixe les statuts de conservations des espèces. Certaines de ces espèces sont chassables car ces experts considèrent que la chasse n’a pas d’impact significatif sur leur état de conservation.
En France, il est possible de chasser une multitude de gibiers, que ce soit plutôt du petit gibier comme le faisan, le grand gibier comme le cerf ou bien même le gibier migrateur et le gibier de haute montagne comme la bécasse et le chamois. Pour autant, que ce soit du Nord jusqu’au Sud de la France, c’est bel et bien le sanglier qui est l’animal le plus chassé pour le grand gibier. Généralement, il se chasse en battue classique ou plus souvent dans le Sud avec des chiens courants. C’est de loin le gibier préféré des chasseurs. Presque 8 chasseurs sur 10 prélèvent 1 sanglier par an.
A l’image du sanglier, cette espèce est également très prisée par les chasseurs de petit gibier, il s’agit du pigeon ramier ou plus communément appelé palombe dans le Sud de la France. Principalement dans ce coin de la France, la palombe se chasse dans des palombières pendant 3 semaines afin de profiter de l’entièreté de la migration.
Bien souvent, on remarque que la chasse à la palombière débute à la Saint Michel, 29 Septembre, et se poursuit pendant 3 semaines consécutives. D’après quelques statistiques, on relève un nombre de prélèvement de pigeon ramier sur toute la France d’environ 4.9 millions d’oiseaux, ce qui fait de cette espèce celle la plus chassée en France et de loin !
| Espèce | Quota Journalier | Obligation de Déclaration | Application Recommandée |
|---|---|---|---|
| Sarcelle d’hiver et d’été | 15 (toutes espèces confondues) | Oui | ChassAdapt |
| Canard chipeau, pilet, siffleur, souchet, fuligules milouinan et morillon, macreuses noire et brune, garrot à œil d’or et nette rousse | 15 (toutes espèces confondues) | Oui | ChassAdapt |
| Fuligule milouin | À définir (PMA national) | Oui | ChassAdapt |
| Caille des blés | 15 | Oui | ChassAdapt |
| Tourterelle des bois | Quota national de 10 560 | Oui | ChassAdapt |
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