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Cet article fait partie d’une série d’articles visant à dater la fabrication d’un fusil de chasse à canon lisse. Il se veut généraliste, aussi aucune arme ne sera étudiée en particulier.

Composants essentiels d'un fusil de chasse

Toutes les armes à feu étant destinées à lancer des projectiles, il est naturel qu'elles présentent des similitudes. En les analysant de plus près, on constate cependant de fortes différences dans leurs principes de fonctionnement.

  • Canon : partie ouverte du tube, laissant sortir le projectile.
  • Chambre : lieu où se produit l'explosion de la poudre propulsive. La partie de la chambre est fermée par une pièce métallique, la culasse. Notons que pour les spécialistes de la balistique intérieure, une chambre est forcément d'un diamètre supérieur à celui du canon.
  • Crosse : de l'épaule afin d'absorber l'impulsion du recul. On appelle ces armes des carabines ou des fusils.
  • Chargeur ou magasin : qui contient les cartouches. Si l'on souhaite augmenter la cadence de tir, il est nécessaire que les cartouches soient immédiatement disponibles. On les intègre à l'arme grâce à un magasin, partie constitutive de l'arme, ou par l'usage d'un chargeur amovible.
  • Poignée : sur certaines armes, on peut en trouver deux.
  • Mécanisme de détente : externe du mécanisme de détente.

Systèmes de verrouillage

On peut déjà éliminer d’un éventuel classement en catégorie C, toutes les armes dont le système de verrouillage est incompatible avec l’utilisation de munitions à poudre sans fumée (appelée à l’époque « poudre pyroxylée »), développant des pressions trop importantes pour les armes de conception ancienne. En particulier, les fusils à clef Lefaucheux, à clef Beringer ou Leclercq.

Fusils à clef Lefaucheux

Sur les fusils de type Lefaucheux, l’axe de basculement divise en deux parties sensiblement égales une robuste longuesse de fer, dont la partie arrière fixe, est venue de forge avec la culasse. Cette pièce porte le verrou, tandis que la partie avant, mobile, soutient les canons qui basculent avec elle. Maintenus à l’origine par une simple vis, les canons sont, à partir de 1852, retenus par une petite clef qui pivote en bout de longuesse. Cette clef facilite le démontage des canons, et renforce la rigidité de la fermeture.

Fusils à clef de pontet

Les fusils à clef de pontet utilisent un verrou en « T » de type Lefaucheux. Mais la clef, au lieu de s’étendre vers la Ionguesse, est orientée vers l’arrière. Seule subsiste la face arrière fixe de la longuesse, qui porte le verrou et dont l’extrémité était barrée par l’axe de basculement.

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Système de verrouillage standard

Cette clef de verrouillage devient le mode d’ouverture standard à partir de 1890. C’est donc sur ce type d’armes qu’il convient de vérifier les autres critères pour opter entre un classement en catégorie D§e) ou C1°§c).

Verrou en « T double gripp » ou « T anglais »

Ce système est souvent combiné à une nouvelle forme de verrou, le « T double gripp », ou « T anglais », imaginé par Webley en 1867. C’est un perfectionnement du modèle précédent, qui consiste à incliner les deux branches du tenon en « T » suivant un profil hélicoïdal. Ce dispositif ingénieux a pour effet d’assurer un véritable « vissage » qui augmente de façon conséquente le verrouillage et assure dans un même temps un certain rattrapage automatique du jeu.

Fusils à levier à volute

Les fusils à levier à volute utilisent eux un double verrou, solide et efficace, mobilisé par une branche en volute placée en avant de la face antérieure du pontet.

Clef latérale type Leclercq

La clef latérale type Leclercq, plus connue sous le nom de clef serpentine, fonctionne sur le même principe avec deux verrous. A ceci près que le levier contourne la platine et se termine par une petite pédale en arrière du chien.

Fermeture par clef supérieure (top lever)

La fermeture par clef supérieure (top lever) issue des travaux de Westley-Richards apparait en Angleterre dès 1860.

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Nous avons vu que tous les systèmes de verrouillage sont des modèles antérieurs à 1900 et fabriqués très précocement. Seul le système à clef supérieure pose problème car il s’impose à partir de 1890 et est toujours utilisé aujourd’hui.

Modes de chargement des armes

Le mode de chargement en munitions des armes est un facteur important de leur efficacité puisqu'il détermine leur cadence de tir. La cadence de tir correspond au nombre de coups que l'arme peut tirer en un laps de temps donné, généralement la minute. On parle de "coups à la minute". La cadence de tir théorique correspond au nombre de coups que l'arme peut mécaniquement tirer. La cadence pratique de tir tient compte du couple arme / tireur et de la justesse du tir en cible qui nécessite en général une reprise de la visée après chaque coup ou chaque rafale.

Chargement manuel

Ce mode de chargement concerne les armes à un seul canon, dépourvues de magasin qu'il est nécessaire de recharger manuellement après chaque tir. Après chaque tir, on bascule le canon, on éjecte l'étui, on prend une cartouche que l'on introduit, on referme le canon et on peut procéder à un nouveau tir.

Répétition manuelle

La répétition manuelle est une évolution du mode de chargement précédent. Les armes sont munies d'une culasse mobile actionnée par le tireur. Elles sont approvisionnées par un magasin interne ou d'un chargeur amovible contenant les cartouches. L'action du tireur se limite, après approvisionnement de l'arme, à la charger. La culasse étant en position arrière, le tireur pousse la culasse vers l'avant, par l'intermédiaire du levier de culasse, pour assurer la fermeture et le verrouillage. Lors de son mouvement vers l'avant, la culasse entraine la première cartouche et l'introduit dans la chambre. L'espace dans le magasin, libéré par la première cartouche est aussitôt occupée par la seconde cartouche qui monte sous l'action du ressort élévateur et se place en appui sous la culasse. Il s'agit du premier demi transport. Le tir effectué, le tireur déverrouille la culasse et la tire vers l'arrière, extrayant l'étui de la cartouche tirée. La cartouche qui était en appui sous la culasse est libérée, elle monte et se trouve en contact avec les lèvres d'alimentation du chargeur ou du magasin. Il s'agit du second demi transport.

Mode semi-automatique

Dans ce mode de fonctionnement, on délègue une partie du cycle d'alimentation à l'arme elle-même en utilisant l'énergie de la munition. Ce mode de fonctionnement présente au moins deux avantages. Le premier est que le tireur n'ayant plus besoin de manipuler la culasse, il demeure en position de tir. Le second avantage est que le cycle d'alimentation est bien plus rapide sans intervention humaine. Notons cependant que pour le tir de précision, les tireurs d'élites ou "snippers" utilisent toujours des fusils à répétition manuelle.

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En mode semi automatique, le chargement de la première cartouche nécessite l'action du tireur sur la culasse ou sur l'ensemble mobile s'il existe une pièce de manœuvre. Ce premier chargement effectué manuellement, l'action du tireur se limite à déclencher le tir en appuyant sur la queue de détente. L'ensemble du cycle d'alimentation est assuré de manière automatique par l'arme elle-même. À chaque appui sur la détente, un coup et un seul part jusqu'à épuisement des cartouches du magasin ou du chargeur. Bien que le cycle d'alimentation soit automatique, l'arme disposant de ce mode de fonctionnement est dite semi automatique car le tireur doit actionner la détente pour chacun des coups tirés. Cette arme ne peut pas tirer en rafale continue.

Mode automatique

Ce mode de fonctionnement est propre aux armes tirant par rafale. Tant que le tireur appuie sur la détente, les coups s'enchaînent jusqu'à ce que le chargeur soit vide. Certaines armes, par conception, ne peuvent tirer que par rafale. D'autres, généralement plus modernes, disposent d'un sélecteur de mode de tir qui permet, la plupart du temps, de choisir entre le tir au coup par coup, par rafale de trois cartouches et par rafale continue.

Autres principes de fonctionnement

Il existe plusieurs principes de fonctionnement des armes et leurs mécanismes ne sont limités que par l'ingéniosité des concepteurs.

  • Inertie de la culasse : En clair, il faut laisser le temps au projectile de quitter le canon avant que ne s'enclenche la suite des opérations qui permettront le tir suivant. Si l'ouverture de la culasse se produisait trop tôt, une partie des gaz s'échapperait par l'arrière du canon provoquant une chute de pression dans ce dernier. Le projectile n'atteindrait pas sa vitesse initiale nominale, voire resterait bloqué dans le canon. Du côté du tireur, un retour accidentel des gaz lors de l'ouverture imprévue de la culasse n'est pas une expérience agréable.
  • Système à court recul du canon : Durant la phase d'accélération du projectile dans le canon, l'ensemble canon-culasse commence à reculer. Après quelques millimètres de course vers l'arrière de l'ensemble culasse-canon, le projectile à eu le temps de sortir du canon. A ce moment là, la séparation du canon et de la culasse (l'ouverture) peut se produire, après déverrouillage. La culasse continue seule son mouvement de recul, entamant ainsi un nouveau cycle d'alimentation. Le canon aura accompagné la culasse un bref instant, sur une courte distance, durant la phase initlale du tir.

Éléments d'armes selon la réglementation

Sont des éléments d’armes : le canon, la carcasse, la boîte de culasse, y compris le cas échéant ses parties supérieures et inférieures, la culasse, y compris le cas échéant son ensemble mobile additionnel, le barillet, les systèmes de fermetures et la conversion.

Fabrication d'un fusil de chasse

La fabrication d’un fusil de chasse est un art. Si les étapes de sa fabrication restent identiques pour chaque type fusil, les techniques utilisées sont diverses. La fabrication artisanale façonne des fusils uniques tandis que la fabrication industrielle produit des armes plus uniformes.

Étapes de fabrication

  1. Usinage des pièces du canon. Aujourd’hui, la technologie la plus moderne employée pour l’usinage est la machine dites à 5 axes.
  2. Assemblage des pièces du canon. Méthode artisanale ou méthode industrielle, le process d’assemblage diffère.
  3. Bronzage du canon. Le bronzage a pour but de protéger le canon de l’oxydation et de la corrosion. Il existe différentes techniques : bronzage à la couche, bronzage par bain ou teflonnage.
  4. Fabrication de la crosse. Le plus souvent, la crosse est fabriquée en noyer, voire en matériaux synthétiques tels que le carbone.
  5. Gravure (étape de sublimation). Tous les éléments métalliques peuvent être gravés. Les motifs décoratifs que l’on retrouve le plus sont les scènes de chasse.
  6. Quadrillage. Contrairement à la gravure, le quadrillage n’a pas seulement une fonction esthétique : il permet une prise en main optimale du fusil.

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