Le massif de Moronvilliers, à l’est de Reims, constituait une forteresse formidable, dominant et surveillant les plaines de Châlons. La prise de ce massif fut un véritable siège, préparée par le général Pétain et exécutée par le général Anthoine.
La possession du massif de Moronvilliers fournissait à l’ennemi une excellente base de départ pour une éventuelle reprise de Châlons. De plus, elle semblait lui garantir la sécurité en couvrant la vallée de la Suippe.
Le massif de Moronvilliers s'étend sur plus de dix kilomètres, de la route de Thuizy-Nauroy à Aubérive. La distance entre les tranchées françaises et allemandes variait de 50 à 500 mètres, tandis que la distance jusqu'à la ligne des crêtes était de 1 500 à 2 500 mètres. Le terrain à parcourir était un glacis en pleine vue.
Depuis septembre 1914, les Allemands n’avaient cessé de se fortifier. Ils avaient organisé le terrain avec trois positions principales et une position intermédiaire sur la rive Sud de la Suippe. La première ligne de défenses allemandes se composait d’un enchevêtrement de tranchées reliées par des boyaux et soutenues par des abris bétonnés, des fortins et des redoutes.
Une seconde ligne à mi-pente était formée par une suite ininterrompue de tranchées, tandis que les crêtes étaient entourées d’une fortification sur la pente Sud et d’une autre à contrepente. Deux tunnels, l’un au mont Cornillet et l’autre au mont Perthois, pouvaient contenir un ou plusieurs bataillons, abritant une garnison destinée à contre-attaquer.
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Entre la route de Nauroy et Aubérive, quatre divisions allemandes tenaient le front. La 29e division badoise et la 58e division saxonne étaient considérées comme bien instruites et énergiquement commandées, tandis que la qualité des autres divisions était médiocre.
Une offensive, dans la guerre actuelle, est précédée de toute la série des travaux qui sont destinés à mettre en état le terrain d’attaque. Les arrières d’une armée en gestation d’offensive se transforment en d’immenses chantiers. Les travailleurs précèdent les combattants.
L'affaire de Moronvilliers avait été si minutieusement étudiée et préparée à l’avance, qu’elle fut rendue réalisable dans un temps relativement très restreint. Le réseau ferré fut complété, le réseau routier fut réparé et des hôpitaux d’évacuation furent créés.
La préparation d’artillerie commença le 10 avril, détruisant les organisations de la première ligne allemande, démolissant la position intermédiaire en un certain nombre de points et gênant les camps à l’arrière. Sur les 200 à 250 batteries ennemies repérées, près de 120 furent soumises à des tirs de destruction observés jusqu’au bout.
L’attaque sur le massif de Moronvilliers devait suivre à un jour d’intervalle l’offensive des armées voisines entre Soissons et Reims. Le mauvais temps la fit retarder de deux jours. Le 16 avril, la bataille sur l’Aisne se déclencha, et l’attaque de l’armée Anthoine en Champagne fut fixée au 17.
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Les Allemands n'avaient pas cessé de se fortifier depuis septembre 1914. La première ligne de défenses allemandes se composait d’un enchevêtrement de tranchées sur deux ou trois parallèles reliées par des boyaux et soutenues par des abris bétonnés, des fortins, des redoutes.
La construction en maçonnerie des nids de mitrailleuses est une idée de Sir Ernest William MOIR, un éminent ingénieur. L'idée est de le construire en 3 jours pour un usage immédiat. Ces abris permettaient une observation et un tir à 360°.
Les abris allemands de l’immédiat arrière-front étaient recouverts de bois pour en augmenter le camouflage et la protection contre les obus. Ces abris, souvent enterrés, étaient reliés par un système de tranchées.
| Type de Défense | Description | Localisation |
|---|---|---|
| Tranchées | Enchevêtrement de tranchées sur deux ou trois parallèles, reliées par des boyaux. | Première ligne |
| Abris Bétonnés | Abris solides pour protéger les soldats des bombardements. | Première ligne |
| Fortins et Redoutes | Structures fortifiées pour renforcer la défense. | Première ligne |
| Tranchées | Suite ininterrompue de tranchées. | Mi-pente |
| Fortifications | Fortifications sur la pente Sud et à contrepente. | Crêtes |
| Tunnels | Tunnels pouvant contenir un ou plusieurs bataillons. | Mont Cornillet et Mont Perthois |
Le départ était fixé à 4 h 45 dans le but de protéger contre la vue des observatoires élevés ennemis les formations denses des divisions françaises massées dans nos premières lignes pour franchir en bloc la zone de barrage ennemie probable avant de s’échelonner ultérieurement pour l’attaque. Cette heure avait été choisie comme correspondant au petit jour en s’en référant à la clarté d’un jour normal.
Le 17 avril, l'attaque française sur le massif de Moronvilliers a marqué une étape cruciale dans la guerre, mettant en lumière les défis et les stratégies employés pour surmonter les fortifications allemandes.
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