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Minox est un fabricant de jumelles et d'appareils photo de haute qualité. Minox dont le siège est à Wetzlar a régulièrement présenté des développements innovants en optique et en mécanique depuis 1945. Minox est synonyme de jumelles, de longues-vues, de dispositifs de vision nocturne, de lunettes de tir, de caméras de chasse et de caméras miniatures de haute qualité au design classique. Récemment, Minox est également entré sur le marché des caméras d’action.

L'histoire du Minox 8X11 : Un appareil légendaire

Ahh, le Minox 8X11 ! Cela fait un moment que j’expérimente les formats inférieurs au 24X36. J’ai commencé avec l’Olympus Pen FT, me croyant déjà bien audacieux de vouloir prendre des images de qualité tout en divisant par deux la taille des originaux. Et puis, à l’usage… il y avait encore de la marge ! Alors, j’ai poussé le bouchon plus loin avec le Pentax Auto 110, encore deux fois plus petit. Là, je me suis dit que j’avais atteint les limites du raisonnable. Mais lors des premiers résultats, j’ai continué à être impressionné.

Bon, qu’est-ce qu’il reste d’encore plus petit ? Le Minox ? Non… quand même pas, faut pas exagérer, c’est vraiment trop minuscule. Comment un négatif aussi petit que 8X11 mm peut encore enregistrer suffisamment d’informations ?

Le Minox 8X11… grand copain du KGB, de la CIA et consorts… Il en aura photographié, des documents ultra-secrets ! Si cet appareil légendaire a si longtemps perduré (de 1938 au début des années 2000), et a été adopté par les plus grandes marques de lave-linges, il doit bien y avoir une raison ? Et de fait, en recherchant des images parmi les groupes de diffusion consacrés au Minox sur Flickr, au milieu d’un nombre impressionnant d’horreurs, je suis tombé sur quelques images d’une qualité incroyable.

Le Minox 8X11 n’est pas un produit de la guerre froide. Il date de bien avant ! C’est l’ingénieur Walter Zapp qui l’a mis au point, dès 1938. En 1936, le légendaire constructeur a écrit une page d'histoire de la photographie, avec l’invention révolutionnaire de l'appareil photo subminiature MINOX. Il fabriqua le prototype d'un appareil photo, plus petit qu'un cigare et plus léger qu'un briquet - un coup de génie qui dure encore ! La richesse des idées de Zapp et son pouvoir créatif infatigable ont ensuite conduit à l'émergence d'une multitude d'instruments d'optique de précision. Leur père spirituel est entré dans l'histoire de la technologie de la photographie comme un des plus grands visionnaires et pionniers. En 1936, le jeune designer réalisa son grand rêve de la miniaturisation de l'appareil photo en construisant le prototype du minuscule appareil photo MINOX. Malgré des dimensions réduites, le prototype entièrement fonctionnel fournit déjà des images d'une qualité exceptionnelle.

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Le modèle 1, surnommé « Riga », du nom de la capitale de Lettonie où était basée la firme, avait déjà tous les éléments qui fera la fortune de Minox pendant des lustres.

Zapp voulait un appareil démocratique que tout le monde pourrait avoir avec soi, comme on porte un stylo. Mais sans pour autant sacrifier la qualité. Ce dernier point, crucial, obligea Minox à concevoir un appareil totalement original, avec de nombreuses caractéristiques uniques :

  • Taille minuscule (8 cm de long), sans la moindre aspérité, permettant de le glisser facilement dans une poche.
  • Emploi de film ciné 9,5 mm, pour des images de format 8X11 mm. Chargé dans des cassettes toutes prêtes ne nécessitant pas de rebobinage.
  • Objectif à ouverture fixe (f/3,5) de focale 15 mm, de même champ qu’un 50 mm en 24X36.
  • Mise au point extrêmement rapprochée à 20 cm.
  • Viseur qui corrige la parallaxe.
  • Barillet de vitesses manuelles de 1/1000 e à 1/2 s plus les poses B et T.
  • Avancement du film par extension latérale de l’appareil. Ce geste des minoxistes deviendra célèbre !
  • Compteur de vues jusqu’à 50 images.
  • Réglage manuel des distances sans aucune aide. Cette lacune incita à trouver un palliatif en la présence d’une chaînette avec des repères de distances correspondant à ceux indiqués sur le barillet. Utilisable jusqu’à 60 cm, ensuite, la distance doit se faire à l’estime.
  • Poids : 130 g, pas si léger, car l’aluminium n’était pas encore à l’ordre du jour. Ce sera le cas pour les modèles suivants.
  • Mais pas de cellule.

L’ami Walt, qui n’était pas un Mickey (*), réussit si bien son pari que son appareil eut un grand succès… d’abord auprès des espions et des armées! Ce qui chagrina beaucoup l’ingénieur qui n’avait pas du tout pensé à cet usage détourné. En même temps, fabriquer un engin qui tient dans le creux de la main et capable de faire des photos rapprochées de qualité, il ne faut pas être devin pour imaginer à quoi il peut servir !

Pour l’anecdote, la Lettonie, durant la seconde guerre mondiale, fut d’abord envahie par l’URSS, qui obligea Minox à produire pour elle. Puis ce fut au tour de l’Allemagne en 1941 qui demanda aussi à Minox de la fournir en appareils. Et devant l’avancée des russes en 1944, l’usine Minox fut déménagée en Allemagne, pour y rester définitivement. C’est ainsi que le Minox Riga fut utilisé par les espions des deux camps !

En mars 1941, Walter Zapp s'est enfui vers l'ouest. Avec de la chance, il a atteint l'Allemagne avec dans sa poche, le MINOX original, le Riga MINOX (le premier de la production en série) et le modèle en bois.

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Évolution des modèles Minox

Après la guerre, le Riga fut remplacé par de nombreux modèles différents au fil des années. Il y a eu trois séries principales : A, B et C. Et une multitude de sous-versions, que je ne vais pas toutes détailler ici.

  • Le modèle original (Riga) est surtout un objet de collection, et pas d’usage. Par ailleurs, son optique Pentar n’est pas folichonne.
  • Le A (1948-1969) est une extrapolation du Riga avec une optique meilleure (Complan, à partir du modèle AIII), et l’emploi d’aluminium pour la caisse, au lieu d’acier bien plus lourd.
  • Le B (1958-1972) est un A avec une cellule intégrée au sélénium. L’ajout de la cellule allonge le Minox de 13 mm.
  • Le C (1969-1978) accueille une cellule au CDS, mais qui nécessite une pile plus grosse. Cet ajout fait agrandir le Minox d’encore 14 mm supplémentaires.

Après le C, Minox a aussi produit le LX, le AX et ses variantes (avec la même optique Minox). Compte tenu des prix astronomiques qui sont pratiqués pour ces modèles, je ne vais pas en parler.

Hélas, trois fois hélas, comme tous ses prédécesseurs, il est affublé d’une tare congénitale rédhibitoire : dès qu’on l’ouvre pour accéder au viseur, le film avance d’une vue, qu’on le veuille ou non. On a vite fait de gaspiller du film inutilement. Et j’ai horreur de ça!

Le modèle C règle ce problème grave : l’ouverture de l’appareil ne fait pas avancer le film plus que nécessaire. Dans l’absolu, je vous conseille un Minox BL, qui est le plus complet (vitesses de 1/1000 à 1/2 sec en manuel, poses B et T), présente l’avantage d’une cellule (à pile) qui peut encore marcher, et qui en bonus, ne fait pas avancer le film quand on le ferme sans déclencher. C’est vraiment le modèle idéal.

A noter que tous les Minox existent en deux versions : système métrique ou impérial. Mais le modèle à système métrique fonctionne en norme DIN (et en ISO pour celui à système impérial).

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Après avoir longtemps retourné la question, mon choix a fini par se porter sur un modèle C. Les raisons principales : on en trouve beaucoup en excellent état, il est plus récent, il a une cellule qui fonctionne encore, a l’optique Minox la plus performante (et j’ai pu prouver que c’est le cas : l’objectif Complan utilisé sur un modèle B acquis ultérieurement est moins bon dans les angles), et le prix reste raisonnable par rapport au B. Le dernier modèle est à préférer si possible.

Alimentation du Minox C

Bon, une fois mon C entre les mains, il m’a fallu d’abord régler le souci de la pile, d’autant que sans énergie, il refuse de faire la moindre photo, même en mode manuel. Ce ne fut pas une mince affaire. Plusieurs modèles de remplacement n’ont pas la bonne dimension, car le compartiment est ajusté au maximum autour de la pile. Seule la ref 4LR43 a la taille adéquate. Il existe aussi une alternative commode : utiliser trois LR44 et une LR43 additionnées. Les deux solutions fonctionnent de la même façon.

A noter que quelle que soit votre option, vous obtiendrez 6V au lieu des 5,6 V de la pile d’origine. Fort heureusement, cette différence n’affecte en rien le comportement de la cellule ou de l’obturateur.

Fonctionnement du Minox C

Le modèle C a une cellule intégrée, qui lui permet de fonctionner en mode tout auto. Cet ajout entraîne deux conséquences sur le terrain :

  • Perte des vitesses lentes manuelles, en-dessous du 1/15e. Perte des poses B et T. Alors là, on se demande ce qui a pris au fabricant de nous punir de la sorte ? Clairement, il a été pensé exclusivement pour la photo à main levée. Du coup, à quoi bon les 7 secondes de pose possibles en auto ?
  • Pas de compensation manuelle du mode auto. On peut seulement jouer sur les ISO. Ca marche, mais gare aux étourderies.

Le Minox ne donne aucune indication de la vitesse qu’il choisit. On a seulement possibilité (via un bouton poussoir allumant une lampe blanche qui consomme à mort) de savoir si l’on est au-dessus ou au-dessous du 1/15e de seconde.

Cette limite est assez handicapante, car on ne peut travailler en manuel qu’en condition de lumière abondante. En pratique, on est donc contraint de faire confiance à l’automatisme. Fort heureusement, la cellule est particulièrement stable, juste et fiable. Ouf !

Petit raffinement supplémentaire : il existe un filtre gris neutre intégré (-2 diaphs) que l’on peut faire coulisser devant l’objectif. Le but est d’éviter une possible surexposition en plein soleil avec des films trop sensibles.

Le viseur du Minox : Un point faible ?

Au chapitre des trucs qui fâchent : le viseur. Non pas qu’il soit de mauvaise qualité. Au contraire, il est très clair, net et contrasté. Relief d’œil satisfaisant avec des lunettes. Un système couplé à la bague des distances compense automatiquement la parallaxe. Hélas, c’est le filet blanc qui délimite le cadrage qui pose problème : il est très peu visible ! Et même parfois totalement invisible. Vraiment, quel dommage, car cela rend une composition précise difficile. Sur trépied et sujets fixes, c’est jouable, moyennant une perte de temps pénible.

Techniquement, le cadre est obtenu par réflexion sur une face d’une lentille du viseur. Cette face est spécialement traitée pour faire miroir. Si ce traitement est dégradé (par nettoyage imprudent, voir mon article sur le Minox 35), le cadre devient moins clair. Mon exemplaire est peut-être victime d’un tel phénomène, d’autant que mon second Minox a un meilleur viseur, ce qui me laisse penser à un souci ponctuel.

A défaut d’être lisible, le rectangle délimitant le cadre est suffisamment précis. Un point crucial fort appréciable.

Prise de vue à 20 cm. Ce rectangle est obtenu par une pièce métallique brillante orientée vers le sujet et qui vient se réfléchir sur la première face de verre du système optique.

Juste une dernière question sur mon minox le viseur est un peu embrumé " je pense de la buée séchée pas de champignon un peu gênant . Pas dramatique mais quelqu'un a t'il eu le même problème ?. Peut on envisager un petit démontage pour nettoyer le viseur ou bien ?????

Particularité de tous les Minox : ils n’ont pas de filetage intégré pour trépied. Heureusement, le fabricant a quand même prévu cette possibilité via un accessoire à se procurer en sus. Cet outil ingénieux permet en plus d’utiliser un câble de déclenchement. Objet au design pour le moins étrange, mais ça marche !

Autre accessoire utile : l’étui en cuir « tout prêt », avec sa chaînette perlée qui permet d’estimer les courtes distances avec exactitude. C’est une super idée, mais je me suis empressé de la remplacer par une sangle en nylon (avec des repères home made). Mais si vous préférez bénéficier d’une séance épilatoire à chaque sortie photo, vous pouvez garder la chaînette d’origine.

Le Minox possède un système ingénieux pour fixer l’adaptateur pour trépied ou l’étui cuir en un tournemain. Original et sans souci, c’est bien fiable.

Films et développement pour Minox

Ca y est, vous avez un beau Minox dans les mains, et il fonctionne. Mais vous n’êtes pas sorti d’affaire pour autant, car il va falloir penser à le nourrir…

Les films 8X11 étaient commercialisés sous la forme d’une cartouche en plastique, d’un dessin proche du format 110 : une bobine débitrice, une autre réceptrice. Cette cartouche était propriétaire à Minox, mais je crois qu’au moins une autre marque en a aussi fabriqué.

Aujourd’hui, Minox a stoppé la production, mais heureusement, on trouve encore souvent des cartouches neuves périmées sur Ebay, hélas, à un prix de collectionneur, donc bien trop élevé pour les utiliser vraiment. Et puis, à quoi bon se servir d’un film périmé de 20 ans acheté à prix d’or ?

Par chance, Fotoimpex importe des films Minox, sous le nom de Spy Film (d’origine Blue Moon Camera, un commerce américain reconditionnant des formats disparus), avec des émulsions neuves et modernes, en rechargeant artisanalement des cartouches vides. Pour commencer, je vous conseille vivement d’en acheter une (100 ISO noir et blanc, c’est du Delta 100), c’est le meilleur rapport qualité/prix/embêtements. Fotoimpex propose même un service de développement / numérisation.

Me voilà donc avec mon Minox C nourri au Delta 100, déambulant dans les rues de Lyon.

J’ai choisi d’emblée d’exposer le film à 50 ISO, et de le développer dans du Perceptol utilisé pur. J’obtiens ainsi (en théorie) le grain le plus fin possible avec cette émulsion.

J’ai systématiquement doublé les images : une en automatique, en faisant confiance à la cellule, et une en manuel, en reportant les valeurs données par ma performante Sekonic L-408 digitale. Le tout à main levée, car c’est la vocation première du modèle C.

J’ai tenté plusieurs vues rapprochées, et je me suis vite rendu compte du côté peu pratique de la courroie avec ses repères : il faudrait trois mains ! Très difficile de ne pas changer la distance par mégarde entre la prise de mesure, le report de la valeur sur l’appareil, et le cadrage.

Adepte du « c’est moi qui l’ai fait ! », j’ai décidé de fabriquer ma propre spire au format 8X11, en partant d’une standard Paterson.

Notons qu’il existe néanmoins des spires spéciales 8X11 en occasion, et qu’également, certains malins en proposent réalisées en imprimante 3D. Vous pouvez aussi vous payer une cuve Minox d’époque, si vous avez les moyens. Attention, elle nécessite de pratiquer une encoche de forme spéciale en fin de film.

Vous faites bien comme vous le sentez, mais sachez que la transformation à partir d’une spire Paterson n’est pas très difficile. Et ça coûte moins cher. Il vous suffit de scier très proprement, avec un cutter du côté opposé à la lame, (afin d’user le matériau au lieu de le couper) l’axe central externe, puis une fois détaché, de le retourner et de le recoller ainsi. Il faut aussi rogner les deux encoches sur quelques millimètres.

Le problème, c’est que la matière, c’est du nylon, et c’est impossible à coller avec n’importe quelle colle classique. Il faut utiliser une colle spéciale nylon. Loctite en propose une, avec un applicateur (sous forme d’un feutre) qui est chargé de préparer la surface à encoller. Ca marche très bien.

Vous devez également retirer les billes, et boucher leurs emplacements avec une colle classique (pour éviter que le film ne vienne s’y coincer).

Votre spire est prête, même si finalement, avec le coût d’une spire neuve 135 et la colle, le différentiel de prix avec une spire spéciale n’est pas énorme.

Le chargement est facile : découper l’extrémité du film en pointe de flèche, et l’insérer dans la spire en le poussant, tout en faisant des vas et viens avec la spire. Il y a assez de place pour loger un second film de 36 poses. Mais avant cela, il faut pousser le premier film complètement jusqu’en butée finale. Pour ce faire, j’ai confectionné un outil dédié, j’ai nommé : « le pousseur »! Il s’agit d’un médiator pour guitare, en plastique, dans lequel j’ai pratiqué une encoche. Il suffit d’attraper la fin du premier film avec l’encoche, et de pousser… D’où son nom.

Le second film entre normalement, on peut faire des vas et viens avec la spire sans craindre de voir le premier film reculer et chevaucher le second. Ca marche !

Le développement se déroule tout-à-fait habituellement, si ce n’est qu’on ne consomme que 150 ml de produit. C’est économique, mais l’exigence de précision des mélanges est accru.

En vérité, je vous le dis, mes biens chers frères et sœurs : laissez tomber toute velléité d’utiliser un scanner, aussi performant soit-il. Vous n’obtiendrez au mieux qu’une vignette de lecture, et vous serez très loin d’extraire tout le jus des images. La seule solution est de reproduire avec un reflex numérique et objectif macro.

Messages : 37 Inscription : lun. Bonjour à toutes et à tous , Voilà j'ai trouvé un minox B pour le flim pas de soucis je sais qu'il est encore en vente sur certains sites . Par contre la cuve spéciale minox est un plus pour le développement des films mais peut on la trouver facilement et à quel prix . Dernière édition par HARRY1 le jeu.

Polaro.. Messages : 197 Inscription : jeu. Messagepar Bélaroid » mer.

Po...... Messages : 37 Inscription : lun. Messagepar HARRY1 » mer.

tags: #nettoyage #viseur #minox #b

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