L'utilisation de la poudre noire dans les armes à feu est un sujet qui suscite un intérêt constant, en particulier lorsqu'il s'agit de canons. Cet article explore la qualité de la poudre noire, son utilisation dans les canons, et les considérations pour ceux qui souhaitent débuter avec les armes à poudre noire.
Pour ceux qui souhaitent s'initier à la poudre noire, il est conseillé de ne pas investir excessivement au démarrage. Il est inutile d'acheter une arme de match pour commencer. Une solution pour s'initier pourrait être un type Kentucky ou Pionnier, qui coûte environ 200 €, mais il faut reconnaître que pour faire du match, ce n'est pas l'idéal, bien que ce soit amusant pour se faire la main.
Une autre option est le Napoleon Lepage fabriqué par Chiappa / Armisport. Cette arme est considérée comme un bon compromis. Un vieux modèle de cette arme peut atteindre un score de 90/95 si l'utilisateur est compétent.
Le matériel de base comprend des dosettes pour la poudre, un petit entonnoir en cuivre, des balles du commerce dans le calibre de l'arme (H&N en fait de bonnes pas si chères), un nécessaire de nettoyage, du liquide vaisselle pour laver l'arme, des chiffons, et des lunettes de protection obligatoires à cause des éclats d'amorce.
Il est essentiel d'essayer la prise en main de ces armes avant l'achat, car elle peut convenir ou non, selon les préférences personnelles. La poudre noire est spéciale : on aime ou on n'aime pas.
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Le nettoyage est un aspect crucial de l'entretien des armes à poudre noire. La PN on lave les armes dans la salle de bain ou sur l'évier, avec de l'eau chaude et du liquide vaisselle, suivi d'un peu d'huile.
Certains clubs ont des PN en prêt, comme le Pedersoli Lepage à percussion et silex, ou le Hawken. Le soucis pour un club qui prête une pétoire à poudre noire, c'est effectivement le nettoyage. C'est déjà un problème avec les carabines 22, alors un poudre noire, qu'il faut démonter et laver à chaque fois.
Cela apprend aussi au jeune recrue qu'il n'y a pas que le tir, il y a toujours l'entretien qui vient après.
Il est important de prendre le temps de réfléchir avant d'acheter une arme à poudre noire. Si l'on aime l'Old West, un revolver pourrait être plus attrayant qu'un pistolet à un coup. On en trouve facilement en occasion pour pas cher.
Pour un petit budget, un Patriot muni d'un stecher pourrait être envisagé, ou pour un peu plus haut en gamme, le William Parker. Cependant, le meilleur rapport qualité/prix reste le Lepage de Armisport. Il est important de noter que le calibre .36 est un excellent calibre mais très délicat et très sensible. Pour en tirer la substantifique moelle, il faut savoir pinailler les chargements, le coulage etc.
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Le canon de marine calibre .69 est un autre domaine d'intérêt pour les amateurs de poudre noire. Certains passionnés ont développé des systèmes ingénieux pour le chargement et le tir de ces canons.
Un système de chargement peut inclure un tube en acier, un tube en cuivre, et une réduction en cuivre. La poudre est chargée à l'aide de ce système, puis une bourre en carton est insérée en force, suivie du boulet patché. Il ne reste plus qu'à mettre la mèche, viser et tirer.
Des gargousses en papier peuvent également être utilisées, bien que certains préfèrent le chargement classique avec poudre, bourre (carton ou semoule, polenta), et boulet.
Les données balistiques des armes à poudre noire sont fascinantes. Par exemple, un revolver de calibre .31" (8 mm) type Colt 1848 Baby Dragoon ou Pocket Sidehammer 1849 utilise une balle ronde de 46 grains (3.0 grammes), avec une charge de 0.80 grammes de PN, atteignant une vitesse de 250 m/s et une énergie de 94 joules.
Un fusil d'infanterie règlementaire à canon lisse de type Charleville 1777 propulse une balle ronde de .69" (17.5 mm) à une vitesse d'environ 360 m/s, avec une charge de 5 grammes de PN. Un fusil de type Enfield 1858 (arme employée durant la guerre de Sécession 1861-65) à canon rayé, propulse une balle de calibre .45" pesant 500 grains vers 400 m/s, avec une charge de poudre noire de 3.5 grammes. L'énergie est similaire à une balle de type Slug tirée d'un fusil lisse de calibre 12, soit dans les 2 500 joules.
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Toutes ces armes sont principalement limitées à moins de 400 m/s en raison de l'emploi de plomb pur et de la poudre noire. Mais leurs énergies sont loin d'être dérisoires ou anémiques.
Pour comparer avec des calibres modernes, un .357 Magnum à balle de 158 grains JSP atteint une vitesse de 400 m/s et une énergie de 816 joules.
La poudrerie Philippe Auguste, mise en place en un temps record sous la direction de Gustave Maurouard, a démarré sa production dès le 2 novembre. Elle utilisait des machines à vapeur pour actionner les différents appareils de fabrication, une première en France.
La poudre noire produite était un mélange de salpêtre, soufre, et charbon de bois, avec des proportions pouvant varier suivant les usages. La potasse était obtenue par lessivage des cendres de feux de bois, et le charbon de bois par carbonisation de bois blanc.
La poudrerie a ensuite été rapidement démolie, mais une partie des équipements a été réutilisée dans la poudrerie de Sevran.
| Arme | Calibre | Type de projectile | Masse (grains) | Charge de PN (grammes) | Vitesse (m/s) | Énergie (joules) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Colt 1848 Baby Dragoon | .31" (8 mm) | Balle ronde | 46 | 0.80 | 250 | 94 |
| Colt 1851 Navy | .36" (9 mm) | Balle ronde | 79 | 1.40 | 315 | 253 |
| Colt 1861 Army | .44" (11 mm) | Balle ronde | 141 | 2.20 | 285 | 370 |
| Colt 1848 Dragoon | .44" (11 mm) | Balle ronde | 141 | 3.20 | 360 | 590 |
| Charleville 1777 | .69" (17.5 mm) | Balle ronde | - | 5.0 | 360 | - |
| Enfield 1858 | .45" | Balle | 500 | 3.5 | 400 | ~2500 |
| .357 Magnum | .357" | JSP | 158 | - | 400 | 816 |
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