Envie de participer ?
Bandeau

La musique a souvent été un reflet des opinions populaires et un instrument de ralliement derrière une cause. Dans le contexte de la Palestine, elle joue un rôle supplémentaire : face à la colonisation culturelle, les chansons palestiniennes constituent des actes de résistance et des « preuves de vie ».

Musique et Résistance Palestinienne

Dès la Nakba de 1948, des chansons populaires expriment les sentiments des artistes vis-à-vis de la Palestine. C’est particulièrement le cas des voisins libanais et égyptiens, comme en témoignent ces deux premières chansons : Ya Zayer Mahda Issa (Oh visiteur du berceau de Jésus), dont on dit qu’elle a été chantée par la toute jeune Najah Salam (Liban, 1948), et Filastin (Palestine), composée et chantée entre autres par Mohammed Abdel Wahab (Égypte, 1949).

Dans les années 1950, au Liban, les frères Assy et Mansour Rahbani rencontrent la jeune chanteuse Fairuz. Ils composent pour elle des chansons qui vont faire connaître la musique libanaise dans le monde entier et faire de Fairuz la plus grande star arabe depuis Oum Kalthoum. Leur premier album qui porte sur le sujet de la Palestine est Rajioun (Nous reviendrons), dont la première édition date de 1957. La défaite des armées arabes en 1967 et l’occupation de Jérusalem-Est, de la Cisjordanie et de Gaza par l’armée israélienne, vécues comme de véritables tragédies, vont être une nouvelle source d’inspiration.

À la défaite succède la militarisation de la résistance palestinienne, symbolisée par la bataille de Karameh en 1968, et les chansons s’en ressentent. Émanant de groupes d’anonymes exilés ou réfugiés, tel que Al-Firqah al-Markaziyyah, affilié à l’OLP, leurs titres sont on ne peut plus explicites : Ana Samid (Je résiste) ; Fidaiyyeh (Fedayin) ; Al-Assifa (La tempête, nom donné à la branche armée du Fatah) ou, tout simplement, Kalachnikov.

Après 25 ans d’occupation, la cause palestinienne a fait le tour du monde et commence à influencer des artistes des quatre coins de la planète.

Lire aussi: Kalachnikov et mélodies cubaines

Claire Diterzi : Rosa la Rouge

Dans Rosa la rouge, les femmes se battent, bâtissent, se montrent et revendiquent. La « kalachguitare » est fabriquée dans le clip de « Rosa la rouge », le morceau titre : c’est une kalachnikov à laquelle on a greffé des cordes de guitare. Claire Diterzi en joue pendant le spectacle : elle est Rosa, Claire et femme. La chanteuse n’incarne pas à proprement parler Rosa Luxemburg, elle l’évoque plutôt, la convoque sur scène à travers images et sons.

Avec cet autoportrait théâtral et musical, Claire Diterzi s’engage physiquement d’abord, musicalement ensuite, politiquement enfin. Aux côtés de Marcial Di Fonzo Bo, elle défriche la scène, crée de l’hybride, du poétique, sans hésiter à aller jusqu’à la parodie.

L'AK-47 : Un Symbole Mondial

L'AK-47, inventée par Mikhaïl Kalachnikov, est plus qu'une simple arme ; elle est devenue un symbole mondial. Tous les soldats, guerriers, rebelles, bandits du monde, vous le diront : l'AK-47 et ses nombreuses copies et dérivés (ma préférence va au R-4 sud-africain) est un chef d'œuvre. Comme les livres classiques dont on sait qu'ils ont plus de chances que les best-seller de l'année d'être encore édité dans trente ans, on sait qu'on trouvera encore longtemps des "Kalachnikov" sur les différents champs de bataille... à moins qu'apparaisse un saut conceptuel aussi puissant que celui qui a eu lieu à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

La première force de l'AK-47 est qu'elle est d'abord issue de l'observation du "peuple du feu", c'est-à-dire les fantassins, avant d'être un rêve d'ingénieur. Les Soviétiques comprennent tout de suite la puissance du concept et conçoivent à leur tour une munition à charge réduite, la 7,62 x 39 mm, avant de mettre en compétition les constructeurs pour développer l'arme qui pourrait l'utiliser. Le génie de Mikhail Kalachnikov, "surdoué de la main", est alors, tout en prenant aussi ce qui avait de mieux dans les armes automatiques de l'époque, d'avoir conçu un StG 44 simple et fiable. Son Avtomat Kalachnikova modèle 1947 s'impose d'évidence sur ses concurrentes et est adoptée en 1953.

Simple d'emploi, il suffit d'une ou deux minutes pour être capable de s'en servir dans tous les contextes et sans grand risque d'enraiement ni de beaucoup d'entretien. Le succès est alors tel et la contrefaçon si abondante que se forme vite un énorme marché secondaire civil. A plus de 100 millions d'exemplaires construits, la "kalachnikov" devient ainsi une arme de destruction massive échappant à tout contrôle et se retournant même contre ses créateurs soviétiques en Afghanistan dans les années 1980.

Lire aussi: Armes Sonores: Cadre Légal

La simplification peut engendrer des innovations de rupture. Comme la Ford-T démocratisant la voiture, l'AK-47 a offert de la puissance de feu efficace à tous. Produite massivement, elle est à la fois disponible partout et peu coûteuse (quelques centaines de dollars).

L'AK-47 est présente sur le drapeau du Mozambique, symbolisant la lutte pour l'indépendance. Elle est aussi associée à des figures révolutionnaires comme Castro et Allende. Cependant, elle est également utilisée par des groupes djihadistes et des organisations criminelles, illustrant son rôle ambivalent dans les conflits contemporains.

Goran Bregovic et la "Kalachnikov"

Goran Brégovic, musicien né en Yougoslavie, utilise la musique pour exprimer la joie et la réalité de la vie. Lors d'un concert à Cannes, il termine son spectacle sur une chanson à boire de la vodka, sur sa version déjantée de "Bella Ciao" et sur les rafales de son tube "Kalachnikov" avec son invocation hurlée à la face du public en transe... "qui ne devient pas fou... Et pourtant ! La magie de Goran Bregovic est de ressusciter le bonheur sans gommer la réalité.

Lydie Salvayre et la Révolution Espagnole

Lydie Salvayre, à travers son œuvre, explore des thèmes politiques et sociaux. Son livre Pas Pleurer aborde la guerre civile espagnole et la solidarité entre les communistes et les anarchistes. Elle souligne l'importance de la solidarité et du refus des injustices, en s'inspirant des mouvements libertaires contemporains.

Salvayre utilise une langue riche et diversifiée, mêlant le fragnol, la langue des politiques, des chansons et des poètes. Elle remet en question les hiérarchies linguistiques et affirme que toutes les langues ont le droit d'exister.

Lire aussi: "Le Vieux Fusil": un chef-d'œuvre à redécouvrir

Tableau Récapitulatif des Artistes et Œuvres Cités

Artiste Œuvre Thème
Najah Salam Ya Zayer Mahda Issa Palestine
Mohammed Abdel Wahab Filastin Palestine
Fairuz Rajioun, Al-Quds Fil Bal Palestine, Retour
Cheikh Imam et Ahmed Fouad Najm Ya Falastiniyun Lutte armée
Al-Firqah al-Markaziyyah Ana Samid, Kalachnikov Résistance
Ahmad Kaabour Ounadikom Militantisme
Marcel Khalife Jawaz al-Safar, Rita wa al-Bunduqiyyah Palestine
Claire Diterzi Rosa la Rouge Rosa Luxemburg, Féminisme
Goran Bregovic Kalachnikov Musique festive

tags: #musique #communiste #kalachnikov #histoire

Post popolari: