Cet article se penche sur la composition des munitions à poudre noire pour le Nagant 1895, ainsi que sur le régime juridique qui les encadre en France.
En France, le régime des matériels de guerre, armes et munitions est régi par un ensemble de textes législatifs et réglementaires. Parmi ceux-ci, le décret-loi du 18 avril 1939 fixe les règles applicables à ces matériels.
L'article 1er de ce décret-loi classe les matériels de guerre, armes et munitions dans différentes catégories :
Toute personne ou société souhaitant fabriquer ou commercialiser des matériels des sept premières catégories doit en faire la déclaration au préfet du département. Une autorisation de l'État est nécessaire pour les entreprises de fabrication ou de commerce de matériels de guerre et d'armes et munitions de défense (catégories 1, 2, 3, 4).
Le ministre de la défense nationale exerce un contrôle sur la fabrication et le commerce des matériels visés par le décret. Ce contrôle est exercé sur place et sur pièce par les représentants des ministères compétents.
Lire aussi: Tout savoir sur les munitions pour fusils de chasse
Le fusil Lebel, adopté en 1887, est un exemple historique pertinent. Il pouvait être considéré comme dépassé cinq ans plus tard.
Au cours du 19ème siècle, la révolution armurière affecte d’abord le fusil, arme principale du combattant. Le Mauser M71, adopté par le nouvel Empire allemand, puis le fusil Gras de 1874 en France, tous deux avec cartouches métalliques de calibre 11 mm, marquent l’apogée du fusil tirant au coup-par-coup.
Suivant l’exemple américain, des fusils Spencer et des carabines Winchester, l’attention se tourne en effet vers des armes à répétition, où l’on peut tirer plusieurs coups sans rechargement, en déplaçant successivement des cartouches placées dans un magasin, dans la crosse ou sous le canon.
La piste privilégiée est celle d’une transformation en arme à répétition des fusils existants. La perspective d’être devancé par l’Allemagne qui devait adopter en 1884 son premier fusil à répétition, un modèle 71/84 modifié par Mauser en 1884, conduisait à accélérer le processus.
La Manufacture de Châtellerault présentait en 1884 et 1885 des modèles adaptés du Kropatschek de la marine [Mle1878][2]. Au terme d’essais comparatifs approfondis de de fusil et du Châtellerault [Mle1884] avec le fusil Gras réglementaire, menés au Camp de Chalons, l’Ecole Normale de Tir concluaient : « En résumé, [ces fusils] n’ont sur le fusil 1874. d’autre avantage que celui d’être pourvus d’un mécanisme de répétition Par contre, ils sont moins précis et moins bien réglés par rapport au point visé […] Il y a donc lieu d’en conclure que ces fusils sont sensiblement inférieurs, surtout comme arme d’instruction, au fusil modèle 1874. Leur adoption, loin de constituer un progrès, ramènerait aux conditions qui ont précédé les améliorations successives apportées au fusil et à la cartouche modèle 1874»[3].
Lire aussi: Munitions disponibles à l'Armurerie de la Bourse
Ironie de l’histoire, la commission qui s’exprime en ces termes le 10 décembre 1885 est présidée par un certain colonel Lebel !
Au début des années 1880, deux suisses sont les pionniers de ce mouvement: Hebler, professeur à Zurich, propose des armes de 7, puis de 8,6 mm et le major Rubin, directeur de l’arsenal fédéral, fait essayer avec plus de succès un fusil de 7,5 dont l’intérêt reste cependant limité par l’emploi de la poudre noire.
Un rapport de la Commission d’expérience de Versailles, en date du 29 septembre 1885 constitue un pas décisif pour le choix du calibre. Ayant à examiner, du seul point de vue de leurs propriétés balistiques, des fusils des calibres respectifs 8, 7,5 et 7 mm, elle conclut que « dans les conditions où elle a employé la poudre noire et la poudre V[5], la réduction du calibre au-dessous de 8 mm ne permet d’augmenter ni la précision du tir, ni la tension de la trajectoire ».
Notons que la forme de la cartouche, qui constituera un sérieux handicap pour le développement de toutes les armes ultérieures, est tout à fait adaptée au système de répétition, faisant du Lebel une arme homogène. Son culot large, poursuivi d’une douille fortement tronconique, permet d’avoir une cartouche courte et compacte, augmentant la capacité du magasin tubulaire, dans lequel ces cartouches sont stockées en position inclinée, éliminant les risques de percussion accidentelle. La largeur du bourrelet assure un bon positionnement de la cartouche dans la chambre et un bon fonctionnement de l’éjecteur, sans exiger une précision extrême dans la fabrication des pièces.
Il existe du matériel de rechargement de haute qualité disponible pour ceux qui souhaitent recharger leurs propres munitions. Ce matériel comprend :
Lire aussi: Charger une arme à feu en toute sécurité
tags: #munitions #poudre #noire #nagant #1895 #composition