La lutte anti-sous-marine (ASM) est une composante essentielle des opérations navales modernes. Elle implique l'utilisation de diverses munitions lancées depuis des navires pour détecter, traquer et neutraliser les sous-marins ennemis. Cet article explore les différents types de munitions ASM, leur évolution et leur importance stratégique.
Dans l'immédiat après-guerre, la Marine Nationale Française a dû se reconstruire après les ravages de la Seconde Guerre mondiale. La flotte était usée, les équipages fatigués, et l'outil industriel avait été dévasté.
En septembre 1939, la Royale était la quatrième marine du monde en termes de tonnage. Cependant, de nombreux navires en construction ont été stoppés par la guerre. La marine française réunifiée a repris la lutte avec un mélange de navires hérités de l'avant-guerre et de quelques navires cédés par la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Face à cette situation, la France a entrepris un effort de modernisation de sa flotte, notamment avec la construction de frégates spécialisées dans la lutte anti-sous-marine.
En septembre 1939, la marine française possédait trente-deux contre-torpilleurs et vingt-six torpilleurs d'escadre. Six ans plus tard, la Royale ne possédait plus que six contre-torpilleurs. Les quatre contre-torpilleurs de classe Le Fantasque pouvaient encore tenir leur rang pour quelque temps.
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Durant le second conflit mondial, la France a reçu des navires d'escorte plus modernes de conception et de fabrication américaine et britannique. Parmi les navires transférés figurent six destroyers d'escorte de type Cannon, formant la Classe Le Sénégalais.
Dans le contexte de la guerre froide, les États-Unis ont utilisé leurs surplus pour permettre à leurs alliés européens de bénéficier de navires modernes ou du moins capables de faire la soudure en attendant l'arrivée de navires neufs. La Royale a reçu huit autres destroyers de type Cannon.
À ces destroyers d'escorte made in America se sont ajoutées des corvettes et des frégates de conception et de fabrication britannique. Les premières, formant la Classe Flower, ont été commandées avant même le second conflit mondial, mais aucun navire n'était prêt avant la défaite de juin 1940.
Les Forces Navales Françaises Libres (FNFL) ont utilisé des Flower sous pavillon français. Pas moins de neuf corvettes ont ainsi combattu sous le pavillon à Croix de Lorraine à partir du 5 mai 1941.
Les Flower étaient de bons navires mais possédaient un certain nombre de limites. D'où la mise au point d'un escorteur plus gros qui permet la réintégration du terme frégate (frigate). C'est l'acte de naissance de la Classe River avec 127 navires produits (57 en Grande-Bretagne et 70 au Canada).
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La marine nationale a armé à partir du 29 octobre 1943 six frégates de classe River. Elles ont servi dans la marine nationale jusqu'au tout début des années soixante.
Pour compenser les pertes de la guerre et permettre la reconstitution de la flotte, la France a également récupéré des navires allemands et italiens. Quatre Zerstorers ont été récupérés, deux du type 1934A et deux type 1936A. A ces quatre navires s'ajoute le Z-39 cédé par les américains mais qui en trop mauvais état va être utilisé pour cannibalisation. Il termine sa carrière comme ponton à Brest avant d'être démoli en 1964.
Dans le cadre du traité de paix signé avec l'Italie en 1947, des navires italiens ont été cédés à la Royale notamment deux croiseurs-éclaireurs et quatre destroyers. Les croiseurs-éclaireurs Attilio Regolo et Scipione Africano sont remis en service dans la marine française en 1952 sous les noms respectifs de Chateaurenault et Guichen.
Les sous-marins français étaient équipés de divers canons, allant du 203 mm du Surcouf au 75 mm des sous-marins de 2ème classe.
Les sous-marins français disposaient de deux types de torpilles d'un calibre de 550 mm et 400 mm fonctionnant à l'air comprimé.
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Les groupes de tubes lance-torpilles étaient soit intérieurs, soit extérieurs, soit montés en tourelles orientables.
Le Surcouf avait en dotation un hydravion biplace MB 411 destiné à la reconnaissance et au réglage du tir des 203 mm.
Dès le début, les sous-mariniers et les concepteurs de sous-marins ont rêvé du sous-marin autonome rompant tout lien avec la surface. Cela était techniquement impossible puisqu'il fallait régulièrement recharger les batteries en utilisant les moteurs diesels.
À la fin des années trente, les néerlandais inventent le schnorkel, un ensemble de deux tuyaux pour permettre l'utilisation du diesel en plongée ce qui permettait en théorie au sous-marin d'y recharger ses batteries.
Plusieurs pays étudièrent le système en circuit fermé mais seuls les allemands durant le second conflit mondial allèrent jusqu'à la construction de sous-marins fonctionnant en circuit fermé.
Déçus des performances, les allemands préférèrent mettre au point de véritables sous-marins diesel-électrique, les type XXI et type XXIII qui annonçaient les premiers classiques de l'après guerre.
Les alliés expérimentèrent ces sous-marins à haute performance et le principe de la turbine Walter mais abandonnèrent rapidement la possibilité de la construction en masse en raison des mêmes problèmes que ceux rencontrés par les allemands mais surtout parce que la propulsion nucléaire était nettement plus prometteuse.
Les États-Unis sont les pionniers dans ce domaine. En 1946, le projet démarre avec la mise en place à Oak Ridge d'une équipe dirigée par le capitaine de vaisseau Hyman Rickover. Officier à la très forte personnalité, il est le père de la flotte sous-marine nucléaire américaine.
Début 1949, Rickover décide de développer un réacteur à eau pressurisée (PWR). Le prototype baptisé STR Mk1 est construit par Westinghouse et diverge en mars 1953. Son quasi-jumeau, le MkII, est installé à bord du Nautilus, le premier sous-marin à propulsion nucléaire de l'histoire.
Avec la prolifération des systèmes anti-missiles, une question naturelle se pose : Pourquoi ne peut-on pas concevoir des systèmes similaires pour se protéger des torpilles ?
Les torpilles sont différentes des missiles en raison de leur mécanisme de destruction et du profil de l'attaque. Une attaque de torpille par un sous-marin n'a pas énormément changé depuis la 2nd Guerre Mondiale.
Il existe des défenses contre les torpilles modernes, la plupart étant guidées par des systèmes sonar. Souvent, il y a des bruiteurs remorqués, qui sont à usage unique puisqu’ils leurrent la torpille pour qu’elle les touche à la place du navire qui les remorque.
Les Russes ont commencé à développer des systèmes "hard-kill". Les Américains et les Britanniques ont ensuite développé une nouvelle arme sur ce concept, créant un système qui va lancer une torpille anti-torpille.
Le marché des grandes plateformes navales entre dans une importante phase de renouvellement pour assurer la succession des navires dont la conception date de la fin de la guerre froide. Le contexte stratégique a évolué, tout comme les menaces et les budgets alloués aux armements.
La tendance sur le marché export est de s'orienter vers des plateformes plus polyvalentes, ce qui a des conséquences sur les besoins en systèmes d'armes. Il y a une demande croissante de capacités d'action vers la terre.
Le combat en haute mer semblant faire partie d'un passé révolu, la stratégie est aujourd'hui plus axée sur le combat littoral, d'où une évolution des systèmes d'armes. Il a fallu adapter les systèmes pour prendre en compte les nouvelles menaces, et notamment les attaques saturantes en eaux côtières.
Le développement de la technologie permet aujourd'hui d'utiliser des missiles autoguidés, qui ne constituent plus que les seuls équipements vendus dans le domaine sol-air.
Tous les missiles surface-air suivent l'évolution inéluctable du sol-air, y compris sur les missiles à moyenne portée, dont beaucoup sont aujourd'hui dotés d'un guidage autonome. C'est le cas par exemple de l'IRIS-T de l'Allemand Diehl BGT Defence ou de l'Israélien Spyder.
Raytheon domine avec le RAM et l'ESSM. Il y a ensuite les produits de MBDA. L'Umkhonto n'a pas encore rencontré de grand succès mais on peut imaginer que les Israéliens reviennent dans la course.
Ces missiles sont conçus pour contrer la menace des missiles antinavire de dernière génération, à vol rasant, très manoeuvrants, rapides ou à fort piqué final. Ces missiles à deux étages avec autodirecteur actif, capables de détruire une cible à l'impact, affichent une portée de 30 kilomètres (Aster 15) et 120 kilomètres (Aster 30).
Bien que la précision avancée à l'époque ne fût pas toujours au rendez-vous, l'avènement du missile de croisière dans ce conflit a marqué un tournant. Jusqu'ici, seuls les Américains, et toujours Raytheon, mettaient en oeuvre une telle capacité de frappe dans la profondeur.
Lancé depuis bâtiments de surface et sous-marins, le Tomahawk mesure 6.25 mètres pour une masse de 1.5 tonnes, dont 454 kilos de charge militaire. Lancé verticalement depuis croiseurs et destroyers de la Navy, les dernières versions du missile de croisière peuvent atteindre 1300 à 1700 kilomètres selon le constructeur américain.
Développé par MBDA, le Scalp Naval est la version navalisée du Scalp EG, tiré depuis avion de combat. Prévu pour être embarqué à raison de 16 exemplaires par FREMM, le Scalp Naval mesure 6.5 mètres de long pour une masse de 1400 kilos. Sa portée dépasse 1000 kilomètres et il sera tiré depuis des lanceurs verticaux Sylver A70.
Plus encore que sur une frégate, le couple SNA/missile de croisière constitue un véritable outil de puissance et de dissuasion. Equipé de ce type d'engin, les sous-marins constituent, en effet, une grave menace pour tout pays hostile. Ces deux composantes, complémentaires, offre donc une plus grande flexibilité au pouvoir politique.
Avec son célèbre Exocet, qui équipe aujourd'hui 35 pays, le missilier européen tient la dragée haute à l'Américain Boeing et son Harpoon. Ce missile, dont la dernière version est l'Otomat Mk2 Block IV, est le seul à disposer d'une capacité de ré-information en vol. Les autres missiles sont du type « Fire and Forget ».
De nouveaux compétiteurs font une entrée très remarquée sur ce segment. Au premier rang des nouveaux entrants ont trouve le Suédois Saab et son RBS-15. Long de 4.35 mètres (150 kilos de charge militaire), ce missile atteint 90 km (Mk1/2). Le RBS-15 existe en version air-mer, embarquable notamment sur l'avion de combat Grippen.
Long de 3 mètres pour un poids de 400 kilos (dont 140 de charge militaire), le C 802 est donné pour une portée annoncée de 200 kilomètres. Conçu pour la lutte littorale, il dispose d'un autodirecteur infrarouge, contrairement aux autres missiles antinavires, dotés d'un autodirecteur électromagnétique.
Dérivé du SS-N-26, ce gros missile supersonique de 8.9 mètres de long et 3 tonnes (dont 250 kilos de charge militaire) atteindrait 290 kilomètres. Mis en oeuvre sur certains grands bâtiments de surface indiens et depuis des batteries côtières, le BrahMos existe désormais en version air-mer, tirée depuis des avions May.
La concurrence est de plus en plus importante et la pression de plus en plus forte. Le prix devient un élément de décision beaucoup plus important que par le passé. On constate aussi une surenchère sur les performances, ne serait-ce qu'au niveau de la portée, qui ne fait qu'augmenter.
Chez le missilier européen, on fait néanmoins remarquer qu'au-delà de l'horizon, un missile antinavire nécessite un relai (avion ou hélicoptère). Or, une telle mise en oeuvre est relativement complexe et demande un important savoir-faire.
Certains n'hésitent pas à franchir le pas pour vendre leurs produits, c'est ce qu'on appelle le « missile de croisière du pauvre ». En clair, les marines n'ayant pas les moyens, ou ne pouvant accéder à de véritables missiles de croisière, peuvent adopter ces engins pour disposer d'une certaine capacité contre cibles côtières.
| Missile | Type | Portée | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| RAM (Rolling Airframe Missile) | Surface-Air | 10 km | Contre les missiles antinavires |
| Umkhonto | Surface-Air | 12 km | Tirés par cellules de lancement vertical |
| IRIS-T | Surface-Air | 12-25 km | Guidage autonome |
| Aster 15 | Surface-Air | 30 km | Destruction à l'impact |
| Aster 30 | Surface-Air | 120 km | Destruction à l'impact |
| Tomahawk | Croisière | 1300-1700 km | Lancé depuis surface et sous-marins |
| Scalp Naval | Croisière | > 1000 km | Lancé depuis lanceurs verticaux Sylver A70 |
| Exocet | Anti-Navire | Variable | Equipe 35 pays |
| RBS-15 | Anti-Navire | 90 km | Existe en version air-mer |
| C 802 | Anti-Navire | 200 km | Conçu pour la lutte littorale |
| BrahMos | Anti-Navire | 290 km | Supersonique |
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