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Cet article aborde la question de l'utilisation de munitions étrangères sur des bandes de type MG, en explorant les aspects techniques, réglementaires et historiques liés à cette pratique.

Aspects Techniques et Sécurité

La poudre dans une cartouche pour MG est souvent plus puissante pour assurer le retour de la culasse en position. Il n'est pas recommandé de tirer cette cartouche dans un G98 ou un K98, bien que cela soit possible en situation d'urgence. Cependant, cela peut entraîner une forte claque à l'épaule et solliciter les limites de résistance du canon.

Certains puristes peuvent désapprouver l'idée de monter des munitions de Mauser sur une bande d'MG, mais la difficulté de trouver des munitions MG peut rendre cette option attrayante. Il est essentiel de considérer les implications techniques et de sécurité avant de procéder à de telles modifications.

Réglementation Française sur les Armes et Munitions

La législation française encadre strictement la détention, le transport et l'utilisation des armes à feu et des munitions. La Loi et ses Décrets et Ordonnances sont assez complexes à décortiquer, bien que le titre de la loi l’annonce comme « simplificatrice ».Alors voilà ce qu’il faut retenir. Je vous propose un résumé simple et dépourvu de jargon juridique.

  • Le Transport et le Port d’une arme neutralisée est autorisé dans le cadre d’une reconstitution historique.
  • Le « port » d’une arme, par rapport à son « transport », c’est pouvoir la mettre en oeuvre immédiatement. Un Garand dans sa housse à l’épaule, c’est du transport. Sans housse, c’est du Port [1]. Un pistolet à la ceinture, même dans un holster, c’est du Port.
  • Les baïonnettes ne sont plus classées.
  • Le transport du et vers le domicile est autorisé à condition de pouvoir justifier de votre participation à la reconstitution.
  • Si la reconstitution a lieu sur un terrain privé, (presque) tout est permis - même le tir - si la zone est sécurisée (le tir n’est pas une action de chasse) et que le bruit ne crée pas de nuisances au voisinage. Attention, seul le tir avec une arme mono-coup, à répétition ou semi-auto 3 coups (donc classée chasse ou collection) est possible sur une propriété privé. Le tir avec une arme classée soumise à autorisation (catégorie B) est interdit en dehors d’un stand d’une fédération sportive (les armes de poing, les semi-auto plus de 3 coups).
  • Si la reconstitution a lieu sur un espace publique, des arrêtés municipaux peuvent avoir interdit le port d’armes.
  • Si un organisateur conteste la légalité du statut de votre arme, il n’a pas le droit de vous la « confisquer » s’il n’est pas lui-même un professionnel ayant une autorisation ministérielle de fabrication et commerce d’armes classée.
  • Les armes de conception antérieure à 1900 sont classées « collection » (libre). Ce qui veut dire que vous pouvez parfaitement commémorer 14-18 avec un Lebel ou un R35 (voir doctrine de classement) en parfait état de marche. Inutile de le faire neutraliser (sacrilège). Attention, les Mauser, Berthier et Mosin-Nagant - tous modèles confondus - sont reclassés en catégorie « Chasse » (soumis à déclaration). Ceux-là devront être neutralisés pour une reconstitution sur l’espace public.
  • Le législateur a conçu cette loi dans l’esprit de simplifier la vie des détenteurs légaux, et de durcir le volet répressif pour les .. « non-légaux ».
  • Deux sortes de neutralisations sont reconnues : la neutralisation européenne quelque soit le pays de neutralisation. Il faut alors disposer d’un certificat de neutralisation disposant du logo européen. Et la neutralisation française du Banc d’Epreuve de St Etienne d’avant 2015 pour laquelle il n’est pas obligatoire d’avoir le certificat délivré initialement, le poinçon seul vaut preuve.. Il ne peut pas vous l’être exigé par un organisateur !
  • Pour une arme neutralisée à l’étranger avant le 8 avril 2016, le poinçon du banc d’épreuve ou de l’armurier qui a effectué la transformation ET le certificat délivré initialement permettent de prouver la neutralisation.
  • Attention, le code des Douanes (art 215) impose de pouvoir présenter « à la première réquisition » une preuve d’achat démontrant l’acquittement des droits de douane. Il faut donc avoir une copie de la facture d’achat de l’arme. Il y a eu plusieurs cas d’armes confisquées par les Douanes. Ne pas sourire à la lecture ce paragraphe. Si vous n’avez plus de facture, vous pouvez toujours vous adresser à un armurier qui vous « cédera » (pas « vendra ») votre arme et vous délivrera un « certificat de cession ». Il est évident que les belligérants ayant abandonné leurs armes sur le sol français n’ont pas payé de droits de Douane en entrant en France.
  • La neutralisation « goupille Mecanindus » des années 70 n’est PLUS valable. L’arme est considérée comme active au regard de la loi, tout simplement parce qu’il est facile de la remettre en état. Donc, ne prenez pas de risque : un aller-retour à Saint-Etienne et vous serez tranquille.
  • La neutralisation française enlève à une arme toute capacité de chambrer et tirer une munition, ainsi que de pouvoir être remise en état ultérieurement : La chambre est obstruée, le canon est soudé à la boîte de culasse, la culasse est tronçonnée à 45º (de façon discrète), l’extracteur et l’éjecteur sont retirés. Toutes les pièces modifiées doivent recevoir le poinçon attestant de leur neutralisation. La neutralisation française ne dénature pas l’arme et les pièces gardent leur mobilité.
  • Vous détenez un souvenir familial que vous souhaitez conserver. Si c’est une arme de conception antérieure à 1900 (en dehors des quelques armes reclassées) : vous n’avez rien à faire, vous pouvez la conserver. Si c’est une arme classée « chasse » (armes à verrou) ou classée « soumise à autorisation » (armes de poing et armes semi-auto plus de 3 coups), vous pouvez la conserver, mais il vous faudra rapidement la remettre à votre armurier. Une fois inscrit à un club de tir, votre armurier pourra vous « céder » cette arme officiellement, s’il s’agit d’une arme de « chasse ». En revanche, pour une arme soumise à autorisation, ce n’est qu’après plusieurs mois de pratique du tir (avec une arme du club), que vous pourrez faire une demande d’autorisation auprès de votre préfecture et que votre armurier pourra vous remettre cette arme sur présentation de votre autorisation d’acquisition et de détention. Enfin, pour les armes full-auto … c’est simple : c’est rigoureusement interdit au commun des mortels.
  • Les « Quasi-Armes » sont reconnues par le décret sous la désignation : « Armes Factices », capables ou non de « d’expulser un projectile non métallique avec une énergie à la bouche inférieure à 2 joules ». La nouvelle réglementation ne donne pas plus de précisions. Il faut donc aller chercher dans d’autres textes réglementaires les critères qui pourraient restreindre leur détention, transport et port.
  • Il n’y a pas de restriction légale au transport d’une "arme factice".
  • En clair : Ne vous amusez pas à prendre le train avec votre Garand Denix à le bretelle sur l’épaule. Housse obligatoire hors du lieu de la reconstitution historique.
  • ATTENTION !
  • Même à l’état d’épave, ou épave restaurée, une arme non neutralisée par le Banc d’Epreuve de Saint Etienne - ou simplement constatée comme inutilisable ni susceptible d’être remise en état de tir (intégralement ou certaines pièces) - RESTE CLASSÉE, DANS SA CATÉGORIE D’ORIGINE.
  • Pareil pour les éléments d’arme (canon, culasse, boîte de culasse). Même rouillés, c’est une arme.
  • Néanmoins, en cas de problème avec la maréchaussée ou les Douanes, vous avez des droits et vous pouvez les faire respecter ! le premier réflexe est donc d’entrer en contact avec l’UFA et de demander une expertise auprès d’un expert agréé près de la Cour d’Appel afin de faire constater que « l’épave d’arme » est inutilisable à défaut d’être officiellement neutralisée. Le juge peut faire primer le fond sur la forme !
  • Les BANDES de mitrailleuses de plus de 30 cartouches sont interdites. Ça peut paraître ridicule, mais la façon dont les textes sont rédigés ont cette conséquence.
  • En fait, les bandes de mitrailleuses ne sont autorisées sur des armes neutralisées QUE si elles sont neutralisées elles aussi ! Il y a une tolérance jusqu’au 6 sep 2016. Après … nul ne sait !
  • La majorité des munitions du 2ème conflit mondial sont passées en catégorie chasse (catégorie C) sauf les cartouches de mitrailleuses lourdes, anti-char et d’armes de poing. L’achat est réglementé mais la détention est libre pour les majeurs (avec quota) les cartouches complètes et leurs composants.
  • Il est interdit de détenir des projectiles perforants, explosifs ou incendiaires. Il est par contre fortement déconseillé de neutraliser une munition traçante ou incendiaire, vu le risque que constitue la mise à l’air de composés à base de phosphore. Même si votre petit copain l’a fait et ne s’est pas fait roussir, n’essayez pas !
  • Il n’existe aucune procédure officielle pour la neutralisation d’un corps de grenade (surtout les défensives). Donc, une grenade reste toujours classée, même vide. Au regard de la loi, un corps de grenade vide peut toujours être garni à nouveau d’explosif. En cela, il reste classé.
  • Attention la neutralisation n’est officiellement reconnue qu’aux munitions de moins de 20 mm, même si une tolérance existe pour celles neutralisées d’un calibre supérieur.
  • Même neutralisée, une arme reste une arme (voir définition code pénal) ! C’est un objet particulier que beaucoup d’hommes ont dû porter pour protéger leur pays et leur vie ou hélas agresser leur prochain. A ce titre, l’arme est aussi un symbole.
  • Un fusil n’est pas un « flingue ».
  • Donc, ne jamais pointer une arme vers un copain pour faire « Pan t’es mort ». Même, si vous reconstituez un combat, ayez le respect de ne pas viser directement votre petit copain d’en face : Visez plus haut.
  • Ne jamais abandonner son arme. Si elle doit être posée, penser à la protéger contre les corps étrangers. Et toujours s’assurer que vous êtes le seul à pouvoir vous en saisir.
  • Au niveau de la Loi, voici trois mots rencontrés souvent et qui sont parfois employés l’un pour l’autre. Légal : Qui est conforme à la loi ; qui se rapporte à la loi. Licite : Qui est permis par la loi, explicitement ou implicitement. Légitime : Qui est conforme au bon droit, qui est « fondé ».

Les lois peuvent être modifiées par Ordonnance quand il s’agit de les mettre à jour techniquement en fonction d’autres lois votées. Une « douille », c’est pour les munitions de 20mm et plus. En dessous, on dit un « étui ». La « balle », c’est le projectile qui part. La « cartouche » c’est l’ensemble étui + balle (+ amorce + poudre). La « détente », c’est là où on met le doigt.

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Il est crucial de respecter scrupuleusement ces réglementations pour éviter toute sanction légale.

Production et Relocalisation des Munitions en France

Avec la fermeture de la Manufacture d’armes de Saint-Étienne et de l’établissement de Giat Industries au Mans, la France a perdu des capacités industrielles considérées comme non stratégiques au début des années 2000. Cette dépendance a entraîné des problèmes, notamment la mauvaise qualité de certains lots de cartouches de 5,56 mm. La question de relocaliser une filière de munitions de petit calibre en France a été posée, mais un rapport de 2015 a écarté cet argument.

Cependant, la guerre en Ukraine a relancé le débat, et en novembre 2022, Emmanuel Chiva a estimé qu’il était temps de se poser la question. En 2023, Sébastien Lecornu a demandé à la DGA de réaliser une étude à ce sujet. La DGA a réévalué sa position et a confirmé la possibilité d'exiger la localisation d'une usine en France, au titre des intérêts essentiels de sécurité.

Munitions Allemandes de 7,92 mm : Histoire et Composition

La cartouche réglementaire allemande pour arme longue entre 1898 et 1945 était la 7,92 mm, avec un étui de 57 mm. Cette munition a été remplacée en 1905 par la "Spitzgeschoß" (S). Les Allemands utilisaient principalement trois matériaux pour fabriquer les étuis, tandis que les projectiles offraient une multitude de variantes et de compositions.

Dès la Première Guerre Mondiale, des munitions contenant une charge de phosphore blanc ont été développées. La munition "Pr.L" (traçante au phosphore) a été suivie par la "S.Pr" (balle pointue au phosphore). Un manuel français de 1920 décrit un projectile incendiaire "S.Pr." avec un noyau en plomb durci surmonté d’un noyau acier et d’une charge de phosphore blanc. Un opercule en alliage Darcet assurait la combustion du phosphore au contact de l’air.

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À la fin des années 30, les projectiles incendiaires au phosphore ont été repensés, avec la munition "K" contenant un noyau (perforant) en acier. Les cartouches "K" étaient souvent montées avec des étuis en laiton et contenaient un noyau en acier trempé et une charge de phosphore blanc. Des essais récents ont démontré que ces cartouches, même après 80 ans, restent fonctionnelles et conservent leur pouvoir incendiaire.

Étude de Cas : Crash d'un Dornier Do.217 K-3

En 2013, une expédition archéologique sur le site du crash d'un bombardier allemand Dornier Do.217 K-3 a permis de découvrir des cartouches déformées. L'examen de ces cartouches a révélé que la chemise du projectile était suffisamment solide et que la composition incendiaire de phosphore blanc s'était échappée de la base du projectile. Des cartouches "v" (verbesserte) avec un chargement optimisé de poudre propulsive étaient censées équiper les armes de bord, mais des pénuries ont contraint les armuriers à utiliser des cartouches moins compatibles.

Tableau Récapitulatif des Munitions Allemandes 7,92 mm

Dénomination Composition Caractéristiques
8×57 I Calibre 7,92 mm Diamètre de 7,80 mm en plat de rayure et de 8.02 mm en fond de rayure pour un projectile de 8.09 mm.
S.Pr Balle pointue au phosphore Noyau en plomb durci surmonté d’un noyau acier et d’une charge incendiaire de phosphore blanc
Flugzeugbrand « F » Incendiaire pour avion Noyau perforant et une faible charge de phosphore blanc
K Noyau (perforant) en acier Noyau en acier trempé et une charge de phosphore blanc
V Verbesserte (amélioré) Chargement optimisé de la cartouche avec de la Nitropenta Gewehr Röhrenpulver

En conclusion, l'utilisation de munitions étrangères sur des bandes de type MG soulève des questions techniques, réglementaires et historiques complexes. Il est essentiel de prendre en compte tous ces aspects avant de procéder à de telles pratiques.

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