La finalité d’une mission d’assaut est la destruction des objectifs au sol. L’efficacité de l’attaque repose en grande partie sur une bonne adaptation de la munition à la nature de l’objectif à traiter et sur la précision de la phase finale d’attaque. La capacité de délivrer avec précision un armement approprié ne sera obtenue qu’à l’issue d’un entraînement adapté au tir aérien. Le pilote de combat dispose d’une allocation annuelle de munitions. Dans un but d’économie et pour diminuer les risques (ricochets) très importants avec l’emploi d’armements « bons de guerre » (BdG), l’Armée de l’air utilise des munitions inertes. Les obus comme les roquettes BdG et d’exercice sont identiques, mis à part l’absence de charge militaire pour ces dernières.
L’Armée de l’air dispose d’une variété de cibles adaptées au tir de tous les armements classiques. Les objectifs justiciables d’une attaque à la roquette sont de deux types. Les uns ont des dimensions étendues (campements, dépôts), les autres sont ponctuels (chars, batteries sol-air).
Plusieurs types de cibles sont utilisés pour l'entraînement:
La restitution se fait à vue depuis le PC de tir ou à partir d’un hélicoptère et ne pose pas de difficulté particulière. Le tir des missiles air-sol BdG, AS-30 classique ou laser (AS-30L), s’effectue au-dessus de la mer sur des cibles type marine. Pour le tir des missiles antiradar type AS-37 Martel ou Adam, la cible se compose d’un shelter et d’un aérien disposé à proximité.
Un système de restitution de la trajectoire des bombes BdG tirées en tous modes : palier, palier ressource, piqué ressource, a été expérimenté sur un champ de tir air-sol en 1987. Compte tenu des bons résultats obtenus durant l’évaluation du système mis en place à Captieux, l’État-major a décidé d’équiper trois autres champs de tir (Suippes, Epagny, Diane) de ce type de matériel. Cela permettra la surveillance et l’enregistrement des phases de tir canon et roquettes d’exercice et BdG, la connaissance de la trajectographie des bombes BdG et de l’écartographie des munitions types bombe et roquette.
Lire aussi: Tout savoir sur les munitions pour fusils de chasse
Lorsqu’un magnétoscope de bord enregistre les éléments du collimateur tête haute, la vitesse et l’altitude pourraient être connues du pilote grâce à un système permettant de « geler » ces informations dans le CTH (Affichage tête haute) dès l’action sur la commande de tir. Tout récemment, un équipement permettant d’évaluer ces paramètres ainsi que la vitesse exacte de l’avion au moment du tir a été expérimenté à Captieux. Il comprend un microphone qui, placé au voisinage de la cible, perçoit lors du tir deux types de signaux sonores : les ondes de choc des obus et les détonations dues au tir. L’intervalle de temps entre la perception du début et celle de la fin de ces deux signaux permet de mesurer les deux distances précédentes. Les résultats obtenus ont été comparés avec la restitution des films des enregistreurs de visée.
Simultanément la trajectographie instantanée d’un avion tireur dans une image vidéo « préétalonnée » (repères cible, distances, pente idéale) pour un type de tir et une cible donnée, complète, avec la distance de tir, les paramètres essentiels d’une passe.
Les bombes à sous-munitions sont composées d’un conteneur (appelé aussi bombe mère) regroupant, selon les modèles, une dizaine à plusieurs centaines de mini-bombes, appelées sous-munitions. Elles sont larguées par voie aérienne ou terrestre. Le conteneur s’ouvre et éjecte les sous-munitions qui sont censées exploser au contact du sol ou de l’objectif visé. Les BASM sont des armes d’attaque, conçues pour saturer et interdire une zone. En fonction de la cible visée, elles peuvent être à effet : antipersonnel, antivéhicule, anti-infrastructure, incendiaire, toxique (ces effets peuvent être combinés en fonction des modèles de BASM).
Les armes à sous-munitions sont des armes d’attaque, conçues pour saturer et interdire une zone dans laquelle une ou plusieurs cibles ont été localisées. En fonction de l’objectif visé, les sous-munitions utilisées peuvent être à effet anti-personnel, anti-véhicule, anti-infrastructure, incendiaire, toxique...
Ces dernières sont composées d’un conteneur, aussi appelé bombe mère, qui regroupe, selon les modèles, une dizaine ou plusieurs centaines de mini-bombes ou sous-munitions. Les bombes à sous-munitions sont larguées par voie aérienne (bombes) ou terrestre (obus, roquettes…).
Lire aussi: Munitions disponibles à l'Armurerie de la Bourse
La France, qui a utilisé des bombes à sous-munitions pendant la guerre du Golfe, en possède plusieurs modèles sophistiqués comme les roquettes à grenades, les missiles Apach-Scalp...
Le problème que pose ce type de munitions est que jusqu’à 30 % des sous-munitions n’explosent pas quand elles touchent le sol. Au moindre contact, elles mutilent, brûlent grièvement ou tuent.
Entrée en vigueur en août 2010, la Convention d’Oslo interdit l’utilisation, la fabrication, le commerce et le stockage des bombes à sous-munitions. Cette Convention sur les armes à sous-munitions (appelée aussi Traité d’Oslo) est entrée en vigueur en 2010 et est devenue la norme internationale en matière d’interdiction des bombes à sous-munitions. Cette Convention d’Oslo a été signée par 107 États en décembre 2008.
Toutefois, ni les Russes ni les Américains, pas plus que les Ukrainiens ne l’ont signée. Aux États-Unis, ce projet de livraison ne fait pas l’unanimité. En mars dernier, des élus républicains ont conseillé Joe Biden de fournir de telles armes. Washington a confirmé que l’administration Biden va fournir des bombes à sous-munitions à l’Ukraine. Ces munitions seront prélevées sur les stocks des forces armées américaines. On ne dispose pas de chiffres précis sur les stocks américains mais et l’US Army et le Corps de marines (USMC) en détiennent.
Le Laos est un exemple de la menace à long terme que posent les BASM. Le pays a été bombardé entre 1964 et 1973 et les sous-munitions qui n’ont pas explosé lors de leur largage font toujours des victimes en 2022. 10 des 18 provinces du pays sont aujourd’hui considérées comme “sévèrement contaminées”. Depuis la fin de la guerre, près de 25 000 personnes ont été tuées ou blessées dans un accident d’explosif au Laos. Les opérations de dépollution sont donc essentielles et indispensables.
Lire aussi: Charger une arme à feu en toute sécurité
En effet, conçues pour saturer une zone dans laquelle des cibles à détruire sont localisées, les sous-munitions sont disséminées sur des surfaces très larges, touchant parfois des zones d’habitation. Par ailleurs, la plupart des bombes à sous-munitions éclatent et provoquent des destructions sur une grande surface. Mais en raison de la fiabilité limitée de certains modèles, de 5 à 30 % d’entre elles n’explosent pas à l’impact, restent sur le sol et se transforment alors en véritables mines anti-personnel.
Les armes qui n’ont pas explosé restent au sol et représentent un risque pour les populations civiles qui reprennent progressivement possession des terrains pollués, bien après les conflits.
Le 3 décembre 1997, la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines anti-personnel et sur leur destruction a été signée à Ottawa.
Pour répondre à ce problème, dans le cadre de la convention de Genève de 1980 sur certaines armes classiques, les États ont adopté le Protocole V ou Protocole sur les débris de guerre explosifs, en novembre 2003. Il exige que les parties à un conflit armé procèdent à l’enlèvement de toutes les munitions non explosées.
La finalité d’une mission d’attaque au sol est de délivrer avec précision une munition sur un objectif déterminé. La cible air-sol doit être robuste, d’une grande facilité de mise en œuvre et comporter un système de restitution permettant de connaître instantanément et avec une grande précision les éléments du tir.
tags: #munitions #utilisées #attaque #aerienne