Envie de participer ?
Bandeau

Le monde de l'armement est en deuil. Gaston Glock, le fabricant autrichien de pistolets, est décédé à l'âge de 94 ans, a annoncé son entreprise le mercredi 27 décembre 2023.

« À la mémoire de Gaston Glock, 19.07.1929 - 27.12.23. La perfection continue », a écrit Glock GmbH sur son site internet, accompagnant l’hommage d’un portrait de l’homme d’affaires et d’un bandeau noir.

Un peu d'histoire

Discret comme son invention était célèbre, Gaston Glock étudie l’ingénierie mécanique à Vienne. Avant de fonder avec sa première femme, Helga, une manufacture de couteaux en 1963. À ses heures perdues, il confectionne alors déjà des prototypes de pistolets… toujours de la main gauche, afin de conjurer le sort.

En 1982, il remporte un appel d’offres de l’armée autrichienne en concevant une arme à feu composée en grande partie de matériaux non métalliques. Elle est moins chère, plus légère, plus facile à démonter, tire plus de balles que ses concurrentes et l’entreprise Glock GmbH, dont le siège est à Deutsch-Wagram (nord-est), se lance sur le marché mondial.

« Gaston Glock a non seulement révolutionné le monde des armes légères dans les années 1980, mais a également réussi à faire de la marque GLOCK le leader mondial de l’industrie des armes de poing », a précisé l’entreprise dans un communiqué.

Lire aussi: Décès au stand de tir : les détails

Le succès fulgurant du Glock

Le Glock, devenu un énorme succès de vente, a émergé dans les années 1980, une période où la criminalité augmentait et où les forces de l'ordre se sentaient submergées. Avec de nouvelles variantes et calibres munis de chargeurs allongés, il a été largement adopté par environ deux tiers des forces policières américaines, y compris celles de New York, ainsi que par plusieurs agences fédérales et locales.

« On peut vraiment comparer Gaston Glock à Steve Jobs lorsqu'il a sorti le premier produit Apple de son garage », déclarait à l'AFP en 2018 Fritz Ofner, réalisateur d'une des très rares enquêtes sur le milliardaire (Weapon of Choice).

Aux États-Unis, environ 80 % des policiers en seraient aujourd’hui équipés. Le FBI le chérit également. « In Glock we Trust ».

Un succès commercial porté par Hollywood et les stars de la pop culture. Bruce Willis vante les mérites du « flingue low-cost » dans Die Hard 2, Tommy Lee Jones dans US Marshals. On le dégaine dans les James Bond.

Le pistolet semi-automatique Glock-17 de 5e génération équipe désormais l’armée française.

Lire aussi: Circonstances troublantes autour du décès

Vendu à des millions d’exemplaires, ce minimaliste « bijou noir » assure la fortune de son concepteur autrichien et Glock GmbH, devenue une multinationale présente dans l’aviation, le bois, la santé et l’énergie, employant près de 2 000 personnes en Autriche, en Slovaquie et aux États-Unis.

Le premier pistolet produit par Glock était le ''Glock 17'' en 1980, pour lequel il a déposé une demande de brevet autrichien en avril de cette même année.

Vie privée et controverses

Mais la réussite s’est aussi faite dans la douleur. En 1999, sur un parking du Luxembourg, Jacques Pêcheur, un ancien catcheur français, fonce avec un marteau sur le magnat autrichien. Le commanditaire du meurtre, Charles Ewert, est l’ancien bras droit de Gaston Glock, devenu son ennemi après un différend. La victime en sortira vivante après avoir perdu un litre de sang, et les deux hommes seront condamnés.

Puis, l’ingénieur divorce en 2011 d’avec son épouse Helga, à l’âge de 82 ans. Commence alors le début d’un bras de fer à plusieurs millions d’euros. La mère de ses deux fils et de sa fille est évincée au profit d’une jeune collaboratrice, Kathrin Tschikof, de plus d’un demi-siècle sa cadette.

La dernière décennie est aussi marquée par la montée en puissance du débat sur les armes de poing, car le « gun made in Austria » n’est pas apprécié des seules forces de l’ordre et armées. Le néonazi norvégien Anders Behring Breivik s’en sert pour tuer 69 participants à un camp d’été de la Jeunesse travailliste sur l’île d’Utoya en 2011.

Lire aussi: Comment vérifier l'état d'un fusil

Un Glock accompagne Saddam Hussein lorsque les GI le délogent de son terrier en Irak. Et l’Organisation État islamique l’exhibe dans des vidéos de propagande. Gaston Glock perd un procès en diffamation contre l’ONG Amnesty International, qui avait attiré l’attention sur la présence de ses pistolets dans les rangs des rebelles au Soudan.

Malgré la controverse entourant le contrôle des armes à feu et son association à des fusillades de masse, le Glock n'était pas aussi fréquemment retrouvé sur les scènes de crime que d'autres marques, comme l'a mentionné M. Barrett, l'auteur du livre « Glock ».

Impliqué dans des œuvres caritatives autrichiennes, il a offert plus d'un million d'euros à ces organisations, tout en soutenant financièrement le Parti de la liberté d’Autriche.

tags: #mort #gaston #glock

Post popolari: