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La mitrailleuse Hotchkiss est l’arme emblématique de la Grande Guerre. Utilisée massivement par les deux camps, elle est à l’origine de très nombreuses pertes humaines.

Les Origines de la Mitrailleuse Hotchkiss

Benjamin Berkeley Hotchkiss est né le 1er octobre 1826 à Watertown, aux Etats-Unis. Rapidement, il quitte l’école pour l’apprentissage dans un atelier de mécanique, dont il apprendra beaucoup. En 1855, avec son frère Andrew, il met au point un projectile d’artillerie puis il exécute une commande de munitions pour son pays qui débute la guerre de sécession. En 1867, il débarque en Europe pour entreprendre de nouvelles activités et crée la société Hotchkiss à Saint-Denis.

En 1872, Benjamin Hotchkiss invente une mitrailleuse qui va se retrouver dans toutes les forces armées pendant près de 50 ans.

En 1885, à sa mort, l’entreprise passe entre les mains de ses collaborateurs français sous le nom de Société des anciens établissements Hotchkiss et compagnie.

Il s’agit de l’une des toutes premières armes automatiques à équiper l’armée française, dès 1909. Sa production massive souligne aussi le caractère industriel de la guerre. Très rapidement, la dure réalité de la guerre les rattrape.

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La mitrailleuse Saint-Étienne résiste toutefois mal à la guerre des tranchées. La poussière, la pluie et la boue abîment son mécanisme trop élaboré, qui finit souvent par se gripper.

Mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914

Version améliorée de la Hotchkiss 1900, la mitrailleuse Hotchkiss Modèle 1914 fut la principale arme automatique de l’Armée française pendant la Grande Guerre. Cette mitrailleuse est de construction entièrement métallique. Elle possède une poignée-pistolet en laiton sous la carcasse et une poignée de maintien à l’arrière de celle-ci. Elle fonctionne par emprunt des gaz avec un piston situé sous le canon et refroidissement par air (quatre aillettes). Elle est alimentée par des bandes métalliques rigides.

La mitrailleuse de campagne modèle 1900 est mise au point par Benjamin Berkely Hotchkiss qui, depuis longtemps, rêvait de substituer une arme automatique à son canon revolver actionné à la main par une manivelle. Elle se compose essentiellement d’un canon unique assujetti dans une boîte de culasse renfermant le mécanisme.

Ce canon ne diffère d’un canon de fusil ordinaire que par sa plus grande épaisseur lui permettant de mieux résister aux vibrations de l’arme et à l’échauffement dû à un tir prolongé. En dessous et parallèlement au canon avec lequel il communique par un orifice de prise de gaz, se trouve un cylindre renfermant un piston qui porte des cames destinées à manœuvrer les mécanismes de culasse et d’alimentation.

Lorsque le piston est lancé en arrière par les gaz provenant de l’explosion de la poudre, il est retenu au terme de sa course, par une détente placée dans la boite de culasse. En appuyant sur la détente, le piston n’étant plus maintenu, est lancé en avant à sa position initiale par le ressort de rappel qu’il avait comprimé dans son mouvement en arrière. Si on appuie constamment sur la détente, le piston ne pourra plus s’accrocher et rester en arrière.

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Pendant le mouvement arrière du piston, la culasse est ouverte, la douille vide est extraite puis éjectée et la bande-chargeur se trouve transportée dans l’arme d’une certaine quantité vers la droite.

Le chargement se fait en poussant successivement les bandes dans le couloir d’alimentation. Les bandes articulées sont enroulées dans des boites en chêne que l’on pose près de l’arme au moment de tirer. Pour charger, il suffit d’introduire l’extrémité de la bande dans le couloir d’alimentation.

Le mécanisme d’alimentation comprend un entraineur formant double pignon l’un des pignons engrène avec des cames formées sur la tige du piston et prend ainsi un mouvement de rotation intermittent.

Deux hommes sont généralement nécessaire pour assurer le service de la pièce, l’un faisant fonction de tireur et l’autre de chargeur.

Les Différents Affûts de la Mitrailleuse Hotchkiss

  • Affût trépied pour mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914.
  • Affût de rempart modèle 1907 est un affût modèle 1902 amélioré.
  • A partir de 1916, on les installera sur des supports de casemate modèle 1901, dans les casemates de flanquement d’artillerie basses (caponnière, coffre de contrescarpe et coffre d’escarpe) des quatre places de l’est pour remplacer les pièces défaillantes de flanquement des fossés.

La Mitrailleuse Saint-Étienne Modèle 1907

La mitrailleuse française du modèle Saint-Etienne 1907, qui est en service dans l’armée concurremment avec la Hotchkiss, procède du même principe de construction que cette dernière. Elle emprunte l’énergie motrice de son mécanisme aux gaz développés lors de la déflagration de la poudre.

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La pression des gaz prélevés dans le canon pousse en avant un piston muni d’une tringle dont le déplacement agit sur un levier qui lui-même fait fonctionner la culasse. Celle-ci comporte les dispositifs nécessaires d’ouverture et de fermeture de l’âme, d’approvisionnement, d’éjection et de percussion.

Un ressort antagoniste ramène le piston à sa place et provoque, après le départ du coup, le recommencement du cycle.

L’excellente qualité de l’acier dur dont est fait son canon, lui permet de tirer notre balle D sans éprouver aucune usure. Le refroidissement pendant le tir est assuré, sans manchon à eau et sans ailettes réfrigératrices, par l’adjonction, à la partie qui avoisine l’âme, d’une masse métallique suffisante pour dissiper la chaleur produite.

Cette mitrailleuse sera nommée pendant la première guerre la faucheuse d’hommes. C’est une pièce très moderne à tir automatique.

Diversification de Hotchkiss : De l'Armement à l'Automobile

En 1900, l'usine de Saint-Denis a considérablement pris de l’ampleur mais son activité est intimement liée aux commandes de matériels de guerre qui commencent à s’essouffler à partir de 1900. Il devient alors primordial pour l’entreprise de s’orienter vers d’autres domaines.

Dès le mois de mai 1900, Hotchkiss produit donc des pièces pour moteurs pour Panhard et Levassor puis de Dietrich, de Dion-Bouton, Charron, C.G.V. ou encore Girardot. Puis décide, le 31 juillet 1902 de créer un département automobile confié curieusement à Laurence Vincent Benét qui était pourtant hostile à ce projet.

Sous son impulsion, la production démarre début 1904 avec une première gamme qui comprend les types C, D et A, de respectivement 18, 35 et 70 HP. Auxquels s’ajoute le type E, une imposante voiture de course de 80 HP développée par Georges Terrasse et construite à trois exemplaires.

Hotchkiss Constructeur Automobile

Le 26 février 1904, le service des Mines réceptionne une type G de 18 ch suivis d’une 80 ch de type E en mai 1904 avec une cylindrée de 17,8 l. Si ces voitures sont engagées dans des courses, le premier modèle client de type D sort en 1904 (35 ch) puis une type F de 17 ch arrive en 1907. Un modèle O effectue cette année-là un raid de 34 000 km à travers la France, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande. En 1908, la marque passe au 6 cylindres avec des moteurs développant 30 et 50 ch. Avant la guerre de 1914, Hotchkiss sort trois autres modèles à 6 cylindres dont les types AF et AG.

Au salon de Paris de 1922, Hotchkiss lance l’AM 12 HP qui prend le slogan de "la voiture du juste milieu" qui synthétise les suffrages d'une clientèle bourgeoise aisée recherchant le confort et la discrétion. À partir de l'automne 1925 une nouvelle ligne de moteurs de 4 ou 6 cylindres qui seront produits avec quelques améliorations techniques jusqu’en 1954.

En 1929, la marque établit 13 records du monde à Montlhéry et s’impose au rallye de Monte-Carlo en 1932, 1933 et 1934. À partir du salon 1934, l'influence de l’aérodynamisme marque les carrosseries : calandre légèrement inclinée, malle intégrée et profilée ; les voitures séduisent par la distinction de leurs lignes.

Après le rachat d’Amilcar en 1936, Hotchkiss propose l’Amilcar Compound, un prototype étudié par l’ingénieur Jean-Albert Grégoire ; moderne (traction avant et roues indépendantes), elle est cependant trop chère pour s’imposer.

Renaissance Après la Guerre

Après avoir réalisé la carrosserie d’une voiture électrique Tudor en 1942, Hotchkiss commence à produire des pièces détachées de la Jeep Willys à partir de 1946, puis commercialise des Jeep jusqu’en 1966, tout en construisant des poids lourds. Pendant ce temps, les bureaux d’étude préparent trois nouveaux modèles dont la 686 qui gagnera le rallye de Monte-Carlo en 1949.

En 1950, les modèles Artois sont remplacés par les Anjou à la carrosserie profilée. En 1951, la marque propose l’Hotchkiss-Grégoire, une voiture 6 places à traction avant.

Toujours en Avance

En 1955, Hotchkiss rachète la marque Delahaye et produit son premier camion PL-25 tout en continuant ses productions militaires. En 1956, Hotchkiss fusionne avec Brandt et produit 2 600 blindés légers, notamment pour l’Allemagne fédérale.

Dans le même temps, Hotchkiss étudie et produit le HB 40 (Hotchkiss-Bouffort) destiné aux expéditions polaires françaises (EPF). En mars 1963 après de nombreuses améliorations, le véhicule franchit des pentes de plus de 60 %, des dévers de 45 à 60 %.

Dans le domaine du poids lourd, Hotchkiss produira la première cabine avancée basculante sur son PL-60 (6 tonnes de PTAC) en 1964.

Le Char Hotchkiss H35

En 1926, l'armée française établit un programme pour un char d'accompagnement d'infanterie d'une masse inférieure à treize tonnes, pour prendre la relève du Renault FT-17.

En 1933, la société Hotchkiss présenta alors une maquette, affirmant qu'il lui était possible de produire un char de six tonnes, avec un blindage de trente millimètres.

Le 18 janvier 1935, Hotchkiss présenta son prototype à la Commission d’Expérience du Matériel Automobile, à Vincennes. Il fut ensuite essayé à Mourmelon, jusqu'au 4 mars, où le deuxième prit sa place jusqu'au 6 juin.

Le 6 novembre, une première commande de deux cent exemplaires fut passée, le premier devant être livré au 12 septembre 1936.

Caractéristiques Techniques du Hotchkiss H35

Le Hotchkiss H35 est un petit véhicule, de 4,22 mètres de long, 1,95 de large et 2,15 de haut. Sa caisse est constituée de six parties en acier coulé, qui sont boulonnées ensemble. L'équipage était constitué de deux hommes.

Améliorations et Modifications

Comme la cavalerie était demandeuse d’une vitesse supérieure, le montage d'un moteur plus puissant fut tenté à partir d'octobre 1936, donnant naissance à un prototype l'année suivante. La caisse fut agrandie pour loger le nouveau moteur de cent vingt chevaux, forçant les ingénieurs à revoir en conséquence la suspension et les chenilles. La masse atteint alors 12,1 tonnes.

En 1940, trois cent cinquante d'entre eux furent modifiés pour embarquer le canon SA38, plus long et plus moderne, qui lui donnait une réelle capacité anti-char.

Utilisation Pendant la Guerre

Au 10 mai 1940, 360 Hotchkiss équipaient huit bataillons de chars de combat : quatre d'active, les 14e, 25e, 26e et 27e BCC, et quatre de réserve en formation, les 13e, 38e, 42e et 45e. Six bataillons furent utilisés au sein des trois nouvelles divisions cuirassées de réserve, où ils appuyèrent les puissants char B1.

Après l'armistice, pas moins de 550 exemplaires furent récupérés par la Wehrmacht, qui les utilisa plutôt dans les unités chargées des tâches d'occupation ou à l'entraînement.

Les Français continuèrent d'utiliser le modèle, dans certaines unités disposées dans l’Empire colonial.

Tableau Récapitulatif des Modèles et Caractéristiques

Modèle Année de Production Caractéristiques Principales
Hotchkiss Modèle 1914 1914 Principale arme automatique de l’Armée française durant la Grande Guerre.
Saint-Étienne Modèle 1907 1907 Mitrailleuse française concurrente de la Hotchkiss, utilisée pendant la Première Guerre mondiale.
Hotchkiss H35 1935 Char léger utilisé par l'armée française, modifié en H39 avec un moteur plus puissant et un canon amélioré.

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