Envie de participer ?
Bandeau

L'évolution de l'artillerie française et des automitrailleuses est un domaine riche en innovations et en figures marquantes. Dès le début du 20e siècle, les progrès réalisés sur les moteurs et les matériaux permirent de passer des maquettes volantes aux modèles susceptibles d’emporter leur pilote.

Les Débuts de l'Automitrailleuse

En 1890, René Panhard et Emile Levassor donnent naissance à l'industrie automobile. Puis, en 1904, l'armée française reçoit ses premières automitrailleuses Panhard-Genty. Depuis, la marque Panhard est étroitement liée à toutes les opérations réalisées par l'armée de terre. L'AMD-178, l'EBR ou encore l'AML-60/90 ont marqué des générations d'équipage.

En 1904, le capitaine GENTY achète une Panhard et Levassor de 24 cv. Avec elle, il effectue des reconnaissances, des marches d’approche ou des manœuvres d’exploration qui n’ont déjà plus rien à voir avec les simples missions de liaison jusqu’alors confiées aux automobiles. Cette voiture se prête fort bien à ces usages, sa puissance lui donnant une vitesse sur route d’environ 70 km/h pour un rayon d’action de 250 km.

Haute sur pattes, elle ne craint pas les inégalités du terrain et son cadre en bois armé indéformable lui assure souplesse et solidité. L’aménagement pour une arme est étudiée par le capitaine GENTY lui-même : deux colonnes d’affût, une à l’avant, l’autre à l’arrière peuvent recevoir la mitrailleuse et ses organes de pointage. En position de tir vers l’avant le tireur s’assoit sur la banquette arrière. Pour le tir vers l’arrière, il dispose, derrière le pilote d’un siège rond genre tabouret de piano.

Le baquet situé à côté du conducteur est monté sur un pivot afin de permettre au pouvoyeur de servir l’arme en toutes positions. Le lot de bord comprend 2.160 cartouches en neuf coffrets, un trépied pour utilisation éventuelle de la mitrailleuse à terre et une longue-vue pour fouiller le terrain. Panhard fournira les moteurs des chars Saint Chamond.

Lire aussi: Jeux de tir et résistance : une analyse

Le Moteur Panhard dans le Char Saint Chamond

Le moteur est directement placé dans l'habitacle du char, sans aucune séparation entre les occupants et le moteur. C'est un bloc quatre cylindre en ligne, originellement monté sur des autobus, il sera modifié pour son utilisation sur le char d'assault Saint Chamond. Ce moteur a été élaboré avec Daimler pour être produit avant la guerre. Le graissage est ici assuré dans un carter sec sous pression d'huile avec deux pompes, et l'allumage semble se faire par magnéto. La carburation est assurée par des carburateurs Zénith.

La manivelle est clairement visible à droite, montée au-dessus du vilebrequin. On peut voir les quatre pistons noirs alignés sur le dessus du carter, et les tubulures d'échappement monter vers le toit. Les quatre cables rassemblés en nappe en haut à droite sont les fils d'alimentation des bougies, reliant la magnéto en bas à droite aux cylindres en haut de l'image. Les tubulures à gauche (courbées) et celles du milieu en haut (recourbées au-dessus du moteur) sont les conduites d'eau de refroidissement provenant et retournant au radiateur.

L'Automitrailleuse de Découverte Panhard 165/175

L'automitrailleuse de découverte Panhard 165/175 apparut en 1933 dans sa forme définitive. Cet engin fut essentiellement utilisé en Afrique du Nord. Dès le début des opérations en mai 1940, le besoin de renforcer l'armement de l'AMD Panhard s'est fait sentir. Renault réussira le tour de force de mettre au point et de produire en quelques jours une tourelle équipée du canon de 47 mm. Ainsi naît l'AMD 178. Un exemplaire au moins d’une automitrailleuse ainsi armée participera aux derniers combats sur la Loire.

Dès la Libération, la France voulut reprendre le combat aux côtés des Alliés avec du matériel d'origine nationale. La fabrication des Panhard fut donc relancée, avec un nouveau modèle, l'AMD 178 B, équipé d'une tourelle fabriquée par Fives-Lille et armée d'un canon de 47 mm SA 35, baptisée FL 1.

Lors de l'armistice de 1940, l'armée de Vichy est autorisée à conserver un certain nombre d'AMD 178 mais sans leur canon. Dans la région de Sarlat, le service du camouflage du matériel entreprend la réalisation clandestine de tourelles armées d'un canon de 47mm. Une partie disparaît en 1942 lors de l'invasion de la zone libre, certaines sont enfin montées lors de la libération en 1944.Armement : 1 canon de 47 mm.Longueur : 4,79 m. Largeur : 2,01 m. Hauteur : 2,31 m. Vitesse : 72 km/h. Poids : 8,5 t.

Lire aussi: Tout savoir sur les mitrailleuses lourdes airsoft

La "Voiture 201"

La "voiture 201" fut conçue pour répondre au programme d'automitrailleuses puissantes de 1938. Un prototype fut construit en 1939 et équipé d'une tourelle en bois (Panhard étudia divers armement mais n'était pas un spécialiste du genre, son apport tenait essentiellement dans le châssis). L'appareil fut évacué au Maroc en 1940. Six cent exemplaires devaient être livrés en 1941-42.

L'Engin Blindé de Reconnaissance (EBR)

Doté d'une grande mobilité sur route (+ de 100 km-h) et en tout terrain grâce à ses essieux supplémentaires, l'Engin blindé de Reconnaissance (EBR) disposait d'origine d'un canon de 75 mm équivalent à celui du Sherman ce qui en faisait le véhicule sur roue le plus puissant de l'époque. Le concept d'engin blindé à roues lourdement armé est une tradition française. L'AMX 10 RC (Roues Canon) a ainsi succédé à l'EBR dans les divisions blindées françaises au début des années 80. Ces engins réalisent le difficile compromis entre vitesse et puissance de feu.

Mais bien sûr, ce qui fait la particularité de l'EBR c'est sa capacité à rouler indifféremment dans les 2 sens avec les mêmes performances. Grâce à son inverseur, l'EBR peut au contact de l'ennemi et en cas d'urgence opérer sans manoeuvre une marche arrière, qui devient alors une marche avant (notons que l'inverseur ne peut être enclenché qu'à l'arrêt) Cette caractéristique quasi unique dans le monde des engins de combat explique la présence à bord d'un pilote avant et d'un pilote arrière se tournant le dos. L'équipage compte aussi un chef de char et un chef de pièce.

L'EBR peut évoluer en 2,4 ou 8 roues motrices. Ses 4 étranges roues centrales dites "agricoles" servent aux franchissements difficiles ou à le tirer de l'enlisement. En Algérie, l'EBR a équipé entre autres le 1er REC de la Légion étrangère et le 1er RHP. L'EBR a patrouillé sur les routes, escorté des convois.

L’automitrailleuse légère (AML)

L’automitrailleuse légère (AML) équipa l’armée de Terre française au cours des années 1960. Elle était proposée avec un mortier (AML 60) ou un canon (AML 90). Durant les années 1950, l’armée française usa de Daimler Ferret en grand nombre. Elle décida ensuite d'adopter une automitrailleuse de conception nationale et Panhard débuta donc la production de l'AML (appelée AML 245 par cette société) en 1960. Depuis son adoption, plus de 4000 véhicules ont été livrés et la fabrication continue pour l'export.

Lire aussi: Top des jeux de mitrailleuses mobiles à ne pas manquer

La Panhard AML 60/90 est un blindé léger dont la transmission 4x4 permanente lui procure une exceptionnelle mobilité. Elle dispose de deux portes latérales et son moteur est en position centrale arrière. L'armement auxiliaire de ce blindé évolua pour des raisons d'efficacité. Ainsi, la mitrailleuse de 7,62mm fut remplacée par une Browning M2 de 12,7mm sur les versions HE 60-12 voire pour l'HE60-7. De même l'AML 60 HE-20 monte un mortier de 60mm et un canon de 20mm.

La portée d'un mortier étant limitée, le constructeur français développa ensuite une version à canon de 90mm. L'AML 90 évolua elle aussi donnant naissance à l'AML 90 Lynx. Les AML 60/90 ont été utilisés lors de la Guerre du Liban (1975-1990), en Rhodésie du Sud (1970-1980), lors de la Guerre des Malouines (1982)et par les rebeles qui prirent Kolwezi en 1975.

Tableau récapitulatif des automitrailleuses Panhard

Modèle Année d'apparition Armement principal Particularités
Panhard-Genty 1904 Mitrailleuse Première automitrailleuse de l'armée française
Panhard 165/175 1933 Variable Utilisée en Afrique du Nord
AMD 178 1940 Canon de 47 mm Renforcement de l'armement en cours de guerre
EBR N/A Canon de 75 mm Capacité à rouler dans les deux sens
AML 60/90 1960 Mortier de 60 mm ou canon de 90 mm Large diffusion internationale

tags: #mitrailleuse #force #centrifuge #fonctionnement

Post popolari: