La défense contre aéronefs (DCA) a connu une évolution significative au fil des décennies, influencée par les progrès technologiques et les besoins militaires changeants. Cet article explore l'histoire et l'évolution de la mitrailleuse dans la DCA, en se concentrant sur son utilisation en France et en Suisse.
De 1918 au milieu des années 1930, l’artillerie antiaérienne française fait l’objet de mesures générales de réduction de format, sans connaître de modernisation dans ses matériels ou d’évolution dans sa doctrine d’emploi. Victime de l’opposition entre l’armée de Terre et l’armée de l’Air nouvellement créée, la défense contre aéronefs (DCA) de l’entre-deux-guerres est l’objet de toutes les convoitises mais fait toujours figure de parent pauvre au sein de son arme de rattachement.
De 1935 à mai 1940, en raison de l’entreprise de réarmement de l’Allemagne nazie, la DCA connait l’amorce timide d’un redressement et voit la conception et le début de fabrication de nouveaux matériels. Toutefois, ce sursaut est trop tardif. Les efforts de financement et de production qui sont consentis ne suffisent pas à rattraper le retard technique et à masquer les imperfections de la mobilisation. En février 1940, la nouvelle appellation de « Forces terrestres antiaériennes » qui est donnée à la DCA ne change rien à son état.
À la mobilisation, les régiments d'artillerie de défense contre-aéronefs (RADCA) furent dissous. Leurs groupes, et ceux créés avec l'apport des réservistes, furent affectés, soit aux armées terrestres, soit à la défense anti-aérienne du territoire (DAT). Il en alla de même pour les batteries autonomes créées durant le conflit : certaines servirent à la DAT, d'autres à la défense des divisions de l'armée de Terre.
Ces unités étaient principalement dotées de canon de 75 mm contre-aéronefs. Certains modèles étaient relativement récents, mais d'autres dataient de la "Grande Guerre" ; le matériel d'acquisition de cible n'était pas la hauteur des pièces et des cibles les plus modernes. À côté de ces bouches à feu, on trouvait quelques pièces lourdes de 105 mm, 94 mm ou 90 mm, des canons Bofors de 40 mm et des canons Hotchkiss de 25 mm ; mais ces matériels récents manquaient. Il existait également des sections de mitrailleuses avec des armes de 13,2 mm.
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Les unités de DCA aux armées étaient principalement des groupes dotés de canons de 75 mm mobiles. Elles étaient d'ailleurs reliées au groupe de chasse de l'armée dans un réseau de communication dédiés. À la Ve Armée, le service de guet de la DCA fut utilisé par la chasse dans son système d'alerte et une liaison radio fut également mise en place pour le guidage des chasseurs, au cours de l'automne 1939.
La défense sol-air des unités de l'armée françaises fut globalement assez déficiente et reposait encore trop majoritairement sur des fusil-mitrailleurs et des mitrailleuses de 8 mm de modèles parfois anciens. Ces armes n'étaient théoriquement efficaces que contre les avions volant à très basse altitude. Les mitrailleuses Hotchkiss de 13,2 mm protégeant les ballons d'observation montrèrent d'ailleurs une relative inefficacité dès septembre 1939 !
La DCA opérant en défense aérienne du territoire, ne couvrait que les principaux points du territoire. Plusieurs batteries furent ainsi installées en région parisienne, le long de la basse Seine, dans le nord de la France, en région lyonnaise ou à Marseille. Les britanniques participèrent également à ce dispositif.
Globalement la DCA française a laissé une image d'inefficacité. Durant la "bataille de France" le colonel Jean-Pierre PETIT évalue à 300 le nombre "d'appareils abattus" entre mai et juin 1940 ; il s'agit probablement de revendication. À titre de comparaison, la chasse française revendique 624 victoires sûres. Toutefois, dans les faits, chaque victoire ne reflète pas nécessairement un appareil réellement abattu ; et il en va de même pour ceux attribués à la DCA !
L'équipement en tenue de combat est très léger : un ceinturon Mle 1903/14 et la musette de l'ANP 31. Il pouvait l'être davantage lors des chauds mois de mai et juin 1940 et on peut imaginer le port du bourgeron, par exemple.
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Retranchée depuis 1815 derrière sa neutralité, la Suisse n'a pas estimé utile pendant longtemps de développer une véritable politique de fortification de son territoire. Ce n'est que vers la fin du 19e siècle qu'apparaissent les premiers ouvrages dignes de ce nom. Mais c'est surtout à la fin des années 1930, durant le conflit de 1939-1945 et pendant la période de la Guerre froide de 1947 à 1990 que la fortification prendra en Suisse un développement considérable, avec une densité, une puissance et une qualité inégalées au monde.
Entourée jusqu'au milieu du 20e siècle de puissances fréquemment en conflit - France, Allemagne, Italie, Autriche - et qui pouvaient être tentées d'utiliser son territoire comme voie de passage ou même comme champ de bataille, la Suisse fit alors le choix d'ancrer dans son sol l'arme de dissuasion par excellence qu'était restée jusqu'alors la fortification.
Nommé commandant en chef de l'armée au début de la guerre 1939-1945, le général Henri Guisan (1874-1960) intensifiera ce programme et mettra en œuvre le concept de Réduit national apte à concentrer l'armée sur le massif alpin en cas d'abandon des régions plus vulnérables du pays. Ce Réduit devait s'appuyer sur les trois forteresses de St-Maurice en sud-ouest, du St-Gothard au centre et sud et de Sargans à l'est, et également au nord sur les centres de résistance et portes d'accès au Réduit des secteurs de Thoune et de Lucerne, parmi quelques autres.
Réalisés et armés aux normes des années 1940, les ouvrages seront agrandis et leurs équipements modernisés après guerre et mis aux normes d'une guerre nucléaire et chimique. Quelques nouveaux types d'ouvrages et d'armements verront aussi le jour dans un 2e et ultime stade des années 1980-1990. Vers la fin du 20e siècle, le plan de réforme de la défense nationale "Armée 95" sonnera le glas de la fortification et nombre d'ouvrages seront progressivement abandonnés, souvent vidés, et vendus.
L'urgence de la fin des années 1930 verra la construction simultanée et d'ouvrages importants normalisés et d'ouvrages plus sommaires réalisés par la troupe. Les premiers forts étaient armés de 2 à 4 canons de 75 de forteresse mais dès le début des années 1940 apparaîtront des pièces de 105 et de puissants canons de 150 en casemate.
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Réalisés le plus souvent en montagne donc sous roc, ces ouvrages disposeront d'importantes infrastructures souterraines telles que magasins à munitions, atelier, casernements, infirmerie, cuisines, salle des machines avec groupes électrogènes et ventilation filtrée, ainsi que des réserves d'eau et de vivres, et bien entendu un poste de commandement et des moyens de transmissions. Certains ouvrages étaient ravitaillés par téléphérique ou funiculaire, d'autres reliés par funiculaire souterrain. Leurs garnisons variaient de moins d'une centaine d'hommes à plus de 500 pour les plus grands forts.
À la fin de la guerre 1939-1940 pas moins de 68 ouvrages de ce type avaient été réalisés et ce nombre n'a guère évolué jusqu'à la fin de la Guerre froide, 45 ans après. Par contre ces ouvrages ont constamment été agrandis et modernisés.
Les plus importants ouvrages d'infanterie étaient calqués sur les ouvrages d'artillerie mais en réduction. Possédant de une à plusieurs casemates armées de mitrailleuses et de canons antichars, ils avaient aussi des locaux de repos et généralement au moins un groupe électrogène. Ils avaient pour mission le flanquement d'ouvrages proches, la défense de positions de barrage, l'interdiction d'axes routiers ou ferroviaires, etc. Leur nombre exact est inconnu mais il est sans doute de l'ordre de plusieurs centaines.
Un grand nombre de casemates et blockhaus d'infanterie - appelés fortins en Suisse - ont également été édifiés, en particulier sur les frontières et en défense rapprochée des ouvrages d'artillerie. Entre Bâle et le lac de Constance par exemple ce sont quelques 350 fortins de ce type qui ont été construits, souvent sur la berge même du Rhin. Ce sont en général des ouvrages solides (1,80 à 2,50 m de béton) mais limités à une ou deux chambres de tir et un local de repos, fréquemment à un étage inférieur.
Dans le dernier quart du 20e siècle, à côté des grands ouvrages d'artillerie toujours opérationnels, priorité est donnée aux positions de barrage antichars truffées de lignes d'obstacles et battues par de nouveaux types d'ouvrages : les monoblocs pour tourelles de 105 Centurion, lances-mines bitubes de 120 et canons de 155 Bison à longue portée.
Ce sont des petits ouvrages, connus sous le nom de Centi, généralement à deux étages : entrée, munitions, local technique (ventilation, groupe électrogène) et chambre de repos au niveau de l'entrée, tourelle de char Centurion à canon de 105 en casemate à un niveau supérieur. Ces tourelles recyclées proviennent de chars déclassés de l'armée suisse. Leur équipage est de 6 à 8 hommes. Prévus à 100 puis à 60 exemplaires, seule une bonne vingtaine a été réalisée. Quelques rares exemplaires complets existent encore aujourd'hui.
Ce sont des ouvrages plus grands, prévus pour 20 hommes, totalement enterrés, avec un équipement plus complet que les Centi : PC, chambre de tir sous coupole blindée, local de préparation des munitions, salle des machines, ventilation, chambre de repos, réfectoire, issue de secours, etc...
Pour mieux comprendre l’emploi des mitrailleuses sous la Commune, il faut d’abord remarquer que l’apparition de celles-ci, dans les années 1860, est liée à l’histoire de l’artillerie. On s’était rendu compte très tôt que les projectiles pleins (boulets en pierre, puis en fonte) n’étaient efficaces qu’à leur unique point d’impact ; ils l’étaient donc essentiellement contre les fortifications et très peu contre les hommes, même à découvert.
Au milieu du XIXe siècle, l’artillerie connaît de nouveaux perfectionnements avec l’obus explosif, d’abord sphérique puis cylindrique avec une pointe ogivale, dont le chargement dans le canon se fait désormais par la culasse (à l’arrière) et non plus par la bouche (à l’avant). Ces obus sont soit pleins, soit creux. Les obus pleins sont utilisés principalement contre les fortifications, les obus creux surtout contre les hommes. Ces obus creux contiennent des balles sphériques qui se dispersent non pas à la sortie de la pièce, comme dans le cas des boîtes à mitraille, mais seulement à l’explosion au moment de l’impact.
Plutôt que de se focaliser sur le perfectionnement des canons et de leurs munitions, on étudie le moyen d’envoyer à partir d’une même pièce des projectiles beaucoup plus petits mais qui se succèdent à très grande cadence. Ce principe général va donner lieu dans son application à deux « écoles » : l’école américaine et l’école belge et française.
L’école américaine est représentée essentiellement par les frères Gatling. Leur mitrailleuse, mise au point de 1861 à 1865, est constituée de 6 ou 10 tubes accolés qui tournent ensemble, en boucle, autour d’une culasse fixe. Chaque tube reçoit à tour de rôle une cartouche à partir d’un chargeur, fixe également. Une fois le coup parti, chaque tube est réapprovisionné à son tour automatiquement, puisque l’ensemble des tubes continue de tourner.
Les mitrailleuses de l’école belge et française sont également constituées de tubes accolés. Mais ici ils sont fixes et approvisionnés tous en même temps à partir d’un bloc métallique amovible où sont disposées les cartouches de telle sorte que chacune soit placée en face d’un tube et puisse être insérée dans celui-ci. Tout à l’arrière, une grande vis avec une manivelle permet de mettre le bloc-chargeur au contact de l’extrémité des tubes. Une « vis de déclenchement » placée sur le côté permet de provoquer successivement le tir de chaque cartouche par percussion.
Napoléon III, qui avait une formation d’artilleur et était curieux des innovations techniques, s’intéresse dès le début à cette nouvelle arme. C’est le capitaine Verchère de Reffye, d’abord officier d’ordonnance de l’empereur, qui va mettre au point en secret au camp de Satory, de 1863 à 1866, le principal modèle français (il y en aura d’autres en province), appelé alors « canon à balles ».
Le canon à balles, adopté en 1867, est fabriqué à l’atelier de Meudon, en banlieue parisienne, et, au moment de la guerre franco-allemande, en province, notamment à Nantes et au Creusot. Au moment des essais, le canon à balles est apprécié pour sa précision, au moins jusqu’à 1 000 m, sa quasi-absence de recul (en raison de son poids, 1485kg avec l’affût) et sa facilité d’emploi.
La prise du pouvoir en mars 1871 par les communeux ne se traduit pas par une rupture en ce qui concerne les mitrailleuses - c’est le terme générique qui remplace désormais celui de canon à balles - aussi bien pour ce qui est de leur production que de leur utilisation sur le terrain.
Concernant la fabrication des mitrailleuses, on peut citer en particulier trois sociétés : les ateliers Flaud, implantés près du Champ-de-Mars (on y avait transféré avant le premier siège la production de ceux de Meudon, où l’on fabriquait les canons à balles) ; Goüin, aux Batignolles (XVIIe) ; la société Cail, regroupée principalement dans le quartier de Grenelle (XVe), près de la Seine.
Les délégués à la Guerre successifs s’étaient pourtant efforcés d’anticiper les conditions de la guerre dans Paris à l’échelle de la ville entière en faisant édifier une ligne de défense supplémentaire derrière celle mise en place avant le premier siège en retrait de l’enceinte, ainsi que 18 grandes barricades « stratégiques » par le bataillon des barricadiers de Napoléon Gaillard, plus quelques réduits fermés sur des points hauts.
Dans le renforcement des défenses, la mitrailleuse présente trois avantages. D’abord, sa puissance de feu : on a calculé que celle d’une batterie (six pièces) était supérieure à l’époque à celle d’un bataillon ; les versaillais progressant avec circonspection, une ou deux mitrailleuses couplées avec autant de canons utilisant des boîtes à mitraille suffisent ; sa facilité d’emploi, ensuite : alors que le canon, depuis toujours l’arme de prestige de la Garde nationale, nécessite des connaissances techniques, la mitrailleuse ne requiert qu’une formation sommaire sur le terrain (il suffit quasiment de savoir tourner une manivelle !) ; enfin, la mitrailleuse tirant par définition des gerbes de projectiles, sa mise en batterie est beaucoup plus sommaire que celle d’un canon qui utilise des obus explosifs, souvent à plus grande distance et sur un objectif précis.
La société française Hispano-Suiza SA, située à Bois-Colombes, était sortie de la Première Guerre mondiale comme l’un des constructeurs de moteurs d’avions les plus connus. Après la Première Guerre mondiale, la société devenue française malgré son nom était spécialiste dans la fabrication de moteurs d’avions à refroidissement par eau (moteurs équipés de cylindres placés en V). A cette époque la société prit un brevet pour l’installation d’un canon tirant dans l’axe de l’avion, cette arme étant située dans le V du moteur. Pour cela elle prit une licence de fabrication pour un canon Oerlikon suisse c’était le Oerlikon F, sous la désignation de canon automatique Hispano-Suiza Type HS.7 le développement le Oerlikon type S réalisé amena au type HS.9. L’arme nouvelle étudiée était conçue pour l’installation sur les moteurs Hispano-Suiza. Ce système était alors classé secret.
Le résultat fut le type 404, ou HS.404, qui a été largement considéré comme le meilleur canon de son époque. Le canon Hispano Suiza type 404 est une arme à tir automatique à culasse calée, avec déverrouillage mécanique de culasse par emprunt de gaz. Pendant le trajet de l’obus (f) dans le tube (e), le recul de la masse reculante est freiné par un ressort qui assure également le retour en batterie de l’arme. Le HS 404 fonctionnait par prélèvement des gaz de combustion de la poudre des cartouches lors du tir.
Le HS.404 était alimenté par un magasin rotatif de 60 obus. « D’une façon générale les qualités du canon furent appréciées ; cadence de tir élevée, pouvoir perforant et destructif important. Les reproches concernaient surtout la capacité trop faible en munitions : 60 obus, soit 8 secondes de tir environ. « Pour des raisons d’encombrement il était malheureusement impossible d’adapter sur D.520 une arme à alimentation continue.
Dans l'intervalle, la Grande-Bretagne avait acquis la licence pour construire le HS.404, qui est entré en production en tant que les Hispano Mk.I. Ultérieurement, une alimentation par bande fut adaptée au système d'alimentation. Il avait été élaboré par le Martin-Baker Aircraft Co. Quatre canons remplaçaient les huit mitrailleuses Browning de calibre ,303 sur le « Hurricane » et dans les versions tropicales du « Spitfire ».
L'Hispano HS 404 tirait des obus de 130 grammes 20 mm X 110 mm, un projectile qui avait une vitesse initiale entre 840 et 880 m/s selon la longueur du canon. La cadence de tir se situe entre 600 et 850 coups par minute. Le canon de l’arme mesurait 2,323 m de long, pesait entre 42 et 50 kg.
En Afrique du Nord, par exemple, les batteries côtières lourdes ont connu des modernisations entre 1940 et 1948. Les canons de 75 mm ont été progressivement remplacés par des canons de 90 mm plus performants, complétés par des pièces de l’armée de terre. Les mitrailleuses de 13.2 mm ont été remplacées par des canons de 25 mm plus performants, rendant certaines bases, comme Bizerte, plus résistantes aux raids aériens.
La défense antiaérienne de la base de Mers-El-Kébir était assurée par huit canons de 90mm modèle 1939 en quatre affûts doubles et seize canons de 25mm Hotchkiss modèle 1939-40 en affûts doubles montés sur camions, permettant une défense mobile.
| Armement | Calibre | Utilisation | Période |
|---|---|---|---|
| Canon de 75 mm | 75 mm | Défense antiaérienne | Début du 20e siècle |
| Canon de 90 mm | 90 mm | Défense antiaérienne | Milieu du 20e siècle |
| Canon de 105 mm | 105 mm | Défense antiaérienne | Milieu du 20e siècle |
| Canon de 25 mm Hotchkiss | 25 mm | Défense antiaérienne à courte portée | Milieu du 20e siècle |
| Mitrailleuse Hotchkiss | 13,2 mm | Défense antiaérienne à courte portée | Début du 20e siècle |
| Canon Hispano-Suiza HS.404 | 20 mm | Avions militaires | Milieu du 20e siècle |
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