Le major Alan "Dutch" Schaefer, personnage emblématique de Predator, incarné par Arnold Schwarzenegger, est entré dans la légende de la pop culture. Apparu dans le premier opus de la saga en 1987, ce militaire chevronné est admiré des fans depuis 38 ans ! Ce militaire chevronné est parvenu à vaincre un Predator dans la jungle, avant d'être secouru par un hélicoptère de l'armée américaine.
Après les événements de Predator, mis en scène par John McTiernan, Dutch n'est plus jamais revenu dans l'univers de science-fiction (au cinéma), suscitant l'interrogation des fans sur son sort. Pour savoir ce qu'est devenu Dutch après la fin de Predator, il faut se tourner vers les romans et les jeux vidéo.
Dans la novélisation du second volet, écrite par Simon Hawke en 1990, on apprend que le héros a été contacté par l'agent Peter Keyes (joué par Gary Busey dans le film). Touché par des radiations suite à l'explosion finale du Predator, Dutch était hospitalisé. Après avoir été interrogé et soumis au détecteur de mensonges pour vérifier la véracité de ses déclarations jugées extravagantes, il a fini par arracher ses perfusions, s'enfuir de l'établissement et s'évanouir dans la nature.
Dans le jeu vidéo d'arcade Alien vs Predator, sorti en 1994, Dutch revient sous la forme d’un androïde synthétique, reconstruit des siècles après sa mort, avec un bras cybernétique amélioré équipé d’une mitrailleuse intelligente. Ayant de nouveau atteint le grade de major dans le Corps des Marines coloniaux des États-Unis, et en partenariat avec la lieutenante Linn Kurosawa, elle aussi améliorée cybernétiquement, Dutch et Linn sont envoyés dans la ville de San Drad, en Californie, après qu’elle ait été envahie par une armée de xénomorphes. Ils sont abandonnés ici par leurs supérieurs, qui jugent l’ennemi trop puissant.
Il faut ensuite attendre 2008 pour que le sort de Dutch ne soit à nouveau expliqué, cette fois dans le roman Predator : South China Sea, écrit par Jeff VanderMeer. Le récit se déroule plusieurs années après les événements de Predator. Dutch est présenté sous le nom de code "Agent Onyx". Le gros bras a servi de mentor à John Gustat, un ancien membre des forces spéciales américaines, en lui apprenant à traquer et tuer des Predators, après que la femme et le fils de Gustat aient été tués par l’un d’eux. Ensemble, ils finissent par en retrouver un sur une réserve de chasse illégale située sur une île privée en mer de Chine méridionale. Dans le roman, Dutch ne révèle jamais son vrai nom à Gustat. Il est simplement appelé Onyx, en référence à la marque de cigares qu’il fume toujours lorsqu’ils se rencontrent.
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Faisons maintenant un petit bond dans le temps. En 2020, le jeu vidéo Predator : Hunting Grounds débarque sur consoles. Cette fois, Arnold Schwarzenegger est de retour pour doubler Dutch, qui revient dans la saga. Lors du récit, une série d’enregistrements audio raconte les aventures du major entre les événements de Predator et Hunting Grounds. Après avoir été interrogé par l’agent Peter Keyes, Dutch devient obsédé par l’idée d’en apprendre plus sur l’espèce des Predators, les Yautja. Il découvre finalement que les créatures visitent la Terre depuis très longtemps.
En 1996, le héros fonde une nouvelle société militaire privée spécialisée dans les opérations de recherche et de sauvetage. Le héros recrute donc des soldats, qu’il utilise comme appâts dans sa traque d’un autre Predator. Il en affronte finalement un au Congo. Lors de cette confrontation, son équipe et le Predator sont tués après qu’une balle perdue ait touché une caisse de roquettes, provoquant une explosion. Au moment des événements de Predator 2, Dutch se rend à Los Angeles, ayant déduit que la guerre des gangs et la canicule en cours créaient les conditions idéales pour une nouvelle chasse de l'extraterrestre. Il arrive dans la ville peu après les événements du film. Capturé de nouveau par l’OWLF, il utilise la technologie Predator qu’il a volée pour faire pression sur eux afin de travailler avec eux, et non pour eux, dans la traque des Predators.
Dutch et l’OWLF deviennent particulièrement efficaces pour traquer et éliminer des monstres en pleine chasse, récupérant de plus en plus de leur technologie. Mais en 2008, Dutch a été épargné par une Predator femelle, qui l'a libéré de son filet avant de disparaître dans la jungle. Elle lui a laissé une cicatrice permanente en forme de grille sur le côté droit du visage, et une vision différente de la manière dont les extraterrestres agissent.
En 2018, il est établi que Dutch était présent hors champ pendant les événements du film The Predator, notamment lors de la capture du Predator fugitif par le projet Stargazer, dirigé par Cullen Yutani. En 2025, au moment où se déroule la trame du jeu Hunting Grounds, Dutch a commencé à collaborer avec la nouvelle version réactivée de l’OWLF. Après une rencontre avec un autre Predator qui l'a laissé grièvement blessé, il a accepté un traitement expérimental visant à fusionner son ADN avec celui d’un Predator, ce qui lui a permis de continuer à se battre comme un jeune homme malgré ses 78 printemps. Il travaille alors aux côtés de Sean Keyes, le fils de Peter Keyes, et d’Isabelle Nissenbaum, ancienne tireuse d’élite des Forces de défense israéliennes, précédemment enlevée et envoyée sur une planète servant de réserve de chasse (dans Predators).
Dutch apparaît également dans un autre roman publié en 2020, Predator : Stalking Shadows, écrit par James A. Moore et Mark Morris. L'ouvrage fait à la fois office de suite à Predator 2 et de préquel à Predator : Hunting Grounds. Après les événements de Predator 2, Dutch étrangle le marine américain Scott Devlin après l’avoir surpris en train de récupérer la main du Predator "City Hunter", celle que Mike Harrigan avait tranchée.
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Au fil des années qui suivent, faisant le lien entre Predator 2 et Hunting Grounds, Dutch continue de traquer les incursions de Predators à travers le monde. Pour cela, il travaille en collaboration avec l’OWLF et rassemble une nouvelle équipe de mercenaires pour combattre ces créatures. Lors d’une mission en Malaisie, son groupe parvient à éliminer un nouveau type de Predator, beaucoup plus agile, bien que plusieurs hommes y laissent la vie. Ils récupèrent ses restes ainsi que toute la technologie qu’ils peuvent avant de rentrer à leur base, qui se trouve être celle où est stationné Devlin.
Par la suite, Dutch apparaît aussi après des chasses de Predators en Écosse et au Mexique, où Devlin est également présent. Promu capitaine, Devlin prend alors le commandement de son unité pour appuyer Dutch et ses mercenaires lors d’une nouvelle opération au Mexique. Ils sécurisent un vaisseau Predator abattu et éliminent un de ses occupants. À la suite de cet incident, Dutch disparaît.
Des années plus tard, Scott reçoit finalement des nouvelles du major et apprend que son équipe a été anéantie au Laos par une Predator femelle. Cettte dernière l’a laissé en vie pour qu’il vive avec la honte de sa défaite. Après avoir sauvé Dutch d’une tentative d’assassinat, apparemment organisée par les Men in Black (MIB), un groupe également impliqué dans l’étude des Predators, Scott perd à nouveau le contact avec lui, jusqu’à une opération au Venezuela. Là, ils découvrent de nouvelles traces d’activité Predator, avant de tomber sur une équipe de MIB.
Alors que les deux groupes s’affrontent, ils sont pris en embuscade par deux Predators, responsables des événements, qui tuent la majorité des présents. Devlin est gravement blessé, mais sauvé par Dutch, qui élimine le dernier Predator avec l’une de leurs propres armes à énergie portatives. Une fois remis de ses blessures, Devlin est recruté par Dutch pour diriger le nouveau centre de commandement opérationnel de l’OWLF, créé en réponse à la multiplication des incursions Predator. Quelque temps plus tard, installé dans son bureau, Scott reçoit un message de Dutch concernant une nouvelle chasse de Predator en Chine.
Enfin, dans le film d'animation Predator : Killer of Killers, sorti en juin 2025 sur Disney+ Dutch est mentionné. Dans cette oeuvre de Dan Trachtenberg (Prey), il apparaît en captivité (retenu en stase par un groupe de Yautja renégats), aux côtés d’Ursa, Naru et Harrigan. À 78 ans, est-il possible qu'il rejoue ce personnage sur grand écran ? Le réalisateur Dan Trachtenberg a laissé entendre qu'un plan était à l'étude. De passage au Comic Con de San Diego en juillet 2025, le cinéaste a donné quelques indices selon Deadline, indiquant avoir rencontré l'acteur le temps d'un petit déjeuner. Après Prey, le metteur en scène reviendra au cinéma le 5 novembre prochain avec Predator : Badlands, le premier film de la saga raconté du point de vue de la créature.
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En 1987, un vaisseau spatial extraterrestre pénètre dans l'atmosphère terrestre et largue une nacelle sur l'Amérique centrale. Quelque temps après, le major Alan « Dutch » Schaefer (Arnold Schwarzenegger) arrive au Guatemala avec son équipe d'élite pour une opération visant à retrouver un ministre du cabinet présidentiel perdu avec son second à cause des forces de la guérilla en Val Verde (région de fiction). Un vieux copain militaire, qui travaille maintenant pour la CIA, George Dillon (Carl Weathers), transmet les étapes et rejoint l'équipe : Mac Eliot (Bill Duke), Blain Cooper (Jesse Ventura), Billy Sole (Sonny Landham), Jorge « Poncho » Ramirez (Richard Chaves) et Rick Hawkins (Shane Black). L'équipe est dépêchée dans la jungle par hélicoptère et commence les recherches.
John McTiernan signe son premier classique avec cette grandiose relecture des Chasses du Comte Zaroff. Le chasseur vient cette fois d’un autre monde traquer la proie la plus dangereuse de la galaxie, l’Homme. Un peu à la manière du Aliens (1986) de James Cameron où les fanfaronnades des militaires étaient éteintes par les assauts imprévisibles des aliens, McTiernan procède ici par étape. Le début est presque un cliché du film de commando, ici hypertrophié à l’aune de l’actioner bourrin des années 80. Muscles saillants, armes à feu (le petit pépère) et poignards aux proportions démesurées symbolisant la toute-puissance sexuelle de ces soldats caractérisés comme des demi-dieux, le réalisateur y va fort. Les aléas même du tournage servent cette vision avec une première scène d’action efficace mais grotesque (car signée par la 2e équipe dont le réalisateur officiait surtout sur des séries comme L’Agence Tous Risques), où notre équipe de sauvetage prend d'assaut un village. L’évolution des individus et leur imprégnation dans leur environnement sont au cœur de l’œuvre de McTiernan et s’expriment déjà brillamment dans ce second film (après le méconnu Nomads). Schwarzenegger et ses acolytes semblent tout d’abord dominer cette jungle touffue du haut de leur carrure démesurée, rompus qu’ils sont à ces missions à haut risque, et les acteurs se montrent particulièrement crédibles dans les manœuvres militaires après un entraînement intensif.
McTiernan inverse donc progressivement le rapport à cette jungle pour le commando, peu à peu diminué et exposé par la menace sourde et inconnue du Predator. Les mastodontes sont mis à mal et rongés par le doute et la peur (ce qui rend d’autant plus fort le contraste avec l’introduction du film où ils font figures de brutes épaisses) et les assauts chirurgicaux du Predator dégagent un mystère fascinant, notamment par l’usage de son arme de camouflage.
McTiernan l’introduit subtilement : vision subjective étrange en infrarouge avec laquelle il "étudie" ses proies, silhouette furtive puis imposante au look sauvage et véloce (dû à Stan Winston et officieusement à James Cameron, qui dépanna son ami après un premier design catastrophique qui fit interrompre le tournage). Trop faible, trop soumis à ses émotions et à ses armes, l’Homme ne peut que chuter face aux assauts du chasseur glacial qu’est le Predator, et ce qui faisait figure de démonstration de force dans la première partie devient alors un terrible aveu d’impuissance avec ce vidage de mitrailleuse rasant un pan entier de jungle. Les morts sont brutales, sanglantes et rituelles, le Predator arborant tel des trophées les organes de ses victimes.
McTiernan atteint la quintessence de son art dans la dernière partie quasiment muette. Arnold Schwarzenegger, conscient de ses limites dramatiques, aura toujours su choisir intelligemment ses rôles en incarnant des forces de la nature, humaine (Conan le Barbare), robotique (Terminator) ou imaginaire (Last Action Hero), mais en servant toujours une imagerie de surhomme propre aux exploits les plus démesurés. Cela n’a jamais été plus vrai que dans Predator, où toute cette masse physique impressionne tout en semblant fragile face à la présence indestructible du Predator.
Pour reprendre possession de la jungle, il doit oublier tout ce qu’il sait pour régresser à l’état sauvage où seuls ses instincts guident ses actions. La musique martiale et tribale d’Alan Silvestri accompagne donc cette transformation filmée par un McTiernan en état de grâce, pour se conclure par un Schwarzenegger enduit de boue, les yeux fous et qui lâche un hurlement de défi à l’adresse de son adversaire. Ce cri n’a plus rien d’humain, c’est celui d’une bête, d’un homme revenu à l’âge de Neandertal. La forêt perd toute topographie réaliste pour devenir un espace mythologique où s’affrontent deux titans. Le combat impressionne et est truffé de rebondissements, la machine froide qu’est le Predator reconnaissant la valeur de son ennemi en abandonnant les armes pour le combattre à mains nues et à visage découvert (ce qui occasionnera une réplique mémorable de Schwarzenegger).
La déconstruction du héros, forcé de revenir à ses instincts et à ses émotions primaires pour vaincre, est un thème récurrent de John McTiernan. Cela passe par l'apprivoisement de son environnement, que ce soit la tour Nakatomi de Piège de cristal (1988), le monde réel de Last Action Hero (1993) ou les contrées viking du Treizième Guerrier (1999) et donc la jungle de Predator. Le Predator a besoin d'un arsenal technologique pour dominer cette jungle, les terroristes de leurs armes dans la tour Nakatomi et les Wendols de la terreur dans le Treizième Guerrier. Schwarzenegger en pur héros à la mctiernan n'a plus besoin de paraitre lorsqu'il doit défendre sa vie, mais de redevenir un homme apte à décupler ses aptitudes.
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