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Le 6 juin 1944, les 177 fusiliers marins du commando Kieffer débarquent à Ouistreham, marquant ainsi l'histoire de la libération de la France. Ces volontaires français, supérieurement entraînés et encadrés, étaient les seuls représentants de la France à fouler le sol normand par voie maritime ce jour-là.

Préparatifs et Formation

C’est en 1942, sous l’impulsion du lieutenant de vaisseau Kieffer, que fut constitué le premier groupe de commandos français. Au début, il s'agissait d'une vingtaine d’hommes - marins pour la plupart - bientôt rejoints par de nouveaux volontaires. Ils furent d’abord rattachés à un commando anglais, le N° 2, celui-là qui serait débarqué à Saint-Nazaire.

Avant d’être admis au titre de commando et autorisées à porter le béret vert, les recrues devaient effectuer un stage en Écosse. Dans un cadre admirable, en pleines montagnes des Highlands, un château réquisitionné servait de dépôt aux commandos ; là régnait le colonel Vaughan, entre les mains duquel ont passé tous ceux qui, plus tard, illustrèrent le nom de commando sur les champs de bataille. Pendant les trois semaines que durait le stage, tous les moyens étaient mis en œuvre pour éprouver la résistance physique et morale des candidats : marches épuisantes en tenue de campagne, « assault courses », « opposed landings », exercices d’escalade, manœuvres de nuit, dans des conditions volontairement très dures.

L’insigne du 1er bataillon de fusiliers marins commandos a été dessiné par un des volontaires de l’unité, Maurice Chauvet. Il décrit ainsi l’insigne qu’il a imaginé : « Sur un écu de bronze, qui est de France, portant au centre le brick de l’Aventure supporté par des vagues, surchargé d’un poignard Commando, dirigé du canton senestre du chef au canton dextre de la pointe, et décoré d’une Croix de Lorraine dans le canton dextre du chef. L’écu repose sur un ruban portant l’inscription « 1er Bllon F.M. Commando ».

Le Débarquement à Ouistreham

Le lundi 5 juin, les 177 fusiliers marins commandos français s’embarquent à bord de deux LCI (Landing Craft Infantery) destinés à transporter chacun environ 80 fantassins. Sur le pont, le commandant Kieffer s’est enroulé dans une couverture et murmure une prière, à l’humour très britannique : « Seigneur, je serai très pris ce jour. Je peux Vous oublier.

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Les 177 Bérets verts français s’entassent à bord des barges, alors au mouillage à l’embouchure de la rivière Hamble, non loin de l’île de Wight. La traversée de nuit promet d’être assez rude, sur ces bâtiments conçus bien davantage pour mettre des troupes à terre que pour tenir la mer, surtout par gros temps. Cette nuit, une des plus courtes de l’année, apparaîtra pourtant bien longue avant que n’arrive l’heure H, fixée à 7 h 30.

Trois heures avant de toucher terre, alors que la côte normande se trouve encore à une dizaine de kilomètres, tous les bâtiments de guerre ouvrent le feu. Le vacarme est infernal. Puis la distance n’est plus que de 1 mille marin. Les deux LCI français naviguent presque bord à bord. Les pièces d’artillerie et les armes automatiques allemandes se déchaînent. Il faut franchir environ 150 m de plage sous le feu ennemi. Partout des chevaux de frise et des barbelés. Des assaillants tombent, tués ou blessés.

Les commandos se contentent désormais de tirailler pour fixer l’ennemi, sans prendre de risques inutiles. En moins de deux heures de combat, ils ont déjà perdu les trois quarts des leurs. Tapis derrière le moindre abri, ils guettent le bruit de moteur qui leur annoncera l’arrivée du blindé. Le temps paraît bien long, tandis que les mitrailleuses allemandes tirent sur eux.

La Bataille et la Prise d'Ouistreham

Il faut s’engager dans les rues de Riva-Bella et d’Ouistreham. L’axe de progression sera d’abord une rue où passait naguère une ligne de chemin de fer. Les deux « troops » de Bérets verts français, soutenues par la section de mitrailleuses K Guns, s’y engagent l’une après l’autre. Handicapé par sa blessure, leur chef, boitillant, reste pourtant avec ses commandos et presse le mouvement.

L’avance se trouve complètement bloquée par un tir nourri de mitrailleuses venant du sous-sol et par un second tir, très précis, d’une mitrailleuse AA située sur un belvédère à 100 m à droite. Pour mieux guider le chef de char, le commandant Kieffer a sauté sur la plage arrière et se tient accroché à la tourelle, désignant les objectifs à neutraliser. Le chef du 1er bataillon de fusiliers marins commandos vacille tout d’un coup : il vient d’être frappé à l’avant-bras. C’est sa seconde blessure de la journée. Kieffer va-t-il se faire évacuer ? Il refuse une seconde fois. C’est tout juste s’il consent à se faire poser un pansement, sans même descendre du char.

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Peu après 11 heures, les fusiliers marins commandos français sont maîtres de la bourgade normande. Les vainqueurs de ce premier engagement sur le sol de France se sont battus avec une fougue généreuse qui peut parfois ressembler à de l’imprudence. Pendant toute la matinée, l’aumônier de l’unité, le père jésuite de Naurois, s’est rendu d’une « troop » à l’autre, pour bénir les morts, soigner les blessés, réconforter les survivants.

Jonction et Suite des Opérations

Les hommes du commandant Kieffer, peu avant 13 heures, reçoivent l’ordre de se rassembler dans les ruines de l’ancienne colonie de vacances, non loin de la plage. Ils doivent seulement récupérer leur paquetage et recevoir des munitions pour se mettre en route vers l’intérieur des terres. Ils partent rapidement, à marche forcée, vers Colleville. A 16 heures, les commandos français franchissent l’Orne à l’abri de nuages artificiels provoqués par des grenades fumigènes. Ils font alors leur jonction avec les parachutistes largués dans la nuit. Deux heures plus tard, ils s’établissent en défensive à Amfreville, sur le nord-est de la tête de pont de la rive droite de l’Orne.

Héritage et Hommages

Philippe Kieffer, qui participa au débarquement le 6 juin 1944 à Ouistreham, s’installa à Cormeilles-en-Parisis après la guerre, où il vécut jusqu’à sa mort en 1962. En 2019 a été créée l’association commandant Philippe Kieffer, pour faire perdurer sa mémoire. Une stèle lui est dédiée, rue du Commandant-Kieffer, au rond-point de la rue Mauberger, à Cormeilles.

Créés après guerre sur le modèle de l’unité mise en place par Philippe Kieffer, les commandos de marine sont aujourd’hui au nombre de sept avec des spécialités différentes. Tous portent le nom d’un ancien marin tué au combat : Jaubert, Montfort, Trépel, Penfentenyo, Kieffer, Ponchardier et Hubert.

Armement du Commando Kieffer

Les hommes du Commando Kieffer, venant de toutes les provinces de France et de l’Empire à l’appel du Général de Gaulle, ont été entraînés en Écosse et équipés par l’armée de sa Gracieuse Majesté le Roi Georges VI, et ce, de la tête aux pieds ou presque. Leur armement ne fait donc pas exception.

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ArmeDescription
Revolver Enfield N°2 MK1Revolver à canon barillet basculant de calibre .380/200.
Revolver Webley Mk VIRevolver de service du commandant Kieffer.
Pistolet No 2 Mk 1* Browning Hi-PowerPistolet produit par la FN Herstal et John Inglis & Co.
Fusil Lee-Enfield No. 4 Mk IFusil à verrou britannique de calibre .303 British.
Pistolet-mitrailleur Sten Mk IIArme économique en acier embouti, emblématique des paras et SAS britanniques.
Pistolet-mitrailleur Thompson M1A1Mitraillette américaine de calibre .45 ACP, utilisée pour son efficacité à courte portée.
Fusil-mitrailleur BrenMitrailleuse légère d’origine tchèque, chambrée en .303 British.
Mitrailleuse Vickers KUtilisée dès le premier conflit mondial, avec une cadence de 500 coups/min.
PIATLance-roquette anti-char en service dans l’armée britannique.

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