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Un homme de 29 ans, figurant dans l'entourage d'Amédy Coulibaly, a été mis en examen samedi dans l'enquête sur les attentats de Paris. C'est la septième personne visée par l'enquête sur l'assassin de Montrouge et de l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

Les Accusations et l'Enquête

Mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, un proche d'Amédy Coulibaly qui avait été arrêté cette semaine, a été placé en détention, dans l'attente d'un débat sur ce point devant un juge des libertés et de la détention. Les enquêteurs considèrent que cet homme de 29 ans, avait servi d'intermédiaire entre le tueur et un homme résidant à Charleroi (Belgique), Neetin Karasular, pour la vente d'une Mini Cooper immatriculée au nom d'Hayat Boumedienne, la compagne d'Amédy Coulibaly, ont indiqué à l'AFP deux sources proches de l'enquête.

Selon des éléments de l'enquête, l'homme mis en examen, originaire de Grigny (Essonne) comme Coulibaly, a aussi été en contact téléphonique avec lui jusqu'au 7 janvier, jour de la première tuerie perpétrée par les frères Kouachi dans les locaux de Charlie Hebdo à Paris, et qui a fait douze morts, a indiqué à l'AFP une source proche du dossier. Le lendemain, Amédy Coulibaly passait à l'action à son tour, tuant une policière municipale à Montrouge, avant la prise d'otage sanglante du 9 janvier à l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, où il a tué 4 personnes, avant de trouver la mort durant l'assaut donné par les forces de l'ordre.

Les sept hommes mis en examen sont tous soupçonnés d'avoir apporté de l'aide à Coulibaly, pour certains en armes. Tous réfutent avoir été au courant de ses projets terroristes.

L'Implication d'Abdelaziz S.

Un homme, dont l'ADN a été retrouvé sur une des armes d'Amedy Coulibaly, auteur de l'attentat djihadiste contre l'Hyper Cacher à Paris en janvier 2015, a été mis en examen et incarcéré, a-t-on appris samedi de source judiciaire. Interpellé en région parisienne et placé mercredi en garde à vue, Abdelaziz S., 42 ans, a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, a précisé cette source. Il a été incarcéré dans l'attente d'un débat devant le juge des libertés et de la détention qui doit se prononcer sur son éventuel placement en détention provisoire.

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«En garde à vue, le suspect n'a fourni aucune explication satisfaisante pour justifier la présence de son ADN à l'intérieur de l'arme, mais assuré n'avoir eu aucune connaissance des intentions de Coulibaly», a relevé une source proche de l'enquête.

Le Rôle de Claude Hermant et des Armes Provenant de Belgique

Selon l'enquête, les armes de Coulibaly - cinq Tokarev et un fusil d'assaut venus de Slovaquie, démilitarisés puis remilitarisés - étaient passées par un intermédiaire en Belgique avant d'être achetées, parmi des dizaines d'autres, par la société de l'épouse d'un trafiquant d'armes présumé, Claude Hermant. Hermant, ancien mercenaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, proche des milieux d'extrême droite, affirme les avoir ensuite revendues à un autre trafiquant présumé, Samir L., pour infiltrer un réseau, avec l'aval de la gendarmerie.

Dans l'enquête sur les attentats de janvier, dix hommes, dont Samir L., ont déjà été mis en examen, suspectés à des degrés divers d'avoir apporté une aide logistique aux tueurs. Tous nient avoir eu connaissance du projet terroriste.

Focus sur le Procès des Attentats de Janvier 2015

Ce mercredi, la cour a continué à retracer le cheminement technique et logistique qui a conduit à l'attaque perpétrée par Amedy Coulibaly dans le supermarché Hyper Cacher. Les enquêtrices ont retracé le parcours des armes dont le terroriste était en possession. Un véritable arsenal de guerre. Fusils d’assaut, pistolets, revolver. Certains emmenés avec lui lors de ses attaques. D’autres laissés dans sa planque de Gentilly.

Parmi ces armes, l’origine de huit d’entre elles a été retrouvée par les enquêteurs de la brigade criminelle. Pour retracer le parcours de ces huit armes, elle nous emmène en Slovaquie. Là où une société, AFG, vend en toute légalité des armes de guerre démilitarisées. Un Belge, Patrick Halluent, en commande via internet. Elles lui sont livrées sans problème. Il les revend à Claude Hermant, “entre 80 et 100 armes en l’espace d’un an”, explique l’enquêtrice à la barre.

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Ces “gros morceaux” ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Lille, rappelle le président, pour trafic d’armes. Car parmi les armes qu’ils commandent entre juin et novembre 2014, huit d’entre elles, fusils d’assaut et pistolets Tokarev vont finir entre les mains d’Amedy Coulibaly. Tout d’abord, ces armes sont remises en état de fonctionner. “Selon Claude Hermant, c’était facile”, déclare l'enquêtrice à la barre. Le matériel nécessaire à l’opération est d’ailleurs retrouvé dans son atelier. Une fois en état de marche, reste donc à les revendre. C’est là qu’apparaît un nouvel homme : Samir Ladjali, qui est alors mis en examen dans le dossier.

“Tous les témoignages concordent pour désigner Samir Ladjali comme l’acheteur des armes de Claude Hermant”, explique l’enquêtrice à la barre; “mais on manquait d’éléments pour relier Samir Ladjali à Amedy Coulibaly.” Samir Ladjali bénéficie finalement d’un non-lieu.

Mais que ce soit par l’intermédiaire ou non de Samir Ladjali, ces armes ont bel et bien été rapatriées en région parisienne. Pour cela, Amedy Coulibaly a semble-t-il délégué certains de ses comparses, aujourd’hui dans le box des accusés. Certes depuis cinq semaines, on peut voir Mohamed-Amine Farès assis dans le box de gauche, deuxième place en partant de la salle pour être très précis. Mais à l’époque, les enquêteurs vont tarder à l’identifier. C’est même, explique une nouvelle enquêtrice, du fait d’un “courrier anonyme intitulé Hyper Cacher - Mohamed Fares”, que les enquêteurs vont s’intéresser à lui.

Ainsi, résume finalement la première enquêtrice, “il y a un vendeur d’armes dont les armes se sont retrouvées dans les mains d’Amedy Coulibaly et on peut émettre l’hypothèse sérieuse qu’elles ont d’abord transitées par Mohamed Fares, Saïd Makhlouf et Amar Ramdani”.

L'Acquisition de Matériel et le Rôle de Willy Prévost et Christophe Raumel

Outre les armes, le terroriste de Montrouge et de l’Hyper Cacher a aussi délégué l’achat de matériel en tout genre : gilets tactiques, taser, couteau, gazeuses. Pour cela, Amedy Coulibaly fait appel à deux hommes: Willy Prévost et Christophe Raumel. Amedy Coulibaly appelle d’abord début décembre, puis devant l’absence de nouvelles, rappelle, “devient insistant”, raconte un ancien enquêteur de la sous-direction antiterroriste, “demande de s’activer pour fournir ces éléments matériels”.

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Une fois satisfait, le terroriste remet 1100 euros en liquide “pour l’achat d’un véhicule”. Willy Prévost et Christophe Raumel iront ainsi dans l'Oise, au domicile d’un couple, acheter une Renault Scénic. Celle-là même qui sera retrouvée près de l'Hyper Cacher, le 9 janvier 2015. La tâche suivante consiste à faire retirer le tracker (qui permet la géolocalisation) d’une moto Suzuki. Celle-là même avec laquelle, le 8 janvier 2015, Amedy Coulibaly se rend à Montrouge et assassine la policière Clarissa Jean-Philippe.

Ils ont même reconnu "avoir participé à tous ces achats en sachant que la finalité serait une action délictuelle ou criminelle”, précise le policier antiterroriste à la barre “tout en ignorant qu'il s'agissait de la préparation des attentats."

Arrestations et Mises en Examen Supplémentaires en Avril

Trois suspects soupçonnés d'avoir aidé les djihadistes des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher à Paris ont été mis en examen vendredi 28 avril par les juges antiterroristes et incarcérés. Parmi les trois mis en examen figure Samir L., considéré comme lié de très près à la vente de certaines armes fournies à Coulibaly, le tueur de l'Hyper Cacher. Deux autres protagonistes, Miguel M. et Abdelaziz A., sont soupçonnés d'être liés à un possible réseau de trafic d'armes entre la Belgique et la France, selon une source proche de l'enquête.

Le Trafic d'Armes Démêlé au Procès des Attentats de Janvier 2015

Ce lundi, la cour d’appel a donc entendu Claude Hermant. A la barre, ce témoin ne manque pas d’aplomb. A l’écouter, il n’aurait acheté toutes ces armes - lors du procès à Lille, le nombre de 470 avait été évoqué - qu’avec l’aval de la section de recherche des gendarmes de Villeneuve-d’Ascq (Nord) dont il aurait été l’informateur. Les avocats des parties civiles laissent dire un témoignage qui rend la situation plus opaque encore.

Reste une interrogation : à qui Claude Hermant a-t-il vendu ses armes ? Le trafiquant, sur ce point, est clair : il n’a eu qu’un seul acheteur. Et ce dernier a lui aussi a été condamné aux procès de Lille et de Douai à trois ans de prison pour association de malfaiteurs. La cour a également entendu cet homme ce lundi matin, qui comparaît également libre. Et sans surprise, celui-ci dément toute volonté d’avoir voulu revendre des armes.

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