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L’armée française est engagée dans un processus continu de modernisation et d'adaptation face aux évolutions géopolitiques. Les exercices militaires, tels qu'Orion, jouent un rôle crucial dans cette transformation. Orion est un événement majeur, planifié bien avant l'invasion russe en Ukraine, axé sur le renforcement de l'armée de terre et prévu pour être renouvelé en 2026.

Cet exercice complexe, réalisé à la fois sur le terrain et en simulation avec des alliés, reflète la complexité du combat moderne, qui exige une coordination importante à tous les niveaux. Compte tenu des enjeux à l’est, il correspond à nos besoins d’entraînement puisqu’on mettait ces dernières années la priorité sur les opérations extérieures.

« L’armée française est une armée d’emploi, jusqu’à 6 000 hommes au Sahel. Mais nous sommes en train d’assister à un changement d’ère stratégique qui se traduit par le fait que la guerre est revenue en Europe. Nous allons être confrontés à des guerres subies plutôt que de choisir les modalités de notre engagement. La France n’est pas menacée d’être envahie sur son sol, notamment grâce à sa dissuasion. Mais elle a vocation à intervenir en coalition, y compris comme nation-cadre, dans la défense collective de l’OTAN. Tout cela impose de réapprendre à manœuvrer des grandes unités, une division de 20 000 hommes au sein d’un corps d’armées en coalition qui peut aller jusqu’à 60 000 hommes.

Les Enseignements Tirés des Conflits Modernes

Les conflits récents, notamment en Ukraine, ont mis en évidence plusieurs enseignements importants pour l'armée française :

  • Forces morales : La cohésion, la confiance et le soutien national sont essentiels.
  • Transparence du champ de bataille : Les technologies modernes permettent de mieux comprendre le déroulement des opérations.
  • Létalité du feu : La formation et la protection contre les tirs sont primordiales.
  • Menace sol-air : La défense contre les drones et les missiles est cruciale.

« Je peux retenir quatre enseignements pérennes. Le premier élément, c’est la question des forces morales, de la cohésion, de la confiance réciproque dans le commandement et les unités et du soutien de la nation. On voit très bien comment cela a pu jouer positivement pour les Ukrainiens et négativement pour les Russes, notamment au début. Deuxièmement, la transparence du champ de bataille. Les capacités modernes, les drones, la guerre électronique, le cyber, les forces spéciales, le renseignement dans la profondeur, les satellites, nous permettent de plus en plus de percer le brouillard de la guerre. La troisième leçon est la létalité du feu que nous devons aborder durant la formation et contre laquelle nous devons nous protéger. Enfin, je retiens la menace sol-air, du drone le plus simple venant du commerce aux missiles les plus évolués. Ça fait aussi partie des dimensions que nous travaillons durant l’exercice Orion.

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Modernisation de l'Armée de Terre

La Loi de programmation militaire (LPM) soutient la modernisation de l'armée de terre, notamment avec le système Scorpion. Elle va aussi renforcer des moyens comme l’artillerie pour avoir plus d’une centaine de canons et des nouveaux LRU (lance-roquettes unitaires). Avec des véhicules mais surtout, des systèmes de commandement.

La transformation de l'armée de terre repose sur quatre principes :

  1. Être et durer
  2. Protéger
  3. Agir
  4. Innover

Dans les années qui viennent, il est primordial de continuer à développer cette notion de force morale avec la qualité des soldats, la formation, la confiance et la cohésion au sein des unités, plus la fidélisation des jeunes (15 000 par an) vers des métiers nouveaux, comme le cyber, le renseignement, le numérique. Protéger est ensuite la première mission de l’armée française en appui des forces de sécurité intérieure. Agir, c’est acquérir une capacité d’action plus réactive mais aussi des domaines dans lesquels nous sommes un peu plus faibles comme le feu dans la profondeur, les drones, etc.

« Elle tient en quatre principes : être et durer, protéger, agir et innover. Dans les années qui viennent, il est primordial de continuer à développer cette notion de force morale avec la qualité des soldats, la formation, la confiance et la cohésion au sein des unités, plus la fidélisation des jeunes (15 000 par an) vers des métiers nouveaux, comme le cyber, le renseignement, le numérique. Protéger est ensuite la première mission de l’armée française en appui des forces de sécurité intérieure. Agir, c’est acquérir une capacité d’action plus réactive mais aussi des domaines dans lesquels nous sommes un peu plus faibles comme le feu dans la profondeur, les drones, etc.

Depuis avril, un commandement Terre-Europe continentale a vu le jour au Commandement des forces terrestres à Lille. Commandé par le général de division François Goguenheim (originaire du Béthunois), il répond à la nouvelle donne stratégique et la guerre en Ukraine aux confins des frontières de l’Europe et de l’OTAN. La France a choisi de montrer sa solidarité avec ses alliés en Estonie (l’opération Lynx depuis 2017) et depuis mars avec l’opération Aigle en Roumanie. Elle continue de monter en puissance en constituant un bataillon multinational aux capacités renforcées, commandé par la 7e brigade blindée.

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Les Défis et les Perspectives d'Avenir

L’armée française doit relever plusieurs défis pour maintenir son efficacité opérationnelle :

  • Préparation à la guerre de haute intensité : Adapter les forces à des conflits complexes et sophistiqués.
  • Développement des capacités : Améliorer les compétences dans des domaines tels que le feu dans la profondeur et les drones.
  • Adaptation aux menaces modernes : Intégrer les dimensions cyber et électromagnétiques dans la stratégie militaire.
  • Gestion des ressources : Équilibrer la quantité et la qualité des équipements et des munitions.

« C’est un grand sujet mais qui peut le plus peut le moins. Quand on se prépare à la guerre la plus exigeante, qui brasse l’ensemble des domaines de confrontation, globalement, on est capable de s’adapter au reste. Le second principe, c’est qu’on ne peut pas tout préparer. Alors, nous travaillons les deux bouts du spectre, le plus sophistiqué et le plus rustique. Rien ne sera aussi parfait ni aussi pire que ce qu’on envisage.

« On nous a souvent reproché de préparer la guerre d’hier, pas celle de demain. En réalité, la guerre de demain a déjà commencé. Elle est face à nous, au Haut-Karabagh (2020), en Ukraine. Ce n’est pas un roman de science-fiction. Il faut en sentir les tendances et s’y adapter. Et la France a la chance de couvrir un large spectre d’engagements, de l’opération de maintien de la paix au Liban à la bande sahélo-saharienne, jusqu’à un affrontement qui se rapproche et se situe en Europe.

« Nous voyons en Ukraine le segment de la haute intensité. C’est l’association de frappes à longue distance basées sur la précision - l’homme a toujours essayé de mettre de la distance entre l’acte de tuer et le résultat (la lance, le canon, le missile) - et d’un combat totalement imbriqué, sur laquelle vous ajoutez une couche d’hypercommunication. Vous assistez non pas au combat mais à sa communication. - Le bombardement du centre commercial de Krementchouk lundi 27 est emblématique.

Le Rôle des Drones et des Robots Terrestres

Les drones aériens représentent une évolution fondamentale du combat, tandis que les robots terrestres, bien que moins avancés, sont considérés comme un impératif pour l'avenir. Lors d’une audition à l’Assemblée nationale, cette semaine, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, a estimé que les drones aériens incarnaient une « évolution absolument fondamentale du combat tel que nous l’observons sur tous les champs de bataille aujourd’hui », au point de parler d’une « révolution militaire autour de l’emploi » de ces engins.

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« Le drone aérien sera l’un des marqueurs des combats qui viennent et je suis persuadé que les robots terrestres le seront aussi », a insisté le CEMAT. Seulement, compte tenu de la « rugosité du sol », ces robots terrestres [UGV] ne sont pas encore prêts à être engagés dans des combats comme le sont actuellement les drones aériens, ces derniers ayant « cinq ou dix ans » d’avance technologique, a expliqué le général Schill.

Arquus a dévoilé quelques innovations, dont une évolution de son robot terrestre DRAILER, lequel avait été présenté lors d’EuroSatory 24, le salon de l’armement aéroterrestre. Doté de quatre roues motrices et directrices, le DRAILER peut parcourir 100 km en roulant à 20 km/h grâce à une motorisation hybride électrique. Le modèle présenté à TechTerre, appelé « DRAILER MARSEUS », a été développé pour effectuer des frappes au-delà de la vue directe grâce au missile AKERON LP [ex-MHT, pour « missile haut de trame »] de MBDA.

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