Envie de participer ?
Bandeau

Le pistolet Mauser C96, affectueusement surnommé "Broomhandle" par les collectionneurs anglo-saxons en raison de la forme distinctive de sa crosse, est bien plus qu'une simple arme à feu. C'est un symbole d'innovation, de polyvalence et d'une époque où les armes à feu étaient conçues avec une attention méticuleuse aux détails et à la fonctionnalité.

Genèse et Conception d'une Arme Révolutionnaire

Le Mauser C96 n'est pas le fruit du seul génie de Paul Mauser, mais plutôt de la collaboration des frères Feederle, travaillant sous sa direction. Fabriqué en Allemagne de 1896 à 1937, ce pistolet semi-automatique se distingue par sa carcasse usinée à partir d'un bloc d'acier à haute résistance, une prouesse technique pour l'époque.

Son chargeur interne, situé devant le pontet, pouvait contenir jusqu'à 10 cartouches de 7,63x25 mm Mauser, une munition particulièrement puissante pour les standards de l'époque, lui conférant une portée et une pénétration supérieures à celles de nombreux pistolets contemporains. L'une des caractéristiques les plus appréciées du C96 est son étui-crosse en bois amovible, qui permettait de le transformer en une petite carabine semi-automatique, augmentant ainsi sa précision à longue distance.

Ce système ingénieux, combiné à sa conception robuste et à sa puissance de feu, a contribué à sa popularité auprès des militaires, des forces de l'ordre et des civils.

Le C96 Durant la Première Guerre Mondiale

L'armée allemande a rapidement reconnu le potentiel du C96, en commandant plus de 100 000 unités pour ses troupes pendant la Première Guerre mondiale. Les combats rapprochés dans les tranchées ont mis en évidence les qualités de cette arme, notamment sa puissance de feu et sa maniabilité. Mais son utilisation ne s'est pas limitée au front occidental.

Lire aussi: Mauser : Un aperçu historique

La Russie communiste a également acquis de grandes quantités de C-96, qui a fini par être surnommé "Bolo-Mauser" (le Mauser des bolcheviks). Bien que sa production ait cessé juste avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le Mauser C96 était toujours en service dans de nombreuses armées et organisations paramilitaires à travers le monde. Son utilisation pendant ce conflit témoigne de sa durabilité et de sa pertinence, même face à des armes plus modernes.

Il est important de noter qu'aucun pays n'a officiellement adopté le C96 comme arme réglementaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, il a été utilisé dans tous les événements guerriers survenus dans la première moitié du XXe siècle, par des soldats, des officiers, des résistants et des mercenaires. Il faut dire que son fonctionnement est simple : le C96 se démonte sans outils.

Fabrication Étrangère : Le Pistolet Shanxi

Dans les années 20, la province de Shanxi au centre de la Chine était contrôlée par le seigneur de la guerre Nationaliste Yen Hsi-shan (1883/1960). L’arsenal de Taiyan capitale de la province sous son impulsion développa en 1929 la conception et la fabrication d’une copie du pistolet Mauser C96 surdimensionné en calibre 45 A.C.P.

Ces armes étaient destinées aux seigneurs de la guerre chinois, aux nationalistes du Kuomintang de Tchang Kaï-chek et aux hommes du Parti Communiste de Mao Tsé Toung.

L'Influence de Mauser sur l'Armement Mondial

Mauser, en tant que fabricant d'armes, a joué un rôle majeur dans l'équipement de l'armée allemande et de nombreuses armées étrangères durant les deux guerres mondiales. Après 1945, Mauser a connu une restructuration et a été intégrée à d'autres groupes industriels, tout en continuant à fabriquer des armes, notamment des canons automatiques et des fusils de précision destinés à la chasse.

Lire aussi: Mauser 1914 : Un fusil allemand emblématique

L'histoire de Mauser commence à l'arsenal royal d'Oberndorf, fondé le 31 juillet 1811 par le roi Frédéric Ier de Wurtemberg. C'est dans cet atelier que les frères Wilhelm et Paul Mauser travaillent au milieu du XIXe siècle comme armuriers et mettent au point un nouveau fusil à répétition à culasse rotative dès 1867. Leur prototype s'inspire du fusil français Chassepot, qui avait montré sa supériorité lors de la guerre de 1870.

Le Gewehr 98 et le Karabiner 98k

Le Gewehr Modell 1871 (fusil Mauser 1871) est ainsi adopté par la nouvelle armée allemande unifiée, supplantant la concurrence et marquant le début du succès pour Mauser. Fort de ce premier contrat national, Mauser se tourne aussi rapidement vers l'exportation. Les premières commandes étrangères arrivent dans les années 1880-1890 avec, par exemple, le fusil Mauser 1889 pour la Belgique, le Mauser 1890 pour l'Empire ottoman et le Mauser 1891 pour l'Argentine.

Le Mauser modèle 1893, adopté par l'Espagne (calibre 7×57 mm), rencontre un succès international en étant également choisi par de nombreux pays d'Amérique latine. Lors de la guerre hispano-américaine de 1898, les troupes espagnoles équipées de fusils Mauser 1893 infligent de lourdes pertes aux forces américaines, notamment à la bataille de San Juan où 750 soldats espagnols tinrent tête à 15 000 Américains pendant plus de 12 heures.

Cet événement incite les États-Unis à adopter à leur tour le système de culasse Mauser pour leur fusil Springfield M1903, moyennant le paiement de royalties à l'entreprise allemande. À la fin du XIXe siècle, Mauser devient l'un des plus grands noms de l'armement : la Turquie, le Brésil, le Mexique, le Chili, l'Uruguay, la Chine, l'Iran, la Serbie ou encore la Suède figurent parmi les nombreux pays ayant adopté des variantes du fusil Mauser à cette époque.

Paul Mauser, l'ingénieur en chef et cofondateur, décède en mai 1914 peu avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Le conflit entraîne une explosion de la demande pour les fusils Mauser : le Gewehr 98 équipe massivement les troupes allemandes, tandis que des versions carabines plus courtes sont également distribuées (Karabiner 98AZ, etc.) pour les unités de cavalerie et les Sturmtruppen (troupes d'assaut).

Lire aussi: Plongez dans l'univers du pistolet Mauser

Après la défaite de 1918, le traité de Versailles impose de fortes restrictions à l'industrie allemande de l'armement. Mauser n'a plus le droit de produire des armes militaires en grande quantité. Durant les années 1920, l'entreprise survit en se consacrant partiellement à la fabrication de produits civils et d'outillage de précision (par exemple des instruments de mesure comme des micromètres).

Néanmoins, Mauser continue à concevoir des armes et à honorer certains contrats étrangers en contournant les limitations du traité via des filiales ou des partenariats à l'étranger. Avec la montée en puissance du régime nazi et le réarmement de l'Allemagne dans les années 1930, Mauser retrouve une place centrale. Le fusil Karabiner 98k, version raccourcie du Gewehr 98, est adopté en 1935 comme arme de base de la Wehrmacht.

Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939, l'usine d'Oberndorf tourne à plein régime pour équiper les forces allemandes. Mauser produit non seulement des millions de fusils 98k, mais également d'autres armes : le pistolet semi-automatique Mauser HSc en calibre 7,65 mm (destiné aux officiers et à la police), des fusils mitrailleurs et des canons automatiques pour l'aviation (par exemple le canon de 20 mm MG 151/20).

L'importance stratégique de Mauser pour l'effort de guerre allemand est telle qu'Adolf Hitler en personne exige une production massive : il ordonne que la ville d'Oberndorf fournisse 70 000 fusils Mauser par mois, objectif atteint en ayant recours à environ 5 000 travailleurs forcés venus de toute l'Europe. L'usine Mauser devient ainsi un pilier de la machine de guerre nazie, au point d'être une cible pour les Alliés.

Mauser Après la Seconde Guerre Mondiale

Après la capitulation allemande de 1945, la ville d'Oberndorf se retrouve en zone d'occupation française. Les installations de Mauser sont en partie démantelées sur ordre des autorités françaises : une grande partie des machines-outils est saisie au titre des réparations de guerre et les archives de l'entreprise sont détruites.

Dans ce contexte, trois anciens ingénieurs de Mauser - Edmund Heckler, Theodor Koch et Alex Seidel - récupèrent clandestinement certains équipements restants et fondent dès 1949 une nouvelle société d'armement : Heckler & Koch. Quant à Mauser, l'entreprise elle-même renaît après-guerre sous une forme réduite.

Dans les années 1950, Mauser se concentre sur la fabrication de fusils de chasse et de carabines de tir sportif, le marché militaire lui étant fermé par les Alliés au début. La société est officiellement reconstituée dans les années 1950 et présente de nouveaux fusils de chasse dans les décennies suivantes (par ex. le modèle Mauser 66 en 1965, un fusil à verrou à armement linéaire innovant).

À la fin du XXe siècle, Mauser subit d'importantes restructurations. En 1994-1995, la division armement de Mauser est rachetée par le groupe allemand Rheinmetall AG, connu pour ses canons automatiques et munitions. L'entité est rebaptisée Mauser-Werke Oberndorf Waffensysteme GmbH et intègre le giron de Rheinmetall. Parallèlement, en 1999, la branche produisant des fusils civils (chasse et tir) est séparée du reste et devient Mauser Jagdwaffen GmbH.

Un Héritage Durable

Le Mauser C96 a cessé d'être produit en 1938, mais son héritage perdure. Il est devenu une pièce de collection recherchée par les passionnés d'armes à feu et d'histoire militaire. Sa conception innovante a influencé le développement d'autres pistolets semi-automatiques, et son image est souvent associée à l'aventure, à l'exotisme et à une certaine forme de romantisme guerrier.

Les reproductions d'armes Denix, fabriquées à partir de matériaux de haute qualité, permettent aux collectionneurs et aux reconstitueurs historiques de posséder une réplique fidèle du Mauser C96, sans les contraintes légales liées à la détention d'une arme à feu. Ces répliques sont idéales pour les reconstitutions historiques, les films, les séries télévisées et les collections privées.

tags: #mauser #c96 #fabrication #étrangère #histoire

Post popolari: