La carabine Martini est une arme de match type Martini, comme il s'en faisait beaucoup entre 1886 et 1930 (les modèles précédents n'étant pas si sophistiqués).
Comme tous les collectionneurs, les tireurs recherchent les petits numéros ou les versions spéciales et c'est ainsi qu'ils tombent sur des anomalies.
Normalement, les carabines Martini portent le nom de l'inventeur du système qui lui est suivi de l'armurier qui a construit l'arme.
Les brevets de la Martini-Francotte situent bien cette arme antérieurement 1900.
Voici quelques caractéristiques de la carabine Martini :
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La Francotte appartient à la catégorie des carabines scolaires. Destinée au tir et à l’initiation, cette arme aux lignes graciles comporte un canon rayé, renforcé au tonnerre, et vissé sur le boîtier de culasse. La monture en noyer est composée de deux éléments, la crosse et le garde-main. Chacune de ces deux pièces porte un battant de bretelle. Le premier est vissé sous la crosse, le second est placé sur la grenadière qui lie le fût au canon. A priori, rien ne distingue La Francotte d’une quelconque carabine Martini, rien si ce n’est son bloc amovible, logé dans la carcasse.
Malgré leurs nombreux avantages, les armes du système Martini ne pouvaient pas être nettoyées facilement. La disposition du boîtier de culasse obligeait l’utilisateur à passer la baguette par la bouche du canon.
Les arguments de l’UFA ont été entendus et aujourd’hui, les anciennes références qui figuraient au RGA viennent de disparaître (CA333, BV085, BU331, BK914, AS517 et CE971). L’UFA agit sur un temps.
Montées sur un même bloc, la platine et la culasse peuvent être retirées rapidement en tournant vers le bas, d’un demi-tour, le petit levier placé sur la joue droite du boîtier de culasse. Le bloc ainsi libéré peut alors sortir de son logement lorsque l’on pousse le levier de sous-garde vers l’avant.
Au centre de la boite de culasse se trouvent les mentions suivantes : MACHINE MADE BY - A.
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Fabriquée pendant près d’un demi-siècle, La Francotte donnera naissance à de nombreuses variantes. Carabines scolaires, de tir et de grande chasse vont ainsi se succéder jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.
Pour ceux qui veulent tout savoir sur Francotte, notre ami Alain Daubresse vient de publier un livre sur ce sujet.
Au Musée Victoria à Melbourne on trouve la confirmation d’un marché officiel en 1887 pour ces carabines, aux fins d’entraînement des cadets. Wikipédia énonce que ces fusils de cadet ont été utilisés depuis 1891.
Certaines carabines Martini portent le N° 14 sur le bloc tombant, l'extracteur en demi-lune ouvert, le canon et son tunnel avec déjà un ring en verre transparent et interchangeable selon l'ouverture désiré et le repose pouce.
Pour savoir à qui était cette arme, il faut s'interroger sur le N°14 et l'anonymat de l'arme pour savoir qu'à une certaine époque, les tireurs de l'équipe Nationale Suisse n'avaient pas le droit de faire de publicité. Le nom de l'armurier est donc inconnu.
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Quand au poinçon Hammerli, il s'agit d'un canon choisi chez Hammerli par un tireur de l'équipe Nationale. Mais Hammerli n'a jamais fait de canons fraisé pour recevoir des contre-poids. Ce canon est donc modifié pour un besoin personnel.
Le 14 ème tireur de l'équipe Nationale n'était autre que Josias Hartmann, que cette carabine est celle avec laquelle il a fait médaille d'or et de bronze aux Jeux Olympiques de 1924 à Paris (l'or debout et le bronze couché!).
Hartmann était un armurier lui-même, il a donc modifié cette arme pour ses besoins.
L'armurier qui a construit cette arme (Josias Hartmann) était un des membres de l'équipe nationale de tir et pas des moindre.
Le dioptre est un Hartmann car la vis mère de réglage est en fait un ressort à boudin monté sur un filet. Ce principe augmente l'appui, réduit le jeu et diminue l'usure.
Cette arme date de 1922! Une époque ou en compétition, il n'existait que des Martini.
Qualité de l'arme: Robustesse, fiabilité, précision.
Il s'agit là de très belles armes et d'un esthétisme rarement égalé.
Aujourd'hui, le résultat d'Hartmann aux J.O de 1924 est possible à chaque bon tireur.
Maintenant que vaut cette arme? Certainement pas davantage qu'une autre Martini, sauf pour celui qui collectionne les armes ayant fait des podiums et ayant appartenu à de grands champions.
L'arme est anonyme et porte le N° 14, avec des poinçons 1911 / étoile Hammerli et BP pour le test aux surcharges. La fraisure sur le canon est destinée à recevoir un contre-poids qu'il est possible de déplacer sur la longueur du canon (équilibrage).
Le N°14 de l'arme anonyme est visible sur la carabine vue de gauche avec une boîte sous la crosse pour la faire tenir en équilibre (l'arme est volontairement mal équilibrée).
L'arme a été essayée et elle fonctionne rudement bien.
Dans les calibres 7,5 X 55 il faut toujours demander si c'est GP 11 ou non! La GP 89 n'existant plus!
Pour le 22 lr, il faut toujours demander si c'est N°6 ou N°7 (la numéro 7 n'existant plus).
Pour les calibres de chasse, la 10,3 X 50 / 60 / 65 est un calibre cantonal, il vous sera très difficile de vous approvisionner ou alors par grosse quantités chez RWS.
Et il ne faut pas confondre avec le 10,4 X 41 Vetterli annulaire qui n'existe plus.
La poudre sans fumée de la GP 89 était encore faite avec de l'alcool et de l'éther. Fulmicoton La poudre sans fumée de la GP 11 est elle faite avec de la glycérine et des nitrates (nitro) cellulose.
Quand à la 22 lr N°7 c'était une variante Helvétique qui allait mieux dans le vent que la N°6 de l'époque car légèrement plus lourde 2,8 grammes contre 2,55.
Par contre la N°6 même que plus courte ne va pas dans un N°7! Ou plutôt elle va, mais elle sème comme une pompe d'arrosoir. La réponse est dans la balle.
N°6 diamètre 5,66 mm.
N°7 diamètre 5,75 mm.
A la sortie du canon le calibre est le même 5,56 mm, mais un canon N° 7 possède des rainures plus profondes. En cible une N°6 tirée par un canon N° 7 arrivera à plat dans la cible.
Il y a une .22 calibrée en .22L c'est sous chargé par rapport à la .22LR (une ancienne carabine FN). Elle serait intéressante pour le forum.
| Munition | Caractéristiques | Disponibilité |
|---|---|---|
| GP 11 (7,5 X 55) | Version actuelle | Disponible |
| GP 89 (7,5 X 55) | Poudre sans fumée (alcool et éther) | Rare |
| 22 lr N° 6 | Version actuelle, diamètre 5,66 mm | Disponible |
| 22 lr N° 7 | Variante Helvétique, diamètre 5,75 mm | N'existe plus |
| 10,3 X 60 R centrale | Munition spéciale pour le Canton des Grisons | Difficile d'accès |
| 10,4 X 41 R annulaire Vetterli | - | N'existe plus |
La Martini Suisse 22LR Compétition est bien plus qu'une simple arme. C'est un morceau d'histoire, un symbole de précision et de performance, et un objet de collection convoité par les passionnés du monde entier.
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