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Une caractéristique distingue les mitrailleuses soviétiques des autres : leur poids. Pendant longtemps, ces armes furent conçues en privilégiant la robustesse des composants, et leur poids était la conséquence de ce choix.

Plus tard, vers le milieu des années trente, les Soviétiques prirent conscience de l’importance de la mobilité, et lorsqu’ils songèrent à mettre au point une nouvelle mitrailleuse lourde, l’accent fut mis sur les qualités mécaniques du modèle et non plus uniquement sur sa robustesse.

Conception et Évolution des Mitrailleuses Russes

À l’origine, les Soviétiques voulaient fabriquer une mitrailleuse semblable à la Browning de calibre 12,7 mm, mais finalement ils conçurent un modèle plus léger, alimenté par des cartouches de 12,7 mm et qui devait remplir des fonctions diverses.

Si la DShK 1938 était plus légère que la Browning, il n’en était pas de même de son affût. En effet, les Soviétiques avaient conservé l’affût à roues de la vieille M1910. Pour son utilisation en défense antiaérienne, ils avaient cependant conçu un trépied spécial, qui est toujours en service.

Ce modèle devint pratiquement un élément fixe des chars soviétiques lourds JS-2, et les Tchèques ont construit un affût quadruple pour le tir antiaérien.

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L'Artillerie Soviétique : Un Exemple avec l'Akatsiya 2S3

Tapi dans un trou au milieu d'un bosquet, le vétuste canon automoteur Akatsiya 2S3, datant de l'ère soviétique, vit son chant du cygne. L'armée ukrainienne, qui aura bientôt épuisé ses derniers projectiles, lui préfère l'armement occidental, bien plus performant face à l'ennemi russe.

Construit en 1986, "Lastotchka" ("L'hirondelle"), le petit nom dont l'a affublé son équipage, accuse le poids des ans. Mais les hommes qu'il transporte semblent ne pas lui en tenir rigueur.

Un artilleur ukrainien dans la tourelle d'un canon automoteur Akatsiya 2S3, le 19 septembre 2022 dans la région de Mykolaïv. "Pour le faire passer de la seconde à la troisième vitesse, il faut donner un coup de marteau ou taper de la main", sourit Serguiï, 26 ans, joignant le geste à la parole, dans un "bang" sonore.

À l'avant, la visibilité est si réduite que le conducteur doit parfois sortir la tête de l'habitacle. La marche arrière est plus aléatoire encore, faute de caméra de recul. Puis tirent. "Leurs obus sont encore en l'air, elles sont déjà reparties." Un gain de temps précieux pour éviter une éventuelle riposte russe.

Elles pèchent davantage encore pour la précision: à distance maximale, leurs frappes atterrissent a minima "dans un rayon de 200 à 300 m" de l'objectif, contre cinq mètres pour un obus guidé moderne, selon Pierre Grasser, chercheur associé au laboratoire Sirice-Sorbonne.

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Car l'engin hérité de l'URSS, tout comme d'autres éléments d'artillerie légués à l'Ukraine lors de son indépendance en 1991, fonctionne principalement avec des obus de 152 mm, essentiellement produits en Russie ou dans des pays proches de Moscou.

Le Char T-26 : Un Exemple d'Adaptation et d'Évolution

Le T-26 dérive d' un modèle étranger acheté au cours du premier plan quinquennal d' équipement de l' Armée rouge, le Vickers Six-Ton britannique nouvellement développé. Ce char doté d' un blindage maximum de 15 mm parut être le char idéal pour le soutien de l' infanterie.

Le char fut rebaptisé T-26 et fut mis en production dés l' année suivante mais avec des mitrailleuses refroidies par air. Cependant quelques exemplaires furent armés d' une mitrailleuse de 12.7 mm dans la tourelle de droite afin de donner plus de possibilités contre les blindés ennemis.

Sur le marché de l exportation , bien qu’il soir moderne et relativement bon marché le « Vickers 6 tonnes » n'avait pas de clients lors de sa première sortie, en 1931. Cependant, il attira immédiatement l'attention des officiers soviétiques, qui éprouvèrent le besoin de rester en contact avec les technologies occidentales.

Ils ont signé le 18 mai 1930 un contrat pour 15 véhicules Vickers de 6 tonnes modèle A (à double tourelle) et l achat d’une licence comprenant une documentation complète et des plans pour la production nationale. Les 15 chars furent assemblés en 1930 à Vickers, sous l'attention attentive des ingénieurs soviétiques.

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Ce char à lui seul fit de l'Armée rouge, de loin, la plus grande force blindée au monde. possible du Vickers, et la Commission Spéciale pour l'Armée Rouge (RKKA) était chargée de rechercher le meilleur des deux pour les besoins de l'Armée Rouge.

Le choix s’est porté sur le char léger anglais "Vickers 6-ton" (Vickers Mk. E mod. A),dont la licence avait été acquise en 1930 auprès de Vickers-Armstrong. par la commission d'achat du Département de mécanisation et de motorisation de l'Armée rouge, dirigée par le chef I. A.

La tourelle droite voit son armement modifié avec le remplacement de la mitrailleuse DT, par un canon de char Hotchkiss de 37 mm ou un B- de 37 mm. La puissance de pénétration du blindage du canon B-3 de 37 mm était extrêmement faible.

Ce dernier modèle était appelé modèle 1939 ou T-26-1 dans certaines sources. Il possédait des plaques blindées inclinées et de meilleurs radiateurs conçus pour résister aux cocktails Molotov. Mais ces plaques de blindage supplémentaires alourdissent le char réduisant sa vitesse de pointe.

Au printemps 1932, au bureau d'études de l'usine de Voroshilov, sur la base du projet VTI. En 1936, un petit lot de 10 T-26T avec un châssis blindé fut produit.

Au total, au 1er juin 1941, les unités de chars de l'Armée rouge comptaient 211 tracteurs basés sur le T-26. Presque tous les T-26T, qui faisaient partie des troupes stationnés sur les frontières et d'un certain nombre de districts militaires internes,.

Il s'agissait d'une toute première tentative de canon d'assaut, fabriqué en 1931. Ces machines ont été perdues au cours des premiers jours de la guerre.

Lorsque les troupes allemandes approchèrent de Léningrad fin septembre 1941, la question des chars obsolètes en service fut à nouveau discutée, c'est pourquoi le 5 août 1941, l'usine 174 présenta un nouveau canon d'assaut au Conseil militaire de la région militaire de Léningrad. Cette machine s'appelait le T-26-6.

Un grand nombre de T-26 furent capturés par les Allemands et utilisés sous la désignation Panzerkampfwagen T-26 740(r) contre les partisans, dix d'entre eux furent transformés en chasseur de chars équipé d'un Pak 97/38(f) devenant le 7,5 cm Pak.

Mitrailleuse MAC 58

Par DM 46 ST/ARM du 23 septembre 1950, la Manufacture d'Armes de Châtellerault reçoit un programme provisoire pour la mise à l'étude d'une mitrailleuse de 12,7mm destinée à remplacer les armes américaines Browning en service.

Seul, le mode d'alimentation de l'arme était imposé. Les autres caractéristiques étaient laissées à l'initiative des bureaux d'études concernés de Mulhouse, Châtellerault et Saint Etienne.

À Châtellerault, l'étude fut confiée au Technicien Davail sous les ordres de l'Ingénieur en Chef Martin et sous l'impulsion des Directeurs, l'IMC Rabbe puis l'IMC Nardin. Elle aboutit à la présentation, le 12 février 1956, du plan d'encombrement de l'arme au Service Technique de la DEFA et à la réalisation d'un prototype. L'arme était inspirée de l'arme automatique Modèle 52 dont la réalisation des coquilles en tôle emboutie avait nécessité l'emploi de presses de 300 et 400 tonnes récemment implantées à la MAC. Elle pesait 26kg, c'est-à-dire moins que la mitrailleuse US M2 HB CAL .50 (39kg).

Spécifications des mitrailleuses de 12,7mm

Les spécifications auxquelles devaient satisfaire les mitrailleuses de 12,7mm furent précisées à la MAC.

"L'arme doit :

  1. être adaptable sur véhicule et auto-mitrailleuse légère,
  2. permettre un tir efficace contre avions légers ou hélicoptères à une altitude de l'ordre de 1000m,
  3. permettre des tirs à terre ajustés jusqu'à 1000m et des tirs de neutralisation jusqu'à 2000m,
  4. être d'un poids permettant les manipulations aisées et en particulier le débarquement pour le tir à terre,
  5. être d'un entretien et d'une utilisation plus faciles que la mitrailleuse de 12,7 US,
  6. tirer les différents types de munitions de 12,7 réglementaires US (en particulier la balle perforante qui doit être efficace contre les blindés légers jusqu'à 600m).

Il ne sera pas étudié de nouvel affût de tir à terre, l'affût US convenant parfaitement.

La MAC devait fournir, pour le 25 août 1956 au plus tard, une fiche comportant les renseignements suivants :

  • caractéristiques principales des prototypes,
  • état d'avancement,
  • date à laquelle les prototypes pourront subir leur prochaine expérimentation à l'Établissement d'Expériences Techniques de Versailles.

Par lettre 8354/ET/MAC du 23 août 1956, la MAC a adressé sa réponse à la demande de ST/ARM:

  1. Le tracé d'encombrement adressé le 16 février 1956 convient à la première question
  2. efficacité au tir sur objectif aérien identique à la 12,7 actuellement utilisée dans les groupes de DCA légère
  3. le tir à terre est prévu avec lunette APX 806.
  4. le poids est comparable à celui de la mitrailleuse Hotchkiss de 8mm de la première guerre mondiale : 27,5kg avec canon lourd
  5. le principe est basé sur l' AA 52 avec peu de pièces
  6. l'arme tire les cartouches US et françaises
  7. elle est montée sur affût US M3 par un lien élastique MAC
  8. sa cadence est de 500 à 600 coups-minute.

Évaluations

Deux prototypes ont été présentés à l'ETVS, le 30 novembre 1956 pour un premier prototype, le second fut envoyé le 28 mai 1957. Il ne comportait que quelques améliorations de détail, apportées à la suite des essais sur le prototype n°1.

Le 27 juin 1957, trois mitrailleuses complètes furent envoyées à l'ETVS. Deux exemplaires étaient destinés à la Section Technique de l'Armée de Terre. L'arme fut jugée valable dans sa présentation et son principe de fonctionnement, mais elle ne pouvait être montée sur tous les supports de tir utilisés sur les véhicules de l'armée en service du fait de sa forme et de son organisation (absence de poignées arrières).

En définitive, les 12 prototypes commandés en décembre 1956 furent réalisés et expérimentés. L'arme resta à l'état du prototype car la mise au point ne fut pas jugée nécessaire.

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