La mafia russophone, dominée par la caste des vory v zakone (voleurs dans la loi), a étendu son emprise en Europe, notamment en France. Cette confrérie criminelle, née dans les prisons soviétiques dans les années 20, se distingue par un code d'honneur strict et des tatouages spécifiques.
Les vory v zakone sont une légende du crime organisé, comparés au chat du Cheshire pour leur capacité à apparaître et disparaître. Ils représentent plus de la moitié des 1 200 vory v zakone et trustent la plupart des postes de commandement.
En huit ans, les vory ont étendu leur emprise dans l'Hexagone. Actuellement, c'est encore le clan de Tbilissi, celui d'Usoyan, qui dirige les réseaux de voleurs en France, comme l'a montré l'arrestation simultanée à Bordeaux, Marseille et Nice, le 4 juin, d'une quarantaine d'hommes, dont un vor, Artur Youzbachev.
La mort de "Grandpa" a provoqué un séisme dans la mafia russophone, dont l'onde de choc se fait sentir jusqu'en France. Usoyan aurait été abattu par son grand rival Tariel Oniani, surnommé "Taro", du clan de Koutaïssi, dans le centre-ouest de la Géorgie.
Grandpa et Taro seraient entrés en guerre pour le contrôle du marché des JO d'hiver de 2014 à Sotchi, une manne estimée à 50 milliards de dollars. La ville de Sotchi se trouve dans la zone d'influence d'Usoyan, qui avait massivement acheté des terrains en prévision des futurs chantiers.
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Tous les grands vory sont sous la coupe des services russes, et l'on raconte même que le dauphin d'Usoyan, Zakhar Kalachov, dit "Shakro le jeune", en ferait partie. Le FSB suivait de près Grandpa, qui passait à Sotchi pour être le gouverneur de l'ombre et... l'un des fidèles collaborateurs du FSB.
Après une courte période d'incertitude, son successeur, le FSB, a pris la suite en 1994, offrant aux vory des passeports que leur casier judiciaire fourni leur interdisait de posséder, ainsi qu'une relative protection en Russie, en échange de basses besognes et de fourniture de renseignements.
En 2010, l'ambassadeur américain en Espagne expliquait que la Russie était un véritable Etat-mafia tant étaient étroits les liens entre le crime organisé et les structures d'Etat. Les buts du FSB et des vory v zakone sont parfois très proches, à l'image de leur lutte commune contre le régime de Saakachvili.
En France et en Europe occidentale, les groupes criminels écument les pavillons à la recherche d'or et de bijoux ou de marchandises peu encombrantes mais à forte valeur ajoutée. Les petites mains des voleurs dans la loi profitent en France des foyers d'accueil et peuvent s'approvisionner facilement en héroïne de substitution, dont ils font grande consommation.
Toutes les petites mains des vory v zakone qui travaillent en France et ailleurs pour eux sont soumises à l'obshchack, la dîme, qui représente 15 % du butin. Les vory eux-mêmes cotisent à hauteur de 30 % de leurs revenus au "grand obshchack", la caisse commune des voleurs dans la loi.
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Le conflit entre les clans vory s'est exporté en France. Comme en témoigne le destin de Vladimir Janachia, vor du clan de Koutaïssi. Ce 18 mars 2010, les deux tueurs ont attendu qu'il sorte de la maison louée sous un faux nom dans la périphérie de Marseille. Lorsque Janachia a décidé de prendre l'air, sept balles l'ont cueilli, malgré ses deux gardes du corps.
Alexi Polevoï, 16 ans, avoue six meurtres, mais l'ombre de la mafia russe plane. Dans la soirée du 26 février 1995, Alexi a tué six personnes à l'aide de trois armes de son père : un kalachnikov, un pistolet Custom à un coup et une carabine Unique. Une hypothèse «mafia russe» avait été évoquée dans les journaux au lendemain de la tuerie. Elle sera vite écartée: Alexi a avoué.
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