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La Suisse, souvent perçue comme un havre de paix et de neutralité, possède une relation particulière avec les armes à feu, enracinée dans son histoire et sa culture. Cette relation se manifeste notamment par le service militaire obligatoire et la tradition du tir, qui suscitent des discussions et des débats réguliers.

La Tradition Armée en Suisse : Un Aperçu Historique

La Suisse se distingue par le nombre élevé d'armes à feu par habitant. Cette particularité s'explique en grande partie par le système de milice, où les citoyens sont responsables de la défense du pays. Historiquement, le service militaire était obligatoire pour les hommes suisses, qui conservaient leur arme d'ordonnance à domicile, en état de servir en cas de besoin. Bien que cette pratique ait évolué, elle a laissé une empreinte durable sur la société suisse.

L'armée suisse, basée sur le principe de la milice, repose sur l'idée que chaque citoyen est un soldat potentiel. Cette conception a façonné la culture suisse, où la responsabilité individuelle et la préparation à la défense du pays sont valorisées. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la mobilisation de 1939 a créé un mythe de l'inviolabilité du territoire suisse, grâce à sa géographie et à la force d'intimidation de ses miliciens.

Le Cadre Légal et la Conservation des Armes

La loi suisse impose de conserver les armes d'ordonnance de manière "détachée", c'est-à-dire séparée de la culasse et des munitions. Cette mesure vise à réduire les risques d'accidents et d'actes de violence. Toutefois, des incidents tragiques, tels que des suicides ou des homicides impliquant des armes d'ordonnance, surviennent périodiquement, alimentant le débat sur la nécessité de renforcer le contrôle des armes à feu.

Les citoyens suisses qui ne souhaitent pas conserver leur arme à domicile ont la possibilité de la déposer à l'arsenal.

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Le Tir Obligatoire : Tradition et Pratique

Le tir obligatoire est une tradition ancrée dans la culture suisse. Des concours de tir sont régulièrement organisés, offrant aux citoyens la possibilité de pratiquer leur habileté au tir et de renforcer leur lien avec l'armée. Ces événements sont souvent des occasions de rassemblement social et de célébration de l'identité suisse.

Le tir sportif est une activité populaire en Suisse, avec des clubs et des stands de tir présents dans de nombreuses communes. Ces activités contribuent à maintenir les compétences des citoyens en matière de maniement des armes et à promouvoir un esprit de camaraderie et de responsabilité.

Les Débats et les Enjeux Actuels

La question des armes à feu en Suisse suscite des débats passionnés. Les partisans du maintien du système actuel mettent en avant la tradition, la nécessité de la défense du pays et la responsabilité individuelle. Ils soulignent que la Suisse a toujours été un pays neutre et que son armée de milice a contribué à préserver sa souveraineté.

D'autres voix s'élèvent pour demander un contrôle plus strict des armes à feu, en raison des risques d'accidents, de suicides et de violences domestiques. Ils proposent des mesures telles que la création d'un registre national des armes à feu, l'interdiction de conserver les munitions à domicile et le renforcement des contrôles sur l'acquisition d'armes.

Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) est un lobby antimilitariste qui remet régulièrement en question le modèle de l'armée de milice et la possession d'armes par les citoyens.

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Le Service Militaire : Une Expérience Formatrice ?

Pour de nombreux jeunes Suisses, le service militaire est une expérience formatrice qui leur permet d'acquérir des compétences, de développer un sens des responsabilités et de rencontrer des personnes d'horizons différents. Le service militaire est souvent perçu comme un rite de passage vers l'âge adulte, où les jeunes hommes apprennent à se connaître, à travailler en équipe et à défendre leur pays.

Cependant, certains jeunes Suisses remettent en question la pertinence du service militaire obligatoire dans le contexte actuel. Ils estiment que l'armée suisse n'est pas adaptée aux défis du XXIe siècle et que les ressources financières consacrées à la défense pourraient être mieux utilisées dans d'autres domaines, tels que l'éducation ou la santé.

Les Femmes et l'Armée : Une Inclusion Progressive

Bien que le service militaire soit obligatoire pour les hommes, les femmes ont la possibilité de s'engager volontairement dans l'armée suisse. De plus en plus de femmes choisissent de faire carrière dans l'armée, où elles occupent des postes variés et contribuent à la défense du pays.

L'inclusion des femmes dans l'armée suisse est un processus progressif, qui vise à garantir l'égalité des chances et à valoriser la diversité. Les femmes militaires sont soumises aux mêmes exigences et aux mêmes formations que leurs homologues masculins, et elles sont de plus en plus nombreuses à occuper des postes de commandement.

La Neutralité Suisse : Un Principe Fondamental

La Suisse est un pays neutre depuis des siècles, ce qui signifie qu'elle ne participe pas aux conflits armés entre d'autres États. L'armée suisse joue un rôle important dans le maintien de la neutralité du pays. Elle est chargée de défendre le territoire suisse contre toute menace extérieure et de garantir la sécurité de ses citoyens. La neutralité suisse est également un atout pour la diplomatie du pays, qui lui permet de jouer un rôle de médiateur dans les conflits internationaux.

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L'Évolution de la Législation sur les Armes

Depuis 1999, avec la loi sur les armes (Larm), les autorités suisses ont durci la pratique des autorisations en matière d'acquisition d'armes et une baisse de la mortalité par les armes à feu a été observée. Cependant, de plus en plus de personnes acquérant la conviction qu'il faut limiter l'accès aux armes, les parlementaires ont commencé à faire des propositions régulières dans ce sens.

Les discussions animées autour de la révision de la Loi sur les armes (LArm) aux Chambres ont obligé les parlementaires à annoncer la couleur, les positions des camps se sont précisées. Des parlementaires du PS, des Verts et des Verts Alternatifs, avec Jo Lang en tête, ont estimé que la question était trop importante pour ne pas consulter le peuple. L'idée de lancer une initiative a été facile à concrétiser, une fois le terrain politique préparé par les discussions aux Chambres.

Statistiques et Réalités

En Suisse, les armes à feu font près de 300 victimes par an. La statistique des décès par armes à feu tombe mal pour les partisans de l'initiative «Pour la protection face à la violence des armes» qui sera soumise au peuple le 13 février. Le nombre de personnes tuées au moyen de ces armes a été presque divisé par deux entre 1998 et 2008. Et sur un total de 259 morts en 2008, les suicides représentent, comme il y a dix ans, la grande majorité. Bien évidemment, chaque mort, chaque suicide, constitue une tragédie pour les proches de la victime et aussi un échec pour la société dans sa lutte contre la violence et le désespoir.

Les décès dus aux armes à feu sont en baisse en Suisse: de 436 (dont 392 suicides) en 1995, ils sont passés à 259 en 2008 (dont 239 suicides). En 2009, la tendance se confirme: 17% des suicides ont été commis avec des armes à feu (contre 27,6% en 1995 et 18,2% en 2008). Dans 9% de ces cas, les désespérés ont utilisé une arme militaire. On notera enfin que la même année, 23% des homicides ont été commis avec des fusils et autres pistolets et ont provoqué la mort de 24 personnes.

«Il y a un lien entre le nombre d'homicides et de suicides par armes à feu et la quantité d'armes à feu en circulation», répond Jo Lang (Verts/ZG), partisan de l'initiative soumise au peuple.

Sans oublier, ajoute en substance Yvan Perrin (UDC/NE), que l'armée a pris des mesures pour améliorer la sécurité : «Ces chiffres montrent qu'elles portent leurs fruits.

Selon les partisans du statu quo, les problèmes viennent surtout des armes illégales qui continueront d'échapper aux contrôles. Ils estiment aussi qu'une personne souhaitant mourir ou tuer trouvera toujours le moyen de le faire.

La diminution des suicides par arme à feu parmi les hommes de 20 à 49 ans, concernés par le service militaire, est nette alors qu'aucune autre méthode de suicide n'a augmenté dans cette catégorie.»

Le peuple tranchera le 13 février.

Incidents Tragiques et Réactions

Le 27 septembre 2001, un homme armé d'un fusil militaire, d'un pistolet et d'une bombe artisanale pénètre dans la salle de délibérations du parlement de Zoug et tire une bonne centaine de coups de feu en moins de trois minutes. Il abat 14 personnes et en blesse 18 autres. Parmi les morts, on compte trois parlementaires.

En avril 2006, la championne de ski Corinne Rey-Bellet a été assassinée par son mari furieux d'apprendre qu'elle voulait se séparer de lui. Muni de son arme de service, ce capitaine de l'armée s'est rendu au chalet des parents de Corinne, il a tué Corinne et son frère et blessé grièvement la mère des deux victimes, avant de se suicider. L'émotion suscitée par ce crime odieux a relancé la discussion sur la dangerosité des armes.

Au mois d'octobre dernier, un homme blessa très grièvement Marina, une adolescente genevoise de 15 ans, qui a failli mourir sur le champ. Ce malade mental a pu avoir une arme à la maison parce qu'il pratiquait le tir "sportif".

Le 3 octobre dernier, un homme de 29 ans sous l'emprise de l'alcool tirait un coup de feu sur un groupe de jeunes dans le préau de l'école de la Caroline. Il s'était senti humilié après s'être fait sèchement éconduire par des jeunes filles et bousculé par un jeune homme. La balle a touché un homme de 24 ans à la joue, avant de blesser grièvement une fille de 15 ans à la tête.

Les Initiatives et Pétitions

La conseillère aux états bâloise Anita Fetz, du Parti socialiste, a présenté une motion demandant qu'il soit interdit aux soldats de prendre les munitions à la maison.

La revue féminine suisse Annabelle s'est penchée sur la question et, durant l'été 2006, sa rédactrice en chef a fait signer une pétition demandant qu'il soit interdit aux militaires de prendre leur arme de service à la maison et qu'un registre national des armes à feu soit créé.

Tableau Récapitulatif des Catégories de Munitions en Suisse

CatégorieDescriptionExemples
B4°Munitions de certains calibres spécifiques7,62 × 39 ; 5,56 × 45 ; 5,45 × 39 Russe ; 12,7 × 99 ; 14,5 × 114
B10°Munitions conçues pour armes de poing catégorie BSauf certains calibres spécifiques comme le 25-20 Winchester
B13°Munitions à étui métallique à poudre noire et à percussion centrale, conçues pour les armes de poing pré/1900Munitions modernes refaites pour le tir avec des armes anciennes
C 6°Certains calibres spécifiques25-20 Winchester, 32-20 Winchester, 38-40 Remington, 44-40 Winchester, 44 Remington magnum et 45 Colt
C 7°Autres calibres spécifiques7,5 x 54 MAS, 7,5 x 55 suisse, 7,62 x 51, 7,92 X 57 Mauser, 7,62 X 54 R, 7.62 x 63, 303 British

Ce tableau illustre la complexité de la classification des munitions en Suisse et la nécessité de se référer à la législation en vigueur pour toute acquisition ou détention.

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