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La guerre du Golfe a mis en évidence l’importance des appuis feux. Chez nous, l’opinion publique en a surtout retenu les raids aériens auxquels l’Armée de l’air française a pris une part significative. Par contre, nos moyens étant peu présents sur le « créneau » des feux sol-sol, les médias français ont occulté le rôle essentiel joué par les LRM américains dans ce conflit où fut pourtant appliquée la technique du « combat par les feux » (Fighting with fire).

Caractéristiques et Capacités du LRM

Un lanceur LRM délivre en une minute une salve capable de neutraliser ou de détruire n’importe quel ensemble de cibles réparties sur une surface de 20 hectares, en dispersant une grenade AP/AC tous les 20 mètres carrés, et ce à 30 kilomètres. Le régiment est capable, quant à lui, dans le même délai, de prendre à partie un ensemble de cibles sur une superficie d’environ 300 ha dans l’hypothèse où la totalité des lanceurs tirerait simultanément.

Cette autonomie est globale, car elle concerne aussi bien le lanceur que le système lui-même. En effet, le lanceur est un engin chenille léger (25 tonnes), puissant (500 CV), rapide (70 km/heure) et embarquant un environnement technique de pointe. Il est doté d’un calculateur de bord, d’une centrale inertielle, d’un navigateur terrestre et d’un système automatisé de chargement des munitions. Les structures du régiment LRM renforcent et prolongent cette qualité, car chaque batterie de tir possède ses éléments organiques de commandement et de ravitaillement, ce qui permet à celle-ci d’assurer une mission autonome pour une durée déterminée.

Articulé autour des lanceurs, du système Atlas et ultérieurement du radar de trajectographie Cobra, le système d’arme LRM s’adapte à n’importe quel volume de forces. La souplesse d’emploi caractérise par ailleurs sa manœuvre. Comme les LRM représentent des objectifs privilégiés pour l’artillerie adverse, ils doivent prendre des mesures de sauvegarde basées sur la mobilité. En effet, la signature radar, le bruit et les lueurs des roquettes rendent le repérage des lanceurs aisé.

De surcroît, la stricte standardisation du matériel - y compris les munitions - avec nos partenaires du programme LRM, l’interopérabilité totale de l’ordinateur de bord qui s’exprime en quatre langues constituent des éléments déterminants à prendre en compte, et notamment dans le domaine logistique.

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En l’occurrence, la puissance de feu du régiment LRM est telle qu’elle fait peser sur l’adversaire un niveau de menace qui n’était jusqu’à présent reconnu qu’à des systèmes nucléaires antiforces. Le LRM a ajouté la portée, la précision, la rapidité de réaction, la saturation et l’efficacité terminale aux anciens systèmes de lance-roquettes qui avaient été considérés jusqu’à présent comme des armes à effet psychologique. Ses effets en font ainsi un système d’arme de nature à restaurer, au niveau conventionnel, la notion de dissuasion. Sa seule puissance potentielle constitue une menace qu’un adversaire est contraint de prendre en compte dans sa propre manœuvre.

Le BM-21 Grad : Un Système Répandu

En d’autres temps, on les appelait les « orgues de Staline ». L’armée thaïlandaise a accusé les forces cambodgiennes d’avoir utilisé de l’artillerie lourde et surtout des lance-roquettes BM-21 de fabrication russe, lors des récents affrontements entre les deux voisins. Bangkok a affirmé avoir répondu par un « appui feu approprié », c’est-à-dire des frappes aériennes.

Origine et Développement

Le BM-21 Grad est un lance-roquette multiple soviétique de calibre 122 mm développé pendant la guerre froide dans les années 1960. « BM » signifie Boïévaïa machina en russe (véhicule de combat) et le surnom Grad signifie « grêle ». Il est équipé d’une nacelle de 40 tubes de lancement disposés en forme rectangulaire.

Cette arme descend des célèbres « orgues de Staline », qui ont connu leur heure de gloire pendant la Seconde Guerre mondiale. Mise en service au début des années 1960, elle a connu son premier combat en mars 1969.

Dans les pays de l’OTAN, le système (soit le système complet, soit le seul véhicule de lancement) était initialement connu sous le nom de M1964.

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Fonctionnement et Utilisation

« Le rôle principal du système BM-21 Grad est d’appuyer la division avec des tirs de suppression pour contrer les missiles antichars, les positions d’artillerie et de mortier, détruire les points forts et éliminer les nœuds de résistance ennemis sur le champ de bataille immédiat », explique un site spécialisé en armement. Des navires peuvent également emporter des paniers de roquettes BM-21.

Le système d’arme de lance-roquettes est le plus souvent monté à l’arrière du châssis du camion, d’où sa facilité de déplacement. Le mécanisme de lancement est alimenté par un petit système de générateur à l’intérieur du camion. Il peut tirer des roquettes directement depuis la cabine ou depuis une gâchette à l’extrémité d’un câble à distance.

Les roquettes BM-21 peuvent être tirées individuellement ou en salve d’une durée de six secondes, explique le site spécialisé Army Recognition. Après le tir, le véhicule doit être rechargé, ce qui peut prendre environ 10 minutes avec une équipe expérimentée et l’équipement de rechargement approprié.

Le BM-21 Grad est le lance-roquette multiple le plus utilisé dans le monde jamais développé. Il a été utilisé en très grandes quantités par les forces soviétiques et certaines forces du Pacte de Varsovie lors des 50 dernières années.

De nombreux systèmes ont été exportés vers des alliés du défunt « empire » soviétique en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud. En outre, de nombreux pays ont développé leurs propres variantes améliorées. Le BM-21 Grad possède le châssis à roues 6×6 du poids-lourd Ural-375D. Le véhicule lanceur BM-21, Boevaya Machina - véhicule de combat, est équipé de 40 tubes de lancement de roquette de 122 mm. La portée maximale varie selon le type de munition entre 14 km et 20,75 m.

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Modernisation et Déploiement

La version améliorée du BM-21 "Grad" est fabriquée à partir d'un camion hautes performances Ural-4320. Il dispose d'un système de guidage et de contrôle de tir automatisé, d'un équipement de préparation et de lancement et d'un système de navigation par satellite. MLRS "Grad" est actuellement la machine la plus répandue de cette classe. La Chine, l’Égypte, l’Iraq, l’Iran, la Roumanie et l’Afrique du Sud participent également à la production de Gradov. Aujourd'hui, Grazo MLRS est en service dans plus de 30 pays à travers le monde.

BM-21V

Le BM-21V est un lance-roquette multiple de 122 mm russe. Il a été développé sous le nom 9K54 Grad-V en Union soviétique dans les années 1960 par NPO Splav pour les unités des parachutistes. Le BM-21V est développé pour fournir aux troupes des parachutistes un appui artillerie. Il est parachutable avec le système MKS5-128M sur la plateforme PP-128-5000 grâce à son poids à vide de 5,2 tonnes. Le système d’arme est dérivé du BM-21 Grad et est composé de douze tubes de lancement de 122 mm. Il peut tirer toute la gamme de roquettes de 122 mm développée pour le BM-21 Grad : explosive, à sous-munition, incendiaire. Le BM-21V est produit en quantité réduite.

Développement d'un LRM Souverain en France

Conçu principalement pour des engagements de haute intensité, les LRU français ont été longtemps négligés, dans les arbitrages budgétaires du ministère des Armées. LRU au Mali. Les deux dystèmes déployés ont obtenu de très bons résultats, avec 16 coups au but pour 16 tirs.

La guerre en Ukraine, et le retour du risque de conflit de haute à très haute intensité, notamment en Europe, a profondément inversé la perception du besoin, dans ce domaine, pour l’état-major français. La France n’est d’ailleurs pas la seule à avoir identifié ce besoin. Ainsi, en Europe, une douzaine de forces terrestres, a entrepris de se doter de LRM, ou de remplacer leurs systèmes existants. Toutefois, jusqu’à présent, tous se sont tournés vers des systèmes importés, comme le HIMARS américains, le PULS israélien ou le K239 Chunmoo sud-coréen.

En novembre 2024, la DGA avait confié une mission d’étude préalable, au sujet d’une solution souveraine dans ce domaine, à deux consortiums nationaux, l’un formé par Thales et Ariane Group, l’autre par Safran et MBDA. On en sait, à présent, beaucoup plus à ce sujet.

Notons que cette annonce n’exclue pas la possibilité, pour Paris, de se porter acquéreur d’un certain nombre de systèmes Pinaka indiens, qui serviraient de systèmes complémentaires au système souverain développé par ailleurs, ce dernier visant une portée initiale de 150 km, soit deux fois la portée du système indien.

La décision de la France, de développer un système LRM souverain, contraste profondément avec la position des autres pays européens.

Exercice d'Attaque et de Défense avec des Missiles en France

Dans un contexte de guerre aux portes de l'Europe, l'armée française ne cesse de s'entrainer. Une équipe de TF1 a pu suivre, en exclusivité, une simulation en mer Méditerranée. Un exercice d'attaque et de défense avec des tirs de missiles contre des cibles ennemies.

À quelques encablures du Lavandou (Var), l'île du Levant cache en son sein l'un des sites militaires les plus protégés en France. Un no man's land interdit au public, mais qu'une équipe de TF1 a pu exceptionnellement pénétrer afin d'assister à un exercice grandeur nature d'attaque et de défense avec des missiles. Pour ce faire, depuis un an, des armes parmi les plus performantes y sont débarquées.

Le scénario est simple : il s'agit de repérer puis de détruire l'armement de l'ennemi. Tout commence par l'envoi d'un drone, assemblé en dix minutes et dont le décollage à la verticale est une prouesse technologique. Habituellement, il faut l'équivalent d'un terrain de foot pour le lancer grâce à une rampe. Le drone part chercher les cibles ennemies qu'il peut voir dans un rayon de 100 km. Ses coordonnées GPS sont ensuite transmises en temps réel au poste de commandement.

Le lance-roquette est prêt, chargé de vraies munitions. Une première roquette est lancée, suivie d'un deuxième tir. La cible est touchée à 40 km. La 19ᵉ brigade d'artillerie est la seule à voir et frapper aussi loin derrière les lignes ennemies.

"Au même titre que nous, on recherche la mobilité et la furtivité, l'ennemi potentiel face auquel on peut être confronté recherche également cette mobilité et cette furtivité. Donc une fois qu'on a fait l'acquisition d'objectifs dans la profondeur, il faut qu'on les traite rapidement", explique le général Marc Galan, commandant de la brigade.

Entre la détection de l'aéronef ennemi et sa destruction, 17 secondes se sont écoulées.

Un autre tir de missile est déclenché, il s'agit cette fois de la défense entière aérienne. Car les radars alertent : des drones ennemis tentent de riposter. "On l'a détecté en approche à 12 km quasiment. Et on a pu le suivre tout le long de son approche jusqu'au moment de l'impact", indique l'adjudant Jordan, chef d'équipe radar "Murin". Pour les neutraliser, les militaires utilisent des missiles Mistral. Ils visent le drone grâce à cet outil ultra-technologique. Pour beaucoup, c'est la première fois qu'ils tirent un vrai missile. Il va pourchasser la cible jusqu'à la détruire.

"Entre la détection de l'aéronef ennemi et sa destruction, 17 secondes se sont écoulées", se félicite le colonel pierre Bernard, colonel adjoint de la 19ᵉ brigade d'artillerie.

Durant cet exercice, "il n'est pas question de lancer de vraies cibles", commente Charline Hurel, la journaliste de TF1. L'ingénieur en chef Sylvain, chef des essais, montre alors un propulseur qui va les "simuler parfaitement". "On va l'amener là où il faut, à l'instant où il faut. Si c'est un missile, on ira à la vitesse du missile. Si c'est par contre un drone, on ira vraiment à une vitesse beaucoup plus réduite. Le missile, dans son fonctionnement nominal, n'est pas obligé d'atteindre directement la cible. Et pour cela, on va pouvoir récupérer la cible et la réutiliser pour un prochain tir", dit-il. Ce qui permet de limiter les coûts.

En une journée, une vingtaine de missiles ont été lancés.

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