Le rechargement de munitions est une pratique courante chez les tireurs sportifs et les chasseurs. Il est assez facile de parvenir à faire sortir une balle d’un canon, pour peu que l’on ait mis distraitement une amorce, une ogive, et de la poudre, et qu’on la tire les yeux fermés. Le résultat sera décevant ou vous amènera en prison.
Si un bon rechargeur ne fait pas obligatoirement un bon tireur, les qualités requises pour le premier serviront avantageusement le second.
Pour bien comprendre les défauts des douilles, il est essentiel de connaître les composants et les étapes clés du rechargement :
Les douilles sont un élément essentiel de la munition rechargée. Les étuis qui proviennent de cartouches manufacturées bon marché sont à réserver pour tirer les vaches dans les couloirs. Les grandes marques connues seront probablement bonnes, si vous les utilisez, vous pourrez vous faire une opinion motivée, la recherche d’avis et d’opinions sur internet est hasardeuse, y compris sur d’autres sujets que le tir. C’est le café du commerce à échelle planétaire.
Etuis neufs, rien à faire, mais si vous êtes prudent et exigeant, vous pouvez passer la fraise à logement d’amorce pour en vérifier la dimension, il n’est pas rare que celui-ci ne soit pas assez profond, ce qui provoque l’écrasement de l’amorce ou sa saillie lors du positionnement. Mauvais pour la régularité ou simplement, pas d’inflammation à la première percussion. Dans certains cas, rares mais constatés, le sous dimensionnement du logement interdit le positionnement de l’amorce, il faut alors reprendre tous les logements.
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Après quelques tirs, l’étui s’allonge et de plus, en biais. Pour les revolvers et projectiles avec gorge de sertissage, c’est l’irrégularité garantie. Pour les pistolets et revolvers, c’est l’assurance d’une tension de collet irrégulière. Mieux vaut passer de temps en temps au case trimer pour remettre à longueur. Les meilleurs case trimer sont à mes yeux les Wilson. Ceux qui comportent une pince de serrage - la quasi-totalité - sont moins précis à cause des minimes différences du diamètre du culot qui engendrent des variations par rapport à la butée de la fraise. Ceux dont la douille tourne, et pas la fraise, sont plus précis.
Après le tir, le nettoyage est indispensable. Mieux vaut un bac à ultras sons qu’un nettoyeur de douilles à tambour et abrasif, perte de temps, les grains se coincent dans le logement d’amorce. Il faut tamiser pour récupérer l’abrasif. Pour le bac à ultra sons, de l’eau chaude, un soupçon de dégraissant genre vaisselle, une lampée d’ammoniaque. Bien entendu, une boite par fois. Après le nettoyage, rinçage et séchage, au four de préférence, aux environ de 40°, chauffer fortement des douilles leur fera perdre leur élasticité et les rendra impropres au rechargement. Le nettoyage permet d’éliminer les résidus de combustion restés dans l’étui, et qui pourraient altérer la poudre pendant un stockage prolongé. On peut se contenter de passer une brosse nylon à l’intérieur de l’étui, essuyer et dégraisser le cas échéant, pour une consommation rapprochée.
L’épaisseur des parois du collet d’un étui neuf n’est jamais régulière sur sa circonférence, d’où facteur d’irrégularité de tension et défaut d’alignement de l’axe de l’ogive par rapport à l’axe du canon. Ensuite, il faudra suivre l’évolution du refoulement du collet au long des tirs pour contrôler le jeu de l’étui dans la chambre.
Quand on chambre une cartouche, si on constate un forcement, deux possibilités : douille trop longue (rare) ou valeur de feuillure dépassée. Conséquence, l’étui en se déformant sous la contrainte modifiera l’alignement de l’ogive qui s’engagera mal dans les rayures. La troisième possibilité, ogive pas assez enfoncée serait du domaine du sabotage si l’on a respecté la longueur totale de la cartouche selon les tables CIP.
Le sertissage conique (taper crimp) léger (pour pistolet ou wadcutter) et utile pour réduire l’évasement qui à servi à présenter convenablement l’ogive sur la douille et atténuer le renflement disgracieux de l’ogive. On peut se passer de taper crimp en utilisant la matrice de recalibrage dépourvue de la tige de désamorçage et réglée pour resserrer sur le premier tiers de la partie de l’ogive qui est dans l’étui. La balle doit pouvoir tomber au fond de la douille si on la lâche. Le bourrelet (« beignet ») entrainera des variations de la valeur de rétention du projectile et provoquera des surpressions. On peut l’éliminer en passant un alésoir de collet avant recalibrage partiel (collet). C’est inutile quand la base de l’ogive, en place, n’atteint pas l’arrière du collet (par ex. Le recalibrage se fera uniquement sur le collet. On doit utiliser un recalibreur de collet qui ne touche pas au corps de la douille, mais il vaut mieux utiliser le recalibreur intégral, on aura réglé la matrice pour qu’elle arrive en butée avec le shell holder mais quand la douille sera positionnée sur celui-ci, on intercalera une rondelle de 1.5 à 2 mm d’épaisseur sur le shell holder. En arrivant en butée contre la base de la matrice, cette rondelle empêchera le recalibrage du corps de douille, seul le collet aura été resserré excepté à proximité du début de l’épaulement.
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La charge de poudre appropriée est souvent pesée individuellement mais peut se faire avec une doseuse de précision. Celle-ci est considérée préférable par les tireurs de bench, des comparaisons mesurées ont confirmé la justesse de cette opinion. Le positionnement des ogives doit se faire avec un outil à manchon flottant pour un bon alignement. Il est impératif de mesurer la longueur totale de la cartouche qui doit rester inférieure aux normes CIP, ainsi que le diamètre au collet.
Le recalibrage avec les outils classiques ne permet pas de maitriser la résistance à l’arrachement des ogives. C’est pourquoi le meilleur procédé consiste à ne recalibrer que l’extérieur du collet à l’aide d’un recalibreur à bushing interchangeables. Le bushing est un manchon dont le diamètre intérieur varie par millièmes de pouce, soit 2.54 centième de mm. Pour le 6 mm PPC par exemple de .257″ à .266″ soit 10 manchons.
Entrent aussi en ligne de compte la distance du contact de l’ogive aux rayures (qui, avec l’usure du cône de raccordement, variera au cours de la vie du canon), la valeur d’enfoncement de l’ogive, le poids de la balle déterminé par le pas de rayures, le niveau de remplissage de l’étui en poudre, le contrôle de la concentricité des collets par rapport au corps de la douille, le défaut de concentricité de la pointe de l’ogive par rapport au corps de douille, etc.
Quand l’axe du collet ne coïncide pas avec l’axe du corps de la douille, contrairement à ce que l’on pourrait supposer, aucun recalibrage ne remédiera à ce défaut. La douille est à rejeter quand le défaut est trop important. Sur une centaine d’étuis, un vingtaine seulement sera à retenir. Qu’il faudra sélectionner pour les tirs les plus ambitieux, les autres serviront à l’entrainement et permettront de beaux groupements, avec de ci de là, un écart de quelques millimètres qui ruinera le résultat, mais à l’entrainement, c’est acceptable.
de petit calibre a une durée d’utilisation de plus de cinquante rechargements, il faudra seulement, de temps à autre, avec une matrice spéciale, refouler l’épaulement pour respecter l’espace de feuillure, et aussi, refaire un calibrage intégral quand le corps de douille prend un peu d’embonpoint. Avec de bonnes munitions, on peut améliorer ses tirs, avec des mauvaises, c’est impossible et au mieux incontrôlable.
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Mettre toutes les balles dans le même trou est une utopie enrichissante, y compris, et dans un autre domaine, pour les vendeurs de matériel de rechargement, plus vous progresserez dans la connaissance du rechargement, moins vous serez leur cible.
Voici un extrait d'une discussion sur un forum de tir concernant une douille de calibre .300 Winchester Magnum (WM) qui a fendu :
Magload : "Je viens d'aller vérifier l'ajustement de la carabine et j'ai eu une belle surprise sur 3 de mes douilles après le tir. Une à fendu juste un peu plus haut que la belt de la douille et à bosser à deux endroits. Deux autres ont marquer à la même place mais sans fendre. J'ai pas vue de signe de surpression sur les primers.."
foudetir : "Mag, probleme oui: pour ce qui concerne les douilles qui le terme de reload intitulé COLLAPSE ,c'est que les douilles qui font ca laisse une partie des gaz s'échapper par le collet et en venir meme au corp de ces douilles ,ceci est causé par un excessive headspece et particulièrement dans les calibres magnum avec des charges poudres ayant un burning rate passablement lent, pour les marque (ce petit poincon sur le culot de la douille ,cette marque indique un charge de poudre assez forte causé par l'éjecteur de la carabine ,pour les douilles craquées eci indique que tes charges sont encore une fois fortes,particulierement que tes douilles sont trop écrasées par un mauvais ajustement de ton resizer"
44mag : "Slack unn peu au niveau de la poudre, la trace de l'èjecteur sur le culot, c,a ment pas,primer flat, problème de headspace probable, va falloir prendre des mesures avec un gauge a headspace, remettre en question la facon que tu size tes douilles et ne pas utiliser tes douilles plus de 3-4 fois. Chanceux de pas avoir recu des gaz chaud en pleine face. Les seuls gros pépins que j'ai eu dans mes reloads ont tous une composante commune, des douilles federal !!!"
Cette discussion met en lumière plusieurs causes possibles de défauts de douilles, notamment :
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