MBDA a récemment dévoilé, aux côtés de Safran, un concept de roquette guidée à longue portée, la Thundart. Le groupe européen a également présenté un nouveau missile de croisière terrestre, illustrant ainsi l'étendue de sa gamme de solutions de frappe sol-sol à longue portée.
Le Thundart, exposé simultanément sur les stands de MBDA et de Safran, est conçu pour frapper avec précision des cibles fixes ou déplaçables jusqu'à une distance d'environ 150 km. Selon Matthieu Krouri de MBDA, le premier incrément du programme FLP-T pourrait mener au développement d'un missile capable de porter jusqu'à 500 km. L'arme semble adopter un calibre 227 mm compatible avec les LRU actuels.
MBDA devrait développer la propulsion et la charge militaire, tandis que Safran se chargera principalement du système de guidage. Roxel, co-entreprise de Safran et MBDA, jouera un rôle important dans la partie propulsion. Le système de navigation et le guidage INS/GNSS seront directement dérivés de celui de l'AASM (armement air-sol modulaire), qui équipe déjà le Rafale.
L'autre nouveauté de MBDA France est le Missile de croisière terrestre (MdCT), également appelé Land Cruise Missile (LCM). Pour en faire un MdCT, il est nécessaire d'intégrer le missile dans un lanceur mobile, placé sur un camion. Les vues d'artistes de MBDA montrent un lanceur quadruple, mais la configuration pourra être adaptée aux besoins. Contrairement au système MRC de l'US Army, qui repose sur un lanceur vertical Mk41 intégré sur une remorque, les MdCT pourraient être tirés selon un angle plus aigu.
Pour MBDA, ces deux nouveautés viennent compléter un catalogue déjà bien rempli dans le domaine de la frappe en profondeur. Depuis quelques années, MBDA Deutschland travaille sur le Joint Fire Support Missile (JFS-M), un petit missile de croisière basé sur le Remote Carrier RC100 destiné au SCAF, intégré par lot de deux à un lanceur terrestre mobile comme le M270 ou le M142 HIMARS.
Lire aussi: Pistolet à Eau Lance-Flammes : Guide Complet
Présenté en 2022, le Land Precision Strike a été développé pour répondre à un besoin britannique. La British Army cherche une munition de précision capable de frapper de manière autonome des cibles mobiles ou de haute valeur, intégrée aux côtés des roquettes conventionnelles au sein des MLRS achetés aux États-Unis. Le LPS se présente sous la forme d'un petit missile tactique d'une portée d'environ 150 km, équipé d'un autodirecteur autonome (infrarouge ou radar millimétrique).
L'idée de doter les bâtiments de projection et de commandement de la Marine nationale de capacités offensives contre des cibles terrestres lors des opérations amphibies fait son chemin depuis la livraison du premier BPC, le Mistral, en 2006. Il avait été envisagé de mettre en œuvre depuis le pont d'envol des bâtiments le Caesar, nouveau canon mobile de 155mm de l'armée de Terre. Cette fois, il est question d'étudier la mise en place d'un armement lourd offensif, notamment le nouveau Lance-roquettes unitaire (LRU), version modernisée du lance-roquettes multiples (LRM).
Le LRU, long de 6.7 mètres, large de 2.7 mètres et haut de 2.9 mètres, est un engin de 24.5 tonnes d'origine américaine, monté sur un châssis blindé chenillé Bradley M-270. Il déploie une batterie comprenant deux conteneurs abritant chacun 6 roquettes M31 offrant une portée de 70 kilomètres.
Une étude a conclu à la faisabilité de mettre en œuvre un LRU depuis BPC, sans qu'il n'y ait besoin de modification matérielle majeure. L'industriel a proposé une feuille de route pour une démonstration à venir.
En théorie, le LRU pourrait donc être actif sur les Mistral, bien que cela ne soit pas encore fait. La Marine nationale aimerait bien renforcer l'autoprotection des BPC, ce qui sera en partie fait avec le remplacement des canons manuels de 20mm par des systèmes télé-opérés Narwhal de Nexter, ainsi que des systèmes électro-optiques EOMS-NG de Sagem.
Lire aussi: Fonctionnement Arbalète Lance-Pierre
Le LRU présente des atouts intéressants, étant conçu pour obtenir des effets gradués, de la frappe de précision localisée contre des cibles peu ou moyennement durcies, y compris en milieu urbain, jusqu'au traitement d'une vaste surface. Il pourrait, en l'absence d'aviation ou si la menace antiaérienne est trop forte, traiter une large zone pour faciliter la création d'une tête de pont ou protéger un territoire littoral contre l'avancée de forces ennemies.
Le 6 février 2025, l’Allemagne a signé le contrat d’acquisition du premier lot de LRM PULS, Precise and Universal Launching Systems, développé par la société israélienne Elbit Systems. En janvier 2025, le Comité du budget du Parlement allemand a approuvé l’acquisition du premier lot de LRM PULS. L’achat sera réalisé dans le cadre de l’accord intergouvernemental entre l’Allemagne, les Pays-Bas et Israël. Le PULS, proposé par Elbit systems et KNDS, a remporté l’appel d’offre face au M142 HIMARS proposé par Lockheed Martin et Rheinmetall. Le PULS peut être installé sur différents types de châssis à roues 6×6 ou 8×8.
Si elle veut disposer d’une division « bonne de guerre » en 2027, l’armée de Terre doit impérativement se doter de nouvelles capacités dans le domaine des feux dans la profondeur et renforcer celles existantes. Cela passe par l’acquisition de drones tactiques et de munitions téléopérées [MTO] à longue portée ainsi que par le remplacement du Lance-roquettes unitaire [LRU]. La Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30, qui prévoit l’acquisition d’au moins treize nouveaux systèmes avant 2030, impose à la Direction générale de l’armement [DGA] de rechercher prioritairement une solution souveraine. D’où le programme FLP-T [Frappe longue portée terrestre], pour lequel elle a mis en compétition deux groupements d’industriels, à savoir Thales/ArianeGroup et MBDA/Safran.
Une démonstration de tir sera organisée en mai 2026 afin de départager les deux solutions en lice. Dans le même temps, des solutions étrangères sont également étudiées, notamment le M142 HIMARS américain et l’EuroPULS, dérivé du système israélien PULS. Une troisième solution, indienne, dérivée du Pinaka indien, pourrait être éventuellement choisie.
MBDA et Safran ont assuré que le lance-roquettes multiple « Thundart » serait prêt pour la démonstration de tirs prévue en mai prochain. « Thundart est un système d’artillerie de nouvelle génération qui s’appuie notamment sur une roquette sol-sol d’une portée de 150 kilomètres », ont souligné les deux industriels. Étant 100 % français, le Thundart proposera une puissance de feu accrue, une capacité de saturation et la réactivité nécessaires dans un conflit de haute intensité, tout en étant mobile en tout chemin, autonome et résilient aux changements de températures. Il pourra viser aussi bien des cibles fixes qu’en mouvement et se connecter au système ATLAS. Sa conduite de tir sera adaptée à celle actuellement utilisée sur le CAESAr. Selon les deux industriels, le Thundart sera « ITAR Free ».
Lire aussi: Fusil Lance-Grenade : Fonctionnement
La marine allemande [Deutsche Marine] a l’intention de doter ses six futurs sous-marins U212CD [pour « Common Design »] d’une capacité de défense aérienne. À cette fin, le Bundestag a approuvé le développement du missile IDAS [Interactive Defence and Attack System for Submarines], en décembre dernier. En effet, le 23 janvier, ThyssenKrupp Marine Systems a indiqué que l’Office fédéral des équipements, des technologies de l’information et du soutien en service de la Bundeswehr [BAAINBw] venait de lui notifier un contrat pour le « développement et la qualification d’un système de missiles guidés pour l’autodéfense active des sous-marins ».
Outre TKMS, ce programme implique également Diehl Defense, l’IDAS devant reposer sur le missile air-air IRIS-T. Tirée depuis un sous-marin en immersion grâce à l’un de ses tubes lance-torpilles, cette munition, dotée d’un autodirecteur infrarouge, pourra être contrôlée vers sa cible par un opérateur, via une liaison de données à fibre optique. Selon TKMS, le moteur-fusée est mis à feu une fois que le missile a quitté le tube d’armement et atteint la distance de sécurité par rapport au sous-marin. Grâce à son autodirecteur IIR, il se dirige vers la cible et la détruit. Cette technologie unique au monde sera mise à la disposition des clients de ThyssenKrupp Marine Systems et de Diehl Defence. Elle révolutionnera la protection des sous-marins et de leurs équipages.
Le ministère de la Défense réfléchit actuellement à la possibilité d’installer un nouveau type de matériel sur les futures frégates multi-missions. Il s’agirait d’une version navalisée du Guided Multiple Launch Rocket System (GMLRS), conçu par l’américain Lockheed Martin et développé en coopération avec la Grande-Bretagne, la France, l’Italie et l’Allemagne. Paris envisage le lancement d’un plan d’études amont (PEA) en 2007 pour déterminer la faisabilité du projet.
Ce matériel, successeur du LRU, aurait, grâce à sa roquette guidée, une portée de 60, voire 100 kilomètres. Il serait destiné aux frégates européennes multimissions, construites en coopération avec l’Italie. Afin d’augmenter leurs capacités contre les objectifs situés sur la bande littorale, les FREMM AVT pourraient donc recevoir des GMLRS, en remplacement du canon avant de 76 mm.
GIAT travaillerait toujours sur un canon de 155 mm navalisé, doté également d’obus guidés, dont l’allonge serait susceptible d’atteindre 80 kilomètres.
La Hochseeflotte de Guillaume II, en grande partie redevable à la volonté de posséder un empire colonial et de se hisser à la hauteur des grandes puissances, arriva numériquement à un niveau proche de la Royal Navy, prouvant en outre en opération que techniquement elle était parfois meilleure. L’événement majeur pour l’Allemagne après l’armistice, reste le traité de Versailles et le désarmement drastique de l’Allemagne. Après le sabordage de ce qui restait de la Hochseeflotte en 1919 et le renversement du Reich, l’instauration de la république de Weimar, la marine Allemande se trouvait réduite à peu de chose. Les seuls bâtiments qu’elle était autorisée à conserver étaient des pré-dreadnoughts hors d’âge.
En 1921, la « marine d’intérim » n’existait plus. Une croisière de visite internationale s’effectua en 1927-28, et l’on pu s’apercevoir que les quelques cuirassés allemands avaient étés modernisés au mieux. Mais les effectifs généraux de la flotte étaient d’avantage portés sur l’entraînement que sur un quelconque déploiement offensif. D’autre part, si le réalisme imposait, en cas de conflit contre la France, hypothèse la plus probable, une guerre de corsaire, les socialistes à l’intérieur s’opposaient à tout programme de construction navale ambitieux. La crise de 1929 et ses effets sur la population allaient leur donner raison.
En théorie, il y avait 8 cuirassés de type pré-dreadnought encore en service en 1929. 5 de la classe Braunschweig et 3 de la classe Deustchland. Les premiers dataient de 1903-1904, les derniers de 1906. Cependant du fait de la restriction des effectifs à 15 000 hommes, seulement six bâtiments purent rester en service d’active.
Les vieux croiseurs de la classe Gazelle étaient les seuls en service (1900) aux côtés de ceux de la classe Bremen (1903). Le Niobe avait été transféré aux Yougoslaves en 1925, ce qui fait que l’on dénombrait 7 bâtiments sur les listes, utilisés pour l’entraînement. Le seul bâtiment moderne était l’Emden, construit entre 1921 et 1925. Il s’agissait d’un navire très proche de la dernière classe de croiseurs de la guerre (1917-18).
Le traité de Versailles autorisaient la Reichsmarine à conserver 12 torpilleurs et 12 destroyers. De ce fait, les surnuméraires furent conservés pour être cannibalisés, constituer des réserves de pièces. Les destroyers étaient ceux d’avant le premier conflit (1911-12-13), et restaient très inférieurs aux navires alliés comparables. Ils furent d’ailleurs reclassifiés comme torpilleurs.
Intègre, dynamique et autoritaire, l’ancien second de Von Trotha, Erich Raeder, qui avait rédigé un livre sur les opérations des corsaires de surface allemands durant la première guerre mondiale, était pressenti pour reprendre la direction de la Reichsmarine. Il mit sur pied un programme de remplacement des unités les plus anciennes, tout en restant dans les limites du traité. Le premier d’entre eux fut le « panzerschiff », en fait les « cuirassés de Poche » de la classe Deustchland.
En 1935, un accord naval Anglo-Allemand intervient, qui autorise le IIIème Reich à posséder 35% du tonnage Britannique. Ceci libère donc les dernières appréhensions, et l’accord lui-même sera finalement répudié en 1939, pour faire place nette au plan de construction navale final, dont l’essentiel devait de faire en 1940-46. le but étant de faire de la Kriegsmarine, non l’équivalent de la Royal Navy, ce qui restait encore impossible, mais au moins d’aligner la plus puissante flotte de bâtiments imaginable pour une massive guerre de corsaire.
La seconde génération de navires de ligne ne seront pas classés comme cuirassés mais comme croiseurs de bataille, une catégorie encore bien réelle en 1939, celle d’unités rapides et très bien armées mais faiblement protégées. Il s’agit du Scharnhorst et du Gneisenau. Enfin, la troisième et dernière génération de navires de ligne de la Kriegsmarine concernent deux redoutables cuirassés, qui cette fois bafouent ouvertement aussi bien le traité de Washington que celui de Versailles et même l’accord anglo-Allemand de 1935 : il s’agit de ceux de la classe Bismarck.
En dehors de l’Emden précité plus haut, la flotte ne comptait aucun croiseur moderne. Tous les vieux bâtiments furent affectés à des rôles subalternes, et le nouveau plan de remplacement inclua des navires plus modernes que l’Emden, dont la conception datait de 1920. Ainsi, les chantiers délivrèrent 5 unités, les trois Köln en 1927-28, le Leipzig en 1929 et le Nürnberg en 1934.
Les croiseurs lourds Allemands « classiques » étaient d’un niveau largement supérieur à leurs homologues alliés : la première classe Hipper (Hipper et Blücher) déplaçait 18 200 tonnes à pleine charge, et la seconde classe, 19 000 tonnes. De cette seconde classe, comprenant le Prinz Eugen, le Seydlitz et le Lützow, seul le premier fut terminé et entra en service.
A partir de 1930, le nouveau plan de réarmement naval exposé par Raeder inclut des destroyers « véritables », et non des torpilleurs tels que les Möwe et Wolf des années 20. La première classe sera celle du type 1934, et tous commençaient par un dénominatif avec un « Z » chiffré pour « Zestorer » (destroyer), accompagné d’un nom. Le premier fut donc le Z1 Leberecht Maas, lancé en 1935 et terminé en 1936.
Les fameux U-Boote qui firent trembler les alliés durant la grande guerre étaient le meilleur atout du IIIe Reich pour mettre à bas la Grande-Bretagne, étroitement dépendante de ses colonies. De plus, Raeder avait envisagé des les utiliser en masse dans la guerre de corsaire qu’il comptait mener, encouragé par le lobbying actif de Karl Dönitz.
Le type VIIA devint le précurseur d’une formidable lignée, et les premières unités virent le jour peu après 1936. Dès lors, la série commença et à l’entrée en guerre du IIIe Reich, 72 unités étaient en service: Il s’agissait des U25 et 26 de la série IA, des six unités côtières de la série IIA (1935) et des dix neuf de la série IIB (1936), des sept unités du type IIC (1938) et des quinze du type IID (1940). Il y avait également les onze unités océaniques du type VIIA, et quelques unes de la série VIIB, ainsi que sept bâtiments de la classe IXA (1938) Soit au total 47 U-Bootes côtiers et environ 25 océaniques.
À l’instar de la Royal Navy, la Kriegsmarine était bien organisée sur le plan logistique et avait mis en chantier des navires spécialisées pour les besoins de sa flotte, outre ses nombreuses unités anciennes héritées de sa flotte de Weimar.
Une autre partie très imposante des forces de surface de la Kriegsmarine concernait des vedettes lance-torpilles, les fameuses S-Boote. Ces dernières seront conçues par Lürssen, à Vegesack, le futur spécialiste international de renom de ce type de bâtiments.
Autre type de navire de surface modeste, les R-Boote ou dragueurs de mines rapides, naquirent à partir de 1929. Relativement lents et faiblement armés, ils étaient cependant efficaces dans leur rôle.
| Système | Fabricant | Portée | Caractéristiques |
|---|---|---|---|
| Thundart | MBDA/Safran | 150 km (extensible à 500 km) | Roquette guidée sol-sol, calibre 227 mm, compatible LRU |
| MdCT (Land Cruise Missile) | MBDA France | N/A | Missile de croisière terrestre, lanceur mobile sur camion |
| JFS-M (Joint Fire Support Missile) | MBDA Deutschland | N/A | Petit missile de croisière, basé sur Remote Carrier RC100 |
| LPS (Land Precision Strike) | N/A | 150 km | Petit missile tactique, autodirecteur autonome |
| LRU (Lance-Roquettes Unitaire) | N/A | 70 km | Version modernisée du LRM, roquettes M31 |
| PULS (Precise and Universal Launching Systems) | Elbit Systems | N/A | Système de lancement multiple, compatible avec différents châssis |
| IDAS (Interactive Defence and Attack System for Submarines) | ThyssenKrupp Marine Systems/Diehl Defense | N/A | Missile air-air IRIS-T, tiré depuis sous-marin |
| GMLRS (Guided Multiple Launch Rocket System) | Lockheed Martin | 60-100 km | Version navalisée, roquette guidée |
tags: #lance #roquette #marine #allemande #fonctionnement