La piraterie maritime, un fléau qui a semé la terreur au large de la Corne de l'Afrique entre 2005 et 2012, a connu une recrudescence récente. L'attaque du vraquier MV Ruen en décembre a réveillé le spectre de cette menace.
Les pirates d'aujourd'hui n'ont plus grand-chose à voir avec les figures romantiques du passé. Ils disposent de bateaux rapides, ou skiffs, souvent accompagnés d'un "bateau-mère".
Dans l’océan Indien, les pirates semblent disposer des mêmes capacités que pendant leur âge d’or, entre 2008 et 2012. D’après Louis Borer, « ils peuvent utiliser des bateaux-mères, à partir desquels sont lancés leurs speed-boat. Les pirates disposent de bonnes compétences en navigation et d’un armement conséquent ».
Leur armement est souvent constitué de fusils d'assaut, de lance-roquettes, de grappins et d'échelles d'abordage. Ils utilisent ces armes pour attaquer les navires de commerce, visant la passerelle pour forcer le bateau à s'arrêter.
Samedi matin, un thonier français a été attaqué par des pirates somaliens. Les pirates, à bord de deux navettes rapides, ont tiré à la kalachnikov, mais surtout au lance-roquettes.
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Les lance-roquettes sont des armes particulièrement dangereuses utilisées par les pirates. Patrick Héliès, le patron du « Drennec », témoigne de la peur ressentie lors d'une attaque : « On a eu très peur. Quand ils tirent à la roquette, ça fait un vacarme énorme, on entend la roquette partir. Si une des roquettes avait explosé sur le bateau, il y aurait eu des gros dégâts. »
Le but est de viser la passerelle pour forcer le bateau à s’arrêter. Ensuite, ils montent grâce à une grande échelle, cherchent à prendre l’équipage en otage et, dans certains cas, tentent d’amener le navire dans les eaux territoriales somaliennes, où les embarcations étrangères ne peuvent pénétrer sans avoir demandé l’autorisation préalable au pays d’Afrique de l’Est.
L’ouest de l’océan Indien, dans une zone comprise entre les côtes somaliennes et Madagascar, est particulièrement riche en thonidés : 4,6 % des 4 millions de tonnes de thons majeurs pêchés annuellement dans le monde viennent de cette région.
La capitale des Seychelles, Victoria sur l’île de Mahé, est le plus grand port de transbordement de la région. Elle accueille plus de 80 % des captures totales effectuées et sert de port d’attache pour la plupart des thoniers étrangers, essentiellement espagnols et français.
Selon un rapport de la FAO et du Groupe de Travail de Haute Mer de 2005, près de 700 navires étrangers pêchaient illégalement dans les eaux qui bordent 3 000 kilomètres de côtes que la Somalie et les États sécessionnistes riverains ne peuvent actuellement ni contrôler ni exploiter normalement.
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Face à cette menace, plusieurs stratégies sont mises en œuvre :
La France, par exemple, a mis en place une stratégie articulée autour de trois axes : Dissuasion, action et prévention. « Le message de la France est très clair. Le temps de la facilité et de l'impunité est terminé. Le commerce de la piraterie a pu être florissant à une époque mais c'est fini. »
La première est d'interpeler les pirates avant, pendant et après les actions. La seconde est de frapper les commanditaires au portefeuille.
Plusieurs forces navales internationales sont présentes dans la zone pour lutter contre la piraterie, notamment :
En plus de la TF150, qui assure depuis 2001 une mission de lutte contre les trafics d'armes et les mouvements terroristes par voie maritime, l'OTAN a également annoncé son intention de lancer une opération navale contre la piraterie.
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Face à la menace croissante, de nombreux armateurs ont recours à des équipes de protection embarquées (EPE). En France, un armateur peut faire la demande d’embarquement d’une EPE, pour un coût de 45 000 euros par bateau et par mois.
Désormais, un armateur peut faire la demande d’embarquement d’une EPE, pour un coût de 45 000 euros par bateau et par mois. Orthongel, l’organisation des producteurs de thon congelé de Concarneau, fut l’une des premières à y recourir.
| Mesure | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Escortes militaires | Navires de guerre accompagnant les navires de commerce | Dissuasion, protection active | Coût élevé, ressources limitées |
| Équipes de protection embarquées (EPE) | Gardes armés à bord des navires | Réponse rapide, protection rapprochée | Coût, risque d'escalade de la violence |
| Standards de sécurité ISPS | Mesures de sécurité à bord des navires et dans les ports | Prévention, amélioration de la sécurité générale | Peuvent être contournés, coût de mise en œuvre |
La piraterie maritime reste une menace complexe qui nécessite une approche multidimensionnelle. La coopération internationale, les mesures de sécurité à bord des navires et le développement économique des régions touchées sont essentiels pour lutter efficacement contre ce fléau.
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