Envie de participer ?
Bandeau

Dans le domaine des armements navals, les lance-roquettes anti-sous-marins jouent un rôle crucial dans la défense et l'attaque. Ces systèmes ont évolué au fil des décennies pour devenir des outils sophistiqués et performants, intégrant des technologies avancées en matière de guidage, de propulsion et de détection.

Évolution des Systèmes Anti-Sous-Marins

Depuis les années 1980, les sous-marins nucléaires de la Marine nationale, qu’ils soient d’attaque [SNA] ou lanceurs d’engins [SNLE], sont dotés de missiles antinavires dits à « changement de milieu » SM39 « Exocet ».

Évidemment, cette munition « complexe » a évolué au fil du temps et, dernièrement, elle a été portée au standard « B2 Mod 2 », cette opération ayant consisté à moderniser son autodirecteur et à la « remotoriser ».

Pour rappel, logé dans une une capsule étanche disposant de son propre système de propulsion afin de le faire remonter à la surface, le SM39 peut être tiré par le tube lance-torpille de 533 mm d’un sous-marin en immersion.

D’une portée d’environ 50 km, il vole vers sa cible à très basse altitude, de manière autonome [vol en sea-skimming].

Lire aussi: Pistolet à Eau Lance-Flammes : Guide Complet

Il s’agit avant tout d’une arme défensive, puisqu’elle vise à contraindre un navire de surface doté de capacités de lutte anti-sous-marine à abandonner sa traque.

Le SM40 : Une Nouvelle Génération de Missiles

Si le SM39 a récemment été modernisé, la Marine nationale a exprimé le besoin de le remplacer à l’horizon 2040.

Cependant, MBDA a déjà une solution qui pourrait être assez rapidement mise en œuvre.

En effet, à l’occasion de l’édition 2024 du salon Euronaval, l’industriel a dévoilé le SM-40, dont les performances sont sans commune mesure avec celles de son prédécesseur.

Ainsi, pour développer le SM40 tout en maîtrisant les coûts, MBDA est parti du missile antinavire MM40 Block 3C, lequel est doté d’un radioaltimètre numérique, d’un nouvel autodirecteur électromagnétique actif et d’un système de navigation inertielle.

Lire aussi: Fonctionnement Arbalète Lance-Pierre

Capable de « discriminer » les cibles, il affiche une portée de 200 km.

Selon MBDA, équipé du turboréacteur Safran TR-40 et d’algorithmes « adaptés aux environnements à haute intensité », c’est-à-dire qui le rendront insensible au brouillage électronique, ce SM40 pourra atteindre un navire naviguant à 120 km de distance.

Ce qui, avec des moyens de détection toujours plus évolués, permettra d’accroître la sécurité d’un sous-marin, voire de lui donner une capacité d’attaque supplémentaire, comme, par exemple, contre des cibles côtières.

Enfin, il peut loger dans la même capsule que celle utilisée actuellement pour le SM39.

Étant donné que le SM40 reprend des briques technologiques existantes et, surtout, éprouvées, il pourrait être rapidement mis sur le marché par MBDA.

Lire aussi: Fusil Lance-Grenade : Fonctionnement

Sauf que, la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 ne prévoit pas le remplacement des SM39 B2 Mod 2 à brève échéance.

La Roquette Guidée à Longue Portée Thundart

MBDA a dévoilé pour la première fois, aux côtés de Safran, un concept de roquette guidée à longue portée, la Thundart.

Mais le groupe européen a aussi levé le voile sur un nouveau missile de croisière terrestre et, ce faisant, montré toute l’étendue de sa gamme de solutions de frappe sol-sol à longue portée.

Le premier, dénommé Thundart, était exposé simultanément sur les stands de MBDA et de Safran.

Sur le plan opérationnel, Matthieu Krouri, en charge du champ de bataille pour le groupe MBDA, nous explique que « l’engin doit permettre de frapper avec précision des cibles fixes ou déplaçables jusqu’à une distance de 150 km environ.

C’est en tous cas vrai pour le premier incrément du programme FLP-T, qui pourrait par la suite donner lieu au développement d’un missile pouvant porter jusqu’à 500 km environ.

Pour le moment, peu de détails ont été apportés sur la vision de MBDA et de Safran sur la FLP-T, même si l’arme semble de prime abord adopter un calibre 227 mm compatible avec les LRU actuels.

A priori, MBDA devrait s’occuper de développer la propulsion ainsi que la charge militaire, tandis que Safran se chargera principalement du système de guidage.

Roxel, co-entreprise de Safran et MBDA, devrait aussi jouer un rôle important dans la partie propulsion.

Concernant le système de navigation et le guidage INS/GNSS, on nous a confirmé qu’il serait directement dérivé de celui de l’AASM (armement air-sol modulaire), qui équipe déjà le Rafale.

Nous avons interrogé MBDA sur la possibilité de voir la Thundart équipée ultérieurement d’autodirecteurs plus avancés, comme ça a pu être le cas sur l’AASM.

Diversité des Programmes et Évolution Stratégique

Cette diversité des programmes s’explique avant tout par l’évolution rapide du contexte stratégique européen de ces dernières années, qui a précipité l’acquisition de systèmes sur étagère, tantôt américains, tantôt israéliens, ou au contraire accéléré les velléités d’acquisition de systèmes souverains.

Une dispersion des projets qui n’aura pas encore permis le développement d’un programme européen commun, malgré quelques initiatives poussées par le politique, et alors même qu’il y avait une belle convergence des calendriers de remplacement des LRU et des MLRS dans plusieurs pays.

Les Composantes d'une Torpille Moderne

Les torpilles modernes sont propulsées par la vapeur ou par l'électricité et sont composées de plusieurs sections :

  • Section à air
  • Section arrière
  • Section de queue

La section de charge est rempli d'explosif (de 181 à 363 kg) et la section arrière renferme le système de propulsion, avec les systèmes de guidage et de commande de profondeur. La queue renferme les gouvernails, les soupapes d'échappement et les hélices.

Méthodes de Lancement des Torpilles

Il existe diverses méthodes de lancement des torpilles, le plus silencieux étant depuis un sous-marin. Un explosif permet d'éjecter la torpille.

Systèmes de Guidage et de Détonation

Les torpilles modernes utilisent un système de guidage acoustique qui commande électroniquement les gouvernes de la torpille. Elles sont aussi équipées d'un capteur magnétique qui déclenche l'explosion à proximité de la coque, suffisamment pour mettre le bâtiment hors d'usage.

Contre-Mesures et Protection des Navires

Pour se protéger contre les torpilles, les navires utilisent des leurres qui imitent les échos sonars que la torpille reçoit. Des barrières d'acier entrelacés permettent de protéger les navires ancrés, tandis que les navires de guerre possèdent des compartiments qui sont ajoutés à la coque externe pour minimiser l'impact d'une explosion.

Le Missile Anti-Sous-Marin Milas

Rappelant le concept du Malafon français, le Milas associe un Otomat et une torpille MU90. Tiré comme un missile antinavire, le Milas équipera à raison de quatre munitions les FREMM italiennes en version ASM.

Il se comporte d'abord comme un missile classique puis, arrivé au dessus de l'objectif, largue la torpille qui pénètre dans l'eau à l'aplomb du sous-marin.

L'objectif est de surprendre ce dernier et de le frapper à une portée supérieure à celle de ses armes.

Sur la frégate, une console située au central opérations intègre les informations fournies par les sonars et délivre au Milas les paramètres nécessaires avant le tir.

L'ERASR Indien : Une Nouvelle Ère dans la Guerre Anti-Sous-Marine

Entre le 23 juin et le 7 juillet 2025, la marine indienne a testé avec succès l’ERASR, une roquette anti-sous-marine à longue portée développée sur son propre sol. L’annonce officielle est tombée le 8 juillet.

L’Inde affirme désormais pouvoir frapper, avec une précision chirurgicale, des sous-marins ennemis bien au-delà des distances habituelles.

C’est à bord de l’INS Kavaratti, unité de la classe Kamorta, que les essais ont été réalisés. Ce bâtiment de 110 mètres pour environ 3 300 tonnes en charge est l’un des plus modernes de la marine indienne.

Doté de sonars embarqués, de lance-torpilles, de systèmes de leurres et d’un Indigenous Rocket Launcher (IRL), le Kavaratti est un chasseur silencieux.

Il opère aussi bien dans les eaux littorales que hauturières.

Au total, 17 roquettes ERASR ont été tirées durant plusieurs phases, à des distances variées. Chaque tir visait à valider les performances de portée, de précision, de déclenchement de la fusée électronique (Electronic Time Fuze) et d’efficacité de la charge militaire.

L’ERASR - pour Extended Range Anti-Submarine Rocket - n’est pas une simple évolution. C’est un changement de paradigme.

Son autre atout, plus subtil, réside dans son système de détonation programmable. En fonction de la profondeur estimée du sous-marin ennemi, le capteur électronique déclenche l’explosion à l’instant optimal.

La fabrication de l’ERASR sera assurée par Bharat Dynamics Limited à Hyderabad et Solar Defence & Aerospace Limited à Nagpur.

Ce tir réussi est donc autant un événement technologique qu’un jalon politique : il confirme la montée en gamme de l’industrie nationale dans le domaine naval.

Selon le président du DRDO, Dr Samir V. Avec cette roquette, la marine indienne renforce sa défense en profondeur.

Cet outil est particulièrement utile dans les zones de tension sous-marine croissantes, comme le golfe du Bengale ou l’entrée du détroit de Malacca.

L’Inde ne se limite pas à cette roquette. Sa marine connaît une modernisation rapide, avec de nouvelles frégates de classe Nilgiri, le développement du sous-marin nucléaire SSBN Arighat, et une relance du programme de drones de surface.

La mer, jadis royaume des porte-avions et des frégates, est en train de redevenir le théâtre des armes invisibles. En testant et en validant l’ERASR, l’Inde vient de franchir une étape silencieuse mais déterminante.

tags: #lance #roquette #anti #sous #marin #fonctionnement

Post popolari: